lundi 21 avril 2008
KareKano

Entre Elle et Lui.
(Kareshi Kanojo no jijyo) -- KareKano en abrégé.
Gros coup de coeur pour cette série d'animation de la Gainax. Evidemment, je ne pouvais que succomber, surtout si j'apprends que Hideaki Anno a participé au projet de près. Vous me mettez son nom sous mon fier nez de geek chaperonné à l'animation et à l'horreur très jeune (haut comme trois pommes) avant que je ne vire métaphysico-Kubrickien-Oshiien (ce qui n'est pas une tare en soi, d'ailleurs moi j'en vis très bien) tendance contemplativo-Antonionienne (là c'est plus dur, je me sens seul des fois...) et vous obtenez un Nio alléché, la babine soyeuse et le groin pourfendant le vent (mais la technique marche aussi avec d'autres bloggueurs : mettez du Argento et du Bava dans la gamelle de Patchworkman et il ronronnera comme pas deux) et prêt à se jeter sur l'oeuvre susdite.
Après cet interlude qui fleurait bon le Cyaranoïsme de Bergerac (qui se situe sur les rives du Bergerac, rappelons-le) et à votre air fébrile et étonné, vous vous dites que quelque chose cloche. Surtout si vous ne connaissez pas Hideaki Anno, subjectivement personnage hautement essentiel à la culture animé, au même titre que Walt Disney ou Miyazaki (c'est dire comme je le porte très haut), ou bien un Kevin Clerks chez nos amis Geek ou un Cronenberg dans le monde horrifique. Un personnage indispensable en quelque sorte, qui crée à la fin des années 80, avec une bande de potes, le studio Gainax. Studio "responsable" de Neon Genesis Evangelion, Gunbuster, Nadia et le secret de l'eau bleue et FLCL (Fuli Culi...Furi Kuri... enfin truc...FLCL quoi...), ce qui est déjà pas mal, voire beaucoup. Et puis la faute m'en incombe, je suis fan de ce studio d'animation depuis de nombreuses années et je ne m'aperçois que maintenant que je n'en avais jamais encore parlé sur ce blog. Bigre. Il était temps de réparer ça.


Images du générique : entremêlement d'images réelles et animées.
Dans l'animation japonaise, il y a deux cas de figures principaux. Soit l'animé (la série) est issue d'une oeuvre papier préexistente (ce qu'on appelle "manga" comme on dit "comics" pour les States et BDs anglo-saxonnes mais au délà de ces termes abscons et un peu discriminant -- A tel point qu'on confond encore le manga avec l'animation japonaise en les englobant au nom d'un obscurantisme amplifié par des années de TF1-Dorothéïste datant des années 90 mais hélas encore largement répandu de nos jours), soit c'est une création totalement nouvelle. Dans le cas de Karekano, il y a donc à la base le manga sentimental (un "Shojo" donc. Qui s'adresse souvent plus aux jeunes filles qu'aux mecs mais les mecs aussi peuvent les lire, y'a pas de raisons. Surtout si vous vous sentez très fleur bleue) de Masami Tsuda mais que Gainax (tout comme pour FLCL) va se réapproprier personnellement avec sa propre touche mi-psychologisante, mi-absurde jusqu'a la folie (on se poile beaucoup pour une série qui aborde les problèmes existenciels et amoureux des jeunes d'aujourd'hui, c'est un fait).
A la base, il y a Elle, Yukino Miyazawa, première de la classe, sans égal, parfaite en tout et admirée de tous. Puis arrive Soichiro Arima, Lui, jeune garçon intelligent qui du jour au lendemain la supplante. Stupeur chez Miyazawa qui décide de tout faire pour se débarasser de ce rival plus qu'encombrant. Sans se douter que doucement naîtrait une relation d'amitié puis la naissance d'une relation amoureuse, ce qui, au fil du temps et de la série ne sera pas sans mal, face à bien d'autres personnes et des évenements imprévus qui leur colleront des bâtons dans les roues...


Episode 9 : ça c'est du résumé, ça !!! J'ose à peine imaginer le résumé à l'épisode 20...
Oui bon, dit comme ça, ça vous semble très banal. Moi aussi, j'y ai cru, c'est pour ça que j'ai mis un certain temps avant de me jeter sur cette série, pourtant motivé à la base par les seuls noms d'Hideaki Anno et la Gainax mais que voulez-vous, on doute, on est un étudiant sans le sou, tout ça. Et je m'étais un peu trompé. D'une part, parce que justement c'est la Gainax, l'oeuvre est loin d'être banale (hum, regardez l'espère de résumé des épisodes précedents, lequel change constamment de forme d'un épisode à l'autre), et d'autre part avec Anno, on a droit à un traitement psychologique des plus importants. D'une simple amourette, la clique à Anno se charge de nous montrer avec simplicité, subtilité et émotion, étapes par étapes, le jeu de séduction, le jeu des apparences entre êtres et soulève une fois de plus des questions interessantes : Pourquoi plaire ? Pour qui ? Pourquoi revêt-on un masque en société et quelle est notre véritable apparence en dessous ? Qu'est-ce que la perfection ? Pourquoi lui et pas moi ?...
Des questions qu'on se pose tous plus ou moins, surtout à l'adolescence. Un problème déjà soulevé par Neon Genesis Evangelion et son final métaphysique qui en débouta plus d'un (moi, j'ai adoré par contre. C'est vous dire comme je suis tordu) et pouvait être interprêté de différentes manière (comme le Kubrick's cube donc) même si l'on en arrivait à peu près tous à une conclusion du style : La vie ne se limite pas qu'a soi-même. Leçon lancée par un Anno furieux envers tout un public d'Otakus nippon. Leçon non comprise, ce qui laissera le monsieur remettre le couvert avec bourrinage et violence insensée dans le film d'Evangelion (la musique est superbe par contre). KareKano partage le sérieux sombre et adulte qui entourait Evangelion mais pas que.



Des décors qui peuvent à la fois être réalistes comme esquissés à l'aquarelle, évanescent, selon l'état d'esprit tant de la série que d'un personnage...
Pas que. Parce qu'en plus de moments sombre, de sa lucidité inquiétante (les oeuvres de Gainax sont souvent plus adultes que d'autres oeuvres de studio animés tout en étant aussi très regressives. Bigger than life donc.), de son analyse brillante des rapports entre différentes personnes du même sexe ou non, l'oeuvre est aussi extrêmement drôle. Jouissive même. Et ça, c'est ce que j'apprécie parfois plus que tout chez la Gainax (même si l'aspect psychologique et le traitement sont des plus importants chez eux), surtout quand ils --au sens propre-- pètent littéralement un cable et s'amusent dans l'absurde même. D'un point de vue esthétique, ils experimentent constamment et ça rejoint l'aspect presque de folie du studio : Textes en plein déroulement dans l'action --cf, la photo "bruits" plus bas-- façon Animé-BD live, incursion de photographies au sein de l'histoire, plans retouchés, cases et split-screens même quand il n'y a pas d'action, déformations à l'extrême des personnages, clins d'oeils de déconne --dont un, énorme à Miyazaki avec son personnage de Totoro !!--, résumé en 8 cases (photo plus haut), textes calligraphiques dans l'image, cases façon manga, caricature même des personnages de mangas féminins (il faut le voir pour le croire), tout est permis, tout y passe. Enorme.



Tour de force de chaque instant, à la fois pur délire et l'une des plus belles analyses des sentiments amoureux et du comportement de la jeunesse actuelle, l'oeuvre s'inscrit pleinement dans le sillon que la Gainax a laissé derrière elle : L'introspection et la psychanalyse comme dans Evangelion et FLCL. Et pour enfoncer le clou, on reprend aussi des séquences filmées live en générique de fin comme dans FLCL. Comme pour souffler et effectuer une légère mise à distance (ils savent très bien que c'est un animé et mettent en garde d'une manière des plus subtiles justement. Bien malin qui pourra les accuser de pervertir la jeunesse actuelle comme certains imbéciles ont accusés les films d'horreurs ou les jeux vidéos d'avoir rendu des lycéens tueurs alors que le problème venait déjà à la base de ces jeunes en questions --lire aussi pour les curieux, l'analyse des rapports média/jeunesse par le psychanalyste Serge Tisseron dans "Enfants sous influence", je ne m'étendrais pas là-dessus par manque de temps...) vis à vis de l'animé et du réel : Ainsi on verra non seulement des couloirs d'un vrai lycée avec de vrais classes en générique de fin mais aussi les deux doubleuses (mignonnes en plus) des personnages des deux soeurs de Yukino (photo après).



