samedi 26 septembre 2009
Les chroniques de fond de tiroir... (10)
Je n'avais jamais vraiment regardé de James Bond avec Timothy Dalton de part le passé, un peu floué par des préjugés sans aucun sens comme je m'en aperçois maintenant mais alléché par les dossiers que lui consacra ce cher Romain D, je me penchais sur ce premier des deux Bond joué par Dalton.
La surprise fut de taille tant Dalton remportait d'un coup l'adhésion par son jeu subtilement dosé qui fait dorénavant passer Brosnan pour un acteur moyen (bon j'exagère un peu là). Le film à le mérite de vouloir redonner un coup de fouet à la saga Bond à l'approche des 90's (là on est en 1987) avec des méchants plus réalistes, une violence plus poussée, un rapport au temps présent (on évoque l'Afghanistan et les conflits avec les russes ici, tiens, tiens...), des cascades et de l'action poussées très loin (ah la poursuite en voiture se poursuivant jusque sur un lac gelé puis ensuite en étui de violoncelle !) mais surtout un personnage de Bond qui s'humanise beaucoup plus, loin des clichés machos ou misogyne qui ont parfois (à tort ou juste raison) dû lui coller à la peau. Comme dans Goldeneye (1995, avec Brosnan), on tombe sous le charme de la douce romance avec le personnage féminin, james Bond girl qui, de timide et en retrait, prend successivement les commandes de l'action (et Maryam d'Abo est très mignonne en plus d'incarner un personnage finalement très bien écrit et loin des potiches écervelées que le cinéma d'action --américain ?-- nous a souvent gratifiés), s'investit de plus en plus. Que dire de plus sinon que mon intérêt pour le personnage de James Bond est revenu en force grâce à Dalton.
Ce Tuer n'est pas jouer s'avère donc une véritable perle, qu'on aime Bond ou pas.
Je ne connaissais pas le cinéma de George Franju, j'ai donc voulu découvrir par la grande porte ce qui est considéré par beaucoup comme l'un de ses meilleurs films, j'ai nommé "Les yeux sans visage". Et pour l'époque (1960), on peut dire que ce film est un véritable ovni. Franju prend le parti de livrer un film inquiétant où un médecin essaye de créer un nouveau visage à sa fille défigurée dans un accident de la route en poussant parfois le film dans ses retranchements les plus radicaux (certains plans pourraient être "gores" et Franju décide d'éviter toute censure malgré l'aspect insoutenable en décidant de faire un fondu au noir proggressif --avec un flou ajouté lentement-- sur les scènes de chirurgie, laissant le spectateur tendu par la tension dans l'insoutenable pouvoir suggestif du hors-champ d'où malaise évident) tout en créant une certaine poésie. Dès que le personnage de Christiane et son masque blanc en guise de visage apparaît, le film décolle dans des passages oniriques fabuleux. Christiane est le contrepoint de l'horreur et son innocence devant tout ce qui se trâme dessinent un des plus beaux personnages féminins du cinéma français. Grand film qui pourra en laisser certains sur le carreau par sa froideur parfois clinique...
Revoilà Michael Haneke, notre Autrichien guindé prof dangereux avec ses lunettes rondes et son résidu d'accent qui vous inquiète déjà. Du coffret Haneke chez Opening qui réunit cette
"trilogie sociologique", 71 Fragments d'une chronologie du hasard est sans doute celui que j'apprécie le
moins. Trop démonstratif, trop théorique; surtout le réalisateur semble
vouloir nous montrer que l'explication de l'acte commis par
l'adolescent (Le 23 décembre 1993, un étudiant rentre dans une
banque et tue au hasard et sans motif apparent plusieurs personnes
avant ensuite de se suicider) serait lié non seulement à sa
fragilité psychologique (magnifique plan où en sortant de sa pension,
il regarde à la fois la fenêtre de l'immeuble et le sol où une tâche
rougeâtre disparaît progressivement, sous-entendu du suicide d'un autre
étudiant, confirmé par un plan plus mystérieux auparavant) comme à
l'état du monde relayé par les médias (le décompte de plusieurs
journées en octobre puis novembre avant le jour fatidique avec
constamment les nouvelles --assez sombres-- à la télévision). De plus,
l'Autrichien entrecroise sa trajectoire avec celles d'autres
personnages, victimes comme témoins qui se retrouveront plus ou moins
tous sur les lieux.
Et évidemment, tous ces gens ont constamment un
problème (misérabilisme, quand tu nous tiens...) : D'un père délaissé par sa fille --qui travaille
à la dite banque--, à des parents qui veulent adopter une petite fille
sur qui plane tous les malheurs du monde visiblement, sans oublier la
vie morne et déprimée du convoyeur de monnaie à la banque et l'histoire
du petit immigré serbe à la lèvre fendue qui sera adopté par les
parents qui ont adoptés la petite. Vous vous y retrouvez ? ![]()
Et puis des plans séquences fixes qui appuient bien trop la démonstration et durent.... durent... durent....
J'ai l'air de taper sur le film mais pourtant il
a ses qualités, notamment la description du parcours de l'arme volée
dans le magasin militaire puis revendue à un étudiant qui la donnera au
futur tueur. Plus tard, la police fouillera dans l'appartement de celui
qui a volés les armes, sans rien trouver. Entre les deux, des mains,
des visages, un sac. En plusieurs plans, serrés, avec un montage bien
sec. Pour le coup --mais sans en avoir la profondeur à mon sens--, ça
m'a fait penser à "L'Argent" de Bresson qui montrait une contamination
et une corruption du bien par le mal avec le faux billet dans la
première partie.
Néanmoins pour moi, c'est assez inférieur au 7e continent et surtout l'implacable Benny's video qui rendent un malaise aussi puissamment qu'un Funny Games.
Moon est le premier film d'un certain Duncan Jones... En fait le fils de David Bowie, Zowie Bowie (mais l'on comprend qu'il est dur de vivre après un prénom pareil. C'est vrai quoi, est-ce que je vais prénommer mes enfants Brunehild, Siegfried, Albator ou Goldorak moi ? Voyons, voyons...
) et pour une première réalisation et malgré un budget de petit film indépendant, c'est vraiment très bien fait, très classe, très design aussi. Le film, arborant un rythme lent et intimiste ne cache nullement ses références (Outland, Alien, 2001...) mais tout passe très bien et ne me fait pas autant bondir que pour bien d'autres films. Porté par un Sam Rockwell décidement très bon, le film brasse allégrement de multiples thèmes de la SF sans pour autant faire de la redite, celà même si on peut deviner le pitch au milieu, voire début du film. Mais cela ne le dessert nullement et quand on est bien dedans, on a qu'une envie, que ça dure encore et encore... Et là, j'ai bien envie de me le revoir mais je devrais attendre 2010 vu qu'il aurait enfin trouvé un distributeur pour le sortir en salles en Europe. Reste à espérer qu'il passe dans pas mal de petites salles...
1987 : Near Dark.
2009 : Démineurs.
Franchement
content de retrouver Kathryn Bigelow, alias la cinéaste qui a des
couilles. Et des grosses cojones, amigo. Ex-de James Cameron, on va pas
refaire l'histoire, elle a hérité de lui l'aspect musclée dans sa mise en scène. Démineurs, 20 ans après son premier
film (le génial Near Dark, aux frontières de l'aube auquel je voue un
culte quasi suspect je sais
) confirme que Bigelow (qu'on avait plus vu depuis
K-19 en 2002) n'a pas perdu la main et livre là l'un des constats les
plus lucides sur la guerre en Irak, une situation absurde où n'importe
qui peut mourir d'un instant à l'autre. Sans affirmer ni diaboliser les deux camps en puissance, la réalisatrice démontre bien que le conflit est passé à un stade surmédiatisé, pratiquement une forme de grand spectacle où les démineurs du film, sont constamment observés par une population curieuse et avide (qu'on pourrait rapprocher du spectateur basique qui regarde un film), une image presque.
Les situations à l'extrêmes
limites permettent au film d'être tendu comme un arc avec une énorme tension qui ne retombera quasiment jamais. Et tout le film
d'enfiler des plans de toute beauté (l'appel desespéré au crépuscule,
le coucher du soleil) avec des séquences qui continuent l'une après
l'autre de subjuguer : l'ouverture du film, le réseau de
bombes, le taxi, le traquenard en plein désert avec attente desespérée
jusqu'au point du jour finissant avec un sniper fatigué (la plus belle et la meilleure séquence du film ?)... Style
documentaire, quasi-carré, lisibilité de l'action, montage brut, peu de
musique et quand on l'entend, c'est pour souligner l'angoisse du
moment, sans jamais trop en faire (sauf si on comprend mal le fait d'avoir ajouté pour le générique de fin une musique bourrine cadrant moins avec la sécheresse --désertique ?-- de l'ensemble).
Bref, un très bon Bigelow.
Manque
juste un peu plus d'émotion et une fin qu'on pourra reprocher de banale et prévisible mais pourtant finalement logique et très proche de la réalité, notre chère et plate réalité qui voit tellement d'hommes et de femmes inadaptés à autre chose que ce qu'ils ont fait toute leur vie pratiquement....
Mais sinon, un très bon film. De quoi patienter
avant "Avatar" fait par son ancien mari James Cameron, film qui va littéralement faire péter
le cinéma du XXIe siècle. Les attentes sont grandes pour ce dernier, on a confiance, on y croit.
