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En 1800, la Bretagne est à genoux, accablée par le régime en place et par le clergé omnipotent. Elle se meurt dans un marasme économique qui n’en finit pas et au milieu de cela, une fillette en souffrance pousse, tant bien que mal. Cette fillette c’est « Fleur de Tonnerre », une enfant isolée, malmenée par la vie et bercée par le morbide. Elle en deviendra la plus grande « serial killer » que la terre ait jamais porté et sèmera la mort, peut être juste pour être regardée et aimée.

 

J'avais des chroniques en retard mais mieux vaut tard que jamais (vieux motard que j'aimais ?) comme on dit. Surtout quand j'ai bien apprécié un film, ce qui est le cas de ce Fleur de Tonnerre, première réalisation de Stéphanie Pillonca-Kervern. Un beau film qui fait le pari d'une reconstitution soignée (décors, costumes, photographie -- les captures devraient d'ailleurs pouvoir vous convaincre) avec un peu de réalisme et un peu d'onirisme tout en essayant de tracer à divers degré le parcours de cette tueuse en série.

 

Hélène Jégado (Fleur de Tonnerre), née en 1803, guillotinnée en 1852 à 48 ans peut en effet s'ennorgueillir d'un parcours ravageur. Zigzaguant au hasard des contrats et des boulots qui lui sont offerts, elle cumulerait près de 97 victimes à son actif dont une soixantaine qui n'aurait pas survécu. Sous ses poisons, tous y passent, hommes comme femmes, enfants comme vieillards, sans trop de distinction. Meurtres volontaires ? Mûs par l'appât du gain ? Par un quelconque orgeuil ? Aucune explication plausible ne peut encore aujourd'hui être donnée.

 

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Le film ne cherche pas vraiment non plus à donner de mobile. Basé sur le livre de Jean Teulé (pas lu donc je ne peux savoir si cela y est assez fidèle), la réalisatrice sans chercher à excuser les actes de la Jégado essaye d'y chercher néanmoins ce qui a pu provoquer "la naissance du monstre" et son engrenage morbide à travers le manque d'amour des parents dans un premier temps puis face au vide de sa propre vie sentimentale et affective. Parcours chaotique de vie lié à ses meurtres par empoisonnements pas tout de suite repérés, la Bretagne étant alors pas mal touchée par des épidémies de choléra et dont les symptômes sont proches de ceux dû à l'empoisonnement à l'arsenic. Evidemment il faudra que La Jegado en fasse trop et s'en vante pour qu'un jour elle soit repéré...

 

 

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Déborah François campe avec une belle conviction ce personnage ambigü et l'on peut même remarquer dans un petit rôle un Christophe Miossec d'autant plus épatant que son rôle est court. Malheureusement il y a un truc qui manque presque de faire couler cette belle entreprise... Benjamin Biolay. Avec un manque évident d'implication, un jeu à côté de la plaque (il a l'air bourré complètement, c'est normal ?) et une tendance qu'on sent chez lui à se faire un peu beaucoup chier sur le tournage, le chanteur joue complètement faux de bout en bout. Une horreur. Je ne peux m'empêcher de citer une critique lue après coup au Nouvel Obs sur son "jeu d'acteur" et qui me fait assez rire (alors qu'elle est malheureusement vraie) :

"Benjamin Biolay est tellement nauséeux et cotonneux qu’il semble avoir été intoxiqué par une huître du Morbihan périmée avant même le tournage."

Voilà, c'est dit. :)

Sinon j'ai bien aimé le film sorti chez Blaq Out le 12 juin 2017 en DVD.