Bref, KareKano est une vraie perle, sensible, humaine et délirante comme pas deux que je conseille non seulement aux fanas d'animation comme aux néophytes (Patch ?
). Ce genre de perles devient rare de nos jours dans un milieu de plus en plus aseptisé (tant l'animation que le cinéma), alors profitez-en sans préjugés...
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"C'est pas toi qui est fan de Totoro ?
_ Totoro ?

_ Lui-même.

_ Parce que figure toi que je viens d'en voir un vrai là-bas, un grand.

_ TOTOROOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!

Mais c'est vraiment n'importe quoi... ![]()
Annexe...
(générique d'ouverture)
dimanche 1 avril 2007
Le voyage de Chihiro

Et un oscar pour Chihiro, un ! Bah après tout, ce n' est que justice...
Récemment je me suis revu Le Voyage de
Chihiro, incroyable film somme de tout l' univers de Miyazaki et pour peu
que l' on soit fan de l' ami Hayao, on remarque que cette odyssée intérieure,
cette ôde à l' enfance et au courage est aussi un point de non retour, plus que
Princesse Mononoke, dans le sens où l' oeuvre de Miyazaki, maintenant à son
sommet se permet de faire dans le recyclage intérieur (ce qui n'est pas une critique négative mais plus un effet de style bienveillant du maître pour ma part), sans compter les
nombreuses références universelles qui marquent une fois de plus.
Ce qui frappe dans ce film à chaque vision, ce sont non seulement
la richesse thématique de l' oeuvre (les trucs facilement discernables, vous
savez, la compréhension mutuelle, le courage, la confiance en soi, l' inconnu,
la peur de l' étranger et son acceptation progressive, bon tout ça vous
connaissez je ne vous fais pas l' affront de vous le rappeler, ça saute
naturellement aux yeux dès qu' on voit le film), mais aussi les séquences géniale et
les clins d' oeils, énorme, riches en intensité, bien plus que chez Princesse
Mononoke ou Le château dans le ciel, par exemple.

Par exemple, les scènes du train où Chihiro et ses nouveaux amis font le voyage presque seuls jusqu' à la station de Zeniba, la soeur jumelle de Yubaba. Comment ne pas être frappé par ces gens transparents, presque de parfaits anonymes, de simples fragments de temps qui font un bout de trajet avec Chihiro mais n' iront pas avec elle. Et l' espace d' un trajet, des saillies de merveilleux se déployant : une île-maison avec son arbre dans un océan, le train lui-même, voguant sur l' océan, une gare puis une fillette transparente, à peine une silhouette, qui reste sur le quai tandis que lentement on s' éloigne.
La séquence d' après, alors qu' on est arrivés à destination s' engage une
marche dans la forêt, à peine éclairés par une lampe sur patte.
Un fragment de
rêve sublime.
J' ai parlé de clins d'oeils plus haut, Miyazaki en adresse une
directe à un autre géant de l' animation japonaise et du manga, j' ai nommé
Katsuhiro Otomo. Comment dans la chambre du bébé, ne pas s' étonner en effet,
de l' incroyable ressemblance avec la chambre nurserie des enfants mutants d' Akira
? Même endroit au décalque près (presque), même voûte étoilée avec
ptérodactyle au plafond. Troublant non ? C'est la citation la plus visible, les
autres se situent dans l' architecture, les années 70 et la culture japonaise,
il faut les chercher...

Mais plus que tout, la richesse et les différents niveaux de lectures, on sait Miyazaki aussi engagé que son comparse Takahata (Le tombeau des Lucioles, pour n' en citer qu' un), et même si on peut lire le film à une première lecture thématique, on peut en voir d' autres si l'on y réfléchit bien, un peu comme dans les films de Romero.
Dans Chihiro, les humains ont abandonnés un parc d' attraction que les dieux ont investis et les humains mangeant de la nourriture des dieux se voient punis en se transformant en cochon. Faut il y voir une punition de la part de Miyazaki et une critique envers un Japon ne croyant plus à son folklore et son identité culturelle ? La question se pose là et dans une étrange confrontation de la modernité (les parents avec leur voiture moderne et leurs manières de s' installer comme ça au restau' alors qu'il n'y a personne, très sûrs d'eux : "on a notre carte bleue de toutes façons") et du traditionnalisme (la mythologie, les bains publics japonais, les divinités). La modernité se voit placardée, brochardée d' un coup (on peut dire que les parents sont punis pour leurs mauvaises manières) et Chihiro est alors la passerelle, celle qui en acceptant et découvrant ce monde petit à petit, réconciliera les deux univers, à l' image du Japon moderne. D' ailleurs ne dit on pas que notre monde se construit dès l' enfance ?

Pourtant malgré toute sa richesse et sa beauté, ses expérimentations (1er Ghibli colorié a l'ordinateur ! Du jamais vu à l' époque ! Et puis l' eau en image de synthèse, la pluie en prise de vue réelles à certains moments, fallait le voir), Le voyage de Chihiro n' est pas mon Miyazaki préféré. Dans ce film (et celà se confirma avec le suivant, le château ambulant), Miyazaki semble proposer étrangement un sympathique best off en recyclant son univers : Les cochons, le dragon Haku qui ressemble aux loups de Mononoke, l' homme en noir transparent rappelant la noirceur jaillissante du corps découpé du dieu cerf de Mononoke, les boules de suif renvoyant a Totoro...
Enfin celà ne gâche en rien le film qui reste un chef d' oeuvre (comme pratiquement tous les films de Miyazaki), mais je lui préfère Princesse Mononoke (le lyrique sans recul) et Kiki la petite sorcière (la part de rêve, d'autant plus que ce dernier touche a des choses et des situations assez proches de moments de ma vie)...
samedi 20 janvier 2007
The Galaxy Railways


(Existe en un seul coffret - intégrale - aussi...)
Dans une galaxie far, far away....Very far away friends...
Nous avons l'univers de Leiji Matsumoto. Univers qui s'étend et se répercute à chacune de ses séries où les personnages se ressemblent parfois un peu tous quand ils ne sont pas des doubles propres des héros principaux Albator (ou Harlock) et Esmeralda plongés dans une autre histoire (Gun Frontier du même Matsumoto plonge nos trois héros de Albator 78/84 dans une série de western spaghetti où Leone n'est pas loin !) quand ce ne sont pas des détails Matsumotoriens d'une série, d'un univers qui se retrouvent transposés dans un autre. Dans Interstella 5555 on retrouvait les costumes, les clins d'oeils aux vêtements et costumes, ici on n'échappe pas non plus à la règle puisque l'équipe de la SDF (mais non, pas ce que vous croyez, c'est plus les initiales de Spatial Defense forces !) à une espèce de costume d'Albator presque, que le héros y ressemble (à Albator, en plus jeune et sans la cicatrice) et qu'on retrouve les trains volants de Galaxy Express 999 (ou Space symphony Maetel) !
Ouais pas de doute, on est chez Leiji Matsumoto...
Et oui, nos fameux trains volants qui font même de la fumée et du bruit (tchou !!! tchouuuu !!!) dans l'espace mais trop tard, toute logique rationnelle à disparue, on est à nouveau un gamin perdu de bonheur qui regarde sa série, les yeux larmoyants. Heuresement y'a plus Dorothée, la sorcière blonde. Le cauchemar télévisuel français, la même qui osa faire une tournée à Bercy avec Ariane, Corbier et tous ses amis. Paraît que maintenant elle vaut plus tripette et qu'elle haït les gamins. De quoi faire un bon sujet de film d'horreur psychanalytique avec charge contre les médias. Intéressant non ? Mais bon je... mes gares....Dans l'espace des trains.

