Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

lundi 10 mars 2008

L' Oiseau au plumage de cristal.

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L'oiseau au Plumage de cristal de Dario Argento (1969).

Un jeune écrivain américain se voit entraîné dans le sillage d'un tueur en série s'attaquant à toutes les jeunes femmes de la ville....

Pour un premier essai, c'est un coup de maître. Le réalisateur propose ici un Giallo (films italiens mi-horrifiques/mi-policiers) fait main doté d'une histoire ingénieuse à tous points de vue tant dans ses cadrages (cf, les plans symétriques en champ/contrechamp dans l'escalier en capture d'écran plus bas), ses scènes déjà anthologiques (on sent que Dario a le sens du spectacle) qui se ramassent à la pelle (j'aime assez le "rasage façon ascensceur" personnellement. agnaaa ...D'ailleurs la scène en question est vue à travers les yeux de la victime et je ne sais si c'est moi mais j'ai l'impression que la vitesse de défilement des images et à ce stade ralentie comme si --sans trop faire de spoilers-- le champ de vision de la victime mourait lentement, affectant ses sensations) et le scénario qui se permet déjà de bien bonnes idées que le réalisateur réutilisera pour notre bonheur dans ces films à venir. Par exemple, la psychanalyse sur laquelle Argento construit judicieusement ses personnages d'assassin, héros ou victimes et la question du traumatisme (ou Trauma pour faire écho à un autre de ses films...) qui remonte à la surface, déclenchant souvent (mais pas toujous) une certaine pulsion de meurtre, de malaise et de mort dans tous les cas et dont le réalisateur se sert à la fois d'indice dans l'enquête tant pour le héros que le spectateur.

Spoiler (in white). Une certaine chansonnette dans Profondo rosso, voire un dessin par exemple. Ici un certain tableau (cf photos plus loin).

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Champ/contrechamp. Symétrie. Gouzi, gouzi, où qu'il est le tueur farceur ?

Et c'est sur ce jeu de l'indice caché ou découvert qu' Argento joue intelligemment sur le suspens (et le pauvre spectateur, hem). Par exemple, notre écrivain se rappelle avoir vu quelque chose d'étrange qui le hantera pendant quasiment tout le film, jusqu'a ce qu'il comprenne et que le film démarre dans une nouvelle direction, emportant notre surprise. Ici un souvenir fugace comme un étrange rêve de deux personnes luttant dans une galerie d'Art contemporain, dans un autre film, un tableau entraperçu brièvement, clé centrale au final du meurtre d'une jeune medium ("Profondo Rosso"). Ce sera encore un indice apparement maigre et presque indécelable à l'écoute (un bruit étrange sur une bande magnétique provenant d'une conversation enregistrée par le commissaire entre le héros et l'assassin) qui donnera une nouvelle direction.

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Enfin, il y a le fait que nous verrons à de nombreuses reprises le point de vue subjectif de l'assassin (tout comme dans ses films suivants) et tout est fait clairement pour qu'on le sache et qu'on s'identifie en plus du héros à l'assassin lui-même que l'on "verra" pratiquement dès le début du film (et ce pour mieux nous désorienter mais aussi pour garder le rythme et relancer continuellement le suspens). D'abord un code de reconnaissance de celui-ci : c'est quelqu'un qui aime le cuir (c'est d'ailleurs le seul à porter des gants noirs en cuir de tout le film. agnaaa ). On aime beaucoup le cuir chez Argento d'ailleurs mais là tout est posé pour qu'on sache ce qu'est l'assassin sans savoir à quoi il ressemble exactement. Juste une silhouette noire comme les ténèbres. Ensuite, le réalisateur établit un lien entre les futures victimes et la vision de l'assassin. Une jeune fille photographiée dès le début se retrouve ensuite en cliché noir et blanc sur le bureau du meurtrier. A partir de là on comprend que l'on aura affaire à la vue subjective de l'assassin à plusieurs reprises, comme si dans le film, comme dans d'autres films du réalisateur, le regard pouvait tuer. Et inversement, on peut tuer le regard (cf "Opéra" --toujours d'Argento-- et sa méthode de supplice près des yeux....brrr...). Plus loin, une paire de jumelle fournira au montage un lien entre le champ de vision du tueur, la victime et l'appareil photo...

