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Au fin fond de l’univers, alors que des gouvernements corrompus opèrent pour le compte de syndicats du crime, la Fédération de la justice des galaxies unies met à prix la tête des criminels les plus endurcis. Supposé mort depuis deux ans, Cobra, un pirate insaisissable dont le bras gauche cache un incroyable psycho-pistolet, décide de revenir à l’action, une décision qui le met en conflit direct avec la Guilde galactique, une organisation criminelle menée par Lord Nekron. Cobra devra utiliser toutes ses ressources et toute son habileté pour délivrer les deux soeurs de la magnifique June, une chasseuse de prime, et sauver la planète Myras. Mais Nekron n’est jamais loin derrière notre héros

 

 

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Sortis pratiquement en même temps que la série éponyme, le film de Cobra peut très bien se présenter comme un digest de celle-ci à faire grincer les dents des fans, je m'en contrefous comme pas possible au vu du résultat où la forme dépasse clairement le fond. Mes souvenirs de la série restent parcellaires et vagues, je l'avais empruntée en intégrale à un ami en VHS en même temps que Cowboy Bebop et Twin Peaks. C'était le collège et toutefois l'admiration pour l'aventurier qu'est Cobra, gouailleur comme un Belmondo blond, mâtiné d'un indispensable cigare que, coolitude aidant, on allume même sous l'eau, éclatait au grand jour. Vu la date de création du manga de Buichi Terasawa puis de la série et du film --le film est de Osamu Dezuki au passage, merci la vieille jaquette trompeuse--, on peut clairement affirmer que depuis, le personnage, intrépide mais jouant fréquemment la carte de l'inconscience, s'est élevé en archétype et donné naissance à des frères éloignés dans le temps qui vont du fabuleux (Spike de Cowboy Bebop) au passable (Triggun). Et du coup le rapport avec la série la même année ?

 

 

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Le film reprend une poignée de personnages étalés sur les 32 épisodes de la série originale dont Lord Nekron (alias L'homme de verre, voire L'homme doré), remixe le tout en une histoire où fleure bon une certaine mystique spatiale à travers une quête romantique et volontiers tragique sans épiloguer plus sur les mystères qui tournent autour de Cobra (Pourquoi s'être fait passer pour mort ? Pourquoi un changement de visage ?) et lancer le tout comme un cheval fou. Et clairement au vu de l'esthétique générale du film, on se fiche finalement bien de l'histoire tellement l'oeil se nourrit de chaque plan ou idée folle qui vient constamment nourrir l'écran.

 

Clairement, Space adventure Cobra navigue constamment entre le kitsch et le sublime et assume totalement le tout sur tous les tableaux ce qui ne fait que renforcer la classe de ce qu'on peut pratiquement nommer un grand film malade. Les plans ? Composé souvent comme des tableaux, quitte à s'écarter complètement de l'histoire (le générique d'ouverture du film) et délivrer quelques moments presque anthologiques (l'hibernation de Cobra, le combat au lever du soleil sur la glace, la rencontre entre June et Catherine...). Les vaisseaux ? On dirait que Chris Foss a bossé sur le film. La musique ? Signée Yello donc oscillant entre la soupe ignoble pas possible au synthé et quelques moments de grâce, curieusement. Les personnages ? Des personnages féminins superbes avec toujours une pointe d'érotisme et un méchant aux yeux rouge qui, s'il écrase d'un coup par sa prestance un certain démon venu de chez Michael Mann et se rapproche de l'implacabilité indestructible d'un terminator, s'en trouve honteusement sacrifié dans l'histoire même (visuellement, il est donc entre le ridicule et le malsain, curieuse impression).

 

 

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Au final le film de Cobra s'impose comme une curiosité, une gourmandise dont peuvent raffoler les fanas de SF, les mordus d'animation et les curieux de flashs visuels. C'est au fond réjouissant de voir une oeuvre aussi "autre" qui s'en fiche de plaire à tout prix sauf pour les fans. La première édition DVD chez Pathé est, à l'instar d'autres éditions DVD de cette époque, complètement sacrifiée (image pas au top voire dégueulasse sur l'ancienne édition des Ailes d'Honneamise par exemple. Ici c'est le générique d'ouverture qui s'en trouve masqué par d'énormes cartons casse-couilles, VF avec doubleurs originels de la série certes mais parfois noyée dans les effets --je me suis demandé si je devais pas passer à la version anglaise avec sous-titres français à plusieurs passages). Le film est ressorti remastérisé en mai 2015 chez Kaze (alias "On va vous bouffer tout votre poignon avec des éditions ultra onéreuses si ça vous dérange pas"), je ne sais pas ce que ça donne mais déjà que là, même avec des couleurs ternes ça envoie le pâté, j'ose penser que ça doit être encore mieux : donc encore plus sublime... et plus kitsch (bonheur).

 

J'ai encore un stock de captures qui me reste, je vous en fait profiter...

 

 

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