Phantom of the paradise (1974) de Brian de Palma. Enfin vu ! Depuis le temps... Bon, on ne va pas en rajouter une couche de plus sur le mythe si ce n'est que tout ce qui a été déjà dit sur ce film est vrai. Que Jessica Harper est belle comme une déesse, que la musique est énorme, qu'il y a du Faust, du Frankenstein, du Beach boys, une critique de la société de consommation et des exigences horriblement commerciales des maisons de disques (même si on sait que par ce film, De Palma se venge d'Hollywood et surtout de la Warner qui l'avait gentiment mis à la porte après s'être accaparé son "Get to know your rabbit" (1970, limite inconnu et pour cause vu que la Warner massacra le film pour totalement faire en sorte ensuite qu'on l'oublie. C'est réussi, hélas...), que ça va loin, très loin, jouant sur tous les tableaux, l'excès comme le baroque et la virtuosité technique du maître (ahhh, ces splits-screens dont on ne se lasse pas). Film complètement culte et grosse bouffée de bonheur à l'horizon qui fera des petits un peu partout. Aujourd'hui, tout le monde admire le film et revendique parfois son héritage en livrant des hommages plus ou moins assumés. Le meilleur que j'ai vu provient du manga "berserk" (que j'ai pas mal évoqué sur les pages de mon blog) qui reprend pour le personnage de Griffith le fameux masque de Winslow Leach. Mais va aussi nettement plus loin dans le propos (Berserk est clairement un enfant du Phantom car outre le masque/casque d'oiseau, la troupe de choc de mercenaires est la troupe du faucon (!), Griffith devenu un démon arborera une tenue de cuir à la Hellraiser mais qui fait diantrement penser à celle, une fois de plus, du Winslow de De Palma. Enfin, comme dans le film du réalisateur, un pacte est sous-tendu dans le manga (ici ce n'est plus le diable mais quasiment toutes les puissances des ténèbres !) et l'on retrouve une histoire de trahison et de substitut). Très grand film culte qui peut, pour tout ce que j'ai dis, provoquer l'adhésion totale du spectateur comme le refus. A vous d'essayer néanmoins.

Griffith dans Berserk après sa transformation en démon. ça crève les yeux non ?
mercredi 5 août 2009
Les chroniques de fond de tiroir...(9)
Le guet-apens (1973), l'original, pas son remake de 1994 (avec Alec Baldwin et Kim Basinger) est un Peckinpah en demi-teinte, dont les erreurs ne peuvent être imputées au bonhomme mais plus le script très gentillet que Walter Hill --qu'on a connu plus bourrin pourtant-- alors scénariste fait du roman de Jim Thompson : "Le lien conjugal". Roman qui fascinna Peckinpah au point qu'il en acheta les droits. Pourtant le projet allait être compromis dès le départ par le producteur qui voyait surtout là l'occasion de placer sa petite protégée, Ali MacGraw (qui a, il est vrai, un fort joli minois) sans trop se mouiller. Quand à Peckinpah qui apprécie McQueen avec qui il a déjà tourné "Junior Bonner le dernier bagarreur", il espère tout comme ce dernier que cette alliance réciproque entre deux hommes qui s'estiment portera ses fruits après le bide que fit le génialement sulfureux Chiens de Paille.
Làs, le compositeur attitré de Peckinpah, Jerry Fielding est évacué au profit de Quincy Jones et d'une bande son groovy en diable. Le scénario est trop édulcoré et McQueen phagocyte de son égo (boisson aidant) tout le projet, menaçant de le faire sombrer intégralement. Le Sam heuresement se rattrape au montage et dans les scènes d'actions (l'esthétique Peckinpah), ce qui permet de maintenir finalement le film à flot.
Pas un grand film, seulement un bon avec un scénario faiblard mais des scènes d'action une fois de plus formidables, de bonnes idées de cinéma (flash-back/flash-forward, séquences documentaires comme celle du camion-benne...), une bande-son qui rythme finalement bien, font passer ce Peckinpah faiblard mais finalement sympathique.
Attention, le restant de cette chronique de fond de tiroir promet d'être bourrée d'images de synthèses chers amis. On ouvre le bal avec le 3e opus de L'âge de glace. Honorable sans non plus attendre des sommets (au contraire de Pixar qui continue à être très loin devant), c'est un sympathique film pop-corn à voir en famille ou avec la personne aimée, qui sera vite oublié par la suite. Néanmoins je l'ai préféré au second avec son histoire d'amour qui me laissait plan-plan. Ici, l'humour et les personnages extravagants sont bien mieux répartis, les chiantissimes opposums du second volet ferment leur gueule (pardon d'être grossier, mais fallait que ça sorte !), du coup, on respire. Le film de plus s'approprie de multiples parodies en tout genre (dont une relecture de Moby Dick), fait des clins d'oeils au Petit dinosaure de Don Bluth (la séquence de l'oeil du méchant dino qui s'ouvre fait écho à celle de l'oeil du T-rex dans "Le petit dinosaure" mais n'atteint pas son niveau de frayeur) sans en atteindre le niveau et puis bon, les bébés dinosaures sont craquants. J'en veux un pour Noël.
Everybody wants a dinosaur...
Henry Sellick, réalisateur de L'étrange noël de Mr Jack (et non Tim Burton qui en est producteur même si il est juste que c'est bien l'univers Burtonien que Selick anime dans ce dernier, de façon magistrale) et autres James et la pêche géante (fabuleuse adaptation de Roald Dahl) est un homme discret. Raison de plus de voir chacun de ses nouveaux films quand ils sortent, si ils peuvent. Ce dernier s'avère encore une fois un spectacle de qualité mêlant habilement animation image-par-image de marionnettes avec renfort de 3D et lumières quand celà s'avère nécessaire (voir la séquence habilement menée du monde vide que Coraline traverse et qui ne dépare nullement dans le film, une preuve de l'intégration habile de la 3D au film) ainsi qu'un scénario plus habile et subtile du grand romancier Neil Gaiman (qui mériterait une médaille pour ses scénarios de films, de BDs et ses romans toujours passionnants depuis tout ce temps) qui se voit la métaphore du passage à l'adolescence et du besoin de reconnaissance d'une gamine délaissée qui se réfugie dans ses rêves (ce n'est évidemment pas mentionné dans le film mais le fait est que Coraline s'endort toujours peu avant de changer de monde. Pour suivre le chemin inverse et revenir à la réalité, elle soit se rendormir pour s'y réveiller. Sauf qu'a ce petit jeu, les rêves finissent par vampiriser tout et Coraline de se retrouver dans l'autre monde avec une mère inquiétante --et boutonnante, disons le :D -- et le risque de ne pas revenir dans la réalité. Autre métaphore pour signifier la mort car qu'est-elle donc sinon bien un moment où l'on ne se réveille plus ?). Sans être un chef d'oeuvre, c'est néanmoins un film que je conseille. Allez le voir. Avec lunettes 3D si vous le pouvez encore (comme ce fut mon cas) !
Je n'attendais rien de l'homme de fer, tout au plus lisais-je les comics plus jeune dans Nova et Strange où le personnage un brin cynique de Tony Stark me fascinait déjà. Mais entre-temps, j'ai arrêté de lire bien des comics (ça prend du temps et beaucoup d'argent en fait) dont les aventures d'Iron man. Puis j'entends beaucoup de bien sur le film. Donc je le regarde.
Et c'est vrai que c'est pas mal. Allez, osons le terme, c'est une excellente adaptation de comics. Parce qu'il y a une intrigue, des personnages fouillés joués par de bons acteurs (je suis fan du rictus désenchanté de Robert Downey Jr. Depuis quelques films --dont Zodiac de Fincher--, le bonhomme commence drôlement à me plaire) dont un Jeff Bridges qui cabotine un peu vers la fin (encore que c'est bien dans l'esprit du personnage) et une Gwyneth Paltrow drôlement mignonne (Gwyneth, tu es mieux comme ça avec cette tenue, cette coupe de cheveux, cette teinture un peu rousse et ton air timide, ne change plus, tu es en train d'avoir un admirateur de plus). En plus les scènes d'actions sont lisibles (ce qui n'est pas le cas de tous les blockbusters), y'a de l'humour, le thème principal est entraînant... Et puis surtout, l'armure est un régal pour les yeux. J'attends la suite d'autant plus que je suis resté jusqu'a la fin du générique (il y a une petite surprise). Vite, vite !

L'évolution de l'armure plus détaillée ici.
J'ai pu voir le dernier Pixar, Là-Haut avec une bande de potes à l'occasion d'un anniversaire bien arrosé ce week-end et une fois de plus, j'en suis ressorti sur un petit nuage. Que dire sinon que c'est du bonheur, de la tristesse, du bonheur, du rire, du bonheur et... Du bonheur (ça va, j'en ai pas oublié ?
). Et puis Pixar fait les 15 premières minutes les plus tristes de
toute leur carrière. Voilà c'est dit. Et sans fioriture, ni violons, ni
pathos. Simplicité, efficacité sont les maîtres-mots (un peu comme
"action-réaction" ou la simple évocation d'un... "SQUIRREL !!!!" pardon.). Le reste n'est que la résultante de plusieurs élements qui suffisent à bâtir une véritable petite perle. Bien sûr c'est sans doute moins profond que d'autres Pixar mais en l'étât c'est sans doute avec sobriété la plus belle manière de décrire la vieillesse et le deuil, sans pathos, juste ce qu'il faut. Et c'est fabuleux.
Et rien que pour ça, le film est presqu'un chef d'oeuvre.
Meilleur film de l'année, il y a des chances.
jeudi 6 novembre 2008
Les chroniques de fond de tiroir (8)
Découvrez New Order!
... Quand le réalisateur du sympathique Code 46, le trublion Winterbottom (qui a aussi réalisé un film sur la période Joy Division/Factory/New Order --24 hours party people, pas vu mais ça me permet de justifier l'écoute du magnifique "Elegia" que je vous met en haut-- se met en tête de réaliser un film mêlant rock et sexe (et les drogues ? "sexe and drugs and rock and roll" dixit notre regretté Ian Dury !), on s'interroge. Puis le célibataire déviant que je suis devient alors franchement intéressé au vu du projet qui contient des scènes de sexe non simulées (si, si) pour une durée de 69 minutes (la bonne blague... Enfin on peut aussi penser que vu cette durée métaphoriquement sezuelle, on aura pas le temps de s'ennuyer puisque c'est court). Au final, ça bande pas mal mou (on aurait espéré le contraire). Les chansons rock sont molles ! Mais molles ! Evidemment avec ça, t'as pas envie de découvrir les rigolos de Franz Ferdinand ou Black rebel motorcycle club dont j'attendais pas mal dans ce film au vu de leur réputation que je commence à trouver maintenant un peu surestimée. Punaise, c'est pas parce qu'on traite de l'amour que ça se doit d'être mou. (sitôt le disque fini je me suis réecouté à fond du Led Zeppelin et autres Interpol parce que bon...) Bon, et les deux comédiens là-dedans ? Beh, ils s'en sortent plutôt bien et Winterbottom essaye de ne pas tout dévoiler les parties intimes du monsieur et de la madame dès le début (par contre à la fin, ça devient bien hard !