Faut dire que comme le sujet est le train, j'en profite pour dévier dans le domaine seuneuceufien qui a toujours une idée d'avance. Ouais, je rail, je rail mais ça s'y prête assez. D'ailleurs je précise ici que les trains arrivent toujours à l'heure (presque) et qu'ils ne font presque pas grève. Mais suis je bête, c'est pas la réalité.
Et c'est bien dommage.
La série a un mince fil rouge en la présence du jeune personnage de Thomas (dans la version française), ce qui n'empêche pas que l'on pense a la série audiovisuelle de "Des trains pas comme les autres" qui nous proposait des voyages pour découvrir plein de jolis pays. Ici on voyage dans des destinations châtoyantes ou inquiétantes mais aussi souvent, à chaque épisode on a droit à une nouvelle histoire, ce qui donne lieu a des choses assez sympathiques dont un épisode avec un train fantôme, sorte de hollandais sur rails.

Bouhouhou j'ai raté mon train....
On se retrouve avec une série attachante au final (et dont le final s'avère assez prenant), des personnages assez bien construits (Bulge, Bruce, Thomas), des historiettes parfois bouleversantes (l'épisode "Crépuscule" où une grand-mère prend le jeune Thomas pour son fils, décédé il y a de ça une bonne dizaine d'années mais la ressemblance est frappante faut dire), un soupçon d'histoire d'amour comme on les aime, des héroïnes à la poitrine généreuse (le personnage de Cassiopée)....Tous les ingrédients normalement constitutifs d'une bonne série....Et pas que dédiée aux fans de Leiji Matsumoto hein !
samedi 11 novembre 2006
Metropolis (Rintaro version)
I can't stop loving you...
Metropolis en dvd zone 2

Bon oki ça n'a rien a voir avec celui de Fritz Lang ou en fait si, un peu et en même temps non. Pour l'anecdote, ce film d'animation s'inspire d'un manga de Tezuka (le mangaka qui créa tout là bas, un peu comme notre Hergé), passionné lui-même par un autre grand, Walt Disney. Et l'on raconte qu'il aurait eu l'idée de "Metropolis" (en fait une trilogie en manga dont le film ne s'inspirerais que d'un des 3 tomes) en tombant un jour sur l'affiche du film de Lang. N'ayant même pas vu le film de Lang, l'affiche seulement du film lui donne une idée d'énorme manga qui se révelera étonnemment proche du film de Lang. Après la mort de Tezuka, Otomo et Rintaro s'empareront des droits du bouquin et tout en reprenant le style graphique de Tezuka (très années 50), livreront une version sublimée autant respective de l'oeuvre originale que du film de Lang.
Quand je m'en souviens...Je l'avais vu avec un pote en
avant première au salon de l'imaginaire a la vilette il y a de ça quelques années. Que de
souvenirs ahhhh... A la fin,je n'oublierai jamais ça, toute la salle
s'est levée et a applaudi...

J'avais aussi les larmes aux yeux après l'avoir vu.
On sourit avec ce
film.
On pleure aussi avec pour peu qu'on ne soit pas un monstre
inhumain.
On s'attache aux personnages, de Tima,jeune heroine sacrifiée à
Rock, méchant plus qu'attachant au même prix que le duke red, son père adoptif...
Quand je dis qu'il y a un grand respect de l'oeuvre originale mais aussi du film de Lang, c'est en effet au visionnage qu'on peut observer les différences notables entre les anciens et cette remise à jour. Exit donc l'impressionisme de celui de Lang mais on a droit à une véritable atmosphère de film policier des années 40, celà appuyé non seulement par les décors mais aussi et surtout la musique, à la fois jazzy et très symphonique. Le décalage avec un monde architectural ultra réaliste n'en est que plus probant et celà se ressent aisément pendant le film. Chamboulés, perdus nous serons pour mieux être pris par le final hallucinant et apocalyptique (Otomo en plus de produire à écrit le scénario et avec Otomo on est toujours servis par une petite fin du monde. On se rappelle Akira et en manga chez Delcourt, le superbe "Mother Sarah")...

L'histoire ? Heu je ne vais pas vous la reveler non plus,il y a assez de sites qui le font,mais brisent alors la magie de ce film en racontant aussi ce qu'il ne faut pas...
Disons juste que les similitudes avec le film de Lang sont facilement observables : la ville divisée en caste avec les pauvres et les exclus sous terre, le soulèvement des masses, l'androïde...Mais le film va plus loin que ça en proposant un monde où se sont aussi et surtout les robots les exclus, esclaves d'un pouvoir qui se niche même jusque chez les révolutionnaires et les pauvres des bas fonds. Surtout comparé au film de Lang, il évacue toute forme de manichéïsme et les "mauvais" se révèlent aussi touchants et humains que les "bons". Si Rock agît comme celà, c'est uniquement par amour pour son père adoptif et son dernier geste, même destructeur sera bien un geste d'amour envers son paternel, Atlas malgré ses actes agit par pure utopie envers ses semblables qu'il veut protéger, quand à Tima, de jeune timide, elle devient rapidement touchante et brièvement humaine par ses attitudes avant sa fusion fatale avec l'ordinateur de la ville....
Rintaro est réalisateur,et ça se voit. Et comme il est assez perfectionniste comme otomo,il se paye même le luxe de jouer de la clarinette basse dans la B.O et peint avec l'équipe,quelques planches même si le film était alors être fini dans l'urgence et la douleur, ce qui ne se voit pratiquement pas sur le résultat final d'où la magie de ce film...

L'image ? Nickel.Les couleurs petent bien,et on ne se lasse pas
d'admirer les decors,tous a presque 90% en images de synthese (et c'est grandement réussi) alors que les
persos sont en 2D....
Le son ? La Bande originale est excellente,pour peu que vous aimiez le jazz et la
musique symphonique. On a droit ainsi au sein d'un même film au "st james infirmary" ainsi qu'au "I can't stop loving you" de Ray Charles, excusez du peu....Le generique de fin est un très beau morceau de jazz chanté suavement par une jeune danseuse inconnue qui ne vous fera guère regretter ce petit voyage loin de tout....

Le film ? Chef d'oeuvre mais je me redis un peu non ?
Les bonus ? Sur le disque 1,celui du film,on a des trailers et dedans, oh
surprise,la BA de Final fantasy le film semi réussi de squaresoft. Bah mouais, sympa.
Ainsi qu'une BA americanisee et moche de metropolis et une BA de la
serie en images de syntheses de starship troopers....Mouais prefere le
film de Verhoeven moa...

Le disc 2,c'est les bonus,hélas y'en a pas assez....Y'a des croquis,mais on aimerait en avoir plus....Un documentaire ? Inintéressant ou alors, mouais pq pas ? Mais bon,j'ai largement déjà vu mieux...L'interview OTOMO/Rintaro...Mouais,les questions etaient deja posées en doc, c'est un peu de la redite remplissage...une séquence multi angle etc ? Mouais, gadjet un peu non ?
Au final, un excellent film que l'on pourrait presque ranger dans les chef d'oeuvres.
lundi 11 septembre 2006
Gunslinger Girl

Je scanne à la source cette fois, directement le coffret qui regroupe les 4 dvd de la série...
Jaquette du premier boîtier. (Henrietta et Rico)
Pour combattre le crime organisé, le gouvernement italien a
pris une mesure extrême : combattre le mal par le mal. Il a
monté une agence, la social welfare agency, qui, sous couvert
d'activités sociale et médicale, assure en fait la logistique
pour une équipe de professionnels chargés d'éliminer les
chefs de clan, les séparatistes ou d'assurer la protection de témoins-clefs. La
mesure est d'autant plus extrême que les gâchettes de
l'agence sont toutes des jeunes filles, conditionnées
physiquement et psychologiquement après divers accidents (leurs membres sont en grande partie remplacés par d'autres membres, artificiels, les transformant en cyborg).
Placée sous la tutelle rapprochée d'un adulte membre de
l'agence, chacune de ces enfants est devenue une véritable
machine à tuer, d'une efficacité redoutable....

