jeudi 2 juillet 2009
Cowboy Bebop again.

Non rien, juste pour dire que j'étais content d'avoir eu une super dédicace hier... 
Maintenant je peux me rendormir dans les limbes du wouaib....
*m'enfin je ne pars pas loin non plus puisque le prochain message réserve une petite surprise...*
lundi 20 avril 2009
Intemporalité...
Tout se fige, un coup de feu retentit, le temps s'étire au maximum.
Lentement la vie fuit ce corps qui chute là où des colombes prennent leur essor.
Jamais encore dans l'animation, la mort n'avait été montré d'une manière aussi belle que brutale : Privée du temps.
Puis la réalité reprend et avec elle, la tempête finale qui se prépare.
dimanche 22 mars 2009
Cowboy Bebop (partie II)
See you space cowboy de Yoko Kanno à télécharger (format mp3) et écouter avec la chronique à lire.
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Il est maintenant temps de parler un peu des occupants du Bebop si vous le voulez bien. Venant d'univers aussi étranges que la série elle-même fonctionnant comme un jouissif melting-pot, ils sont au nombre de 5, si on compte Ein, Welsh-Corgi récupéré dès le second épisode, chien censé être un cobaye sur un projet experimental qui s'avère doué d'une grande intelligence (il sait même éteindre par instinct l'écran de l'ordinateur de communication quand Faye parle à Jet, ce qui ravit ce dernier). Dès le début de l'histoire du Bebop et de la série, on apprend que Spike (avec sa grosse touche de cheveux à gauche) Spiegel fait équipe en tant que chasseur de prime avec Jet (le barbu) Black depuis déjà 3 ans. Les deux hommes semblent bien se connaître mais chacun à sa part de secrets dans l'ombre comme la suite de la série va s'appliquer à le démontrer par petites touches. Vient Ein donc, puis Faye. Cette dernière, censée être âgée de la vingtaine semble la plus excentrique et égocentrique de tous mais cache derrière ses humeurs une vraie fragilité liée au fait qu'elle n'a plus de passé suite à une amnésie et un certain accident. Enfin Ed, de son nom entier "Edward Wong Hau Pepelu Tivrusky 4th" (oui, "Ed" en deux lettres, ça lui convient bien mieux, je suis d'accord), une gamine garçon manquée (à droite), en fait une pro de l'informatique qui peut pirater n'importe quel système. Une sorte de génie précoce (Ed n'a que 13 ans apparemment). Elle aussi aura un épisode réservé spécialement à elle (même plusieurs en comptant son arrivée à l'épisode 9, le 17, le 24...).
Et le plus fascinant, outre les épisodes "normaux" (en même temps avec chaque épisode qui aborde parfois un genre spécifique en lui-même -- l'épisode 11 # "Toys in the attic" est une reprise non dénuée d'humour des codes horrifiques d'Alien en tous points avec au final la valse culte de Strauss issue du "2001" de Stanley Kubrick mais ici la créature monstrueuse de H.R.Giger est supplantée par une petite limace gélatineuse très rapide ! --, peut-on considérer la série comme obéissant à des règles bien définies à de nombreuses séries ?), ce sont justement ces épisodes où le passé revient à la charge par fragments, livrant au compte-goutte des informations qui parfois ne prendront sens que lors des derniers épisodes : ainsi par exemple, Faye retrouvera sa mémoire grâce à un format magnétique alors dépassé : une VHS (un anachronisme réjouissant de plus qui obligera les héros à retourner sur l'antique Terre pour retrouver l'unique magnétoscope capable de lire la bande !) qu'on lui envoit mystérieusement par colis et qui l'aidera brusquement à tout comprendre (et d'un coup montrera là un personnage encore plus touchant au spectateur). On saura aussi pourquoi Jet à une prothèse mécanique à la place d'un de ces bras et tout ce qui entoure Spike, que ce soit les mystérieux Julia ou Vicious.