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L'appareil photo, les jumelles, yeux secondaires du tueur.

Et si l'assassin photographie ses victimes à loisir (en prenant leurs photos on pourrait même penser qu'elles sont déjà mortes à l'avance, comme si il emprisonnait leurs âmes mais peut-être que je m'avance trop...), on peut en penser qu'il a déjà tout prévu ou presque : chaque meurtre est l'occasion d'un rituel qui se poursuivra dans d'autres films d'Argento, comme si tout restait dans une certaine continuité chronologique. Par exemple, ici on ne verra jamais l'assassin mettre ses gants (dans "Profondo Rosso" si), il est déjà habillé, prêt à commettre ses meurtres. Hésite sur l'arme à utiliser (il a l'embarras du choix parmi tous ses couteaux mais bon je chipote...) dans une logique qui relève tant du sadisme que de la maniaquerie. L'assassin fait durer le plaisir. Jouissance de l'instant avant le passage à l'acte.

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La violence est plus suggérée (spoiler ici avec l'image et la légende in white : Pas de trace des coups sur le corps, pas de blessure sanguignolante montrée mais l'effet de gerbes de sang reste non seulement des plus efficaces et beau aussi d'une certaine manière ) que réellement montrée dans ce premier film (on a pas le "palpitant" transpercé à la sauce Suspiria, si vous voyez ce que je veux dire, hem....) mais le peu vu rappelle que chaque coup donné fait mal et que la victime souffre atrocement. Quand à la musique, cette première collaboration avec Morricone se révèle des plus intéressantes notamment par le motif fredonné par des voix (enfantines ?), accentuant volontairement le malaise ou l'ambiance du film.

Au final, un premier film attachant, complexe, palpitant, une enquête policière horrifique excellament bien menée.



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dimanche 9 mars 2008

Requiem pour un massacre ("Come and see")

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, Fliora, jeune garcon d’un village de Biélorussie occupé par les troupes nazies, s’engage, bien que trop jeune, chez les partisans. Il va découvrir l’amour, la fraternité, la souffrance, la guerre.


Revu récemment avec ma mère ce qui s'impose comme l'un des films de guerre les plus traumatisants. LE plus traumatisant ? (*)

Klimov, avec intelligence et sans forcer le ton, livre un jeune innocent dans la tourmente monstrueuse de la guerre et par le biais des plans-séquence et de la steadycam (maniée de main de maître) nous fait voir par son regard les horreurs commises par les Allemands, mais pas que. Bien souvent, la caméra quand elle n'est pas neutre embraye un court instant sur le champ de vision d'un autre. Caméra donc neutre tout en étant subjective. Comment ne pas penser par exemple à ce moment où l'acolyte de notre "héros" décide d' "emprunter" une vache à l'habitant ? Le début du plan nous montre un paysan chez lui par la fenêtre (je tiens à dire que chaque plan est construit comme un tableau bien souvent, c'est magnifique et celà participe d'autant plus de la beauté traumatisante de l'esthétique mêlée à la guerre car ici, jamais la mort n'aura été aussi belle et glaciale), on se croirait la nuit avec des bruits de camions ou chars qui passent à côté, il n'en est rien. La caméra se recule alors que le paysan sort assouvir un besoin naturel : c'est en fait le petit matin et dehors c'est quasiment vide, seulement un chien qui aboit dans le levant (mais on sera à chaque fois désorienté tant par l'image que le son, c'est assez magistral et des plus interessant vu que Klimov nous met presque quasiment dans la même situation que le jeune Floria), pas plus. On suit (merci la steadycam) alors l'homme derrière et la voix-off qui surgit nous rappelle alors de la subjectivité de la caméra. Mais ce n'était pas le regard de Florian, seulement, l'échange nous a été quasiment imperceptible tant tout coule de source au montage.

