Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

jeudi 6 mars 2008

Les chroniques de fond de tiroir (5)

iwojim Second volet du diptyque sur la guerre du pacifique par Eastwood, celui qui m'intéressait bien plus que la version américaine (bien que je l'ai aussi en dvd, pas encore vu), vu qu'Eastwood est un grand cinéaste humaniste et qu'il se frottait à l'histoire d'un peuple dont il n'est pas issu, j'en salivais d'avance. Et au final, un certain respect se dégage du film. Eastwood laisse les choses venir dans une première partie qui montre l'installation de la base, des galeries, les différents protagonistes qui se mettent en place avant les ravages brutaux (pas mal brute, en effet...) de la guerre dans la seconde partie. 2 personnages en imposent clairement, le colonel Nishi (ancien athlète aux J.O) et le général Kuribayashi (formidable Ken Watanabe qui jouait auparavant dans "Le dernier samouraï". Je me disais bien que sa tête me disait quelque chose, cet homme dégage un charisme incroyable. A surveiller de très près donc). Mais le reste des personnages sont très bien construits et développés aussi, notamment Shimizu que Saïgo prenait pour un espion (alors que c'est tout autre). La photographie dans des tons vert/bleu/gris délavés est assez belle et m'évoquait "le soleil" de Sokourov (au passage, les seuls tons lumineux ressortant à la fin du film seront un coucher de soleil magnifiquement neutre face à tout ce qui s'est passé). Il y a d'ailleurs là aussi la volonté de traiter le sujet par un humanisme et une rigueur peu vu auparavant même si Sokourov c'est quand même encore plus abstrait et à part. La comparaison n'allait d'ailleurs que dans le sens d'un même sujet traité par des cinéastes occidentaux : l'empire du soleil au plus fort de la guerre, sauf que bon l'un traite d'un point de vue vaste là où un autre choisit de développer l'intime d'un être considéré comme un dieu vivant.
Un bien beau film.


cloverfieldaffiche  L'affiche, magnifique et terrifiante (cliquez pour la voir en plus grand) annonce bien la couleur : Cloverfield sera sans aucune pitié. Cauchemar terrifiant de 11 septembre transposé dans des contours de SF apocalyptique à la Godzilla filmé intégralement par un camescope dans la tourmente, le film se propose de suivre l'itinéraire chaotique de jeunes New-Yorkais fêtards qui n' auront pas spécialement la chance d'être là au bon moment. Véritable trip de producteur, rêve de gosse ultime (on voulait un vrai film de monstre, on l'a eu !) qui se propose de filmer l'horreur au plus près : comme les civils on ne saura quasiment pas d'où sort la créature, ni à quoi elle ressemble, le réalisateur et toute son équipe ayant le bon goût de la cacher jusqu'a la fin dans un état d'esprit Lovecraftien à savoir : Moins tu en voit, plus tu auras peur. Et tous les grands films d'horreur jouent de la suggestion à merveille, on le sait. Et pour accentuer la terrible impression de réalité, aucune musique (sauf pour le générique final où l'on redescend sur Terre : ce n'était qu'un film. Mais quel film !), les bruitages et effets sonores (Skywalker sound) mais aussi effets spéciaux sont poussés à fond. L'aspect même un peu granuleux du camescope (bien sûr on sait que ce n'est pas filmé comme un dogme danois avec un simple camescope, façon Festen ou Les idiots mais on marche bien dedans) joue beaucoup car les créatures (oui, y'en a une grosse, terrifiante mais aussi des petites qui tiennent de l'arachnide. Ami arachnophobes, passez votre chemin, voulez-vous ?) peuvent même apparaître floues dans l'image, redoublant la sensation d'inconnu. Et en plus y'a pas vraiment de happy-end, j'applaudis.