La lune à la fin du XXe siècle et l'incident qui en détruisit une partie (épisode 24).
C'est sans doute quand on aborde Spike que la série prend un ton alors plus adulte que dans d'autres épisodes.
Julia et Vicious sont intimement liés à Spike et même si ce sont des personnages secondaires, ils sont tout autant des personnages principaux par leurs rares apparitions ou évocations dans une bonne partie de la série. Fantômes du passé autant que mythes, il n'en faut pas plus pour que Spike à chaque fois sans mot dire, abandonne ses compagnons.
De la première, on en saura quasiment peu, Julia n'apparaissant véritablement que dans les 2 derniers épisodes de la série, on pourrait penser qu'elle pourrait faire échouer celle-ci dans son final, il n'en sera rien, les attentes du spectateurs étant dès lors comblées par tout ce qu'il a pu entendre et peut dès lors vérifier à l'écran : fidèle à sa légende se dessine un personnage de femme forte, qui a dû constamment survivre dans la fuite d'un satellite à une planète et vice-versa : Spike fera même fausse route en croyant la retrouver au milieu de la série dans l'épisode "Jupiter Jazz" en deux parties. Pour autant, ces retrouvailles ne seront pas de tout repos puisqu'a Spike et Julia peut-on ajouter dans un même triangle inévitable, Vicious.
Un triangle amoureux même. Au fur et à mesure, on comprend que les deux hommes ont aimés la même femme, ce qui n'a pas été sans causer des frictions. Ainsi est né au sein de la même triade mafieuse chinoise Vicious et Spike, deux tueurs chargés des sales besognes. Mais avec le temps, le premier est devenu des plus insensibles, bête froide et abstraite, inhumaine là où le second à préféré la fuite en avant suite à la disparition de Julia.... Dès lors, même si les rencontres entre Spike et sa Nemesis se comptent sur les doigts de la main dans la série, ce sont bien évidemment des épisodes plus qu' importants et souvent beaucoup aimés des fans.
La réussite de la série, outre son melting-pot référentiel et ses histoires variées qui côtoie l'Histoire (celle principale qui entoure nos chasseurs de primes, liée à leur passé) est aussi liée à ses créateurs. A la réalisation, citons Shigeru Watanabe qui assure fluidité et efficacité (outre l'aspect patchwork qui est de son fait puisqu'on retrouve cette touche avec "Samouraï Champloo", autre série qui part un peu dans tous les sens; on peut remarquer les scènes d'anthologies très bien chorégraphiées qui parsèment Bebop) et à l'aspect sonore, une bande-originale composée par la divine (et encore trop méconnue --du moins dans le milieu des cinéphiles, pas des sériephiles (?) surtout de l'animation japonaise--) Yoko Kanno. La compositrice a spécifiquement pioché dans des références jazz et rock pour une bonne partie de la musique (elle avoua d'ailleurs n'être pas spécialement une amatrice de Jazz) mais sans oublier sa profonde part d'originalité. Qu'un épisode mette en scène un moment d'espionnage ou une enquête et l'on entend un "Spy" inspiré des meilleures compositions de John Barry pour James Bond. Qu'un enfant utilise un harmonica à l'écran et l'on jurerait entendre du Bob Dylan ...instrumental ("Digging my potatoes"), sans oublier de langoureuses mélancolies plaintives au saxophones qu'on pourrait croire issues du "Blade Runner" de Vangelis ( la ressemblance entre un "Blade runner blues" de 8 minutes et des compositions de Kanno comme "Road to the west" ou "Goodnight Julia" est assez frappante) et j'en passe.
Avec toute son originalité et l'attachement qu'elle procure, on peut comprendre qu'elle soit devenue une série culte. Le film qui sortit quelques années après, s'insère lui-même avant les 3 derniers épisodes dans la continuité chronologique de la série. Difficile de faire un après Bebop donc (surtout quand on a vu tous les épisodes), un long-métrage, à peine un "épisode très long" s'avérait le choix le plus judicieux. Un bon choix car le film est aussi riche et grandiose que la série...
Annexes.
* Liste des épisodes (regardez les références dans certains titres) :
- Asteroid Blues
- Stray dog strut
- Honky tonk woman
- Gateway Shuffle
- Ballad of fallen angels
- Sympathy for the devil
- Heavy metal queen
- Waltz for Venus
- Jamming with Edward
- Ganymed elegy
- Toys in the Attic
- Jupiter jazz # 1
- Jupiter jazz # 2
- Bohemian rhapsody
- My funny Valentine
- Black dog serenade
- Mushroom samba
- Speak like a child
- Wild horses
- Pierrot le fou
- Boogie woogie feng shui
- Cowboy funk
- Brain Scratch
- Hard luck woman
- The real folk blues # 1
- The real folk blues # 2
* Hommage à Hooper. (J'ai trouvé ça sur le net, je n'ai pu résister à cette reprise du "Nighthawk" du grand peintre Edward Hopper qui rajoute les personnages de la série...)
dimanche 1 mars 2009
Cowboy Bebop (partie I)
"Space Lion" par Yoko Kanno à télécharger (mp3) et écouter avec la chronique !
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"En cours d'opération, la Lucy était fort bruyante. Ronflements, sifflements, claquements de compresseurs ou de pompes au fur et à mesure qu'ils se mettaient en marche ou s'arrêtaient. Sa coque grinçait, son système de rotation rugissait. Elle était formée d'un long anneau rotatif central de gravité nulle et d'une partie ventrue servant de cale. A l'extérieur, la partie supérieure et les flancs étaient occupés par les groupes trapus des vannes du générateur. Bien que vide, elle se dirigeait cahin-caha vers la zone de saut de Viking en empruntant le couloir réservé aux petits navires."
(C.J.Cherryh - "L'opéra de l'espace" (1982 - "Merchanter's luck"))
Un pouce tendu, en forme d'auto-stop désuet à l'adresse des étoiles, ce n'est qu'un des nombreux anachronismes charmants et bourré d'humour de Cowboy Bebop, série d'animation de 26 épisodes sortie en 1998, et série plus que culte il faut le préciser, auprès des fanas d'animation quelle qu'elle soit. Ayant reçu en guise de cadeau d'anniversaire en avance d'un mois par l'un de mes potes cinéphiliques de forum internet le coffret, je me suis jeté sur le revisionnage de cette oeuvre addictivement géniale sans plus tarder. Alors, après plus de 10 ans, là où bien d'autres séries semblent déjà dépassées, Cowboy Bebop vaut il encore le coup ?
La réponse est oui, mille fois oui. Si par exemple, je devais choisir une série d'animation japonaise entretoutes (le vieux truc de l'île déserte), ce serait à égalité, Neon Genesis Evangelion et Cowboy Bebop. A la première, je dois beaucoup, notamment en pleine adolescence, d'avoir pu commencer à sortir un peu de ma carapace que je m'étais forgé grâce aux 2 derniers épisodes, expérimentaux et métaphysiques. De la seconde, je dois mes meilleurs souvenirs de Science-Fiction et de sensations fortes mêlées comme cette attaque de Spike contre la triade des dragons rouges sur fond de reprise jazz du générique de fin "the real folk blues", "See you space cowboy" dans l'ultime dernier épisode. Les plus belles montées d'adrénaline qu'ont pu procurer l'animation de ces dernières années. Et un univers complet et intelligent de Science-fiction qui, pour reprendre Philip.K.Dick dans une de ses célèbres conférences (Metz, France, 1972 je crois), ne s'effondre pas deux jours plus tard.
Dès le générique, le ton est donné. Ce sera western (nos 5 personnages principaux --comptons Ein, le chien aussi tiens-- sont des chasseurs de primes dans le nouvel Ouest qui s'étend cette fois à l'espace du système solaire dans un futur proche). Ce sera Jazz (mais pas que, puisqu'avec la surdouée Yoko Kanno à la musique, on naviguera aussi dans les territoires du blues, du hard-rock, du rock, de la pop, de la lo-fi et j'en passe...). Le tout enveloppé d'étoiles et de vides interstellaires.
Et comme si ça ne suffisait pas, la série se permet génialement d'aborder à chaque fois, références sur références à notre propre culture musicale et cinéma. Dans l'épisode 7, "Heavy metal queen", le petit terroriste trouillard arbore la tête de Woody Allen. Des titres d'épisodes font eux-même références à des chansons ou des films cultes (épisode 14 : "Bohemian Rhapsody", ça vous rappelle pas la bande à Freddy Mercury ça ? Quand au titre de l'épisode 20, "Pierrot le fou", je pense que vous trouverez aussi très facilement...
) quand ce ne sont pas les personnages eux-mêmes (le jet-kune do que pratique Spike n'est qu'un renvoi explicite à l'art martial de Bruce Lee et d'ailleurs, même l'un des personnages secondaires dans la série arborera d'ailleurs le nom d'Abdul Hakim, ennemi de Bruce Lee dans l'un de ses films ! (Mais vous allez vous amuser avec la liste des épisodes à chercher les références quand je vous la donnerais dans la seconde partie, vous allez vous marrer tiens...)) ou ce qu'ils font (à un moment, dans les 3 derniers épisodes, Spike lit un livre nommé "Walking on the moon"... une certaine chanson de Sting et Police à la base), c'est dire la richesse de la série où l'on ne repère pas forcément tout à la première vision.

