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Ugo Tognazzi et la cuisine italienne, c'est toute une histoire. En voici pour preuve son autobiographie gastronomique, où se mélangent comme autant d'ingrédients idéaux, les femmes, la sauce tomate, la grand-mère de Crémone, le gorgonzola, le football, l'Italie d'après guerre, l'Italie éternelle, le vin et les pâtes et le cinéma bien sûr. Avec ce livre, véritable best-seller en Italie, les gastronomes et les cinéphiles feront table commune. Les premiers y trouveront le meilleur de la Cucina Italiana et de ses classiques, revus et améliorés alla Tognazzi avec plus de soixante-dix recettes. Les amateurs de comédies italiennes, quant à eux, feront mieux connaissance avec cette figure marquante des années 1970 et 1980 à travers ses souvenirs d'enfance, d'amitié et de tournage, tous racontés dans une langue éminemment savoureuse. La dernière partie, écrite par Florence Rigollet, raconte par le menu l'authentique scandale qui accompagna la sortie du film La Grande Bouffe, tout en portant un regard précis sur les carrières de Marco Ferreri et Ugo Tognazzi.

 

 

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"Il faut que tu manges Michel, sinon tu ne vas pas mourir."

 

Pour faire bonne mesure, être dans le ton du livre et parce que j'adore le film, j'en ai profité pour me revoir dans la foulée, La grande bouffe donc, de Marco Ferreri. Une très belle édition Arrow avec livret, combo dvd-blu rey offert par une amie il y a peu pour mon anniversaire. Une très belle édition comme en en fait pas chez nous... Arrow étant un éditeur anglais. Cette petite pique donnée, revoir le film m'a servi à me replacer plus ou moins dans le contexte et l'oeuvre en elle-même (huée à sa sortie. Aujourd'hui elle ne fait pas tant d'effet, aurions nous plus de recul face à ce spectacle étrange de bourgeois s'empifrant volontairement à en mourir ? Ou bien l'époque nous a t'elle depuis abreuvé de tant d'horreurs que nous en sommes banalisés ?), étant donné que le dernier chapitre est consacré au film de Ferreri. Il fallait se remettre dans le bain (-marie).

 

Or, ce qui est bien pour le cinéphile et le gastronome (en culottes courtes), c'est que le livre ne s'arrête évidemment pas qu'à La grande bouffe (revue au passage donc un soir en se faisant... une petite bouffe. Celà ne s'invente pas) mais via les souvenirs autobiographiques de Tognazzi, aborde toute sa carrière ou presque, sous l'angle de la nourriture évidemment. Tel ou tel souvenir perso est donc associé à un aliment, voire un plat, et l'ami Ugo (j'ai encore l'accent de Noiret en tête qui dit "Hiougo" !) de livrer juste après, sa recette perso. Le livre étant divisé en trois grandes parties : l'avant et après La grande bouffe avec souvenirs (souvent fort drôles) et mini recettes à chaque fois (ah le souvenir de cette suédoise qui se "shootait" au vin, c'est quelque chose ! Et quand l'acteur dût faire la promo d'un de ses films en préparant lui-même les pâtes carbonnara pour près de 300 invités, c'est savoureux aussi !). La seconde étant consacré au film de Ferreri raconté par Tognazzi avec, cerise géniale sur le gâteau, l'intégralité des recettes des plats mitonnés et mangés durant le film (à noter que les acteurs étaient suivis par un médecin et un psychologue pendant tout le tournage s'ils craquaient ! Voilà qui rapproche plus encore le film d'une certaine idée de performance). Enfin la dernière partie n'est pas de Tognazzi mais de Florence Rigollet et revient précisément sur le fameux film, son contexte, son histoire, le réalisateur Marco Ferreri qui tombe un peu dans l'oubli aujourd'hui et mériterait d'être revu.

 

Un livre ma foi fort savoureux au final. On déplorera qu'il n'y ait pas autant de souvenirs ou d'anecdotes que ça sur Tognazzi et sa relation au cinéma mais ce n'est là que pur chipotage de cinéphile. Et puis toutes ces recettes, ça donne faim ! Si c'est le but caché du livre, alors c'est russi bon sang !

On se quitte avec la recette de la Tarte Andréa, telle que donnée dans La grande bouffe (cf photo ci-dessous) ? :)

 

 

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La tarte d'Andrea

 

Faire une pâte brisée aussi grosse que la moitié d'un beau derrière féminin. L'étaler en rond sur la table de bois. Soulever une femme en la prenant sous les aisselles, l'assoir cul nu sur la pâte, presser quelque peu.

Embrasser longuement la femme en attendant que l'empreinte se forme sur la pâte, à chaud.

Retirer le derrière, laisser reposer la pâte une petite demi-heure. Par contre, ne pas laisser reposer la femme.

Poser la pâte ainsi formée sur une plaque beurrée ou graissée de saindoux, la parsemer de chapelure, couvrir le tout d'une feuille huilée sur laquelle seront disposés des haricots secs.

Mettre au four environ un quart d'heure.

Ajouter ensuite des prunes, des cerises et des abricots coupés en deux et dénoyautés, cuits dans un peu de sirop fait d'eau et de sucre.

Remettre au four pendant encore vingt minutes environ. Faire épaissir sur le feu le sirop de fruits et le verser à la fin sur la tarte, une fois retirée du four.

Pendant que celle-ci refroidit, continuer de tenir la femme au chaud.