Clairement l'un des meilleurs films fantastiques de ce début 2008 qui s'annonce hallucinant et bourré de bonnes choses.


lanotte  Second volet de sa fameuse trilogie du début des 60's, La Notte est le 7e film d'Antonioni et comme le précedent et le suivant, poursuit ses experimentations innovatrices sur des histoires de couples qui finiront plus ou moins mal. Malheuresement, le visionnage fut entaché par de très mauvaises conditions (dont la fatigue et une VHS usée à mort. Shocked ) et le ressenti perso de quelques longueurs, ce qui n'entache en rien la technique magistrale d'Antonioni qui filme d'une main de maître les errances symétriques de son héroïne (c'est magnifique, je n'ai retrouvé un équivalent que dans la bande dessinée notamment les cadrages parfois très cinématographiques d'Andreas ou chez Moebius mais aussi leur façon de construire leurs cases. A ce titre, Antonioni est bien un peintre des images dans son cinéma comme il l'était aussi par occasion pour son plaisir dans la réalité. Mais son cinéma avait gagné de cette formidable experience visuelle). D'ailleurs Jeanne Moreau, Mastroianni et Monica Vitti sont parfaits et la fin est sublime à pleurer. Je me demande si cette lecture de lettre n'aurait pas influencé Wim Wenders dans la fin de "Der Himmel über Berlin" (et Wenders co-réalisa "Par délà les nuages" en 1995 avec Antonioni, d'où le fait que je me pose la question) où les amoureux posent un "contrat" entre eux deux, bourré de sincérité, d'idéal et d'affection(*).

Malgré tout, le film n'atteint pas pour moi les deux piliers qui l'encadrent que sont L'Avventura (encore que ce dernier a de ses longueurs par moments. C'est en plus le film le plus long du réalisateur italien...) et L'éclipse (je considère ce dernier après un revisionnage récent comme un incroyable chef d'oeuvre). Peut-être qu'un revisionnage dans de meilleures conditions, allez savoir...


junoficheuh  ... Je ne vais pas réïtérer ce que j'en ai dit chez Dasola, car j'ai bien aimé Juno. Certes, ça se regarde gentiment, ça ne vole pas spécialement haut mais l'important était avant tout de se faire plaisir et j'en avais grand besoin quand je l'ai vu à ce propos. Ellen Page est mignonne, tout le monde est gentil, elle choppe un marmot dès le premier rapport (mais c'est quoi cette jeunesse qui ne met pas de capote et ne choppe pas la chtouille ? Tss, tss...) mais réussit à trouver un couple à qui le passer. Et puis elle fait de la guitare et use de répliques bien sympathiques qu'on peut sortir en cour de récré comme au boulot (c'est plus risqué néanmoins). Bon après, comme on dit, la critique est aisée, non pardon, la réplique est facile. Juno ne se hisse pas au sommet des meilleurs Woody Allen mais se laisse agréablement voir et fait plaisir. On est content mais on n'achetera pas forcément le dvd (ou Blu-ray)... agnaaa


themistfiche  On termine cette "chro rapido" (pas si rapido que ça... Je dois encore me retenir pour vous parler de nombreux autres films tels que Carnival of souls, Zabriskie Point, et autres Kurosawa... argggnnn...) par le film de monstre de Mars. Après le monstrueux Cloverfield (au positif hein. Si j'avais eu plus de temps, je me le serais revu encore et encore. N'est-ce pas edou ? ), voici The mist (cliquez aussi sur l'image, l'affiche est assez belle) par un rescapé du genre, amateur de Stephen King, Frank Darabont. On est content de le voir, on avait un peu perdu de ces nouvelles après La ligne verte et The shawshank Redemption. Et le monsieur est en pleine forme et toujours aussi amateur de Stephen King pour notre plus grand plaisir. Et on frôle quasiment une certaine jouissance quand on sait que le monsieur adapte ici la fameuse nouvelle "Brume". Quasiment l'une des meilleures nouvelles de King, la plus Lovecraftienne en diable (pour résumer très rapidement : des monstres se cachent dans une étrange brume venue d'on ne sait où et isolent les habitant d'une petite ville dans un supermarché. Plus le huis-clos se resserre, plus la peur et la paranoïa monte : Comment faut-il faire pour survivre ? Comment sortir (on ne voit rien à l'extérieur, c'est la mort assurée) ? Cette brume s'est-elle étendue au reste du monde ?...). Et de plus, le film se permet des clins d'oeils respectueux à l'autre grand film de monstres du type "on sait pas trop à quoi ça ressemble, ça a pas de forme concrète", je veux parler de The Thing de John Carpenter, déjà cité dès le début du film (l'affiche du film de Carpenter dans la chambre du "héros", c'est imparable !). Vous ajoutez à celà des personnages bien construits dans l'ensemble (bon on a envie de foutre des baffes à la rédemptrice chrétienne qui nous remonte les bretelles avec la fin du monde et tente de convertir les brebis égarées. Et quand elle y passe à la fin du film, tout le monde dans la salle à applaudi, moi de même !)) et une ambiance inquiétante qui monte progressivement pour aboutir à une fin très osée, très amère, qui n'est pas vraiment un happy-end. Bravo, il fallait oser.