Ganymède, bordée par la gigantesque Jupiter.
En hypervitesse dans une gate à "espace différé".
Autre constatation donc, au délà de l'univers intertextuel que la série développe, l'univers de Science-Fiction développé, qui, comme dit précedemment, s'avère des plus solides. Il suffit de voir le son accordé aux vaisseaux et aux différents décors chacun bien particuliers et dont on peut tirer à chaque fois des réflexions, sans compter le contexte historique et la date donnée (2071). Par exemple, et comme dans la citation de l'écrivain C.J.Cherryh donnée en exergue, mais aussi 2001 l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, chaque vaisseau dispose d'un anneau rotatif de gravité, que ce soit le vaisseau de nos chasseurs de primes, le Bebop, celui utilisé par Vicious des Triades du Dragon rouge dans le double épisode Jupiter Jazz, ou le vaisseau allongé et blanc (la figure semblant représenter une sorte de flingue !) des responsables du casino spatial du 3e épisode. Chaque lieu à sa personnalité bien distincte. De Ganymède baignée d'océans qu'on imagine issus de la fonte de glace lors de la colonisation (terraformation) du satellite à Callisto plongée dans un hiver éternel (repère d'évadés et truands en tout genre), en passant par Mars (avec ses bases "oxygénées" à l'air libre sur fond de décor rougeâtre poétique qui laisse rêveur... On se croirait presque par moment dans Total Recall en plus light, autre représentation magnifique de cette planète à l'écran) ou la Terre, quasiment ravagée suite à l'explosion d'une partie de la lune (ce qui provoqua la montée des océans --visibles bien souvent par ces endroits où des sommets d'immeubles ressortent à peine à la surface-- et une pluie perpétuelle d'astéroïdes --ce qu'on peut comprendre par la perte de densité de la masse lunaire qui n'attirerait presque plus les météores de l'espace) lors d'un des premiers essais de Gate.

Spike et une mission périlleuse.
Le vaisseau de Faye et la Lune. Enfin... en partie.
Et qu'est-ce donc qu'une Gate ?
Et bien tout simplement une des grandes marottes de la science-fiction. Souvenez-vous que bien souvent, les films et oeuvres diffèrent mais ont toutes ce point commun propre à la SF : dans un futur proche et suivant les technologies sans doute encore plus poussées qu'a l'heure actuelle, l'Homme parcourera encore plus vite les grandes distances. A notre époque, on utilise déjà des véhicules supersoniques pour dépasser des frontières. Dans la SF (qui n'est qu'au fond bien souvent qu'une extrapolation et une métaphore de nos sociétés du présent vers quelque chose de plus imaginaire --la SF n'est pas toujours tournée que vers le futur quand même !), on relie les étoiles entre elles et c'est aussi simple que celà.
Dans Star Wars (1979 à 2005 - George Lucas pour le premier...), il suffit d'être dans un espace second, un "hyperespace" pour franchir des parties immenses de galaxies à d'autres. Dans Stargate (1994 - Roland Emmerich), le principe est le même mais sans vaisseau, on utilise la "porte des étoiles" pour tracer un trait d'une planète à une autre. Star Trek reprend le procédé Star Wars en le rendant plus technique (la série de Gene Rodenberry et les films ont toujours eu une ambition différente dans l'univers SF --au passage la série Star Trek date des 60's à la base et existait bien avant Star Wars !--. D'ailleurs si quasiment tous les extraterrestres sont humanoïdes dans Star Trek c'est par volonté sociologique d'une part (on en apprend beaucoup sur les Vulcains généralement) mais aussi d'autre part, de les rendre proche de nous. On s'attache effectivement mieux à quelque chose nous ressemblant que l'espèce de Blob visqueux à la Chuck Russel --je dis ça sans avoir vu l'original des 60's qui voulait manger du Steve Mc Queen !) et incorporant à son univers la téléportation à courte distance, bien pratique pour emmener des membres dans le vaisseau, malgré les petits défauts techniques qui peuvent subsister.
Dans Cowboy Bebop, on se déplace donc dans à travers une gate, une porte gigantesque assurant l'ouverture d'une route grande vitesse dans l'espace à travers un espace différé où la lumière ne passe pas, permettant aux vaisseaux de franchir des distances inimaginables, laissant de l'extérieur la vision d'ombre qui passent, hors du temps (épisode 4, les missiles qu'on voit traverser en transparence les vaisseaux de Faye et Spike). La BD franco-belge Yoko Kanno (editions Dupuis) reprend une idée similaire quand Yoko part avec ses amis les Vinéens (vous savez, les extraterrestres humanoïdes à peau bleue. Mais non, voyons, pas les schtroumpfs, eux ils sont plus petits et font rien qu'a s'empiffrer de salsepareille...
) et que pour rejoindre le système de Vinéa, la traversée se fera dans une espèce d'espace noir privé de lumière propulsé par une gigantesque station spatiale dans le tome 6...

Arrivée sur une ville Martienne...
Fin de la première partie de cette chronique... ![]()