Jaquette du second boîtier dvd - Henrietta.
Voici une série qui m'intriguait depuis un certain temps et ce depuis un certain temps, de part la qualité de l'image, de l'animation, de l'histoire et de la musique, j'avais entendu de nombreux avis positifs sans avoir pu lire sur le net de réel avis si ce n'est que la série malgré sa poésie contenait des scènes choquantes et parfois immorales, laissant parfois planer un étrange sentiment de malaise. Dérangeante Gunslinger Girl ? Oui assurément mais c'est ce qui fait son charme et celà est d'autant plus assumé que la série évite principalement les écueuils de l'animation pour enfant mettant en scène des gamines qu'on pourrait trouver dans de nombreuses séries animées. Seule la voix française des gamines, fluettes car réalisées on s'en doute par une adolescente ou une adulte, pourrait un peu gêner. Passé celà, la série se dévoile lentement dans toute sa richesse psychologique...

Jaquette du 3e boîtier dvd - Henrietta et Rico.
La série est en celà immoral qu'elle ne donne aucun jugement, elle montre seulement les faits, dans toute leur crudité, au spectateur de se faire son propre avis sur ces "machines humaines" qui même si elles sont de parfaites machines à tuer, ne sont que des pré-adolescentes avec des besoin affectifs, notamment envers la seule chose qui leur reste (avant de subir un lavage de cerveau et un reconditionnement, certaines ont étés renversée par une voiture quand elles ne sont pas violée et que toute leurs famille est massacrée et la série aborde ces choses furtivement, mais en parle quand même ce qui est assez adulte), leurs tuteurs.
Leurs tuteurs car chaque fillette est placée sous la garde d'un "grand frère" qui assure tour à tour les rôles de maître, confident voire, père pour certaines quand elles ne sont pas traitées en retour que comme simple outil.
Car oui et c'est là, la grande richesse de la série au niveau psychologique, les réactions humaines face à ces cyborgs ne sont pas les mêmes. Pour José, tuteur d'Henrietta, c'est comme une petite soeur à chérir. Pour Labaro, vieux militaire à la retraite, la petite Claes sera d'abord élevée comme un soldat lui qui n'a jamais eu d'enfant, avant qu'une estime ne grandisse entre eux. Marco, plus touché par ses problèmes affectifs et moraux ne remarquera qu'a la fin de la série l'amour véritable (en est on sûr ou bien celà n'est il pas inculqué au gamines suite aux lavages de cerveau ?) que lui porte Angelica. Quand à Lauro et sa petite Elsa, il ne la traite que comme un outil, déclanchant longuement chez la gamine le doute et une fatale dépression nerveuse...
Ces équipes qui vont toujours par deux (un "grand frère" et "sa petite soeur") sont appelées "Fratello".

Jaquette 4e dvd - Henrietta et Triela.
La série alterne longs moments intimistes et scènes d'action rapides et brusques d'une fluidité hallucinante et la qualité reste la même tout au long des 13 épisodes de la série, sans qu'aucune baisse dans le chara design ou l'histoire ne soit remarquée. Les décors et l'ambiance Italienne sont assez bien retranscris en plus d'une musique somptueuse.
Enfin la fin, émouvante et très intimiste se termine sur un plan formidable de fillettes regardant une pluie d'étoiles filantes tandis qu'une autre agonise dans un hopital auprès de celui qu'elle aime, sur fond de 9e symphonie de Beethoven.
Sublime série assurément.
Et j'en profite pour vous mettre l'opening en vidéo...
dimanche 10 septembre 2006
Le château dans le ciel

Wow.
Miyazaki est génial, ça on le savait mais quand même...
En 2004 j'allais voir ce film en salle bien que je l'eusse déjà dans mon disque dur, et pour cause, le film était déjà sorti en 1986 ! Mais quand même, rien ne vaut la magie du grand écran surtout quand pour une fois, les gosses dans le cinéma se taisent (le bonheur parce que Nausicäa récemment j'y ai eu droit) ! Mis à part ce souvenir grandiose, rassurez vous je n'avais pas oublié le film pour autant et je l'achetai dès sa sortie chez nous en dividi par le biais de Buena Vista (à qui l'on devrait foutre un procès puisque c'est eux qui depuis une bonne dizaine d'années gardaient jalousement les droits des Miyazaki on ne sait trop pourquoi...).
Et le revoilà moins de deux ans plus tard et la magie demeure.
Car rendez vous compte, ce film à déjà 20 ans (et Nausicäa 22) et ce reste comme tous les Miyazaki une formidable claque.
Pour ce film,Miyazaki s'est clairement inspiré des "voyages de
gulliver" de Swift (Laputa est l'île volante du livre d'ailleurs...) et
a su en faire une matière nouvelle,pliée à ses exigeances de qualité et celles du
cinéma d'animation.
De plus il en profite comme d'habitude pour émailler son film de préoccupations
écologiques qui lui sont chères (....qui atteindront leur apogée avec princesse mononoke et Nausicäa),de conseils sociologiques toujours
intéressant, d'aventure, d'humour et montre --chose rare!-- un méchant
n'ayant aucun remords ni même voie de rachat. (même le moine de
princesse mononoke n'était si cruel. Certes il agissait pour ses intérets
tout comme Yubaba dans "le voyage de chihiro" ou Curtis l'américain
dans "porco rosso" mais là il n'a aucune humanité...)
Eh oui, fait rare donc, on à là un parfait salopard en la personne de Muska, charismatique, intrigant, méchant, diabolique irais je même à dire et c'est limite si il vole la vedette aux autres personnages heuresement eux aussi pourvus d'une âme.
Et toujours cet enchantement fabuleux de redécouvrir un univers
cohérent, global et merveilleux à mi chemin entre le féerique même et
la réalité (les scènes avec les mines au début sont directement
inspirés de croquis de repérage réalisés par Miyazaki et son équipe en
Ecosse). Certaines images sont de véritables tableaux et ma mère très en retard
dans le Miyazaki (et l'animation japonaise en général
) s'exclamait a de nombreuses reprises devant la beauté des paysages et
surtout des nuages. Son premier Ghibli et je pense qu'elle a été
conquise mais elle n'a toujours ni vu Nausicäa, ni Totoro ni porco
rosso ou Chihiro et autres Mononoke.
Un dirigeable en plein ciel. Sheeta une jeune fille triste,
est retenue prisonnière par des hommes qui cherchent à percer
un secret dont elle aurait la clé. Profitant d'une attaque de
pirates du ciel, Sheeta tente de s'évader et tombe dans le
vide. Pazu, un jeune garçon intrépide qui travaille à la mine
voit Sheeta tomber littéralement du ciel entourée d'une
lumière émanant de son pendentif. Bientôt, elle avoue à Pazu
qu'elle est la descendante des souverains de la mythique cité
de Laputa, le château dans le ciel...
Ce film reste merveilleux et génial, comme tous les Miyazaki et de
nombreux Ghiblis.
Un chef d'oeuvre ? Peut-être pas, du moins pas pour
moi (je citerais plus Nausicäa, Mononoke et Kiki mais là c'est plus subjectivement d'après mes goûts), mais du
divertissement haut de gamme, une perle qui touche au sublime.
L'image d'un cinéma de divertissement génial tel qu'on le veut et tel qu'il devrait l'être.
Heuresement qu'on a Miyazaki.
jeudi 10 août 2006
Aeon Flux - intégrale -
Enfin !
Plus de 14 ans après sa première diffusion en 1992 dans Liquid metal
television (qui passait originellement sur mtv mais qu'on pouvait voir
sur canal + dans la cultissime et décalée "Oeil du cyclone") et 11 ans
après la diffusion de la 3e et dernière saison en 1995 dans les pays
anglo-ricains saxons, sort enfin chez nous en dvd remastérisée Aeon Flux, série décalée,
ultra violente, brillante, cynique, complexe, remplie d' allusions
sexuelles plus ou moins implicites et...
Et en version non censurée et remastérisée, à la différence de ce que les ricains ont eus.
Nyark !