) et joue même habilement avec le passé (la relation amoureu... enfin à ce point c'est plus du sexe que de l'amour ce qui en devient gênant, j'y viens après) et le présent (la relation consommée, le pauvre homme déprime à mort en Antarctique.... -_-). Le problème c'est que le film ne se focalise que sur le sexe quand ce ne sont pas les scènes de concert. Du coup on s'attache peu aux protagonistes et le sexe sans sentiments, c'est toujours un peu post-coïtus froidus. Pourtant ça aurait pas pris longtemps pour montrer à Winterbottom comment ils se rencontrent, comment ils ont un coup de foudre, etc... Mais non. Dommage. Parce qu'en l'état ça donne un film interessant mais un peu brouillon. Pour vous faire une idée, je met 3/6. Voilà. Un film moyen souffrant de ses bonnes intentions malgré justement les bonnes intentions.
Un classique du film noir tout le monde le sait. Mais aussi surtout le film qui fit démarrer (c'était leur premier film !) les jeunes et inexpérimentés Burt Lancaster et Ava Gardner. Lui en boxeur au bout du rouleau acceptant un casse, entraîné par Elle, vamp glamour, femme fatale qui fait tomber les hommes derrière elle. Le film se revoit encore avec un plaisir évident aujourd'hui et non pour ses grandes qualités (le noir et blanc expressioniste d'un Siodmak qui comme Fritz Lang et bien d'autres s'était enfui d'une Allemagne nazie, le superbe plan-séquence de l'attaque des coffres-forts...) mais aussi pour son histoire toujours aussi prenante. A noter que le remake de 64 par Don Siegel avec Angie Dickinson et Lee Marvin (et pis aussi Ronald Reagan ! ça vaut son pesant de cacahouètes...) est très bien aussi. J'aurais tendance à dire que le remake lui est légérement supérieur, c'est dire (et vous connaissez ma haine des remakes) !
Plutôt que parler que de films, faisons une petite pause entre-deux. Je continue donc la saga Berserk en mangas (ou "mangasses" comme diront certains personnes avec un mépris non dissimulés que nous leur renvoyons bien gentiment à la face). Avec les tomes 20 à 22, un virage énorme à 90° se prend dans les plis de l'oeuvre, lui faisant gagner encore plus d'envergure (elle en a pas mal il faut dire. A ceux qui me parlent d'héroïc-fantasy en me citant constamment "Conan" et autres Seigneurs aux anneaux un peu tout gonflés au stéroïds de synthèse, je ne réponds que Dark Crystal et.... Berserk. C'est la seule oeuvre actuelle dans le monde de la BD (et je n'oublie pourtant pas "Gorn" ou "le grand pouvoir du Chninkel" et autres "Thorgal") qui pour moi se hisse au même pouvoir de fascination brute que peut procurer la magie du cinéma. Je lui avais déjà dédié tout un dossier sur un autre blog mais un dossier n'est pas assez face à cette oeuvre ultraviolente et parfois bourrée de sexe, encore que l'auteur s'est bien calmé là-dessus, l'histoire devenant plus approfondie avec le temps, commençant à aborder des notions de magie qu'on jurerait issues de Tolkien (même si Miura revendique plus un héritage digne de Clive Barker, H.R.Giger ainsi que le surréalisme de Bosch pour ces créatures) ! De nouveaux personnages importants font leur apparition, d'autres deviennent plus profond, enfin Griffith ressurgit et avec lui, c'est toute la chute de l'ancien monde qui arrive....
Je ne le dirais jamais assez, lisez Berserk.
Depuis un certain moment aiguillé par un certain cyborg, j'avais véritablement envie de voir ce film. Mais je n'ai sauté le pas qu'après avoir vu en cours un plan-séquence que je trouvais proprement hallucinant d'une caméra parcourant le sommet d'un immeuble (où un concours de danse a lieu) avant de descendre la façade. Doté de plans-séquences, le film l'est assurément et quasiment fait que de celà, maniés d'une main de maître et d'une maîtrise formidable qui laisse songeur. Le film en lui-même n'en est pas un, documentaire et fictionnel à la fois (4 histoires avec des protagonistes différents sur le Cuba d'avant la révolution et pendant celle-ci), mais surtout, vrai poème filmique d'un Kalatozov tombé vraisemblablement amoureux de l'île. Il y a bien sûr quelques petits défauts (les américains sont de gros capitalistes méchants, bouh...) mais ce n'est que pur chipotage devant la magie de l'objet. Devant l'écran, on se tait, on s'efface.
....Je suis Cuba.
... Chaque James Bond est un évènement en soi. Ce dernier ne dérogeait pas à la règle (oui Jesus, je vais aller voir Hellboy 2, rhooo) et nous nous y précipitâmes avec des amis. D'autant plus que celà s'avérait des plus prometteurs : Amalric, Craig, Olga Kurylenko.
Beh en fait.... non. Pas vraiment perso. Marc Forster n'était sans doute pas le réalisateur le mieux désigné pour le projet à vrai dire. Si vous détestez la caméra Parkinsonienne tellement en vogue de nos jours dans n'importe quel actionner, fuyez d'emblée car vous allez être servis bien copieusement ici. Et encore, si l'action se dotait d'une vraie lecture de l'espace et d'une tension interne, passe encore, mais non, le plus souvent c'est illisible au possible (sauf la très belle scène des échaffaudages chorégraphiée en diable), la faute à cette caméra qui bouge tout le temps quand le montage ne vient pas enterrer avec de gros sabots l'affaire. Pire, les personnages semblent n'avoir qu'une ligne de description sur le scénario. A l'écran ça donne donc un Craig en zombie devenu machine à tuer sans âme, un Amalric carrément en vacances (son personnage est ridicule en plus) et une Olga Kurylenko filmée très banalement, pas attachante pour deux sous à la différence d'un personnage secondaire de jeune anglaise... qui disparaît très vite (alors que c'est sans doute avec M le meilleur personnage du film) ! Le générique lui-même essaye de cacher le naufrage : esthétique 70's à fond par les graphistes de MR12 mais là où celà était sublime avec un vrai sens de la nostalgie dans "Arrête moi si tu peut" (dont le générique d'ouverture est un des grands moments du film), ici c'est froid, on sent trop la machine, c'est trop publicitaire comme ces reprises de styles que je vois dans les magasines et qui me débectent à force de repomper dans une période passéïste de notre histoire. Le passé est le passé, faut innover un peu. Quand à la musique de ce générique, elle est consternante. Alicia Keys n'est pas Tina Turner ni même Shirley Bassey et notre guitariste des White Strips a beau plaquer une guitare chaleureuse, ça reste fadasse et déjà vu. Les motivations de Bond depuis Casino Royal ? La vengeance encore et encore pour une fille que le spectateur a déjà oublié et qui peut sembler plus un ressort scénaristique : Si vous n'avez pas revus Casino Royal auparavant, n'allez donc pas voir ce film sinon vous pourriez penser ça pendant le film : "Ah ouais, il veut venger Vesper... Ah euh elle ressemblait à quoi déjà ?" ...Pouf, trou blanc du spectateur. Ce qui est d'ailleurs troublant (hoho) car généralement chaque épisode de Bond se suffit à lui-même indépendamment des autres. Ici on est dans une logique de suite comparé au précedent, ce qui est assez déboussolant.
Enfin ne cherchez pas ce que veut dire le titre "Quantum of solace", c'est sans doute révélé dans un dialogue du film et après baste, déjà oublié. C'est en gros le grand mystère de ces années 2000. ![]()
dimanche 27 juillet 2008
Les chroniques de fond de tiroir (7)
Découvrez The Beach Boys!
Ok, cette fois, je me lance !
Le château de l'araignée (en Version Américaine, le titre conserve aussi beaucoup de classe) d'Akira Kurosawa est une fois de plus une grande réussite du monsieur, prétexte cette fois à aborder son versant moins grand public que Yojimbo ou Les 7 samouraïs puisqu'ici le cinéaste transpose rien moins que Shakespeare une fois de plus (cf Tags pour Ran ) mais en abordant une esthétique extrêmement épurée qui tient dans le fait de s'inspirer du théâtre du Nô japonais avec ses gestes et ses mouvements lents et soignés, presque calculés. Kurosawa transpose donc Macbeth de l'écrivain anglais dans le Japon médiéval pour poser le prétexte d'un homme marchant vers le pouvoir. Qui l'aura mais en fera irrémédiablement les frais. Le rythme est aussi lent que chez Ran, le ton moins crépusculaire même si l'on sait que ça finira mal. Il y avait encore de l'espoir (bien minime certes) dans Râshomon, il n'y en a plus ici et la fin se montre aussi spectaculaire qu'inquiétante, montrant une fois de plus le talent de Kurosawa à dépeindre une imagerie qui reste dans les mémoires. Brillant une fois de plus.
Celui-là dans le genre froid, il est pas mal non plus. Glaçant même, ce qui est une constante dans le cinéma d'Haneke. Haneke fait depuis plus de 20 ans la même chose : montrer la famille bourgeoise dévorée de l'intérieur par quelque chose (Caché ) quand elle n'est pas agressée par les fruits de la société (Funny Games), le motif ou le détail devenant purement leitmotiv voire théorique. Benny's video n'échappe pas au style du bon prof Haneke pour ce qui est de nous montrer la violence des médias (ici la Vidéo.... qui servira de détonateur aussi dans Caché) à l'oeuvre sur un gamin complètement paumé, vivant continuellement avec la télévision et la vidéo et en pâtissant fatalement. Ce qui aurait alors pu aboutir à une romance entre le jeune Benny et une fille vire dans le sordide parce que Benny à voulu "faire comme si". Comme si c'était un film. Après tout, c'est si facile de tuer des gens à l'écran alors pourquoi ne pas essayer hors de celui-ci ? Malaise. La puissance terrifiante et clinique des films d'Haneke viennent qu'ils dépeignent une réalité en abordant un ton froid et des plus détachés pour mieux y coller et Benny's video comme les autres n'y échappe pas et fait mal par là où il passe, laissant le spectateur exsangue mais fasciné.
