petit_zob

 

Comment naît un serial killer ? Comment un homme à qui tout semble réussir peut-il d’un coup sombrer dans une folie assassine ?

Quand le passé de Petit-Zob, qu’il pensait révolu, resurgit soudainement devant lui, tout bascule.

Pour l’inspecteur Alex Troudunowicz, cette affaire va devenir un poison. Car ce serial killer qui laisse sans complexe traîner empreintes et ADN se révèle insaisissable. Et aussi parce que le nouveau commissaire principal, un apprenti politicien complètement ridicule, est un véritable abruti.

De son enfance extraordinairement sordide à sa cavale meurtrière, l’histoire de Petit-Zob fait froid dans le dos

 

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Oh chouette, une nouvelle petite livraison de Babelio. Avec une jolie carte postale de l'éditeur en prime (gardéé habilement comme marque-page de mon côté). Voilà de quoi faire une sympathique pause au milieu de mes sagas en cours (Harry Potter par exemple et finie à l'instant, les 4 tomes qui composent le cycle de Cybione, tiens, il faudra que j'y revienne) ou de mes rétrospectives et découvertes passées et à venir (Stephen King depuis déjà plusieurs mois et 1984 d'Orwell comme lecture liée à l'actualité, ne nous y trumpons pas) et aborder quelque chose de plus léger.

 

Sauf que le début ne l'est pas (léger) puisque nous sera étalé sous les yeux tout le catalogue des traumatismes glauques que peut subir un enfant très jeune et qui probablement enfouira au fond de lui plus tard adulte tout ça afin de le faire ressurgir sous forme de pulsion macabre et légèrement meurtrière (j'ai fait Freud pour les nuls les enfants). Cela dit la pilule passe à peu près bien puisque l'auteur a le bon goût d'introduire une ironie grinçante qui s'étendra largement sur tout le livre et puis que ce chapitre est court. Par la suite très vite on passe à Petit-Zob adulte (le surnom c'est normal, ça fait partie du jeu de piste policier avec le lecteur. Beh oui, faudrait pas tout lui dévoiler non plus au lecteur hé !) ainsi qu'à notre brigade policière composée d'Alex Troudunowicz et de personnages hauts en couleurs, notamment un incapable de premier plan (surnommé très vite "L'enflure") qui manigance pour briguer un poste dans la politique tout en faisant visiblement tout pour faire échouer l'enquête par sa bêtise.

 

Ce qui fait toute la faiblesse et la force de ce sympathique petit polar alsacien c'est qu'il soit court. On aimerait que ça dure plus longtemps parce que crotte, l'auteur écrit bien, bien mieux d'ailleurs que moi-même (je suis en mode détente, ça explique ça) mais ça va vite. Léger grief apparemment partagé par plusieurs autres lecteurs. Mais d'un autre côté donc, ça va à l'essentiel, il n'y a pas de fioritures et de ce côté donc c'est très bien. Nuss a l'ambition d'écrire un polar de gare à l'ancienne, qui sache captiver suffisamment pour qu'on le lise dans les grands trajets, qu'on le refile d'une main gouailleuse à un pote.

 

Reconnaissons-le, le genre de petit polar qu'on lit avec un bon whisky ou une petite bière (l'alcool c'est cher) et puis qui fait du bien pas forcément dans le déroulement de l'enquête mais ses à-côtés (alliés à un style assez franc). Puisque par le personnage de "L'enflure" qu'on brocarde dans ses actes ou ses congénères par exemple (le personnage d'ancien journaliste politique du "Grincheux" est d'ailleurs probablement une manière pour l'auteur de faire passer son dégoût des politiciens, chose qu'on peut aisément comprendre et approuver par les temps qui courent d'ailleurs), on tape ouvertement sur la classe politique et c'est assez réjouissant. C'est le petit plus non négligeable d'un bon petit polar en somme !

 

 

====petit extrait de dialogue hop====

 

 

"_ Je vous l'avais dit, votre Enflure est de la mauvaise graine de politicien ! Il ne peut pas s'empêcher de parler et plus il parle, plus il dit des conneries. Chez nous autres, les gens normaux, il y a toujours des moments où nous ne supportons plus notre propre verbiage. Jamais chez les hommes politiques ! Eux ne vivent que par la parole, c'est à dire que pour exister il leur faut parler -- sans cesse et dans n'importe quelle situation. Ce besoin viscéral influe même sur leur vie sexuelle. Ils détestent la position du missionnaire, parce que leurs partenaires ont alors la fâcheuse habitude de coller leurs bouches aux leurs, les empêchant ainsi de parler. L'homme politique fait donc de préférence l'amour à rétro -- ce qui du reste présente pour lui encore d'autres avantages : il peut se cacher derrière quelqu'un, il n'a pas besoin de regarder son interlocuteur de face (ce qui dévoilerait son regard fuyant) et enfin, il peut, au moment décisif, se retirer sans avoir besoin de saluer poliment ! Bref, un politicien parle toujours, même s'il a perdu son dentier ou s'il nage sous l'eau. Quand un politicien ne parle plus, c'est qu'il est mort !"

 

Charmant hein ? :D