C'est d'autant plus courageux que le film à été boudé en Amérique (beh oui, ça ne se finit pas bien, il n'y a pas de montage hystérique comme dans certains films d'action du moment, là au contraire ça prend son temps et le Djeunz de base, il s'endort --le gland !), donc seulement distribué dans une quarantaine de salle ici-même. Et encore ! Et encore, face à l'invasion de gros machin qui sentent une étrange odeur tel Astérix ou le caricatural (encore que...) Bienvenue chez les Chtis, il commence à perdre des salles. Alors amis du fantastique, s'il vous plaît, allez le voir, c'est une petite perle qui vaut le coup.

(*) Je me le revois prochainement le Wenders normalement.



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dimanche 7 octobre 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(4)

shootagaiiiiin  Shoot em up ! ...est actuellement au cinéma et son casting de stars (Clive Owen, Monica Belluci, Paul Giametti) ne justifie en rien le fait de voir ce film ou pas. Car Shoot em up tient plus du jeu vidéo shooté (d'ailleurs le shoot'em up, c'est une catégorie de jeux vidéo au passage) et du tex avery ou de l'animé japonais filmé live (les référence au monde du cartoon abondent tant dans les répliques que les personnages et les scènes d'action) que d'un film a peu près réaliste. Giametti cabotine en diable, Belluci joue toujours aussi mal (mais je respecte Belluci pour ses choix de rôle par contre. Ce n'est pas n'importe qui qui aurait accepté de jouer l'insoutenable scène de viol d'Irréversible, ni de ne faire que de la figuration de 5 minutes chez Terry Gilliam ou jouer comme dans ce film une prostituée comme chez Blier --Combien tu m'aimes ?--) et Clive Owen dans le rôle d'un Bugs Bunny (avec la panoplie complète : carottes, gants blancs, répliques !) flingueur et hargneux est en parfaite roue libre. Au final, on obtient des scènes de gunfights pétaradantes, irréalistes en diable, des répliques a la Tarantino (mais en plus vulgaire et sans la subtilité dont l'ami Quentin peut faire preuve parfois. Exemple de réplique dite par Giametti dans le film : "donnez-moi la liste de toutes les prostituées laitières de la ville en période de lactation ! " ...C'est dire... *sic*), un film sans scénario, du gros n'importe quoi, bref au final, un film bordélique et couillon, un vrai nanar rigolo qui ne se prend pas au sérieux. Par contre si vous cherchez un vrai film au cinéma actuellement, passons à la chronique ci-dessous...




affichecontrol2  Film crépusculaire mais terriblement sensible, Control d'Anton Corbijn suit de près la trajectoire météoritique du chanteur et leader Ian Curtis de Joy Division. Le titre étant lui-même inspiré d'une des plus fameuses chansons du groupe ("she's lost control") mais aussi de la vie flambée de son chanteur, on aurait pu s'attendre a un gros film rock façon the doors d'oliver stone et bien pas du tout ! Corbijn, déjà photographieur du groupe dans cette période (et non pas clippeur. Si Corbijn a réalisé de nombreux clips pour un groupe fétiche c'est Depeche Mode et j'en parlais déjà là...) a gardé le côté intime et sensible de ces clips (Corbijn n'a jamais vraiment utilisé les tics qu'utilisent généralement tous les clippeurs de musique : accélération, cut-up, ellipses, ralentissements, montage hystérique....) pour filmer au plus proche Sam Riley, incroyable de justesse dans le rôle du chanteur disparu. C'est bien simple, Riley joue vraiment Ian Curtis, il est vraiment dans la peau du chanteur et transfigure avec une incroyable grâce cette incarnation recrée et filmée, aussi près de l'original. Et rien que pour celà, il faut voir Control, meilleur film en salle pour qui s'est un tant soit peu interessé a ce groupe de rock qui entra dans l'Histoire par sa musique et (il faut bien le dire) la disparition de son chanteur (comme Nirvana, Les Doors etc etc...) du mois. Voire, l'un des meilleurs films de l'année. Et si vous aimez le groupe et que vous êtes déjà un fan convaincu, vous allez doublement aimer le film.