Au passage, c'est le même acteur qui joue Benny et l'un des gamins dangereux de Funny Games, quelques années après, comme si on avait une suite à la trajectoire de ce gosse perdu sans aucune morale. Le parallèle est troublant.

Vous le reconnaissez ? Il est aussi dans Funny Games...
En peu de mots parce que ce film m'a fâché. Eurêka du même Shinji Aoyama était un chef d'oeuvre mirifique, brillant, lumineux. Ce Desert Moon est un pamphlet anticapitaliste d'une lourdeur incroyable, d'une bêtise et d'une stupidité hallucinantes (on nous apprend en gros que le bonheur ultime c'est élever des poules à la campagne. Formidable...). Rien à sauver. Et en plus c'est creux, ça se traîne, ça se traîne (2h30 à subir). Le meilleur est en fait dans la bande-annonce.... pis c'est tout. Ah, sinon y'a les Beach Boys en ouverture. Mais c'est tout. Quitte à vous faire vraiment plaisir, prenez vous le génial "Pet sounds" des Beach Boys, l'album que même Paul Mc Cartney il adore et puis voilà.
Dans le genre glaçant, Henry, portrait of a serial killer de Mc Naughton se pose là aussi. Réalisé entièrement avec une caméra 16 mm (d'où le grain très prononcé), peu de budget et des acteurs quasiment inconnus, ce film terrifiant mérite bien son statut de film culte. Cette fois, on entre dans le quotidien de Henry, personne à priori banale, vivant avec son colocataire Ottis, beauf bête assez amoral qui deale de temps en temps en même temps d'être pompiste dans une station-service. Henry lui, vit de petits boulots à droite, à gauche. Accessoirement et très souvent, sans aucune raison valable, il tue (c'est d'ailleurs ce qui fait le plus peur chez lui --Michael Rooker est excellent). Le début du film montre bien, très sechement, son parcours sanglant où le meurtre est montré mais pas sa réalisation (seulement entendue par des bruits-off qui donnent bien à imaginer l'acte) là où la suite du film se concentre sur la relation pleine de tension entre Henry, Ottis et sa soeur Becky.... Fascinant et glaçant.
Histoire d'être à la page, je suis aussi allé au cinoche dernièrement. Valse avec Bachir était bien, et je me disais qu'en enchaînant avec Narnia et son prince cassepied, ça aurait été chouette (Phénomènes conseillé par l'ami Patchworkman sur son blog ne passant plus). Et bien non ! Etonnant non ? Non ? Non. Il faut dire qu'au contraire de Pixar, Disney continue de prendre les gosses et ceux qui ont gardés une âme d'enfant pour des crétins patibulaires juste bon à pouvoir alimenter les caisses du studio. Narnia 2 sera donc un divertissement de plus, quasiment sans âme ou presque. Le premier était du n'importe quoi, le second suit sans vergogne cette route malgré une orientation plus violente assumée et un début prometteur. Puis tout s'effondre une fois de plus. Le prince Cassepied (ou Caspian mais bon) est une caricature du prince de contes typiques. On pourrait même lui tatouer "Prince BN" sur le poitrail que le bellâtre n'y verrait que du feu. Qui dit bellâtre dit romance... même pas traitée ici et qui arrive au final comme une baudruche qui se dégonfle. Même pas de regards attentionnés où pourrait couver le désir comme dans la scène de séduction de Barry Lyndon. Rien, nothing. Faut pas choquer les petits, vous comprenez, l'Amour, tout ça, ça fait peur, c'est sale, forcément. On a limite envie de donner des baffes à Disney. On aurait pu dans le premier volet où un père Noël de passage distribuait allégrement des armes (gné ?) aux 4 jeunes héros. Lesquels tuaient ensuite très facilement sans état d'âme. Parce que ma bonne dame, les méchants, ça sert à rien sinon à être tuer, ça a pas d'âme hein. Et mon cul, c'est du poulet ?
S'ensuit des batailles où Prince BN se dispute évidemment avec Peter l'aîné et Lucy la petite voit souvent Aslan, cette feignasse de Lion, quasiment Dieu dans ce monde, mais qui malgré ses pouvoirs phénoménaux n'est même pas foutu de faire quelque chose avant la fin du film parce qu'il a touché un cachet en or avec une réserve de croquettes pour la vie, bref, personne ne croit Lucy. Les gamins sont bêtes et innocents semble vouloir nous dire Disney. Puis Aslan arrive dans les 15,20 dernières minutes, comme les Tuniques Bleues quoi, quasiment quand tout est fini ou presque. Il rugit, ça fait peur et tout le monde est content. Voilà. On peut passer à quelque chose d'autre. Tiens, le 3e Narnia sortira dans 2 ans. Oui ben sans moi cette fois-ci, je ne pense pas que ça sera supérieur à ces fadasseries inutiles que sont déjà les 2 films.
Evidemment on saute du coq à l'âne. D'un divertissement familial (mais dans ce sens, dois-je comprendre que la famille est bête ?), on passe àun film qui serait plutôt vu par l'élite cinéphile. Et c'est regrettable en un sens car le cinéma de Bresson même s'il est un continent à part assez unique mérite largement d'être vu. Bresson envisage le cinéma autrement et part de quesiment rien pour filmer à sa manière au mépris des conventions qui se sont fixées depuis. Chez Bresson, l'acteur est un bloc monolithique se déplaçant peu, parlant d'une voix quasiment monocorde, une musique où aucun instrument ne doit déparer. Bresson attache en fait peu d'importance à l'acteur de cinéma, ce n'est qu'un bloc à sculpter pour lui, au même titre que chez Antonioni ou Tarkovski. Non, la fascination chez lui vient du presque rien ressenti dans un film où chacun des mêmes élements est mis au même niveau. Particulièrement dans ce "Pickpocket", chez les gestes des voleurs de portefeuilles, véritables ballets captivant d'un bout à l'autre par leur précision, leur vérité immédiate. Le cinéaste lui-même aurait engagé comme conseiller un authentique pickpocket afin de montrer (apprendre !) aux acteurs comment procéder. Du coup, un réalisme sans faille se dégage des gestes et mouvements à l'oeuvre, la scène la plus incroyable étant quand 3 pickpockets oeuvrent de concert dans une gare. Formidable ce Bresson. J'en reprendrais bien en dessert.
Si Thief ("le solitaire") est le premier film de Michael Mann, ce n'est pas sa première oeuvre, le monsieur ayant déjà fait ses armes par la série TV et le documentaire, voire le téléfilm (le très rare "The jericho miles" qui doit peut-être exister en dvd zone 1) mais le plus stupéfiant n'est pas dans la grande maîtrise dont il fait preuve avec ce film (car il s'avère doué dès le début et le film n'a pratiquement pas pris une ride) mais en ce que ce film apporte. Thief n'est rien de moins que le "brouillon" du génial chef d'oeuvre à venir, HEAT. Bien avant De Niro, James Caan est donc un voleur solitaire, spécialisé en perçage de coffres-forts, et surtout un homme seul, comme ce dernier, capable de tout quitter quand il sent le danger poindre. Mêmes situations, quasiment les mêmes dialogues ("Tu ne m'aura pas vivant, je ne retournerais pas en prison" lance Caan aux policiers comme le fera De Niro à Pacino) même si les adversaires des deux camps ne sont pas aussi développés. Heat sera la confrontation de deux samouraïs à eux tout seuls, de nobles adversaires s'affrontant là où Thief s'attache surtout au voleur campé par James Caan et ses quelques comparses (Tuesday Weld et James Belushi) dans un milieu où les flics sont pourris et corrompus et les employeurs des traîtres quasiment mafieux. Surtout, Mann filme la nuit comme jamais ailleurs. Il est le seul à pouvoir magnifier la nuit aussi bien et il le refera encore d'une bien belle manière avec Heat, Collateral ou Miami Vice. La musique de Tangerine Dream emporte l'adhésion de l'auditeur et nous donne un bon polar des 80's.
vendredi 13 juin 2008
Les chroniques de fond de tiroir (6)
Celà faisait longtemps qu'on ne l'avait plus vu ici, le revoiloù, mister Akira Kurosawa avec son Ran (1985), fresque imposante de près de 2h45 (presque 3h donc), librement inspirée du Roi Lear de Shakespeare (que je n'ai pas lu). D'emblée le film impose le respect. Ascétique, presque froid, crépusculaire, sous tension perpétuelle (grâce à la musique du compositeur d'avant-garde Toru Takemitsu), lyrique et quasiment desespérée puisque quasiment tout le monde ou presque y laisse sa peau. Devant tant de noirceur, on comprend que le vieux maître ne croit presque plus aux humains. Le constat semble desespéré, seuls les vieillards fous, les bouffons ou hommes encore loyaux peuvent espérer survivre, les autres n'en parlons pas, ils n'échapperont pas à la colère froide de maître Akira, grand humaniste qui prônait les valeurs morales comme sauvegardes de l'être humain dans presque toutes ses réalisations. Ici tout le monde triche, ment, complote, cherche à tirer son épingle du jeu et à des scènes quasi immobiles succèdent le fracas guerrier de la mort en couleur (Kurosawa dessinait et peignait lui même ses synopsis, celui-ci lui prit deux ans pour être pleinement couché sur le papier) et de la folie la plus totale. On ressort hagard, le coeur noir, tel le vieil Hidetora (génial Tatsuya Nakadai qu'on oublie trop souvent. Eh oui, y'a pas eu que Toshiro Mifune dans le cinéma de Kurosawa même si...) qui erre, le visage blafard et émacié, spectre aux confins de la mort, errant perpétuelle sur la lande japonaise... Grand film.


