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Eté 1963. Baby, qui vient d'avoir 17 ans, passe le mois d'août dans un village de vacances. Elle fait la connaissance d'un groupe de danse formé par les animateurs du village. L'ambiance est éléctrique, les couples se contorsionnent sur les rythmes lourds et syncopés d'un classique du Rythm'n Blues : le "Dirty Dancing". Parmis les danseurs, Johnny Castle, un beau professeur dont elle va devenir la nouvelle partenaire...

 

Oui j'avais bien découvert Dirty Dancing tardivement et évoqué, à chaud sur ce blog il y a bientôt 3 ans. Mais voilà, il se trouve que ESC éditions (site ici  et page facebook là) vient de sortir une toute nouvelle édition limitée DVD + Blu-Ray, nouveau master pour le 30e anniversaire, depuis le 20 novembre. Et ça, mazette, ça ne se refuse pas pour un film culte de chez culte, dans le top des films cultes. Surtout que le film, je ne l'avais pas à la base, car vu chez un ami cinéphile suisse à qui je dédie cette petite chronique passionnée au passage.

 

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50 nuances de Jennifer Gray

 

Et pourquoi est-il si culte ? Parce qu'il y a une romance magnifique qui a marqué l'écran déjà et fonctionne toujours aussi bien depuis. On pourrait dire que cela fait se classe aisément dans les plus belles romances vues en film tellement le couple Patrick Swayze / Jennifer Gray est magique. On y croit, c'est pas rien de le dire. Et on y croit aussi bien qu'à l'époque ni Swayze ni Gray ne sont particulièrement connus. Des gens comme vous et moi. Certes, Swayze est déjà un mignon beau gosse, Gray n'est en revanche pas forcément des plus mises en valeurs dans ce film : Dans une scène en début de film où la partenaire blonde de Mambo de Johnny (la pulpeuse Cynthia Rhodes) enseigne en plein air, on peut voir toute la famille danser au mieux et "Bébé" essayer tant que bien mal dans la masse de ne pas écraser un pied ou s'affaler maladroitement.... Je ne saurais dire précisément si Swayze et Gray se connaissaient déjà avant Dirty Dancing (1987) mais ils avaient déjà un film en commun, L'aube rouge (1984) de John Milius.... Qui ne traite pas de danse, ahem (Mais y'a DE SALES POURRITURES COMMUNISTES !!! RUSSIIIIIIIIIIIE !!!! *pardon*). Par contre ce qui est sûr c'est que déjà Gray et Swayze n'étaient pas des manchots pour ce qui est de danser. La jeune fille avait d'ailleurs commencé sa carrière pour la télé et le cinéma avec une pub pour Dr. Pepper où elle interprêtait le rôle ...d'une jeune danseuse ! Quand à notre jeune rebelle en blouson noir dans le film, il faisait déjà de la danse puisque sa mère, Patsy Swayze, était elle-même chorégraphe et enseignante dans sa propre école de danse et que le fiston justement y suivait des cours.

 

Ce sont donc des comédiens n'attendant alors plus qu'une chance de briller à l'écran en plus de savoir très bien danser, de quoi renforcer la puissance du film.... qui va être un sacré carton.

En fait un carton par accident.

Replaçons dans le contexte grâce à l'excellent documentaire visible en bonus sur le combo DVD+BLU-RAY, Generations Dirty Dancing, qui nous apprend qu'à la base, Vestron Pictures ne misait franchement pas un kopeck sur le film. Un budget limité, des comédiens peu connus, de la danse, un réalisateur peu connu et avec peu de faits d'armes à son actif (mais un autre second gros succès plus tard, Sister Act avec une certaine Whoopi Goldberg, eh oui), ça rendait déjà frileux. Mais voilà t-il pas que Clearasil, le sponsor du film pour l'aider un peu, tique sur l'histoire : Un avortement au sein de ce film pour la jeunesse, notamment en direction des jeunes femmes, ça fait un peu tâche. Et voilà que le dit sponsor, spécialisé dans les produits de beauté et crèmes nettoyantes fait pression sur le réalisateur et le studio pour qu'on change ce motif, so shoking pour les jeunes filles. Oui mais non, le réalisateur Emile Ardolino, et sa scénariste, Eleanor Bergstein font faire front commun et refuser ce changement si anodun puisqu'en fait il permet littéralement d'introduire la relation Bébé-Johnny. En effet, si Penny, la partenaire de Johnny en Mambo n'avait pas à supporter cette opération, donc se portait comme un charme, Bébé n'aurait jamais eu à la remplacer pour une future démonstration de danse !

 

Bref, si le film ne part pas d'office avec une bonne étoile (le sponsor se retire), la suite va être assez démente. Prévu pour ne rester qu'une petite semaine ou deux dans quelques salles, voilà t-il pas qu'il s'attire une chronique assez positive du New-Yorker. Puis en quelques jours, le bouche à oreille submerge le tout, permettant au film de rembourser ses frais de production en peu de temps. Bientôt, face aux longues files d'attentes, on sort le film dans d'autres salles du pays, puis dans tout le pays, puis le reste du monde. Il finira par devenir l'un des plus gros succès des années 80 !

 

 

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La chance en chansons

 

Deux comédiens au top et qui savent danser, un succès inattendu, une alchimie réciproque (à tel point que des séquences de repérages et d'entraînement sont reprises et insérées directement dans le film ! En témoigne cette improvisation totale où Gray se rapproche de Swayze en rampant sur le parquet, amoureusement. Où bien ce rire lié à des chatouilles apparentes quand Johnny passe son bras du cou à la hanche de Bébé, l'actrice ayant un mal fou à se contrôler, ce qui fit sortir un Patrick Swayze excédé de la salle --on voit clairement que ça l'insupporte de la voir pas concentrée au possible, c'est bien réel et non joué !), des scènes de danse presque érotiques dans l'idée (d'où le titre !).... On ajoutera aussi une époque dorée plus ou moins revisitée (c'est censé se passer en 1963, peu de temps avant l'assassinat de Kennedy donc de la perte d'innocence de tout un pays) plus que de coutume on dira (il y a des rebelles, des latinos et des noirs sur des pistes de danses "cachées" du public de l'hôtel dans le film, pas sûr que dans la réalité ils bénéficiaient à ce point d'une telle tolérance) où les chansons des années 50 et 60 en rencontrent d'autres plus modernes avec une instrumentation et une production purement 80 (qui justement vieillit très bien car n'adoptant jamais ce son froid trop figé des eighties) !

 

D'ailleurs les chansons du film, voilà ce qui a aussi aidé celui-ci à obtenir une sacrée reconnaissance. Du déjà culte et du culte en devenir, en veux-tu en voilà, où les Ronettes cotoîent sans mal Frankie Valli & les Four Seasons mais aussi The Time of my life (de Bill Medley & Jennifer Warnes), ZE slow qui tue (placé justement sur une scène finale plus qu'attendue) et qu'on reprend toujours en soirée pendant les fêtes de noël et de nouvel an ou d'anniversaire.... en essayant de ne pas se casser la gueule en reproduisant à l'identique la scène du "porté" de Bébé (y'en a qui essayent à chaque fois et à chaque fois ça ne rate pas, boum !) ou ce She's like the wind chanté par Patrick Swayze himself (là aussi un hit). Enfin n'oublions pas l'émergence de MTV depuis le début des années 80 qui va aider encore plus le film en diffusant en boucle les deux chansons citées. Là, on décrocha quasiment la tymbale !

 

Bref, un délice encore regardable aujourd'hui de pur bonheur, que vous soyez accros aux comédies romantiques, à la danse ou pas du tout !