controlgroupe



sceausceau  En pleine Bergmanorama personnelle, Le septième sceau, son film le plus connu (même par les amateurs cinéphiles de films d'action, remember l'énorme hommage que lui donna John Mc Tiernan dans Last Action Hero : Le personnage de la mort issu du film sortant de l'écran, pure incarnation du cinéma devenue réelle et signifiant donc doublement la mort dans cette réalité !) est de loin le plus accessible et facile d'accès de son auteur. Film historique en costume doublé d'une interrogation métaphysique sur le sens de la vie, je m'attendais a quelque chose d'austère mais il n'en fut rien. De belles scènes doublées d'interrogations inquiétantes, des séquences d'anthologie (comme ici, la mort jouant aux echecs avec le cavalier solitaire) et un humour bien noir qui font que finalement on ne s'ennuie pas une seule seconde. Bon, très bon film. Bergman était grand.



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jeudi 16 août 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(3)

ratatouille_foto2 Voir un Pixar au cinéma, ça fait toujours du bien. Car Pixar est en passe tout bonnement de devenir le Miyazaki américain en image de synthèse. Ce qu'il manque aux autres productions d'animation américaine souvent assez cyniques, c'est de l'humanité, de la sincérité et une joie proche d'un certain retour à l'enfance, et ça, tout ça, oui, Pixar l'a amplement. Et, fait rare qui mérite d'être souligné, années après années, la qualité ne faiblit pas chez Pixar. De ce fait, on est rarement déçu par la haute qualité et les sujets variés (du poisson-pélerinage de Nemo au quotidien presque Moorien d'une famille de Super-héros dans les Indestructibles, sans oublier une course anodine de voiture dans Cars, des aventures de jouets dans Toy Story 1 et 2, des monstres au coeur d'artichaut dans Monstres et cie...) et c'est d'ailleurs dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes. Pixar ne déroge pas à la règle et livre avec Ratatouille un film simpliste en apparence mais doté d'une richesse, d'humour, de couleurs et scènes qui feraient pâlir de honte n'importe quel animateur de chez Dreamworks. Et parvenu au sommet du monde, Pixar peut tout se permettre, même les raccourcis éculés ("Remy le petit rat communique en tirant des cheveux du pauvre Linguinni), qu'importe, y'a du coeur, y'a une histoire donc ça passe avec grâce et majesté.
Et Pixar de nous livrer l'un des meilleurs films de 2007.
Je m'incline, ça faisait quelques mois que j'avais pas été aussi touché au cinéma. Un rare bonheur.



optimuuuuuus Passons maintenant à un autre cas, radicalement extrême...Transformers de mr Bay. Ceci...N'est pas un film, pourrait nous dire un célèbre peintre. Non, ceci est l'image d'un film, donc pas vraiment un film. Par contre comme nanar-popcornesque, ne cherchez pas, vous êtes en plein dedans. Et du bon gros nanar en plus, vu que tout y est : Des djeunz (aux services secrets en plus, on pouffe) dont un héros timide et un peu beauf (Bay s'amuse aussi beaucoup a filmer ses rapports face a ses parents, à la limite de la caricature..."Non mais mon fils tu peut nous en parler si tu veut, de la...masturbation... On est ouverts tu sais." icon_eek) ainsi qu'une pure bombasse servant a exciter la libido du djeunz décérébré (Megan Fox est jolie certes mais je ne mange pas de ce pain là), des militaires à la limite du virile (ou du ridicule) avec tout plein de bons sentiments, d'héroïsme, tout ça quoi, à bailler ou pisser de rire, des SFX en veut-tu en voilà, des répliques d'anthologies ("JE SUIS.... MEGATROOOON" icon_eek). Et surtout des robots, parfaites répliques des jouets de notre enfance, superbements foutus en image de synthèse. Et puis y'a aussi de l'éducatif comme toujours chez Bay. Rien que de voir un robot pisser sur un humain, c'est d'une rare....finesse....