mardi 9 décembre 2008
Matriculated.
Petite remise en jambe modeste en attendant les vacances qui ne devraient pas tarder et me laisser un champ d'action plus vaste, je vous propose une relecture personnelle du dernier segment des Animatrix (*), le superbe, onirique et brillant "Matriculated" par Peter Cheung, monsieur Aeon Flux (dont il faudra bien un jour que je réagence et modifie ma chronique. La série, pas le film hein) qui nous livre là le court-métrage animé le plus riche de mon point de vue. Riche parce que comme bon nombre de grands films d'une rare intelligence, Cheung nous laisse libre de comprendre par nous-même les images dont il nous abreuve, bien loin de la lourdeur des Wacho sur leur trilogie un peu raté (j'attends toujours qu'on me donne des preuves sensées que Matrix Revolutions, le 3e volet est un grand film hein. Et pas parce qu'il y a du Baudrillard là dedans !
).
D'où cette relecture personnelle d'un de mes segments préférés. Pour mon bon plaisir, ouaip.
Au début, une clé. Comme la clé des songes, celle d'un "secret place", jardin des délices, des délires, des Alices en perdition...
C'est sans doute la clé de l'appartement de ce nouveau venu en ville. Différent des autres, il ne les connait pas, il est terrifié, il a peur. Pourtant pour évoluer, il va devoir aller au contact des autres et surmonter ses propres angoisses.
Prenant son courage à deux pinces, il s'engouffre dans la cité, bien décidé à devenir un autre.
Il se retrouve bien vite sur la scène devant ces inconnus et tout de suite, il va devoir changer de peau, de style vestimentaire...
Celà ne se fait pas sans regrets. Il est toujours difficile de se construire une nouvelle identité...
Après, il faut bien sûr braver les inconnus, leurs regards, leurs petites attaques mesquines, leurs jeux plus ou moins innofensifs. Mais on peut aussi entrer dans le jeu et accepter celà même en l'appréhendant.
Mais continuer de toujours aller de l'avant, dépasser tout celà. Avoir de nouvelles activitées dans la société, de nouvelles passions, donner un sens à sa vie...
Avec bien sûr toujours ce risque de voir le passé et les ténèbres ressurgir à chaque instant...
A ce stade, la présence d'un ami fidèle, d'un proche n'est certes pas de refus. Même un nouveau contact, qui sait ?
Et peut-être encore plus loin, un nouvel amour, qui sait ? Mais à ce stade, tu es enfin peut-être devenu toi !
" Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d’un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils. "
(Kipling)
(*) Je tape toujours autant sur Matrix, surtout les seconds et troisièmes volets j'avoue. Mais bon sang, les Animatrix, quel bonheur sans pareil, quel grâce, quel amour de l'animation. Patch, si tu ne les as pas vus, erreur regrettable à réparer ! :)
lundi 1 septembre 2008
Abenobashi.

Arumi et Sasshi vivent à Osaka, non loin du quartier marchand d'Abénobashi. Malheureusement Arumi va déménager. Seul Papy Masa, son grand-père, ne veut pas bouger. En cherchant la raison de ce refus, nos jeunes amis vont découvrir qu'Abénobashi renferme un secret qui va, suite à un accident, les envoyer dans un autre monde...
Revoilà la Gainax au sommet de son Art de pure déconnade assumée avec ce qu'il faut de scénario et de pincements de coeur pour nous emporter. Comme pour KareKano (petit lien sur la "gainax") et la majeure partie de leur production, à chaque fois le studio en profite pour glisser au coeur de l'humour omniprésent un vrai message, une vraie profondeur psychologique qui ne déparera pas les habitués (dont je suis) mais pourra surprendre les autres qui feront l'effort et la curiosité d'y creuser.
Abenobashi (de son nom entier "Abenobashi magical shopping street") prend place à Osaka dans le quartier marchand d'Abenobashi, un quartier qui va être entièrement démoli pour faire place à un centre commercial plus moderne. A partir de ce point, le studio place l'histoire entre deux personnages amis d'enfance, les jeunes Arumi et Sasshi dont les points de vues divergent sensiblement en filigrane, Sasshi ayant du mal à comprendre et a accepter le départ d'Arumi, ni même pourquoi le grand-père reste farouchement avec son resto-grill (qui fait de la cuisine Française !
) dans l'une des rares maisons non fermées. C'est un détail qui au départ n'est pas des plus importants mais va contaminer rapidement l'histoire car de ce sentiment et de l'accident qui arrive dès le premier épisode, les personnages vont basculer dans une fuite totale de la réalité. Au propre comme au figuré : voyageant à chaque fois de galeries abenobashi/mondes parallèles à la recherche de leur vrai monde mais aussi --et surtout-- pour Sasshi, un moyen de ne plus rentrer dans le vrai monde, sachant ce qui les attend (et qui est dévoilé au milieu de la série, la faisant prendre un virage plus sérieux et mélancolique, voire déprimant ?).
Et les mondes parallèles, parfaites imitations de la galerie marchande des deux enfants sont --gainax oblige-- en fait prétexte à aborder des parodies de genres (héroïque-fantasy, films noirs, Science-fiction...) cinématographiques parfois des plus jubilatoires tellement le studio comme à son accoutumée se lâche quasiment totalement au sein d'un épisode sur le genre abordé, en détournant non seulement des classiques du cinéma quand ce ne sont pas des références au studio qui sont elle-même faites !
Par exemple l'épisode 3 est dédié à la science-fiction. Petit aperçu jubilatoire de captures d'écran (cliquez pour agrandir).
Au détour d'un magasin, Sasshi achète un étrange monolithe... ![]()
"Non, tu regresses...." ![]()
Vous aurez reconnus le film qui est allégrement cité ici et même plus que détourné puisque que, regardez bien les deux images suivantes à présent.
Vous avez remarqués ? En haut à droite derrière les couettes d'Arumi ! Il s'agit bien de l'ellipse de l'os de 2000 ans et du remplacement par le satellite, passage culte chez Kubrick, ravalé ici au rang de simple détail. Encore fallait-il le repérer et c'est ça qui fait la richesse de la série, en plus du délire proprement poussé parfois à bout de la série (l'avant dernier épisode semble un best-of de films américains --le monde parallèle est une réplique d'Hollywood !-- où tout s'enchaîne très vite, scènes d'actions comme films et il y a du choix, croyez-moi).
Dans les captures suivantes, Sasshi est envoyé dans l'espace sans scaphandre et la série de détourner une fois de plus intégralement le film de Kubrick avec une folie jubilatoire peu vue chez d'autres.
Tout ça pour revenir sous la forme d'un enfant des étoiles assez blafard et penaud. ![]()
Bref, tout est quasiment prétexte à s'en donner à coeur joie dans Abenobashi. Evidemment ça pourra poser problème si vous n'avez pas vus les films. Certes le délire emporte le spectateur mais c'est quand même nettement mieux à apprécier si on connaît un minimum de références. Encore que la série pioche dans le cinéma populaire (mais aussi l'animation japonaise --on verra même le vaisseau d'Albator !) bien plus que le cinéma d'auteur (j'ai même quasiment rien vu en films d'auteur là dedans).
"Adrieeeeeeenne !!!!" Mais qu'ils sont cons...![]()
Mais qu'est-ce qu'ils sont c.... ![]()
Une constante chez Gainax, la mise en abîme de la situation, commentée d'un autre point de vue à la situation, effet déjà utilisé dans FLCL.
Quand la Gainax s'autocite : les cheveux bleus et yeux rouges sont une référence directe au personnage de Rei Ayanami de Neon Genesis Evangelion. Autocitation qui sera confirmée dans un épisode où toute une scène d'Evangelion issue de l'épisode 26 est rejouée par cette fille !
Enfin, ce qui surprend une fois de plus c'est la liberté de ton de la Gainax, passant du délire parodique vers un sérieux qui fait mal vers la fin de la série tout comme les allusions sexuelles graveleuses ou le fan services assez étonnants dans une série pourtant destinées pour tous (encore que je ne pense pas que votre petit frère comprenne les clins d'oeil à 2001 ou Bruce Lee. La série semble plus viser les adolescents, mais les ados cinéphiles alors on va dire.). Petit aperçu sympathique (rappel de la situation : en clin d'oeil à Gunbuster --encore une production Gainax, décidement--, les deux enfants doivent assembler leurs vaisseaux spatiaux de combats pour former un énorme robot).
Vous en connaissez beaucoup des gamines qui pensent à "ça" ? ![]()
Bref, la Gainax ne se met aucune limite et c'est justement pour ça qu'on l'aime (enfin moi perso). Et même si Abenobashi n'est pas dans les plus grandes oeuvres du studio, celà se regarde très agréablement et se revoit avec un réel plaisir.
Pour finir, voici la liste de toutes les oeuvres détournées allegrement :
2001
Neon Genesis Evangelion
La fureur du Dragon (et Bruce Lee en général)
Rocky
Gunbuster
Les dents de la mer
Duel
Robocop
Shining
Freddy les griffes de la nuit
Tekken
Albator
Jason
La tour Infernale
The Thing
Matrix
Indiana Jones
Retour vers le futur
La petite boutique des horreurs
Magical card captor Sakura
Les films noirs
La mort aux trousses
Les séries romantiques et shojo japonais à l'eau de rose
La femme de 50 pieds
L'ascenseur
Les films de guerre
Dragon Ball Z
Ken le survivant
Et j'en passe, et j'en passe....
D'ailleurs je me reverrais bien un épisode là pour finir la soirée. Pas vous ? ![]()
lundi 21 avril 2008
KareKano