Comment décrire la joie qui m'a tenaillé quand j' ai eu ce coffret dans
les mains en dépensant sans regarder (encore que 3 dvd à 25 euros dans
un même coffret avec un packaging artwork de classe ça le fait bien
hein) ? C'est simple, j' ai même mis la pauvre Aude devant le fait
accompli en lui faisant regarder (bouffer plutôt) 3 épisodes d' affilés
ainsi que l' intégralité des épisodes des 1eres et secondes saisons.
Oui, elle est encore vivante la Aude, ne vous inquiétez pas hein, je suis pas un monstre non plus avec ma coupine.
Quand même, je dis ça parce que la complexité de la série est... Hors
norme.
Et là je m' adresse à ceux qui ont déjà vus les films "puzzle"
et "casse tête" d' intelligence et de classe que sont Donnie Darko et
Memento. Vous voyez ces films ? OK alors accrochez vous parce que Aeon
Flux c'est aussi balèze.
Et c'est là que la série devient culte : épisodes complexes, trames
léchées en plus d'un style de dessin lorgnant sans vergogne vers le
comics pur et dur à la Frank Miller (les personnages peuvent même
verser dans la caricature !) avec des couleurs criardes ou ocres
donnant dans la sensation voulue de malaise. Et le style de dessin
change par détails subtiles à chaque épisode tout en conservant la même
homogénéïté, c'est assez dingue et il suffit de regarder le visage d'
Aeon d'un épisode à un autre pour s'en convaincre.

Ah oui, la série n'est pas pour les gamins à moins que vous vouliez qu'ils se transforment en Nio 10 à 15 ans plus tard...
1ere saison
A l' origine en 1992 la série était constituée d' un moyen métrage de plus de 20 minutes qui fut sectionné en 6 parties indépendantes pour MTV dans liquid television, ce fut la première saison, laquelle donne tout de suite le ton : plans saccadés et incroyables (notamment Aeon vue de dessous quand elle parcourt une mare de sang avec la vision rouge que pourrait avoir une créature dans cette mare immense rougeâtre !), cadrages maîtrisés à l' extrêmes, idées folles frôlant le n'importe quoi, ultra violence (à la Tarantino !) mâtinée d'humour noir et d'un pessimisme flagrant (il faut voir Aeon abattre une armée de plus d'une centaine de gardes et les corps s' accumuler en tas pour s'en convaincre), fluidité de l' animation (oubliez Uma thurman dans Kill bill volume 1 et son combat dans la maison de "Charlie Brown" et revoyez vous Aeon faire du surf sur un corps accroché avec un grappin à une balustrade et descendant la pente de la cordelette à coup d' uzi dans une séquence filmée en arrière à 45°. Essayez d'imaginer cela...) et bien sûr, des scènes courtes de "sexe soft" avec léchouilles oreille, léchouille langue, léchouille pieds.
Peter Cheung aime bien les léchouilles quoi...

Cette première saison à défaut d' indiquer d' autres pistes que la satire et la critique de la vanité de l' être humain mettait au moins bien dans le ton.
Mais le pas est atteint avec la seconde saison : 5 courts métrages (5 minutes a chaque fois) tout aussi muets que la 1ere saison et tout aussi complexes voire plus où a chaque fois, Aeon manquant sa mission et meurt connement, à tel point que ça en devient vraiment jouissif...
...Pour réapparaître vivante dans l' épisode d' après.
A ce stade la série s' élève au rang de concept artistique génial. Retour en détail dessus.
2e saison
* Guerre (War)
Un épisode qui démarre en fanfare où Aeon tente de délivrer un prisonnier avant de mourir dès la 1 ère minute. Le prisonnier lui va abattre son geolier avant d' exterminer une armée entière puis de mourir sous les balles d'une personne qui décimera une armée entière avant de périr sous les balles d'une personne qui...
L'épisode dingue qui confine à l' absurde et montre de toute façon bien l' absurdité héroïque de la guerre. Les gens ne sont plus que de la chair à pâté et on se sert des cadavres pour en faire un escalier alors qu'ils sont encore accrochés à des cordes ! Barbare et qui part dans toutes les directions... (3/5)
* Gravité (Gravity)
Où comment Aeon tente de capturer des documents d' un avion tout en faisant une chute libre à plus de 1000 mètres d' altitude, apercevant un véhicule et des hommes étranges, un train qui contient son amant et supérieur Trevor Goodchild et sa descente impitoyable qui continue. N' ayant rien d' autre à faire, elle prend les jumelles et regarde les hommes en combinaison. Et elle continue de chuter...
Impitoyable, implacable, cynique, bourré d' idées, un épisode essentiel d' Aeon Flux basé sur une chute sans parachute et une totale perte des objectifs. Jouissif. (5/5)
* Loisirs
Où comment Aeon s' amuse à s' entraîner aux barres fixes, au tétris
avec des bébés extraterrestres avant de se rétamer méchamment dans une
compétition pro bouffe ironique....
Méchant, ironique et moraliste mais qu'est ce que c'est bon... (4/5)
* Miroir (mirror)
Aeon rentre dans une maison, il est 1 h 01. En tombant, elle se ramasse devant une caméra qui la filme. En allant chercher la personne qu'elle doit assassiner, elle tombe sur le circuit vidéo où un court instant elle envisage de détruire la K7. Puis elle rembobine celle ci et se met à la regarder, hélas la bande a des parasites et au moment où elle se baisse pour remettre la prise, elle ne voit pas qu'a 1 h pile, une personne étrange est passée par le même chemin qu'elle...
Basé sur le jeu avec le temps et le décalage, cet épisode a pour thème la vision, le regard, un thème qui deviendra récurrent dans toute la série, surtout la 3e saison. Aeon en croyant avoir un contrat pour tuer quelqu'un se fait doubler toujours d'une minute ou plus sur son propre terrain avant de se faire assassiner et d' agoniser lentement devant la cassette qui continue de se dérouler. Avant de pousser son dernier soupir, va t'elle pouvoir voir son assassin...? (3/5)
Marées (tides)
Un épisode irracontable autour d'un ascenseur/chambre, d'une clé et d'
un compte à rebours qui s' égraine lentement de 7 à 0 et toujours
sortir, vérifier la clé si elle correspond à la porte, tirer sur le
grappin qui se déploie à l' angle, abattre un garde de l' étage et
revenir dans l' ascenseur. Puis recommencer à chaque étage jusqu' au
niveau 0 où...
Suspense haletant, musique construite comme un boléro, jeu de pistes,
agents doubles, tout l' épisode relève du génial comme
Gravité. (5/5 voire 6/5 ah que si.)
La première et la seconde saison sont rangées dans le 3e dvd à côté des
bonus et documentaires sous l' appellation de "courts métrages aeon
flux". Le Pilote 1ere saison lui se voit a nouveau rattaché en une
seule et même partie, un peu indigeste alors que les courts métrages 2e
saison eux restent totalement indépendant ce qui fait toute leur force.
Les autres bonus eux concernent la conception graphique (photos
nombreuses, croquis, story boards, planches, essais), 2 documentaires,
un extrait de Liquid Télévision (ah ouais ça fait hyper peur et décalée
cette émission quand on y pense... Mais comment j'ai pu regarder ça ? O_o ) ainsi que divers travaux vidéos de Peter Cheung notamment sa pub sublime pour Honda et ses pubs pour MTV ou Aeon Flux le jeu...
... Travaux que vous pourrez visionner et télécharger chez Catsuka si le lien marche encore^^ :
http://www.catsuka.com/focuson_anim.php?id=chung_peter&page=2
La pub Honda est sublime vraiment.
Aaaaah si ils avaient pu mettre un extrait du "matriculated" d' Animatrix que Cheung à réalisé ou encore un extrait de sa série avec Rintaro "Alexander", on aurait touché au suprême bonheur mais non, tans pis, c'est déjà pas mal.