Bref Transformers, c'est ZE Supra Nanard trop con, trop bon. A déguster avec une mauvaise foi, un esprit mal tourné, des potes et du pop-corn (bon on avait pris des m & m's nous mais c'est parce que ça croque moins donc moins fait chier les autres) dans un parfait esprit de chieur (dès le générique, on se marrait comme deux salopards a tel point qu'un spectateur est venu vers nous pour nous demander de baisser d'un ton icon_eek) ou de gros connard qui a envie de perdre quelques neurones. Jouissif bref.

Oui je sais j'ai l'esprit mal tourné mais on me l'a déjà dit...Pas forcément de la meilleure manière non plus (coucou Alyeth, coucou renata).


dechirureuhs  La déchirure vaut largement ses 3 oscars. Et si il n'en tenait qu'a moi je lui en aurait mis plus. Pour l'histoire, Roland Joffé s'attaque au drame du génocide Cambodgien avec un traitement froid et des scènes choc qui foutent le malaise au possible. Portrait d'un pays qui se débarasse des élites pour finir vidé comme une outre percée par un régime qui ne pense qu'a s'en mettre dans les poches au profit d'une quelconque grande cause.Et en génocidant les élites, le Cambodge s'est creusé sa propre tombe... Joffé sans trop en faire livre un film 10000 fois plus subversif et noir qu'un quelconque Apocalypto à la Gibson, porté par la musique électronique d'un Oldfield qu'on a connu étrangement plus calme.
Bon, très bon film même si la réalité est encore pire que la fiction : en témoigne la véritable histoire de Dith Pran le journaliste cambodgien qui bien après ce film (tiré de sa vie) revient au Cambodge dans les 90's et cette fois, se fera vraiment assassiner....



 

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dimanche 15 juillet 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(2)


Vous en reprendrez bien une tite louche ? Oh allez, siouplaît...



rayeuh Ray... Incroyable Jamie Foxx. Depuis son passage à "l'université" Mann (comme il le dit lui-même dans les bonus de "Miami Vice"), l'acteur a gagné du galon et est devenu progressivement un des meilleurs jeunes acteurs actuels pour s'imposer en douceur au fil de films toujours différents mais importants. Sous Michael Mann, pas moins de 3 rôles aux antipodes (prêcheur-entraîneur à la dérive dans "Ali" --face a un Will Smith magistral--, flic sérieux et concentré dans l'adaptation ciné de "Miami Vice", chauffeur de taxi timide dans "Collateral") en passant aussi par la case "Jarhead" où il martyrise le pauvre Jake Gyllenhaal en jouant un militaire sadique et droit ! Dans Ray, il faut voir son incroyable aisance a se fondre dans la peau d'un des musiciens les plus cultes et géniaux du XXe siècle, symbole à la fois de l'engagement envers la communauté noire (le fait que Ray Charles refusa de jouer en Georgie étant donné que le pays était encore profondément raciste) mais aussi son art principal, la musique. Et pour celà, ne vous trompez pas là-dessus, le film tient ses engagements, égrenant les tubes plus ou moins connus du plus génial musicien handicapé par ses sens (a quand d'ailleurs un biopic sur le génial sourd qu'était Beethoven, huhu ?) pour notre plus grand plaisir. C'est simple, ce film vous évite de vous acheter un best-of de Ray Charles (enfin, vous pouvez aussi mais je vous conseille la B.O, pur béton a croquer) même si commercialement parlant, on a droit quand même a du scénario lourd de lourd, fait pour les masses. Donc on suit le programme sans trop d'originalité (il y a bien les flashs rouges qui métaphoriquement remplacent le rouge d'une paupière se refermant, pour faire écho au drame de Ray mais ses raccords s'avèrent pénibles et aggressifs pour la rétine au bout d'un moment. Par contre j'apprécie bien le fait de jouer sur des teintes colorées (quand ray voit encore, enfant) et plus sombres (adulte), une chouette idée en soi) même si on passe un très bon moment grâce a la musique. Et puis y'a Jamie Foxx, carrement génial, of course. Bref un bon film que je vous recommende.