Entre Elle et Lui.
(Kareshi Kanojo no jijyo) -- KareKano en abrégé.
Gros coup de coeur pour cette série d'animation de la Gainax. Evidemment, je ne pouvais que succomber, surtout si j'apprends que Hideaki Anno a participé au projet de près. Vous me mettez son nom sous mon fier nez de geek chaperonné à l'animation et à l'horreur très jeune (haut comme trois pommes) avant que je ne vire métaphysico-Kubrickien-Oshiien (ce qui n'est pas une tare en soi, d'ailleurs moi j'en vis très bien) tendance contemplativo-Antonionienne (là c'est plus dur, je me sens seul des fois...) et vous obtenez un Nio alléché, la babine soyeuse et le groin pourfendant le vent (mais la technique marche aussi avec d'autres bloggueurs : mettez du Argento et du Bava dans la gamelle de Patchworkman et il ronronnera comme pas deux) et prêt à se jeter sur l'oeuvre susdite.
Après cet interlude qui fleurait bon le Cyaranoïsme de Bergerac (qui se situe sur les rives du Bergerac, rappelons-le) et à votre air fébrile et étonné, vous vous dites que quelque chose cloche. Surtout si vous ne connaissez pas Hideaki Anno, subjectivement personnage hautement essentiel à la culture animé, au même titre que Walt Disney ou Miyazaki (c'est dire comme je le porte très haut), ou bien un Kevin Clerks chez nos amis Geek ou un Cronenberg dans le monde horrifique. Un personnage indispensable en quelque sorte, qui crée à la fin des années 80, avec une bande de potes, le studio Gainax. Studio "responsable" de Neon Genesis Evangelion, Gunbuster, Nadia et le secret de l'eau bleue et FLCL (Fuli Culi...Furi Kuri... enfin truc...FLCL quoi...), ce qui est déjà pas mal, voire beaucoup. Et puis la faute m'en incombe, je suis fan de ce studio d'animation depuis de nombreuses années et je ne m'aperçois que maintenant que je n'en avais jamais encore parlé sur ce blog. Bigre. Il était temps de réparer ça.


Images du générique : entremêlement d'images réelles et animées.
Dans l'animation japonaise, il y a deux cas de figures principaux. Soit l'animé (la série) est issue d'une oeuvre papier préexistente (ce qu'on appelle "manga" comme on dit "comics" pour les States et BDs anglo-saxonnes mais au délà de ces termes abscons et un peu discriminant -- A tel point qu'on confond encore le manga avec l'animation japonaise en les englobant au nom d'un obscurantisme amplifié par des années de TF1-Dorothéïste datant des années 90 mais hélas encore largement répandu de nos jours), soit c'est une création totalement nouvelle. Dans le cas de Karekano, il y a donc à la base le manga sentimental (un "Shojo" donc. Qui s'adresse souvent plus aux jeunes filles qu'aux mecs mais les mecs aussi peuvent les lire, y'a pas de raisons. Surtout si vous vous sentez très fleur bleue) de Masami Tsuda mais que Gainax (tout comme pour FLCL) va se réapproprier personnellement avec sa propre touche mi-psychologisante, mi-absurde jusqu'a la folie (on se poile beaucoup pour une série qui aborde les problèmes existenciels et amoureux des jeunes d'aujourd'hui, c'est un fait).
A la base, il y a Elle, Yukino Miyazawa, première de la classe, sans égal, parfaite en tout et admirée de tous. Puis arrive Soichiro Arima, Lui, jeune garçon intelligent qui du jour au lendemain la supplante. Stupeur chez Miyazawa qui décide de tout faire pour se débarasser de ce rival plus qu'encombrant. Sans se douter que doucement naîtrait une relation d'amitié puis la naissance d'une relation amoureuse, ce qui, au fil du temps et de la série ne sera pas sans mal, face à bien d'autres personnes et des évenements imprévus qui leur colleront des bâtons dans les roues...