Beau plan, belle domination.
La 3eme saison
En 1995, la 3e saison d' Aeon Flux est diffusée à partir du 8 août. Cette fois les épisodes font 25 minutes chacun et Aeon et Trevor les deux seuls personnages récurrents qui s' aiment et s' affrontent à chaque fois sur les trois saisons, parlent comme tous les protagonnistes et les voix sont sublimes. Denise Poirier de sa voix rauque campe magnifiquement la voix originale U.S d' Aeon, une Aeon qui d' ailleurs dans ses rares paroles --pour garder tout le mystère et l' ambiguïté du personngae-- reste aussi cynique quand elle ne fait pas preuve d'un humour décapant.
Trevor Goodchild n'est pas en reste et contrairement à son nom, il n'est pas l' enfant sage qu'il devrait être ou aurait dû être. Quand il n'est pas en train de tirer toutes les ficelles, cet amant/Pire ennemi (leur relation n'est jamais très claire) d' Aeon manigance toujours un sale coup. Déjà dans le premier épisode, il réussit à kidnapper le président de la cité pour devenir calife à la place du calife, un peu comme un Sarko qui kidnapperait un Chirac et se ferait président comme ça d'un coup. Et le peuple ne dit rien comme des moutons... Ce qui pourrait très bien arriver dans notre monde, les premiers résultats de 2002 ne l' ayant que trop montré...
Voici la liste des épisodes de cette troisième saison qui tient sur les dvds 1 et 2.
DVD 1
Utopie ou Deuteroanopie ?
Trevor Goodchild vient de s'emparer du pouvoir à Bregna. L' ancien chef, Clavius, à disparu en des circonstances mystérieuses. Ce ne sont pas les affaires d' Aeon mais...
Encore un truc qui démarre follement, on nage même en plein Cronenberg quand on ouvre le ventre de quelqu'un à l' aide d'une clé, parcourt son ventre pour arriver à une chambre avec lit et robes. L' idée d'un espace temps brouillé et accessible uniquement en se mettant sur la même longueur d' onde rien qu' avec des bretelles spéciales est géniale en elle même et réhausse cet épisode portant sur l' identité et la folie, l' usurpation et la trahison. (4/5)
Thanatophobie
Aeon et Trevor se battent pour une question d' éthique concernant le sort d'un couple d' amoureux séparé par la frontière lourdement armée entre Bregna et Monica.
Ouh la claque. Douloureux, froid et impitoyable, l' histoire s' attache plus à un couple d' amoureux cherchant à passer de l' autre côté de la frontière par un mur style Mur de Berlin mais lourdement armé de mitraillettes à capteur/caméras. Le retournement de situation final est doulouresement brillant et dur et ne laisse pas de pitié pour une personne pourtant qu' aeon essaya de protéger... (5/5)
Une dernière fois pour toutes
En clonant Aeon, Trevor découvre que la ressemblance ne s' arrête pas seulement à son physique...
L' identité même celle d' un clone peut elle être la même que celle de
l' original ? Partant de ce principe, L' Aeon originale et la Aeon
clonée s' entendent pour s' interchanger et faire tourner Trevor en
bourrique pour mieux le casser sentimentalement. Oui mais voilà, l'une
des deux tombe définitivement amoureuse au point de vouloir en oublier
sa propre liberté. Au final, l'une des deux devra disparaître, l'
originale ou la dupliquée ? Et si la clonée n' était pas celle que l'on
croit et vice versa pour l' originale ?
On s' enmêle et c'est ça qui reste génial. (5/5)
Hypothèse de la dérive éthérée
Les expériences de Trevor en matière de vie artificielle sont gardées dans un écosystème nommé l' Habitat.Tout un océan de liquide paralysant le protège des intrusions d' influences extérieures...
Mon 2e épisode préféré avec Thanatophobia. Un immense cube sous une mer
paralysante laissant les gens en semi vie et Aeon qui arrive et
perturbe tout ça juste en faisant tomber ses munitions dans un conduit
d' égout et voilà que tout commence à se désagréger.
Non seulement un espèce d' acide parcourt le cube mais le liquide
paralysant s'y engouffre aussi et l' Habitat en plus de se désagréger,
coule aussi petit à petit....(5/5)
La purge
Aeon est sur les traces d'une brute criminelle : Bambara, un être abject. Et elle craint d' avoir été "contaminée" par un programme de modification de comportement mis au point par Trevor...
Encore un épisode qui regorge d' idées : un tuteur mécanique pour
donner une "simili conscience" de bonté aux criminels, la poursuite
démoniaque du train, la secte de folles qui ferait passer le MLF pour
un groupe hippie des 60's, les cadrages et le sniper lors des files d'
attente, tous ces gens qui viennent pour manger non pas une soupe
populaire mais du chou
...
Gros décalage avec pourtant cette question sérieuse sur le bien, le
mal, l' identité encore. Peut on donner une bonne conscience aux
criminelles quand même leurs bienfaiteurs font le mal ? Ambigüe. (5/5)
DVD 2

Le démiurge
Aeon Flux et les forces de la résistance Monicane ont capturé le Démiurge, une créature divine et puissante. Elles se préparent à l' envoyer dans l' espace pour débarasser la Terre de son influence. Les Breens, dirigés par Trevor Goodchild se battent pour empêcher son lancement...
Que faire si Dieu ou un Dieu arrive sur Terre et convainc le monde
entier qu'il est bon, que tous doivent croire en lui, qu'il faut
arrêter de se battre et qu'il peut ressusciter les morts ?
Ben il devient une drogue puissante et inquiétante. Si on ne peut plus
mourir, quel intérêt de vivre ? D' autant plus que ce Dieu se développe
dans tout humain ou créature, chat, oiseau qu'il rencontre, comme un
parasite... Un peu inquiétant.
Comment critiquer la foi et la religion par Peter Cheung. Episode
sympathique mais faible dans son traitement qui rappelle le dieu de
Star Trek V en plus bleu et moins agressif. (2/5)
La chambre secrète
La dernière obsession de Trevor Goodchild est une femme oiseau sublime qu'il détient enfermée, au loin dans une chambre secrète. Aeon pourra t'elle a nouveau déjouer ses plans ?
Un épisode où Aeon retrouve une amie d' enfance, espionne elle aussi, qui vient de rompre avec son ex, et ce couple d' homme et de femmes oiseaux que tout le monde convoite, même l' amie d' Aeon qui n' hésitera pas à la trahir...(3/5)
Réeffacement
Aeon doit mettre fin aux effets d'une mission gagnée quand elle apprend qu'une victime innocente doit en faire les frais.
Le thème de la mémoire, de la perte de celle-ci et du sacrifice de soi par amour pour un autre. La fluidité et l' histoire sont au top, on se croirait chez ph.K.Dick... (4/5)
CHRONOPHASE
La lutte d' Aeon contre Trevor est surpassée par une menace les concernant tous les deux, elle vient d'une ancienne et mystérieuse force du mal.
Montage frénétique, jeu sur le temps, paradoxes temporels à la Tarantino, séquences en boucle, on n' échappe pas au vortex de cet épisode, où peu de questions sont élucidées. Tous les futurs restent possibles et ouverts jusqu' au final l' apparition d'un temps statufié qui n' est qu'une porte ouverte sur NOTRE dimension. D' où venait ce bébé, est celui qui a maintenant des crocs aiguisés, qui règne tel un semi dieu ? Qui est cet enfant gardien du sanctuaire ? L' unique survivant d'une expérience qui a mal tourné ? Pourquoi tout recommence, pire que "un jour sans fin" ? (5/5)
Sinistre fin
Aeon chasse Trevor dans le futur pour des milliers d' années plus tard se retrouver seuls tous les deux.
Cette fois, ça se termine très mal pour tout le monde a cause de leurs conneries...(5/5)

Ce qui frappe c'est que la série a été remastérisé intégralement et oh mazette !!!!
Moi qui ait les épisodes enregistré voilà quelques années sur MTV france lors d'une rediffusion lointaine, je reste sur le cul.
Le mot "remastérisation" prend vraiment pour cette fois ses lettres de noblesse, c'est pas possible.
5.1 français, 5.1 anglais et même la VF est sublimement faite même si évidemment elle est moins impressionnante en comparaison des V.O, notamment la voix de Denise Poirier, notre aeon américaine. Mais bon vous pouvez oublier le mono hein...
Du côté de l' image fini le jauni, ça pète de partout et on a même rajouté des effets de lumière.
Sans compter à chaque épisode un commentaire audio intelligent qui laisse respirer l' oeuvre et garde tout mystère dessus alors c'est bon ! C'est trop bon !!!