Tiens, un petit film de guerre qui a reçu nombres de récompenses. Saints and soldiers, le film de Ryan Little sur une poignée d'américains et un anglais perdus dans les Ardennes en 1944 les méritait-il vraiment ? Je vais être franc et sans doute un peu dur, la réponse est non. En l'état celà reste un film soigné et inspiré d'élements réels (il semblerait bien qu'effectivement des américains aient échappés à un massacre Allemand et rejoints leurs lignes au prix de durs sacrifices) avec de relativements bonnes idées (le film s'ouvre sur un mort et se termine aussi sur un mort, la relation entre le soldat anglais très orgueuilleux et un des soldats désirant à tout prix fumer quelques clopes fait sourire, le soldat Allemand qui l'espace d'un instant devient leur allié, sans doute la plus belle idée du film : Ayant été missionnaire en Allemagne, le jeune héros reconnaît dans le soldat allemand fait prisonnier un ancien ami. Un soir de garde, il le laissera partir à la barbe de ses compagnons et ce dernier plutôt que les trahir les aidera à un moment dangereux) mais aussi parfois une réalisation moyenne et des idées scénaristiques dont on se serait bien passé (le héros ayant subi un traumatisme voit très souvent une poupée par terre ou une petite fille dans les bois. A un moment ça devient un tic très lourd heuresement oublié dans la seconde partie comme si le film se reprenait). Au final, une sympathique curiosité, un film à voir. Et puis l'affiche est sublime.
Là au contraire, l'affiche donne pas spécialement envie, on se croirait revenu dans le cinéma des années 80 où des affiches parfois superbes et signées de grands illustrateurs (regardez les affiches d'Indiana Jones ou Star Trek, pur régal visuel) côtoyaient des trucs bizarre fait à la va-vite. Il en a été de même avec le cinéma Japonais qui nous a doté d'affiches fort kitch. Patlabor III ici présenté n'en avait pas spécialement besoin et même si Mamoru Oshii n'est pas à la réalisation, il serait fort dommage de bouder son plaisir car son équipe y est elle, heuresement. On retrouve donc son scénariste Katzunori Itoh pour un script très intelligent mêlant experiences scientifiques à une créature terrifiante comme seuls les Japonais savent nous abreuver (où les coréens, revoir l'excellent "The Host"), mêlé à une bonne dose d'enquête policière comme dans le premier volet. D'ailleurs ce sont presque nos deux détectives du premier volet je crois, vieillis de quelques années. Ensuite à la musique, le fidèle Kenji Kawaï qui délivre une fois de plus un score phénoménal et d'une incroyable richesse. Je précise d'ailleurs que c'est sa composition la plus dure d'accès avec celle de Dark Water et que la musique en fait ne grandit qu'au fil des écoutes : l'OST est maintenant une de mes préférées du monsieur avec celle de Ghost in the Shell. Je n'ai redécouvert cette OST qu'il y a un mois et là, grosse claque, du coup je me suis revu par la même occasion le film.
Bref, une très bonne enquête policière avec ces moments forts (l'attaque de la créature dans l'entrepôt désert sur une composition très aggressive et répétitive de Kawaï, vous aussi, vous allez bondir de votre siège je vous le garantit) et scènes d'anthologies qui font grimper l'adrénaline d'un coup (la poursuite du sous-marin Ryujin). Deux petits regrets néanmoins, l'absence d'Oshii qui enlève la dimension métaphysique et contemplative qui aurait pu subvenir au film ainsi que le fait que les Labors ne sont utilisés que dans les 10 dernières minutes du film. Sinon, ce film est vraiment excellent et n'a pas à rougir face à certains films d'animation actuels. Personnellement je le considère comme aussi important que le premier Patlabor par Oshii, c'est vous dire.
3e film de Wim Wenders après "L'été dans les villes" et "L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty" (quel titre !), et à nouveau adaptation d'un roman de Peter Handke pour ce dernier, on ne comprend pas trop ce qui poussa le Wenders à faire cette Lettre Ecarlate. Lui non plus l'avoue-t-il un peu partout, le reniant ouvertement, le considérant comme une catastrophe et le poussant ensuite à remettre sérieusement son travail en question, d'où naîtra le sublime "Alice dans les villes", l'année d'après. Bon, sans pousser aussi loin que notre cher Wim, je reconnais quand même des qualités au film malheuresement elles se retournent souvent contre ce dernier. D'abord, en premier lieu la sublime musique de Jürgen Knieper qui malheuresement est surutilisée (surtout dans les moments calme où justement on aimerait qu'elle cesse l'enrobage), nous dictant constamment les émotions : "là tu dois pleurer, l'histoire est triste, pleure cher spectateur." Eh ben non, je ne marche pas comme ça, désolé. Mais je maintiens que la musique est très belle. Ensuite les acteurs, inexpressifs au possible, surtout le personnage féminin principal aussi belle qu'elle est douée pour jouer un meuble. Ah non, pardon. L'histoire enfin dont on a rien à faire, qui traite de colons hollandais et anglais, d'adultère prohibé par la société bien-pensante et que Dieu à dit ceci, que c'était pas bien... Le spectateur baille... Heuresement ça bouge un peu à la fin : on reconnait qui est celui qui a fait un enfant à la madame. Surprise, le spectateur le savait déjà depuis le début tellement c'était prévisible.
Bref, à part la musique et la petite Yella Rötlander, adorable gamine lunatique à la mèche blonde rebelle qu'on retrouvera avec plaisir dans "Alice dans les villes" et la musique de Jürgen Knieper, il n'y a hélas pas grand chose à sauver. Wenders déteste ce film et trouve que c'est son plus mauvais. Effectivement Wim, tu nous as pas fait du Wenders mais du Jane Campion en petite forme. Bref, pour du Wenders, c'est très très moyen.
Petit jeu : trouve toi aussi où se cache la petite Yella.
Chez Nico, il y a à boire et à manger, c'est un fait. Il y en a donc pour tous les publics et le Nico est aussi bien fan de Tarkovskiveries (dur à dire d'une traite, essayez pour voir) que d'Argenteries, Carpenteries et autre Cronenbergeries. Par contre Nico ne supporte pas le Rohmerisme, cette étrange doctrine consistant à faire courir Fabrice Lucchini clamant un texte en vers dans des décors en cartons censés nous faire croire que c'est le moyen-âge alors que chacun sait qu'en France se trouve de forts belles régions avec des châteaux qui ne redemandent qu'a revivre l'espace d'un tournage, mais bon... Il paraît qu'on a plus de sous dans le cinéma français, ce serait dommage que nos cinéastes n'aient pas non plus d'idées, ahem. Des idées dans le cinéma de série B, c'est heuresement pas ça qui manque, en témoigne ce Halloween de John Carpenter tourné déjà à l'époque avec un budjet dérisoire et devenu l'un des plus grands films horrifiques du XXe siècle. De l'aveu de Big John lui-même, c'était une sorte d'hommage gonflé à "Psychose" de monsieur Hitchcock mais le résultat s'avère des plus impressionnants encore aujourd'hui. Notamment dans l'utilisation quasi magistrale du scope dont fait preuve Big John, celà couplé à une caméra subjective terriblement mobile qui nous place constamment en voyeurs avec le meurtrier qu'est cette grande folle de Michael Myers qui tue parce que c'est Halloween et qu'il faut pas chercher midi à 14h. Si il veut tuer des gens, c'est son problème hein, ce n'est pas le nôtre. Notons d'ailleurs la séquence d'ouverture magistrale où le jeune Michael commet son premier meurtre : Carpenter utilise la caméra subjective pour nous mettre dans la sensation jubilatoire de celui qui tue avant de nous présenter à la fin de la séquence l'identité de l'assassin, un pauvre garçon qui redevient banal quand on lui enlève son masque.
Et c'est là où Carpenter tape très fort : le mal se cache dans la banalité des êtres. Myers est abstrait est le restera quasiment jusqu'a la fin puisqu'il porte un masque et qu'on ne verra presque jamais son visage. Carpenter pousse même la logique à faire disparaître son corps à la fin, alors qu'il s'est bien boulotté plein de pruneaux par le bon docteur Loomis (coucou Donald Pleasance). Comme si tout celà n'avait été qu'un certain cauchemar (on pourrait le croire vu que dans un dialogue, un gamin pense que Myers est le croquemitaine, pur objet fantastique de cauchemard qui se cache dans les placards et n'existe pas réellement !), c'est dire... Le film aura 30 ans l'an prochain (1979 eh oui) et vieillit très bien je dois dire.
Au passage fuyez la VF d'époque en mono où le nom "Michael" se change en "Michel". Le mythe en prend un sacré coup ! ![]()
Les années 80 restent encore pour moi un mystère. Pourtant j'y ai grandi, j'ai écouté plein de musiques pops et dansantes, j'adorais les clips, je matais plein de films. J'étais un enfant des 80's (et 90's aussi). En grandissant on éprouve souvent un sentiment fatal appelé Nostalgie. Ce même sentiment qui vous fait prendre conscience maintenant qu'en fait les années 80 finalement c'était pas si top que ça, non et que de nombreuses choses devraient rester enfouies sous peine de faire sacrément peur. Les Goonies en fait fatalement partie.
Plus jeune j'adorais Les Goonies. Tout me faisait tripper dans ce film, surtout le petit Data (alias aussi "double lune" dans "Indiana Jones et le temple maudit") et ces gadgets fabuleux. Et puis Sinok le gentil monstre mal évelé et puis les Fratellis, cette famille de semi-mafieux qui tenaient une immonde gargotte sur la plage. L'aventure à deux pas de chez nous donc, le plaisir d'un garnement en culottes courtes.