Episode 9 : ça c'est du résumé, ça !!! J'ose à peine imaginer le résumé à l'épisode 20...
Oui bon, dit comme ça, ça vous semble très banal. Moi aussi, j'y ai cru, c'est pour ça que j'ai mis un certain temps avant de me jeter sur cette série, pourtant motivé à la base par les seuls noms d'Hideaki Anno et la Gainax mais que voulez-vous, on doute, on est un étudiant sans le sou, tout ça. Et je m'étais un peu trompé. D'une part, parce que justement c'est la Gainax, l'oeuvre est loin d'être banale (hum, regardez l'espère de résumé des épisodes précedents, lequel change constamment de forme d'un épisode à l'autre), et d'autre part avec Anno, on a droit à un traitement psychologique des plus importants. D'une simple amourette, la clique à Anno se charge de nous montrer avec simplicité, subtilité et émotion, étapes par étapes, le jeu de séduction, le jeu des apparences entre êtres et soulève une fois de plus des questions interessantes : Pourquoi plaire ? Pour qui ? Pourquoi revêt-on un masque en société et quelle est notre véritable apparence en dessous ? Qu'est-ce que la perfection ? Pourquoi lui et pas moi ?...
Des questions qu'on se pose tous plus ou moins, surtout à l'adolescence. Un problème déjà soulevé par Neon Genesis Evangelion et son final métaphysique qui en débouta plus d'un (moi, j'ai adoré par contre. C'est vous dire comme je suis tordu) et pouvait être interprêté de différentes manière (comme le Kubrick's cube donc) même si l'on en arrivait à peu près tous à une conclusion du style : La vie ne se limite pas qu'a soi-même. Leçon lancée par un Anno furieux envers tout un public d'Otakus nippon. Leçon non comprise, ce qui laissera le monsieur remettre le couvert avec bourrinage et violence insensée dans le film d'Evangelion (la musique est superbe par contre). KareKano partage le sérieux sombre et adulte qui entourait Evangelion mais pas que.



Des décors qui peuvent à la fois être réalistes comme esquissés à l'aquarelle, évanescent, selon l'état d'esprit tant de la série que d'un personnage...
Pas que. Parce qu'en plus de moments sombre, de sa lucidité inquiétante (les oeuvres de Gainax sont souvent plus adultes que d'autres oeuvres de studio animés tout en étant aussi très regressives. Bigger than life donc.), de son analyse brillante des rapports entre différentes personnes du même sexe ou non, l'oeuvre est aussi extrêmement drôle. Jouissive même. Et ça, c'est ce que j'apprécie parfois plus que tout chez la Gainax (même si l'aspect psychologique et le traitement sont des plus importants chez eux), surtout quand ils --au sens propre-- pètent littéralement un cable et s'amusent dans l'absurde même. D'un point de vue esthétique, ils experimentent constamment et ça rejoint l'aspect presque de folie du studio : Textes en plein déroulement dans l'action --cf, la photo "bruits" plus bas-- façon Animé-BD live, incursion de photographies au sein de l'histoire, plans retouchés, cases et split-screens même quand il n'y a pas d'action, déformations à l'extrême des personnages, clins d'oeils de déconne --dont un, énorme à Miyazaki avec son personnage de Totoro !!--, résumé en 8 cases (photo plus haut), textes calligraphiques dans l'image, cases façon manga, caricature même des personnages de mangas féminins (il faut le voir pour le croire), tout est permis, tout y passe. Enorme.



Tour de force de chaque instant, à la fois pur délire et l'une des plus belles analyses des sentiments amoureux et du comportement de la jeunesse actuelle, l'oeuvre s'inscrit pleinement dans le sillon que la Gainax a laissé derrière elle : L'introspection et la psychanalyse comme dans Evangelion et FLCL. Et pour enfoncer le clou, on reprend aussi des séquences filmées live en générique de fin comme dans FLCL. Comme pour souffler et effectuer une légère mise à distance (ils savent très bien que c'est un animé et mettent en garde d'une manière des plus subtiles justement. Bien malin qui pourra les accuser de pervertir la jeunesse actuelle comme certains imbéciles ont accusés les films d'horreurs ou les jeux vidéos d'avoir rendu des lycéens tueurs alors que le problème venait déjà à la base de ces jeunes en questions --lire aussi pour les curieux, l'analyse des rapports média/jeunesse par le psychanalyste Serge Tisseron dans "Enfants sous influence", je ne m'étendrais pas là-dessus par manque de temps...) vis à vis de l'animé et du réel : Ainsi on verra non seulement des couloirs d'un vrai lycée avec de vrais classes en générique de fin mais aussi les deux doubleuses (mignonnes en plus) des personnages des deux soeurs de Yukino (photo après).



Bref, KareKano est une vraie perle, sensible, humaine et délirante comme pas deux que je conseille non seulement aux fanas d'animation comme aux néophytes (Patch ?
). Ce genre de perles devient rare de nos jours dans un milieu de plus en plus aseptisé (tant l'animation que le cinéma), alors profitez-en sans préjugés...
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"C'est pas toi qui est fan de Totoro ?
_ Totoro ?

_ Lui-même.

_ Parce que figure toi que je viens d'en voir un vrai là-bas, un grand.

_ TOTOROOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Mais c'est vraiment n'importe quoi... ![]()
Annexe...
(générique d'ouverture)
Edit (05/2008) : Et bien voilà.
Karekano c'est fini. Avec audace, subtilité et intelligence, les auteurs ont décidé de clore la série non pas sur une fin, mais un recommencement. On délaisse donc le couple principal pour se concentrer sur 2 personnages principaux qui s'attirent sans trop le remarquer. Le spectateur lui, pouvait le sentir venir mais c'est amené d'une si belle façon (l'analyse des sentiments amoureux émergeants) que tous les clichés s'en trouvent déviés pour amener à une certaine profondeur. Auparavant, la série nous avait fait vibrer et rire, voire ému avec une telle sincérité et inventivité (un épisode est fait entièrement en papier !!!) qu'on est presque déçu que ça se termine là. En compensation, ce sera avec un rare bonheur que l'on se la regardera une fois de plus. Excellent.
dimanche 1 avril 2007
Le voyage de Chihiro

Et un oscar pour Chihiro, un ! Bah après tout, ce n' est que justice...
Récemment je me suis revu Le Voyage de
Chihiro, incroyable film somme de tout l' univers de Miyazaki et pour peu
que l' on soit fan de l' ami Hayao, on remarque que cette odyssée intérieure,
cette ôde à l' enfance et au courage est aussi un point de non retour, plus que
Princesse Mononoke, dans le sens où l' oeuvre de Miyazaki, maintenant à son
sommet se permet de faire dans le recyclage intérieur (ce qui n'est pas une critique négative mais plus un effet de style bienveillant du maître pour ma part), sans compter les
nombreuses références universelles qui marquent une fois de plus.
Ce qui frappe dans ce film à chaque vision, ce sont non seulement
la richesse thématique de l' oeuvre (les trucs facilement discernables, vous
savez, la compréhension mutuelle, le courage, la confiance en soi, l' inconnu,
la peur de l' étranger et son acceptation progressive, bon tout ça vous
connaissez je ne vous fais pas l' affront de vous le rappeler, ça saute
naturellement aux yeux dès qu' on voit le film), mais aussi les séquences géniale et
les clins d' oeils, énorme, riches en intensité, bien plus que chez Princesse
Mononoke ou Le château dans le ciel, par exemple.