Une série indispensable pour moi, oh que oui !!
Et pour clouer le tout, je vous envoie à cette sublime chronique sur le site "dvdenfrançais" dont je met un extrait :
Citation :
(...) "Les scénarios d'une violence extrême, aussi bien physique qu'intellectuelle, des histoires à déroulements non linéaires, des fins rarement heureuses et une propension de "l'héroïne" à manquer ses objectifs de manière spectaculaire sont le squelette de la série. Les limites ne sont jamais nette, Æon effectuera des mission aussi bien pour Monica que pour Trevor, qui lui même travaillera plus d'une fois contre le camp qu'il dirige. La série est un opéra Wagnérien dans sa forme, Kafkaïen dans son fond auquel on assiste médusé, le cerveau pas vraiment certain des informations que l'écran cathodique vient tout juste de distiller.
Peter Chung s'amuse avec la vision du spectateur, il la modèle faisant pencher les sympathies d'un coté ou de l'autre au gré de son plaisir, certaines fois au sein d'un même épisode, le court métrage War en est un excellent exemple. Il n'existe pas de thème ni même de message, si ce n'est, peut-être, la futilité de ces derniers. L'oeuvre est souvent déroutante et l'interprétation n'en est jamais facile, si tant est que l'exercice ne soit pas tout simplement futile.
Le style même du dessin est à l'extrême pointe stylistique des comics américains du début des années 90, le trait est très visible, le dessin tout en ligne, les caractéristiques des personnages sont soulignées à tel point qu'ils en deviennent laids, un dessin très dur se situant quelque part entre celui de l'Elektra de Frank Miller et du V for Vendetta d'Alan Moore. "
c'est ici : http://www.dvdenfrancais.com/titres/index_critiques_template.php?key=10333
Pour moi cette série est indispensable...
mardi 8 août 2006
Sol Bianca - the legacy
"L' obscurité lointaine, à l' avant du bateau, semblait une nuit d' un autre monde." (Joseph Conrad)

Dans un futur proche, l' humanité par le biais du projet "Genesis" s' est libéré des chaînes du système solaire pour explorer l' univers. Cette période d' expansion monumentale nommée "l' Âge d' or" la fit bénéficier de nouvelles terres à coloniser, à terraformer....Le Sol Bianca fait partie des vaisseaux sériels destinés à explorer cet univers si riche en possibilités et en ressources, mais cet âge d' or à lentement sombré dans un futur crépusculaire.
Un beau jour, l' on eut plus aucune nouvelles de la Terre berceau de l' humanité et les vaisseaux de l' âge des conquêtes disparurent...
Un autre jour April une jeune femme orpheline retrouva un vaisseau des temps anciens perdu près d' un champ d' astéroïdes... Le Sol Bianca.

(Les graphismes réalistes sont d' une rare élégance...Ici April)
Avec le temps, April est devenu la meneuse du groupe de femmes pirates sous la bannière du vaisseau blanc. Il y a Feb (comme le mois...Toutes les "femmes fatales" de cette série ont un nom de mois, ce qui n' est pas un hasard loin de là...(*)), une jeune femme au teint bronzée, passionnée, alcoolique et terriblement humaine (voir l' épisode 4) en quête de sa vraie place; Jan (January) ancienne championne de tir au look de garçonne androgyne et au tempérament des plus impulsifs voires violent (**); June timide et réservée mais courageuse, maniant assez bien la technologie et possédant un étrange lien empathique avec le vaisseau (un mystère qui sera creusé un peu plus loin mais que le spectateur devra aussi comprendre par lui-même...) et enfin May petite dernière du groupe, en fait passagère clandestine qui s' est embarquée dans le vaisseau à l' une de ces escales, dans le seul but qu' un jour il retourne sur Terre, pour retrouver ses vrais parents....
Les 6 OAV de cette série malgré un scénario assez simple mais intéressant se révèlent bourrés d' idées et de trouvailles. Les thèmes de la science fiction (terraformation, hologramme, colonisation, dictature et utopie d' un monde meilleur (***)...) se cotoîent pour harmonieusement se mélanger. Les graphismes sont d' une beauté renversante. L' animation est entièrement sur ordinateur avec intégration de 3D (les vaisseaux réalisés en images de synthèse) dans la 2D (personnages et décors) mais contrairement à l' oav de 4 épisodes Blue submarine 6, la 3D ne prend jamais le pas sur la 2D et là c' est une excellente surprise. Les musiques sont relativement soignées. Mais ce qui me donne envie de hurler au génie avec toute la passion dont je fais preuve et dont j' essaye de vous abreuver dans de nombreuses chroniques, c' est l' hommage flagrant à "l' Art Nouveau" qui émane de la série.
Oui, oui, l' Art Nouveau, celui utilisé par Horta, Guimard, Gaudi et bien d' autres au début du XXe siècle. C' est la représentation parfaite de ce fabuleux âge d' or dont le Sol Bianca est issu. Tout l' art nouveau se retrouve presque sur le sol Bianca, que ce soit dans le design du vaisseau (les petites mosaïques au sol à l' intérieur et l' emblème du soleil sur la coque qui renvoient au park Güell réalisé par l'artiste catalan Gaudi) ou dans son interface virtuelle (voir photo ci dessous), pure référence à Horta...Et là, je ne peut que m' incliner avec fierté. (j' adore l' art nouveau aussi et je sais reconnaître un hommage sincère)

(l' interface du vaisseau. Chaque rose pousse et représente une fonction...En mouvement c'est impressionant...)
Il faut à ce propos noter qu'il existe deux Sol Bianca ....La première série (saison ?) ne comportait que 2 épisodes sur les 4 prévus. Mais AIC manqua de budget....On peut trouver ces 2 épisodes sur une même K7 éditée par Kaze. Aucun dvd n 'en est encore sorti, et ces deux épisodes en plus de proposer un graphisme normal (en comparaison avec "the legacy") n' ont que peu d' intêret. Le scénario est simple --trop simple--, trop gentillet et comment dire.... On a du "fan service (****)" (je déteste purement et simplement ça !) et...et puis diantre, c' est mou ! Les personnages ne sont pas assez étoffés, c' est un animé banal en comparaison du merveilleux "the legacy".

(le vaisseau et la voile solaire de combat déployé...)
Sol Bianca The legacy, la seconde, dont je parle, la
plus récente aussi à été crée par AIC, qui s' est cette fois ci associé
au studio Pioneer (Lain !!!!
)
pour 9 ans après la première série, sortir enfin une suite, celle ci,
en 1999 n' en est pas vraiment une puisque tout repartit à zéro
avec une nouvelle histoire tournant plus autour de nos femmes pirates
et d'un mystérieux artefact terrien (un pistolet incrusté d' or du XVII
e siècle) qu' April recherche mais aussi l' armée Terrestre...