Et puis là, un ami me prête le dvd des Goonies (estampillé "Warner KIDS" en gros sur la jaquette. Au moins on ne ment pas sur le film) et c'est la consternation. Soit je suis devenu un vieux con soit, c'est très mauvais. Les gamins jouent mal (sauf le petit "data" qu'on regarde avec nostalgie et bienveillance), on nous assène du Cindy Lauper à plusieurs moments (non que j'ai quelque chose avec Cindy Lauper mais encore faudrait-il que la musique existe), Sinok se révèle un --effectivement-- gentil, trop gentil monstre, on gazouille, c'est mignon, c'est consternant. Surtout la réalisation de Richard Donner ("Superman" hein... D'ailleurs y'a un clin d'oeil amusant dans le film) se révèle d'une platitude absolue. On sent d'ailleurs dans le documentaire que Donner est contrôlé par l'ombre du producteur Steven Spielberg, très soucieux de son "produit" et est un peu pieds et poings liés. J'ai d'ailleurs la même impression pour les productions Spielberg avec Tobe Hooper et Joe Dante mais je crois que Hooper s'en est sorti bien mieux au contraire de Dante qui s'énerva à plusieurs moments avec Spielby. Enfin, on sent les scènes coupées : On mentionne bien une pieuvre dans les dialogues mais dans le film, niet, nada (elle est par contre en scène coupée sur le dvd et l'on comprend pourquoi : Monument très Z, la pieuvre qui s'attaquait aux jeunes filles et mise en déroute avec un walkman qu'on lui fait avaler. Elle s'en va ensuite en bougeant les tentacules sur du Cindy Lauper --décidement-- ...Affligeant et à mourir de rire tellement c'est immonde. La pieuvre est même pas finie, on voit les finitions du caoutchouc !).
Ne reste au final que de très belles images (dont l'image finale d'un galion du 17e siècle qui navigue à l'air libre) mais c'est maigre. On devrait pas toucher aux vieux mythes : ils tombent en poussière à l'air libre. ![]()


Les goonies avant et après. Ils ont mieux vieillis que le film ! (remarquez Richard Donner qui se cache là bas)
jeudi 6 mars 2008
Les chroniques de fond de tiroir (5)
Second volet du diptyque sur la guerre du pacifique par Eastwood, celui qui m'intéressait bien plus que la version américaine (bien que je l'ai aussi en dvd, pas encore vu), vu qu'Eastwood est un grand cinéaste humaniste et qu'il se frottait à l'histoire d'un peuple dont il n'est pas issu, j'en salivais d'avance. Et au final, un certain respect se dégage du film. Eastwood laisse les choses venir dans une première partie qui montre l'installation de la base, des galeries, les différents protagonistes qui se mettent en place avant les ravages brutaux (pas mal brute, en effet...) de la guerre dans la seconde partie. 2 personnages en imposent clairement, le colonel Nishi (ancien athlète aux J.O) et le général Kuribayashi (formidable Ken Watanabe qui jouait auparavant dans "Le dernier samouraï". Je me disais bien que sa tête me disait quelque chose, cet homme dégage un charisme incroyable. A surveiller de très près donc). Mais le reste des personnages sont très bien construits et développés aussi, notamment Shimizu que Saïgo prenait pour un espion (alors que c'est tout autre). La photographie dans des tons vert/bleu/gris délavés est assez belle et m'évoquait "le soleil" de Sokourov (au passage, les seuls tons lumineux ressortant à la fin du film seront un coucher de soleil magnifiquement neutre face à tout ce qui s'est passé). Il y a d'ailleurs là aussi la volonté de traiter le sujet par un humanisme et une rigueur peu vu auparavant même si Sokourov c'est quand même encore plus abstrait et à part. La comparaison n'allait d'ailleurs que dans le sens d'un même sujet traité par des cinéastes occidentaux : l'empire du soleil au plus fort de la guerre, sauf que bon l'un traite d'un point de vue vaste là où un autre choisit de développer l'intime d'un être considéré comme un dieu vivant.
Un bien beau film.
L'affiche, magnifique et terrifiante (cliquez pour la voir en plus grand) annonce bien la couleur : Cloverfield sera sans aucune pitié. Cauchemar terrifiant de 11 septembre transposé dans des contours de SF apocalyptique à la Godzilla filmé intégralement par un camescope dans la tourmente, le film se propose de suivre l'itinéraire chaotique de jeunes New-Yorkais fêtards qui n' auront pas spécialement la chance d'être là au bon moment. Véritable trip de producteur, rêve de gosse ultime (on voulait un vrai film de monstre, on l'a eu !) qui se propose de filmer l'horreur au plus près : comme les civils on ne saura quasiment pas d'où sort la créature, ni à quoi elle ressemble, le réalisateur et toute son équipe ayant le bon goût de la cacher jusqu'a la fin dans un état d'esprit Lovecraftien à savoir : Moins tu en voit, plus tu auras peur. Et tous les grands films d'horreur jouent de la suggestion à merveille, on le sait. Et pour accentuer la terrible impression de réalité, aucune musique (sauf pour le générique final où l'on redescend sur Terre : ce n'était qu'un film. Mais quel film !), les bruitages et effets sonores (Skywalker sound) mais aussi effets spéciaux sont poussés à fond. L'aspect même un peu granuleux du camescope (bien sûr on sait que ce n'est pas filmé comme un dogme danois avec un simple camescope, façon Festen ou Les idiots mais on marche bien dedans) joue beaucoup car les créatures (oui, y'en a une grosse, terrifiante mais aussi des petites qui tiennent de l'arachnide. Ami arachnophobes, passez votre chemin, voulez-vous ?) peuvent même apparaître floues dans l'image, redoublant la sensation d'inconnu. Et en plus y'a pas vraiment de happy-end, j'applaudis.
Clairement l'un des meilleurs films fantastiques de ce début 2008 qui s'annonce hallucinant et bourré de bonnes choses.
Second volet de sa fameuse trilogie du début des 60's, La Notte est le 7e film d'Antonioni et comme le précedent et le suivant, poursuit ses experimentations innovatrices sur des histoires de couples qui finiront plus ou moins mal. Malheuresement, le visionnage fut entaché par de très mauvaises conditions (dont la fatigue et une VHS usée à mort.
) et le ressenti perso de quelques longueurs, ce qui n'entache en rien la technique magistrale d'Antonioni qui filme d'une main de maître les errances symétriques de son héroïne (c'est magnifique, je n'ai retrouvé un équivalent que dans la bande dessinée notamment les cadrages parfois très cinématographiques d'Andreas ou chez Moebius mais aussi leur façon de construire leurs cases. A ce titre, Antonioni est bien un peintre des images dans son cinéma comme il l'était aussi par occasion pour son plaisir dans la réalité. Mais son cinéma avait gagné de cette formidable experience visuelle). D'ailleurs Jeanne Moreau, Mastroianni et Monica Vitti sont parfaits et la fin est sublime à pleurer. Je me demande si cette lecture de lettre n'aurait pas influencé Wim Wenders dans la fin de "Der Himmel über Berlin" (et Wenders co-réalisa "Par délà les nuages" en 1995 avec Antonioni, d'où le fait que je me pose la question) où les amoureux posent un "contrat" entre eux deux, bourré de sincérité, d'idéal et d'affection(*).
Malgré tout, le film n'atteint pas pour moi les deux piliers qui l'encadrent que sont L'Avventura (encore que ce dernier a de ses longueurs par moments. C'est en plus le film le plus long du réalisateur italien...) et L'éclipse (je considère ce dernier après un revisionnage récent comme un incroyable chef d'oeuvre). Peut-être qu'un revisionnage dans de meilleures conditions, allez savoir...
... Je ne vais pas réïtérer ce que j'en ai dit chez Dasola, car j'ai bien aimé Juno. Certes, ça se regarde gentiment, ça ne vole pas spécialement haut mais l'important était avant tout de se faire plaisir et j'en avais grand besoin quand je l'ai vu à ce propos. Ellen Page est mignonne, tout le monde est gentil, elle choppe un marmot dès le premier rapport (mais c'est quoi cette jeunesse qui ne met pas de capote et ne choppe pas la chtouille ? Tss, tss...) mais réussit à trouver un couple à qui le passer. Et puis elle fait de la guitare et use de répliques bien sympathiques qu'on peut sortir en cour de récré comme au boulot (c'est plus risqué néanmoins). Bon après, comme on dit, la critique est aisée, non pardon, la réplique est facile. Juno ne se hisse pas au sommet des meilleurs Woody Allen mais se laisse agréablement voir et fait plaisir. On est content mais on n'achetera pas forcément le dvd (ou Blu-ray)... ![]()
On termine cette "chro rapido" (pas si rapido que ça... Je dois encore me retenir pour vous parler de nombreux autres films tels que Carnival of souls, Zabriskie Point, et autres Kurosawa... argggnnn...) par le film de monstre de Mars. Après le monstrueux Cloverfield (au positif hein. Si j'avais eu plus de temps, je me le serais revu encore et encore. N'est-ce pas edou ? ), voici The mist (cliquez aussi sur l'image, l'affiche est assez belle) par un rescapé du genre, amateur de Stephen King, Frank Darabont. On est content de le voir, on avait un peu perdu de ces nouvelles après La ligne verte et The shawshank Redemption. Et le monsieur est en pleine forme et toujours aussi amateur de Stephen King pour notre plus grand plaisir. Et on frôle quasiment une certaine jouissance quand on sait que le monsieur adapte ici la fameuse nouvelle "Brume". Quasiment l'une des meilleures nouvelles de King, la plus Lovecraftienne en diable (pour résumer très rapidement : des monstres se cachent dans une étrange brume venue d'on ne sait où et isolent les habitant d'une petite ville dans un supermarché. Plus le huis-clos se resserre, plus la peur et la paranoïa monte : Comment faut-il faire pour survivre ? Comment sortir (on ne voit rien à l'extérieur, c'est la mort assurée) ? Cette brume s'est-elle étendue au reste du monde ?...). Et de plus, le film se permet des clins d'oeils respectueux à l'autre grand film de monstres du type "on sait pas trop à quoi ça ressemble, ça a pas de forme concrète", je veux parler de The Thing de John Carpenter, déjà cité dès le début du film (l'affiche du film de Carpenter dans la chambre du "héros", c'est imparable !). Vous ajoutez à celà des personnages bien construits dans l'ensemble (bon on a envie de foutre des baffes à la rédemptrice chrétienne qui nous remonte les bretelles avec la fin du monde et tente de convertir les brebis égarées. Et quand elle y passe à la fin du film, tout le monde dans la salle à applaudi, moi de même !)) et une ambiance inquiétante qui monte progressivement pour aboutir à une fin très osée, très amère, qui n'est pas vraiment un happy-end. Bravo, il fallait oser.