Par exemple, les scènes du train où Chihiro et ses nouveaux amis font le voyage presque seuls jusqu' à la station de Zeniba, la soeur jumelle de Yubaba. Comment ne pas être frappé par ces gens transparents, presque de parfaits anonymes, de simples fragments de temps qui font un bout de trajet avec Chihiro mais n' iront pas avec elle. Et l' espace d' un trajet, des saillies de merveilleux se déployant : une île-maison avec son arbre dans un océan, le train lui-même, voguant sur l' océan, une gare puis une fillette transparente, à peine une silhouette, qui reste sur le quai tandis que lentement on s' éloigne.
La séquence d' après, alors qu' on est arrivés à destination s' engage une
marche dans la forêt, à peine éclairés par une lampe sur patte.
Un fragment de
rêve sublime.
J' ai parlé de clins d'oeils plus haut, Miyazaki en adresse une
directe à un autre géant de l' animation japonaise et du manga, j' ai nommé
Katsuhiro Otomo. Comment dans la chambre du bébé, ne pas s' étonner en effet,
de l' incroyable ressemblance avec la chambre nurserie des enfants mutants d' Akira
? Même endroit au décalque près (presque), même voûte étoilée avec
ptérodactyle au plafond. Troublant non ? C'est la citation la plus visible, les
autres se situent dans l' architecture, les années 70 et la culture japonaise,
il faut les chercher...

Mais plus que tout, la richesse et les différents niveaux de lectures, on sait Miyazaki aussi engagé que son comparse Takahata (Le tombeau des Lucioles, pour n' en citer qu' un), et même si on peut lire le film à une première lecture thématique, on peut en voir d' autres si l'on y réfléchit bien, un peu comme dans les films de Romero.
Dans Chihiro, les humains ont abandonnés un parc d' attraction que les dieux ont investis et les humains mangeant de la nourriture des dieux se voient punis en se transformant en cochon. Faut il y voir une punition de la part de Miyazaki et une critique envers un Japon ne croyant plus à son folklore et son identité culturelle ? La question se pose là et dans une étrange confrontation de la modernité (les parents avec leur voiture moderne et leurs manières de s' installer comme ça au restau' alors qu'il n'y a personne, très sûrs d'eux : "on a notre carte bleue de toutes façons") et du traditionnalisme (la mythologie, les bains publics japonais, les divinités). La modernité se voit placardée, brochardée d' un coup (on peut dire que les parents sont punis pour leurs mauvaises manières) et Chihiro est alors la passerelle, celle qui en acceptant et découvrant ce monde petit à petit, réconciliera les deux univers, à l' image du Japon moderne. D' ailleurs ne dit on pas que notre monde se construit dès l' enfance ?

Pourtant malgré toute sa richesse et sa beauté, ses expérimentations (1er Ghibli colorié a l'ordinateur ! Du jamais vu à l' époque ! Et puis l' eau en image de synthèse, la pluie en prise de vue réelles à certains moments, fallait le voir), Le voyage de Chihiro n' est pas mon Miyazaki préféré. Dans ce film (et celà se confirma avec le suivant, le château ambulant), Miyazaki semble proposer étrangement un sympathique best off en recyclant son univers : Les cochons, le dragon Haku qui ressemble aux loups de Mononoke, l' homme en noir transparent rappelant la noirceur jaillissante du corps découpé du dieu cerf de Mononoke, les boules de suif renvoyant a Totoro...
Enfin celà ne gâche en rien le film qui reste un chef d' oeuvre (comme pratiquement tous les films de Miyazaki), mais je lui préfère Princesse Mononoke (le lyrique sans recul) et Kiki la petite sorcière (la part de rêve, d'autant plus que ce dernier touche a des choses et des situations assez proches de moments de ma vie)...
samedi 20 janvier 2007
The Galaxy Railways


(Existe en un seul coffret - intégrale - aussi...)
Dans une galaxie far, far away....Very far away friends...
Nous avons l'univers de Leiji Matsumoto. Univers qui s'étend et se répercute à chacune de ses séries où les personnages se ressemblent parfois un peu tous quand ils ne sont pas des doubles propres des héros principaux Albator (ou Harlock) et Esmeralda plongés dans une autre histoire (Gun Frontier du même Matsumoto plonge nos trois héros de Albator 78/84 dans une série de western spaghetti où Leone n'est pas loin !) quand ce ne sont pas des détails Matsumotoriens d'une série, d'un univers qui se retrouvent transposés dans un autre. Dans Interstella 5555 on retrouvait les costumes, les clins d'oeils aux vêtements et costumes, ici on n'échappe pas non plus à la règle puisque l'équipe de la SDF (mais non, pas ce que vous croyez, c'est plus les initiales de Spatial Defense forces !) à une espèce de costume d'Albator presque, que le héros y ressemble (à Albator, en plus jeune et sans la cicatrice) et qu'on retrouve les trains volants de Galaxy Express 999 (ou Space symphony Maetel) !
Ouais pas de doute, on est chez Leiji Matsumoto...
Et oui, nos fameux trains volants qui font même de la fumée et du bruit (tchou !!! tchouuuu !!!) dans l'espace mais trop tard, toute logique rationnelle à disparue, on est à nouveau un gamin perdu de bonheur qui regarde sa série, les yeux larmoyants. Heuresement y'a plus Dorothée, la sorcière blonde. Le cauchemar télévisuel français, la même qui osa faire une tournée à Bercy avec Ariane, Corbier et tous ses amis. Paraît que maintenant elle vaut plus tripette et qu'elle haït les gamins. De quoi faire un bon sujet de film d'horreur psychanalytique avec charge contre les médias. Intéressant non ? Mais bon je... mes gares....Dans l'espace des trains.

Faut dire que comme le sujet est le train, j'en profite pour dévier dans le domaine seuneuceufien qui a toujours une idée d'avance. Ouais, je rail, je rail mais ça s'y prête assez. D'ailleurs je précise ici que les trains arrivent toujours à l'heure (presque) et qu'ils ne font presque pas grève. Mais suis je bête, c'est pas la réalité.
Et c'est bien dommage.
La série a un mince fil rouge en la présence du jeune personnage de Thomas (dans la version française), ce qui n'empêche pas que l'on pense a la série audiovisuelle de "Des trains pas comme les autres" qui nous proposait des voyages pour découvrir plein de jolis pays. Ici on voyage dans des destinations châtoyantes ou inquiétantes mais aussi souvent, à chaque épisode on a droit à une nouvelle histoire, ce qui donne lieu a des choses assez sympathiques dont un épisode avec un train fantôme, sorte de hollandais sur rails.