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(Des images souvent composées comme des tableaux)

Mais "Va et regarde" n'est pas que composé de plan-séquences. La grande force du film, ce sont ses formidables gros-plans de visages, véritable palette de toutes les émotions humaines, qui renvoient aux formidables visages chargés de force qu'on peut voir tant chez Eisenstein que Dreyer (le Jeanne d'Arc...), voire Tarkovski, quitte à citer un autre maître russe même si, je l'accorde, la citation est facile. Encore qu'ici, celà semble légitime de citer le maître tant l'esthétique hyper-réaliste semble renvoyer aux tableaux icôniques que nous offrait le réalisateur d'Andréï Roublev et Stalker. On pourrait penser à L'enfance d'Ivan pour le même sujet d'un enfant plongé dans l'enfer de la Guerre mais la comparaison s'arrêterait là : Floria n'a pas ses rêves pour tenir le coup et sa chute est proggressive. D'un jeune garçon jouant dans les décombres sablonneux du début, il deviendra pur forme quasi-inerte qui met le restant de sa force et de sa colère dans l'exutoire que procure l'acte de tirer sur une image, en l'occurence une photo du Führer, jaquette choisie pour le film par l'éditeur Potemkin.

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Et puis comment ne pas oublier le formidable travail sonore effectué ici ? On touche à un hyper-réalisme au délà du son, tellement le son, la musique nous semblent vivantes. Quand Glacha et Floria sont dans la forêt, pour une relative paix, l'accent est mis avec justesse sur le bruit de la pluie tombant, le cri des oiseaux. La nature reprend ses droits. Ici règne encore la paix. Pour combien de temps ? Plus loin, quand Floria arrive dans son village avec Glacha, on aperçoit des images de maisons vides, qui fument encore, des jouets éparpillés au sol. L'inquiétude monte progressivement chez le spectateur : Où sont-ils tous ? Seul indice qui lance un douloureux malaise, un bourdonnement de mouche quasi-naturel, quasi électronique, qu'on ne peut identifier précisément. La réponse, cruelle et douloureuse, nous en sera donné quelques secondes après. Quand à la musique, imperceptible, elle se fond dans un mélange ambiant et experimental avec les bruits de fond, créant un maëlstrom de perceptions hallucinantes. Tout comme Malick, Klimov choisit des extraits de Mozart mais la démarche n'est pas exactement la même : ici on fractionne, malaxe, coupe les extraits pour les mélanger au bruit de la pluie, du vent, les faire participer pleinement à la vie-même qui irrigue du film malgré l'enfer qui déferle et en faire une partie des sensations reçues. C'est clairement remarquable.

Un chef d'oeuvre traumatisant et douloureux qui marque à chaque vision.


Annexe...

(*) Outrages de De Palma était clairement une foutue baffe aussi. D'où le fait que j'ai sacrément envie de voir Redacted.


* Affiche de la VHS qui annonce bien la couleur :

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* "A sublimer les principes de mise en scène qui le régissent. Vous n'en reviendrez pas. Vivant, assurément, mais traumatisé. C'est l'apocalypse telle que vous n'auriez jamais voulue la voir et c'est terrifiant d'un bout à l'autre. C'est un voyage au bout de la nuit qui va vous faire bouffer la terre. Lorsque vous l'aurez fini, la réalité sera un soulagement. "
(Chronique de DVDrama, évidemment bien plus remplie que la mienne. Les conditions de tournages sont assez dingues d'ailleurs...)

* Et une chronique toute aussi importante sur DVDClassik, à l'origine de ma motivation pour voir ce film, moi qui ne suis pratiquement pas films de guerre du tout.