(la magnifique jaquette zone 1)
Au final de par sa réalisation et sa poésie Sol Bianca -the legacy- est une des meilleures OAV de la décennie avec celles de Gunbuster et de Kenshin et je vous la recommende vivement....
(*) Je repense au calendrier des femmes saisons de Mucha....
(**) ....Mais son passé ne sera jamais dévoilé dans la série. Le personnage le plus énigmatique avec June dont on peut se poser de réelles questions sur son identité. June.....Humaine ? Androïde ? Humaine avec des implants technologiques ? Allez savoir. Il n'empêche qu'elle fait corps (esprit comme physique) avec le vaisseau comme un élement matriciel, une partie du corps de ce vaisseau. L'Äge d'or aurait il donc pu permettre des liaisons biologiques-technologiques a ce point ?....
(***) La politique de la nouvelle terre d' après l' âge d' or des conquêtes de par sa puissance militaire et le salut du bras levé au 6e et dernier épisode ne laissent planer aucun doute sur une société proche de certaines dictatures de notre triste Histoire...
(****) Fan service : purement et simplement proposer aux pauvres ados mâles gnaponiais des élements de poitrine féminine, fessiers et petites culottes propres à le détourner d'un sérieux manque d'inspiration scénaristique dans la série qu'il peut regarder. Pour un film série B ou Z, je ne rechigne pas. Dans le cadre d'une série animée ou non, si c'est purement gratuit j'ai tendance a grincer des dents...
Annexe : Opening de Sol Bianca. + un hommage sur fond de K.D.Lang.
samedi 5 août 2006
Memories

A la base, un recueuil de nouvelles du grand Katsuhiro Otomo (Domu, Akira, Steamboy et au scénario : Mother Sarah et Metropolis de Rintaro) dont trois histoire totalement différentes ressortent.
3 histoires indépendantes bien sûr : aucun lien temporel ne les ratache, pas plus que le graphisme (ultra réaliste pour la première histoire, très BD et exagéré et assez proche du style d'OTOMO pour la seconde, expérimentale entre dessin d'illustration, d'enfant, peinture pour la dernière), ni même la musique assurée par trois compositeurs différents dont Yoko Kanno pour le premier sketch.
Enfin la gamme d'émotion varie sensiblement d'un épisode à l'autre : Grave, sérieux, bouleversant et triste dans la première histoire, ironique et délirant dans la seconde, totalement désabusée et abstraite dans la troisième histoire.

- La rose magnétique
Ce premier sketch ne passe pas inaperçu et reste l'un des fleurons SF de l'animation japonaise. Réalisé par Koji Morimoto (Animatrix !) et scénarisé par Satoshi Kon (joie ! bonheur !) d'après une histoire de Otomo, il narre les mésaventures d'éboueurs de l'espace recevant un S.O.S d'un vaisseau spatial bien étrange où une célèbre cantatrice aurait vécu en ermite ses dernières années.
Rempli de références à Alien mais aussi Ph.K.Dick, il mélange allégrement basculement de la réalité, illusion et souvenirs des personnages sur une composition étonnante de Yoko Kanno, mélange d'opéra, d'électronique et de jazz avec une touche de symphonique. Bref renversant.
- La bombe puante
Deuxième sketch sur une musique aux accents jazzy-bossa nova, l'histoire d'un jeune employé timide, célibataire et complexé qui va bien malgré lui se transformer en arme bactériologique et déclencher la mort de toute vie humaine et animale dans le périmètre tandis que la vie végétale elle renaît...En plein hiver !
De mon point de vue c'est le sketch le plus léger mais il n'en reste
pas moins fendard : destructions en masse, caricature de l'amérique, le
héros est limite stupide... ![]()
- Chair à canon
Le sketch le plus court mais le plus intéressant. Suivant la vie d'une famille pendant 24 heures dans un pays utopique en pleine dictature, on s'aperçoit que la population n'est qu'une masse bêlante dont le seul but dans la vie est de tirer au canon sur un ennemi abstrait et invisible dont on se demande bien si il existe véritablement. Le fils apprend la trigonométrie du canon (savoir calculer où tirer, à quelle vitesse...), la mère travaille dans la fabrique d'arme tandis que le père est assigné au canon n°17...
On se doute bien dès le départ que le sketch est abstrait et exagéré de bout en bout (chaque maison à un canon sur son toit, c'est dire la paranoïa) et c'est celà même qui fait qu'on y adhère sans plus de retenue, d'où l'échange final entre le fils et le père, assez mordant et révélateur d'un sketch dénonçant l'absurdité de la guerre.
Pour ce dernier sketch (le plus court des trois), Otomo privilégie un style graphique assez proche de certains dessinateurs européens mais n'hésite pas a dessiner à la manière d'un enfant (vers la fin) pour bien nous montrer les rêves de gloire d'une jeunesse (d'une population ?) endoctrinée dès son plus jeune âge. Sublimement jouissif.

Quand je vous dit qu'il y a des canons partout....
En bonus : un documentaire de 30 minutes et la bande annonce.
Un indispensable de l'animation japonaise pour les passionnés d'animation.
jeudi 29 juin 2006
Ailes grises (haibane renmei)

Ecrite et réalisée d'après un Dojinshi (fanzine) du créateur Yoshitoshi ABe (le créateur/designer de Serial Experiments Lain) cette série de 13 épisodes narre la vie des Haibane Renmei, des êtres s'appareillant presque à des anges dans la petite ville de Guri, cernée d'un mur infranchissable et quasiment personnifié.
Personne n'a le droit de, ne peut, sortir humains comme haibanes et les seuls personnes pouvant relier la ville au monde extérieur sont les Togas, des hommes masqués et "muets" travaillant pour le compte de la fédération Haibane Renmei (qui gère les allées et venues matériels de nos héroïnes ailées). Entre les deux, le "communicateur", seul Toga qui ait le droit de parler et semble savoir beaucoup de choses sur la ville mais aussi les Haibanes...

(extrait du livret issu du boîtier dvd : croquis...)
Dès le début de la série, on assiste à l'arrivée d'une nouvelle Haibane dans son cocon et la prise en charge de celle-ci par ses aînées. Peu à peu Rakka, la nouvelle venue prends connaissance de son monde, des coutumes (cf une scène pendant "noël" avec les petites noix colorées faisant du bruit) et des questions lui viennent lentement, surgissant aussi en nous : Quel est donc ce mur infranchissable et surtout qu'y a t'il vraiment derrière où seuls les oiseaux peuvent traverser ? Ce mur serait il crée uniquement pour garder les Haibane du monde extérieur pouvant les corrompre et par là même empêcher "leur envol" au délà de ce monde le moment venu ? Au spectateur de se faire son avis à travers les avis, scènes et impressions disséminées à travers la série, de celà, "Haibane renmei", ne dira jamais la réponse, préférant se consacrer à suivre le trajet de ses "oisillons"....

(encore le carnet de "croquis", sublime issu de l'intérieur du coffret dividi...)
J'ai dit "oisillon" mais au fond, c'est presque ça, la vieille maison de nos "ailes grises" étant le nid dont il leur faudra bien prendre leur envol, il est facile de voir une comparaison avec l'adolescence (surtout dès le premier épisode où l'on a pratiquement LA seule scène choquante de la série à travers la poussée d'ailes soudaine de l'héroïne et les gerbes de sang qui en surgissent ! Scène à étrangement relier avec les première règles féminines mais ça serait un peu trop simple à ce stade ce genre d'analyse, bref juste hypothèse)...
L'ambiance de la série se veut calme à travers les superbes paysages et scènes contemplatives ainsi qu'une musique folk/classique du plus bel effet, et pourtant sous ces appats alléchants, on sent poindre une certaine tension à travers la disparition dès la moitié de la série d'un personnage important ainsi que la psyché de Reki, étrangement torturée et inquiète. Plus que tout, Ailes Grises montre la solitude d'êtres non humains en apparence (les haibanes semblent tenus de vivre à l'écart de la vie humaine de Guri et ne payent pas leurs dépenses mais notent tout sur un petit carnet qui ira ensuite à la fondation des ailes grises, elles n'ont pas le droit de prendre des vêtements neufs, il leur faut des vêtements usés...On dirait presqu'elles seraient considérées comme des monstres et pourtant non bien au contraire, ce qui est asez étonnant), pourtant émotionnellement terriblement touchants et toute la série oscille entre pardon, rachat, péché et redemption...

Si vous cherchez une série se démarquant de nombreuses productions, à la fois calme et émouvante, à hauteur humaine avec un simili soupçon de fantastique, ne cherchez pas plus loin, Ailes Grises est faite pour vous !