Bouhouhou j'ai raté mon train....
On se retrouve avec une série attachante au final (et dont le final s'avère assez prenant), des personnages assez bien construits (Bulge, Bruce, Thomas), des historiettes parfois bouleversantes (l'épisode "Crépuscule" où une grand-mère prend le jeune Thomas pour son fils, décédé il y a de ça une bonne dizaine d'années mais la ressemblance est frappante faut dire), un soupçon d'histoire d'amour comme on les aime, des héroïnes à la poitrine généreuse (le personnage de Cassiopée)....Tous les ingrédients normalement constitutifs d'une bonne série....Et pas que dédiée aux fans de Leiji Matsumoto hein !
samedi 11 novembre 2006
Metropolis (Rintaro version)
I can't stop loving you...
Metropolis en dvd zone 2

Bon oki ça n'a rien a voir avec celui de Fritz Lang ou en fait si, un peu et en même temps non. Pour l'anecdote, ce film d'animation s'inspire d'un manga de Tezuka (le mangaka qui créa tout là bas, un peu comme notre Hergé), passionné lui-même par un autre grand, Walt Disney. Et l'on raconte qu'il aurait eu l'idée de "Metropolis" (en fait une trilogie en manga dont le film ne s'inspirerais que d'un des 3 tomes) en tombant un jour sur l'affiche du film de Lang. N'ayant même pas vu le film de Lang, l'affiche seulement du film lui donne une idée d'énorme manga qui se révelera étonnemment proche du film de Lang. Après la mort de Tezuka, Otomo et Rintaro s'empareront des droits du bouquin et tout en reprenant le style graphique de Tezuka (très années 50), livreront une version sublimée autant respective de l'oeuvre originale que du film de Lang.
Quand je m'en souviens...Je l'avais vu avec un pote en
avant première au salon de l'imaginaire a la vilette il y a de ça quelques années. Que de
souvenirs ahhhh... A la fin,je n'oublierai jamais ça, toute la salle
s'est levée et a applaudi...

J'avais aussi les larmes aux yeux après l'avoir vu.
On sourit avec ce
film.
On pleure aussi avec pour peu qu'on ne soit pas un monstre
inhumain.
On s'attache aux personnages, de Tima,jeune heroine sacrifiée à
Rock, méchant plus qu'attachant au même prix que le duke red, son père adoptif...
Quand je dis qu'il y a un grand respect de l'oeuvre originale mais aussi du film de Lang, c'est en effet au visionnage qu'on peut observer les différences notables entre les anciens et cette remise à jour. Exit donc l'impressionisme de celui de Lang mais on a droit à une véritable atmosphère de film policier des années 40, celà appuyé non seulement par les décors mais aussi et surtout la musique, à la fois jazzy et très symphonique. Le décalage avec un monde architectural ultra réaliste n'en est que plus probant et celà se ressent aisément pendant le film. Chamboulés, perdus nous serons pour mieux être pris par le final hallucinant et apocalyptique (Otomo en plus de produire à écrit le scénario et avec Otomo on est toujours servis par une petite fin du monde. On se rappelle Akira et en manga chez Delcourt, le superbe "Mother Sarah")...

L'histoire ? Heu je ne vais pas vous la reveler non plus,il y a assez de sites qui le font,mais brisent alors la magie de ce film en racontant aussi ce qu'il ne faut pas...
Disons juste que les similitudes avec le film de Lang sont facilement observables : la ville divisée en caste avec les pauvres et les exclus sous terre, le soulèvement des masses, l'androïde...Mais le film va plus loin que ça en proposant un monde où se sont aussi et surtout les robots les exclus, esclaves d'un pouvoir qui se niche même jusque chez les révolutionnaires et les pauvres des bas fonds. Surtout comparé au film de Lang, il évacue toute forme de manichéïsme et les "mauvais" se révèlent aussi touchants et humains que les "bons". Si Rock agît comme celà, c'est uniquement par amour pour son père adoptif et son dernier geste, même destructeur sera bien un geste d'amour envers son paternel, Atlas malgré ses actes agit par pure utopie envers ses semblables qu'il veut protéger, quand à Tima, de jeune timide, elle devient rapidement touchante et brièvement humaine par ses attitudes avant sa fusion fatale avec l'ordinateur de la ville....
Rintaro est réalisateur,et ça se voit. Et comme il est assez perfectionniste comme otomo,il se paye même le luxe de jouer de la clarinette basse dans la B.O et peint avec l'équipe,quelques planches même si le film était alors être fini dans l'urgence et la douleur, ce qui ne se voit pratiquement pas sur le résultat final d'où la magie de ce film...

L'image ? Nickel.Les couleurs petent bien,et on ne se lasse pas
d'admirer les decors,tous a presque 90% en images de synthese (et c'est grandement réussi) alors que les
persos sont en 2D....
Le son ? La Bande originale est excellente,pour peu que vous aimiez le jazz et la
musique symphonique. On a droit ainsi au sein d'un même film au "st james infirmary" ainsi qu'au "I can't stop loving you" de Ray Charles, excusez du peu....Le generique de fin est un très beau morceau de jazz chanté suavement par une jeune danseuse inconnue qui ne vous fera guère regretter ce petit voyage loin de tout....

Le film ? Chef d'oeuvre mais je me redis un peu non ?
Les bonus ? Sur le disque 1,celui du film,on a des trailers et dedans, oh
surprise,la BA de Final fantasy le film semi réussi de squaresoft. Bah mouais, sympa.
Ainsi qu'une BA americanisee et moche de metropolis et une BA de la
serie en images de syntheses de starship troopers....Mouais prefere le
film de Verhoeven moa...

Le disc 2,c'est les bonus,hélas y'en a pas assez....Y'a des croquis,mais on aimerait en avoir plus....Un documentaire ? Inintéressant ou alors, mouais pq pas ? Mais bon,j'ai largement déjà vu mieux...L'interview OTOMO/Rintaro...Mouais,les questions etaient deja posées en doc, c'est un peu de la redite remplissage...une séquence multi angle etc ? Mouais, gadjet un peu non ?
Au final, un excellent film que l'on pourrait presque ranger dans les chef d'oeuvres.























