8milebis Oh tiens voilà Eminem, cool. Il faut dire que j'ai de la sympathie pour le bonhomme, il suffit de voir les clips à mourir de rire (Eminem en Robin, Dr Dre --son producteur et ami-- en Batman, qui luttent contre les méchants nenfants qui écoutent des disques pas bien. Hallucinant de second degré et pur régal. Ou bien ce clip où Eminem se fout de la gueule de Moby. Jouissif) et d'écouter certaines chansons (comme "stan" mais c'est une des plus connues alors je triche un peu...) pour comprendre tout le talent et la provoc' dont fait preuve le bonhomme. Alors avec un film sur lui où, en plus, figure Kim Basinger, vous comprenez bien que, crédieu, ça va être énorme.

Et ce fut énorme.

Surtout que j'ai eu le culot de le voir en québecois (en fait j'ai pas eu de chance sur ce coup. Méfiez vous des films qu'on vous prête...) et que certaines répliques prêtent largement à sourire ("Hé, t'as oublié ton chandail !" gouuutte ou les "Yo" a chaque phrases...). Alors ça a son avantage, mais aussi son défaut : le québecois parlant naturellement français et anglais, on éprouve pas le besoin de sous-titrer le truc. Donc les duels d'improvisation en fin du film, bourrés d'intensité, ben on capte pas tout, ce qui est regrettable parce que ça balance bien hein.

Du côté des acteurs, Eminem se débrouille pas mal. Le reste joue bien, sans plus. Non ce qui est bien dans ce film, c'est les situations (par exemple, se taper Britany Murphy en plein lieu de travail (une des usines de Detroit qui fournissent des pièces automobiles)) ou les paroles. Faire dire justement à Kim Basinger, pleurant : "Greg, il veut pas me bouffer la chatte !" Mais bordel, mais c'est E-NOR-ME. gouuutte

Alors comprenez bien qu'un film qui se la joue aussi bien que le personnage central, ça ne peut qu'inspirer la sympathie, voyez vous.


maisssssson Passons a cette bonne vieille cruche de Wes Craven qui depuis quelques temps, ne se contente que de faire du recyclage tant filmiquement (Scream ne fait que reprendre le slasher-movie de base d'un point de vue décalé et cynique) que productivement ("la colline a des yeux 2 -- le remake", bof bof) et rappelons nous sans être méchant que le bonhomme savait quand même il y a longtemps nous étonner un tant soit peu. Après son premier film (un ptit porno fauché a ce qu'il paraît), le Wes enchaîne avec "la dernière maison sur la gauche" et veut clairement montrer que "ouais moi aussi je peut faire dans l'extrême" (*) mais même avec de bonnes idées et de l'entrain, le film ne démarre réellement que dans sa seconde partie. Auparavant on doit se farcir un duo de flic pas drôle (l'un et gros, l'autre est grand, on se crorait presque chez Laurel et Hardy, moustache en moins), des méchants qui font pas vraiment peur, une esthétique 70's assez kitsch qui a très mal vieillie (la musique country-rock notamment est insupportable et casse toute la tension que le Wes aurait pu tailler. En plus c'est a mille lieues de ce qu'un Gobelin ou un Fabio Frizzi peut nous faire) et plein de bons sentiments qui rendent perplexes. Heuresement il y a de très belles scènes (la mort d'une des jeunes filles dans le lac, sublime) et puis la seconde partie, enfin jouissive où les chasseurs deviennent proies face a des parents enragés et remplis de colère. pourtant, Craven ne va pas au bout de ses choix artistiques et frustre le spectateur. Par exemple, cette execution a coup de tronçonneuse se déroule hors cadre et brise d'un coup toute tension précedemment installée là où Tobe Hopper jouant aussi dans la suggestion s'en tire bien mieux et conserve tension et intérêt jusqu'au bout. Néanmoins grâce a cette seconde partie survoltée, on passe un chouette moment.





(*) Les années 70 étaient assez extrêmes et permissives. Là où l'on abat une gamine a coup de fusil sniper dans le "Assault" de Carpenter, on ne se permettraient plus trop ça dans les films de plus en plus aseptisés qu'on nous sort, ce que je regrette un peu...