C'est d'autant plus courageux que le film à été boudé en Amérique (beh oui, ça ne se finit pas bien, il n'y a pas de montage hystérique comme dans certains films d'action du moment, là au contraire ça prend son temps et le Djeunz de base, il s'endort --le gland !), donc seulement distribué dans une quarantaine de salle ici-même. Et encore ! Et encore, face à l'invasion de gros machin qui sentent une étrange odeur tel Astérix ou le caricatural (encore que...) Bienvenue chez les Chtis, il commence à perdre des salles. Alors amis du fantastique, s'il vous plaît, allez le voir, c'est une petite perle qui vaut le coup.
(*) Je me le revois prochainement le Wenders normalement.
dimanche 7 octobre 2007
Les chroniques de fond de tiroir...(4)
Shoot em up ! ...est actuellement au cinéma et son casting de stars (Clive Owen, Monica Belluci, Paul Giametti) ne justifie en rien le fait de voir ce film ou pas. Car Shoot em up tient plus du jeu vidéo shooté (d'ailleurs le shoot'em up, c'est une catégorie de jeux vidéo au passage) et du tex avery ou de l'animé japonais filmé live (les référence au monde du cartoon abondent tant dans les répliques que les personnages et les scènes d'action) que d'un film a peu près réaliste. Giametti cabotine en diable, Belluci joue toujours aussi mal (mais je respecte Belluci pour ses choix de rôle par contre. Ce n'est pas n'importe qui qui aurait accepté de jouer l'insoutenable scène de viol d'Irréversible, ni de ne faire que de la figuration de 5 minutes chez Terry Gilliam ou jouer comme dans ce film une prostituée comme chez Blier --Combien tu m'aimes ?--) et Clive Owen dans le rôle d'un Bugs Bunny (avec la panoplie complète : carottes, gants blancs, répliques !) flingueur et hargneux est en parfaite roue libre. Au final, on obtient des scènes de gunfights pétaradantes, irréalistes en diable, des répliques a la Tarantino (mais en plus vulgaire et sans la subtilité dont l'ami Quentin peut faire preuve parfois. Exemple de réplique dite par Giametti dans le film : "donnez-moi la liste de toutes les prostituées laitières de la ville en période de lactation ! " ...C'est dire... *sic*), un film sans scénario, du gros n'importe quoi, bref au final, un film bordélique et couillon, un vrai nanar rigolo qui ne se prend pas au sérieux. Par contre si vous cherchez un vrai film au cinéma actuellement, passons à la chronique ci-dessous...
Film crépusculaire mais terriblement sensible, Control d'Anton Corbijn suit de près la trajectoire météoritique du chanteur et leader Ian Curtis de Joy Division. Le titre étant lui-même inspiré d'une des plus fameuses chansons du groupe ("she's lost control") mais aussi de la vie flambée de son chanteur, on aurait pu s'attendre a un gros film rock façon the doors d'oliver stone et bien pas du tout ! Corbijn, déjà photographieur du groupe dans cette période (et non pas clippeur. Si Corbijn a réalisé de nombreux clips pour un groupe fétiche c'est Depeche Mode et j'en parlais déjà là...) a gardé le côté intime et sensible de ces clips (Corbijn n'a jamais vraiment utilisé les tics qu'utilisent généralement tous les clippeurs de musique : accélération, cut-up, ellipses, ralentissements, montage hystérique....) pour filmer au plus proche Sam Riley, incroyable de justesse dans le rôle du chanteur disparu. C'est bien simple, Riley joue vraiment Ian Curtis, il est vraiment dans la peau du chanteur et transfigure avec une incroyable grâce cette incarnation recrée et filmée, aussi près de l'original. Et rien que pour celà, il faut voir Control, meilleur film en salle pour qui s'est un tant soit peu interessé a ce groupe de rock qui entra dans l'Histoire par sa musique et (il faut bien le dire) la disparition de son chanteur (comme Nirvana, Les Doors etc etc...) du mois. Voire, l'un des meilleurs films de l'année. Et si vous aimez le groupe et que vous êtes déjà un fan convaincu, vous allez doublement aimer le film.
En pleine Bergmanorama personnelle, Le septième sceau, son film le plus connu (même par les amateurs cinéphiles de films d'action, remember l'énorme hommage que lui donna John Mc Tiernan dans Last Action Hero : Le personnage de la mort issu du film sortant de l'écran, pure incarnation du cinéma devenue réelle et signifiant donc doublement la mort dans cette réalité !) est de loin le plus accessible et facile d'accès de son auteur. Film historique en costume doublé d'une interrogation métaphysique sur le sens de la vie, je m'attendais a quelque chose d'austère mais il n'en fut rien. De belles scènes doublées d'interrogations inquiétantes, des séquences d'anthologie (comme ici, la mort jouant aux echecs avec le cavalier solitaire) et un humour bien noir qui font que finalement on ne s'ennuie pas une seule seconde. Bon, très bon film. Bergman était grand.
jeudi 16 août 2007
Les chroniques de fond de tiroir...(3)
Voir un Pixar au cinéma, ça fait toujours du bien. Car Pixar est en passe tout bonnement de devenir le Miyazaki américain en image de synthèse. Ce qu'il manque aux autres productions d'animation américaine souvent assez cyniques, c'est de l'humanité, de la sincérité et une joie proche d'un certain retour à l'enfance, et ça, tout ça, oui, Pixar l'a amplement. Et, fait rare qui mérite d'être souligné, années après années, la qualité ne faiblit pas chez Pixar. De ce fait, on est rarement déçu par la haute qualité et les sujets variés (du poisson-pélerinage de Nemo au quotidien presque Moorien d'une famille de Super-héros dans les Indestructibles, sans oublier une course anodine de voiture dans Cars, des aventures de jouets dans Toy Story 1 et 2, des monstres au coeur d'artichaut dans Monstres et cie...) et c'est d'ailleurs dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes. Pixar ne déroge pas à la règle et livre avec Ratatouille un film simpliste en apparence mais doté d'une richesse, d'humour, de couleurs et scènes qui feraient pâlir de honte n'importe quel animateur de chez Dreamworks. Et parvenu au sommet du monde, Pixar peut tout se permettre, même les raccourcis éculés ("Remy le petit rat communique en tirant des cheveux du pauvre Linguinni), qu'importe, y'a du coeur, y'a une histoire donc ça passe avec grâce et majesté.
Et Pixar de nous livrer l'un des meilleurs films de 2007.
Je m'incline, ça faisait quelques mois que j'avais pas été aussi touché au cinéma. Un rare bonheur.
Passons maintenant à un autre cas, radicalement extrême...Transformers de mr Bay. Ceci...N'est pas un film, pourrait nous dire un célèbre peintre. Non, ceci est l'image d'un film, donc pas vraiment un film. Par contre comme nanar-popcornesque, ne cherchez pas, vous êtes en plein dedans. Et du bon gros nanar en plus, vu que tout y est : Des djeunz (aux services secrets en plus, on pouffe) dont un héros timide et un peu beauf (Bay s'amuse aussi beaucoup a filmer ses rapports face a ses parents, à la limite de la caricature..."Non mais mon fils tu peut nous en parler si tu veut, de la...masturbation... On est ouverts tu sais."
) ainsi qu'une pure bombasse servant a exciter la libido du djeunz décérébré (Megan Fox est jolie certes mais je ne mange pas de ce pain là), des militaires à la limite du virile (ou du ridicule) avec tout plein de bons sentiments, d'héroïsme, tout ça quoi, à bailler ou pisser de rire, des SFX en veut-tu en voilà, des répliques d'anthologies ("JE SUIS.... MEGATROOOON"
). Et surtout des robots, parfaites répliques des jouets de notre enfance, superbements foutus en image de synthèse. Et puis y'a aussi de l'éducatif comme toujours chez Bay. Rien que de voir un robot pisser sur un humain, c'est d'une rare....finesse....
Bref Transformers, c'est ZE Supra Nanard trop con, trop bon. A déguster avec une mauvaise foi, un esprit mal tourné, des potes et du pop-corn (bon on avait pris des m & m's nous mais c'est parce que ça croque moins donc moins fait chier les autres) dans un parfait esprit de chieur (dès le générique, on se marrait comme deux salopards a tel point qu'un spectateur est venu vers nous pour nous demander de baisser d'un ton
) ou de gros connard qui a envie de perdre quelques neurones. Jouissif bref.
Oui je sais j'ai l'esprit mal tourné mais on me l'a déjà dit...Pas forcément de la meilleure manière non plus (coucou Alyeth, coucou renata).
La déchirure vaut largement ses 3 oscars. Et si il n'en tenait qu'a moi je lui en aurait mis plus. Pour l'histoire, Roland Joffé s'attaque au drame du génocide Cambodgien avec un traitement froid et des scènes choc qui foutent le malaise au possible. Portrait d'un pays qui se débarasse des élites pour finir vidé comme une outre percée par un régime qui ne pense qu'a s'en mettre dans les poches au profit d'une quelconque grande cause.Et en génocidant les élites, le Cambodge s'est creusé sa propre tombe... Joffé sans trop en faire livre un film 10000 fois plus subversif et noir qu'un quelconque Apocalypto à la Gibson, porté par la musique électronique d'un Oldfield qu'on a connu étrangement plus calme.
Bon, très bon film même si la réalité est encore pire que la fiction : en témoigne la véritable histoire de
Dith Pran le journaliste cambodgien qui bien après ce film (tiré de sa vie) revient au Cambodge dans les 90's et
cette fois, se fera vraiment assassiner....
dimanche 15 juillet 2007
Les chroniques de fond de tiroir...(2)
Vous en reprendrez bien une tite louche ? Oh allez, siouplaît...
