polar

 

Sorti de force de sa retraite, le plus grand espion de la planète l'ex-agent connu sous le nom de « Black Kaiser » est à présent menacé de mort. Dans un affrontement sans merci contre son ancien employeur, l'agence « Damoclès », Black Kaiser va devoir faire face à un expert de la torture psychotique ou à une tueuse rousse aussi belle que fatale. Sa mission ne s'achèvera que s'il meurt ou s'il tue tous ceux qui se mettront en travers de son chemin... et mourir n'est pas dans ses habitudes.Dans un véritable tour de force visuel hérité de Frank Miller et Mike Mignola, Victor Santos (Furious) signe un récit noir comme un café bien serré. Une histoire de vengeance brutale et sans temps mort dont la violence est aussi graphique...

 

Avec son graphisme noir et blanc + rouge et son histoire Hard boiled, difficile de ne pas penser à Sin City du maître Frank Miller avec qui il partage également une violence stylisée dans une mise en page de tous les instants qui concour agréablement à l'ambiance générale de cette histoire de vengeance déjà maintes et maintes fois vue et revue ailleurs (le vieux loup qu'on cherche à éliminer et qui remonte impitoyablement l'organisation. Le modèle filmique prestigieux et avéré étant Point blank - Le point de non-retour de John Boorman).

 

polar6

 

 

Cliquez pour agrandir mes scans...

 

Et du coup, on abandonnera un peu le scénario, point le plus faible de cette série et attendrons les prochains tomes pour voir si le spectacle se hisse encore plus haut. En l'état, on est hélas trop proche de Sin City mais à ce petit jeu, l'oeuvre de Miller ressort nettement plus grandie et supérieure. En revanche, graphiquement, c'est un bonheur de tous les instants. Cadrages et découpages au millimètre, jeu avec le sens du mouvement ou de la lecture, voire le non-dit, le son... Victor Santos n'est pas un manchot, ça se voit. S'il n'est hélas que peu connu chez nous (à part cette oeuvre, on notera aussi de traduit chez nous, Sale fric avec Azzarello au scénario chez Delcourt), en Amérique et en Espagne (son pays natal), le bonhomme a depuis un petit moment un certain prestige. 

 

polar2

polar3

polar4

polar5

 

 

 

En plus de ça, il faut dire qu'il sait comment réutiliser une certaine culture cinématographique à bon escient et la traduire graphiquement dans son style d'ombres, sang et lumières (cf tout en bas). C'est le héros avec son bandeau sur l'oeil qui fait autant penser à Snake Plisken de chez Carpenter que l'héroïne de Thriller - Crime à froid (pour le bandeau, la vengeance et le titre "polar" qui se rapproche sans mal de "thriller"). C'est par exemple ce couloir traversé en plan séquence horizontal dans Old Boy qui ressurgit ici chez lui dans plusieurs cases où l'on se rapproche du héros et de sa furie dévastatrice et sanglante jusqu'à ce qu'elle occulte de rouge toute notre vision (cases ci-dessus en extrait). C'est ce meurtre presqu'en hors-champ (cases ci-dessous) et décalé à droite d'une case pour faire ressurgir le héros, impassible, à gauche de cette nouvelle case, mais les deux cases fonctionnant par un principe d'oppositions et de diagonales. Inutile dès lors de s'attarder sur le corps en quelques case, l'ellipse du personnage trempé d'un peu de sang suffit (et puis on a eu notre dose côté gerbes en plus).

 

 

polar8

polar9

 

 

 

Bref côté ambiance et énergie graphique c'est clairement du béton qui rattrape une histoire banale. En tout cas il sait nous allécher pour la suite...

A noter pour les curieux sur Paris que du 10 au 29 mars, les travaux du bonhomme seront exposés à La galerie Glénat.

 

 

cerclerougepolar

Tiens, tiens...