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mardi 3 juillet 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(1)

Un peu comme notre Patchworkman et ses chers "mollards", je rédige pour ma part de petites chro' rapides, soit parce que le film était d'un intérêt plus que discutable (mais pas assez méga-bouse ou méga-détestable pour entrer dans la partie si bien nommée du "beurk"), soit parce que passablement bien, soit vachement bien mais manque de temps ou d'envie de gâcher la magie ou l'intérêt personnel du film, bref...






sueurseuh Sueurs est le type même du film (français qui plus est) qui se cherche, à cheval entre film d'auteur (donc un certain réalisme) et film d'aventure pour grand public. Mais hélas, le film n'arrive pas a prendre parti pour l'un ou l'autre côté et provoque agacement ou ennui. Pour le côté auteurisant, y'a des prétentions c'est sûr mais le réalisateur est loin d'atteindre Duel, Le salaire de la peur ou un Sorcerer pour de nombreuses raisons qu'on pourrait aussi bien imputer au scénario. D'abord un manque de lisibilité du scénario (c'est quoi cette caisse ? Pourquoi ? Quel pays ?) qui tendrait a tout rendre dans l'abstraction mais n'est pas Carpenter qui veut. Les personnages ensuite sont loin d'être attachants et répondent a des figures du cliché : le coureur sympa mais coriace, le jeune premier recueuilli par le premier, le salopard qui tente de corrompre l'autre, l'abruti de service... Et puis Jean Hugues Anglade avec la coiffure de Florent Pagny, whaow, c'est clair qu'il y a de la rebellitude assumée. Pour le côté "auteur" du film, une superbe photographie de décors majestueux et d'effets de filtres impressionnants sans oublier dans certains moments, une musique issue de ces étendues désertiques. Malheuresement le côté "aventure pour tous" reprend de plus belle à la moindre action, achevant de désoler le pauvre cinéphile : on se coltine donc souvent du gros hard-rock pas même jouissif dans des scènes d'actions filmées n'importe comment (ce qui les décrédibilise encore plus, n'est pas michael Mann qui veut) en plus d'effets clipesques (les flashs qui permettent de changer de lieu...Formidable et aussi inutile qu'un clip à la mode. Les élipses tu connais ? Non ? Dommage...)... Au résultat, un film surtout à voir pour ses décors superbes et ses camions et c'est tout. C'est vraiment très moyen et à la limite du pitoyable.



murdefeuuuurg Firewall... Bon je n'en dirais pas trop de mal, je vais plus me la jouer "seigneur indulgent" avec ce film, d'autant plus qu'il aurait pu être un très bon film si on avait encore poussé plus loin le scénario. Au lieu de ça, un sympathique film du samedi soir, si on veut bien fermer les yeux sur quelques incohérences du scénario, des situations clichées déjà vues et revues
(on sait déjà que comme les gamins sont devant la télé, ils n'ouvriront pas et que la mère ne va pas se retrouver avec le livreur de pizza quand elle va ouvrir mais des méchants pas beaux. Du déjà vu, du déjà vu, je vous dis...) et une mise en scène très basique et académique (une seule bonne idée sûrement, le générique d'ouverture façon "caméra d'espionnage" en noir et blanc sur fond instrumental du "Angel" de Massive Attack) mais Harrisson ford et paul Bettany y croient fortement alors on est indulgent parce qu'ils jouent bien.
Sinon ? Ben...La misère.



syrianaerf Syriana maintenant. D'ailleurs je ferais remarquer que je n'ai pas de lecteur HD-DVD mais que j'ai pris la première image venant à moi. Même pas honte tralalèreuh. Et pour tout vous avouer, Syriana est un bon film (très complexe) sur les actions et malversations américaine (sur fond d'administration Bush !) pour le marché du pétrole.  Il est même assez étonnant de voir un tel film pris en charge par une major telle que la Warner surtout quand celui-ci critique aussi ouvertement des actes pour avoir le pétrôle des émirats Arabes Unis ainsi qu'un contrôle sur ces pays là. Et le film évite grandement tout manichéïsme quelconque car évite les écueuils ou facilités du scénario en abordant une narration complexe où chacun des personnages (et y'en a une tripotée. On passe d'Américains à un suisse, à un prince iranien, à un jeune immigré du pays voisin...) par ses actes déclenche toujours quelque chose à un autre niveau (de lieu, de lecture) sur d'autres personnages. Acteurs très bons, parfois méconnaissables (George Clooney est sobre et impeccable, transfiguré. Ian Mc Kellen fait de la figuration mais il la fait bien, Matt Damon, bon en jeune premier etc...) pour un film intéressant et intelligent. Bien. Très bien même.



Posté par Nio Lynes à 15:23 - Chros rapidos - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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