Ray... Incroyable Jamie Foxx. Depuis son passage à "l'université" Mann (comme il le dit lui-même dans les bonus de "Miami Vice"), l'acteur a gagné du galon et est devenu progressivement un des meilleurs jeunes acteurs actuels pour s'imposer en douceur au fil de films toujours différents mais importants. Sous Michael Mann, pas moins de 3 rôles aux antipodes (prêcheur-entraîneur à la dérive dans "Ali" --face a un Will Smith magistral--, flic sérieux et concentré dans l'adaptation ciné de "Miami Vice", chauffeur de taxi timide dans "Collateral") en passant aussi par la case "Jarhead" où il martyrise le pauvre Jake Gyllenhaal en jouant un militaire sadique et droit ! Dans Ray, il faut voir son incroyable aisance a se fondre dans la peau d'un des musiciens les plus cultes et géniaux du XXe siècle, symbole à la fois de l'engagement envers la communauté noire (le fait que Ray Charles refusa de jouer en Georgie étant donné que le pays était encore profondément raciste) mais aussi son art principal, la musique. Et pour celà, ne vous trompez pas là-dessus, le film tient ses engagements, égrenant les tubes plus ou moins connus du plus génial musicien handicapé par ses sens (a quand d'ailleurs un biopic sur le génial sourd qu'était Beethoven, huhu ?) pour notre plus grand plaisir. C'est simple, ce film vous évite de vous acheter un best-of de Ray Charles (enfin, vous pouvez aussi mais je vous conseille la B.O, pur béton a croquer) même si commercialement parlant, on a droit quand même a du scénario lourd de lourd, fait pour les masses. Donc on suit le programme sans trop d'originalité (il y a bien les flashs rouges qui métaphoriquement remplacent le rouge d'une paupière se refermant, pour faire écho au drame de Ray mais ses raccords s'avèrent pénibles et aggressifs pour la rétine au bout d'un moment. Par contre j'apprécie bien le fait de jouer sur des teintes colorées (quand ray voit encore, enfant) et plus sombres (adulte), une chouette idée en soi) même si on passe un très bon moment grâce a la musique. Et puis y'a Jamie Foxx, carrement génial, of course. Bref un bon film que je vous recommende.
Oh tiens voilà Eminem, cool. Il faut dire que j'ai de la sympathie pour le bonhomme, il suffit de voir les clips à mourir de rire (Eminem en Robin, Dr Dre --son producteur et ami-- en Batman, qui luttent contre les méchants nenfants qui écoutent des disques pas bien. Hallucinant de second degré et pur régal. Ou bien ce clip où Eminem se fout de la gueule de Moby. Jouissif) et d'écouter certaines chansons (comme "stan" mais c'est une des plus connues alors je triche un peu...) pour comprendre tout le talent et la provoc' dont fait preuve le bonhomme. Alors avec un film sur lui où, en plus, figure Kim Basinger, vous comprenez bien que, crédieu, ça va être énorme.
Et ce fut énorme.
Surtout que j'ai eu le culot de le voir en québecois (en fait j'ai pas eu de chance sur ce coup. Méfiez vous des films qu'on vous prête...) et que certaines répliques prêtent largement à sourire ("Hé, t'as oublié ton chandail !"
ou les "Yo" a chaque phrases...). Alors ça a son avantage, mais aussi son défaut : le québecois parlant naturellement français et anglais, on éprouve pas le besoin de sous-titrer le truc. Donc les duels d'improvisation en fin du film, bourrés d'intensité, ben on capte pas tout, ce qui est regrettable parce que ça balance bien hein.
Du côté des acteurs, Eminem se débrouille pas mal. Le reste joue bien, sans plus. Non ce qui est bien dans ce film, c'est les situations (par exemple, se taper Britany Murphy en plein lieu de travail (une des usines de Detroit qui fournissent des pièces automobiles)) ou les paroles. Faire dire justement à Kim Basinger, pleurant : "Greg, il veut pas me bouffer la chatte !" Mais bordel, mais c'est E-NOR-ME. ![]()
Alors comprenez bien qu'un film qui se la joue aussi bien que le personnage central, ça ne peut qu'inspirer la sympathie, voyez vous.
Passons a cette bonne vieille cruche de Wes Craven qui depuis quelques temps, ne se contente que de faire du recyclage tant filmiquement (Scream ne fait que reprendre le slasher-movie de base d'un point de vue décalé et cynique) que productivement ("la colline a des yeux 2 -- le remake", bof bof) et rappelons nous sans être méchant que le bonhomme savait quand même il y a longtemps nous étonner un tant soit peu. Après son premier film (un ptit porno fauché a ce qu'il paraît), le Wes enchaîne avec "la dernière maison sur la gauche" et veut clairement montrer que "ouais moi aussi je peut faire dans l'extrême" (*) mais même avec de bonnes idées et de l'entrain, le film ne démarre réellement que dans sa seconde partie. Auparavant on doit se farcir un duo de flic pas drôle (l'un et gros, l'autre est grand, on se crorait presque chez Laurel et Hardy, moustache en moins), des méchants qui font pas vraiment peur, une esthétique 70's assez kitsch qui a très mal vieillie (la musique country-rock notamment est insupportable et casse toute la tension que le Wes aurait pu tailler. En plus c'est a mille lieues de ce qu'un Gobelin ou un Fabio Frizzi peut nous faire) et plein de bons sentiments qui rendent perplexes. Heuresement il y a de très belles scènes (la mort d'une des jeunes filles dans le lac, sublime) et puis la seconde partie, enfin jouissive où les chasseurs deviennent proies face a des parents enragés et remplis de colère. pourtant, Craven ne va pas au bout de ses choix artistiques et frustre le spectateur. Par exemple, cette execution a coup de tronçonneuse se déroule hors cadre et brise d'un coup toute tension précedemment installée là où Tobe Hopper jouant aussi dans la suggestion s'en tire bien mieux et conserve tension et intérêt jusqu'au bout. Néanmoins grâce a cette seconde partie survoltée, on passe un chouette moment.
(*) Les années 70 étaient assez extrêmes et permissives. Là où l'on abat une gamine a coup de fusil sniper dans le "Assault" de Carpenter, on ne se permettraient plus trop ça dans les films de plus en plus aseptisés qu'on nous sort, ce que je regrette un peu...
mardi 3 juillet 2007
Les chroniques de fond de tiroir...(1)
Un peu comme notre Patchworkman et ses chers "mollards", je rédige pour ma part de petites chro' rapides, soit parce que le film était d'un intérêt plus que discutable (mais pas assez méga-bouse ou méga-détestable pour entrer dans la partie si bien nommée du "beurk"), soit parce que passablement bien, soit vachement bien mais manque de temps ou d'envie de gâcher la magie ou l'intérêt personnel du film, bref...
Sueurs est le type même du film (français qui plus est) qui se cherche, à cheval entre film d'auteur (donc un certain réalisme) et film d'aventure pour grand public. Mais hélas, le film n'arrive pas a prendre parti pour l'un ou l'autre côté et provoque agacement ou ennui. Pour le côté auteurisant, y'a des prétentions c'est sûr mais le réalisateur est loin d'atteindre Duel, Le salaire de la peur ou un Sorcerer pour de nombreuses raisons qu'on pourrait aussi bien imputer au scénario. D'abord un manque de lisibilité du scénario (c'est quoi cette caisse ? Pourquoi ? Quel pays ?) qui tendrait a tout rendre dans l'abstraction mais n'est pas Carpenter qui veut. Les personnages ensuite sont loin d'être attachants et répondent a des figures du cliché : le coureur sympa mais coriace, le jeune premier recueuilli par le premier, le salopard qui tente de corrompre l'autre, l'abruti de service... Et puis Jean Hugues Anglade avec la coiffure de Florent Pagny, whaow, c'est clair qu'il y a de la rebellitude assumée. Pour le côté "auteur" du film, une superbe photographie de décors majestueux et d'effets de filtres impressionnants sans oublier dans certains moments, une musique issue de ces étendues désertiques. Malheuresement le côté "aventure pour tous" reprend de plus belle à la moindre action, achevant de désoler le pauvre cinéphile : on se coltine donc souvent du gros hard-rock pas même jouissif dans des scènes d'actions filmées n'importe comment (ce qui les décrédibilise encore plus, n'est pas michael Mann qui veut) en plus d'effets clipesques (les flashs qui permettent de changer de lieu...Formidable et aussi inutile qu'un clip à la mode. Les élipses tu connais ? Non ? Dommage...)... Au résultat, un film surtout à voir pour ses décors superbes et ses camions et c'est tout. C'est vraiment très moyen et à la limite du pitoyable.
Firewall... Bon je n'en dirais pas trop de mal, je vais plus me la jouer "seigneur indulgent" avec ce film, d'autant plus qu'il aurait pu être un très bon film si on avait encore poussé plus loin le scénario. Au lieu de ça, un sympathique film du samedi soir, si on veut bien fermer les yeux sur quelques incohérences du scénario, des situations clichées déjà vues et revues (on sait déjà que comme les gamins sont devant
la télé, ils n'ouvriront pas et que la mère ne va pas se retrouver avec
le livreur de pizza quand elle va ouvrir mais des méchants pas beaux.
Du déjà vu, du déjà vu, je vous dis...) et une mise en scène très basique et académique (une seule bonne idée sûrement, le générique d'ouverture façon "caméra d'espionnage" en noir et blanc sur fond instrumental du "Angel" de Massive Attack) mais Harrisson ford et paul Bettany y croient fortement alors on est indulgent parce qu'ils jouent bien.Sinon ? Ben...La misère.
Syriana maintenant. D'ailleurs je ferais remarquer que je n'ai pas de lecteur HD-DVD mais que j'ai pris la première image venant à moi. Même pas honte tralalèreuh. Et pour tout vous avouer, Syriana est un bon film (très complexe) sur les actions et malversations américaine (sur fond d'administration Bush !) pour le marché du pétrole. Il est même assez étonnant de voir un tel film pris en charge
par une major telle que la Warner surtout quand celui-ci critique aussi
ouvertement des actes pour avoir le pétrôle des émirats
Arabes Unis ainsi qu'un contrôle sur ces pays là. Et le film évite
grandement tout manichéïsme quelconque car évite les écueuils ou
facilités du scénario en abordant une narration complexe où chacun des
personnages (et y'en a une tripotée. On passe d'Américains à un suisse, à un prince iranien, à un jeune immigré du pays voisin...) par ses actes déclenche toujours
quelque chose à un autre niveau (de lieu, de lecture) sur d'autres personnages. Acteurs très
bons, parfois méconnaissables (George Clooney est sobre et impeccable,
transfiguré. Ian Mc Kellen fait de la figuration mais il la
fait bien, Matt Damon, bon en jeune premier etc...) pour un film
intéressant et intelligent. Bien. Très bien même.