* Enfin, la vidéo du trailer, en mauvaise qualité mais on y voit suffisamment (ATTENTION, ÂMES SENSIBLES, CECI N'EST PAS POUR VOUS...) :




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dimanche 2 décembre 2007

Scanners (v.2)

Votre serviteur s'est récemment précipité pour voir le nouveau Cronenberg peu de temps après sa sortie sans oublier toutefois de se faire un petit revisionnage de quelques films. Pour l'occasion et comme je suis d'un naturel chiant et enclin a embêter mon pauvre lecteur (courage lecteur, je t'aime !), je vous fait une chronique pas spécialement nouvelle mais annexe à une autre chronique du film. Un nouveau visionnage avec de nouvelles données, une chronique donc assez différente de l'engouement presque enfantin ressenti sur l'ancienne et pourtant, la passion reste, elle se replace juste dans le contexte de la filmographie du cinéaste canadien. Donc, si vous n'avez vu qu'un seul film de Cronenberg, cette chronique ne vous aidera guère hélas...


Thème du duel final/générique de fin du film à télécharger et écouter pendant la lecture.(cadow' bonux)

C'est quoi un télépathe ? En quoi consiste la télépathie ?

Un télépathe, semble nous dire Cronenberg, c’est, un être qui non seulement peut entendre les pensées des autres mais aussi en retour donner ses pensées, les imposer. Entendre les « volontés » des autres mais aussi pouvoir donner les siennes, les faire sienne à l’autre. Chez le cinéaste canadien, la pensée devient ainsi, plus qu’un pouvoir, un outil supplémentaire à l’homme. Il avait ses bras, sa logique, ses sens, désormais chez les Scanners, c’est la pensée qui fait Loi et devient ainsi une arme non seulement chez les Scanners mais aussi le restant de l’humanité.

attentiooon

Allo chérie ? Je t'appelle du boulot là, je vais pas pouvoir rentrer ce soir...

ayayaiiiiie

Bon chérie je doit te laisser, ça va couper là...

bibouuuum

Allo chérie, ça a cou...*SPLORCH*.

Car le cinéaste évite tout manichéïsme. Foin de méchant télépathe et gentil humain : il y a des dissentions et désaccords même chez les Scanners : entre ceux qui se mettent sous couvert de la « protection » de Darryl Revok sous peine de mort (une protection presque maffieuse. Revok en récupérant Vale ne fait que ça : « agrandir la famille ». On est loin d’A History of Violence et pourtant…), les autres qui résistent (Kim Obriest et ses amis) et ceux qui se réfugient dans une certaine neutralité (Benjamin Pierce, solitaire avouant : « j’ai des amis…Mais je n’en veux pas. »), le cinéaste décrit au mieux des points de vue largement plus intéressants que dans un simple film Hollywoodien.

Le héros lui-même est un Scanners indécis qui ne provoque pas forcément l’empathie du spectateur : bien sûr on peut gagner fait et cause pour sa quête mais on sent que le cinéaste ne nous livre pas tout dès le départ (bien sûr le tournage chaotique et les deux morts ont forcés le cinéaste a écrire et tourner au jour le jour mais le film y gagne une cohérence et en sort finalement grandi). Vale nous reste froid et mystérieux mais finalement n’a rien à envier des autres personnages de l’univers du cinéaste, comme eux c’est un marginal, un solitaire.

artoptica

La création comme ultime refuge face aux semblables. On la retrouvera dans Faux-semblants ("les instruments pour mutantes" du docteur sont une partie de lui-même. Il n'hésitera pas a tenter de les récupérer après les avoir vus dans une vitrine.)...

Car tous les personnages chez Cronenberg sont seuls bien souvent malgré eux, qu’ils soient artistes (eXistenZ avec Allegra Geller qui tout comme le Benjamin Pierce de Scanners s’isole complètement dans la création ou bien William Lee qui « s’exile » en Interzone puis en Annexie), scientifiques ou médecins (Faux-semblants, La mouche), voire simples personnages dont la vie bascule d’un moment à l’autre (Dead Zone, A history of violence, Vidéodrome…). Le personnage Cronenbergien ne peut qu’être face à lui-même, sa plus grande peur au fond, car en lui-même il porte le vide et la mort, inévitable quand celle-ci n’est pas finalement le signe d’un renouveau (Vidéodrome) ou d’un dépassement de soi (Scanners et son final hallucinant qui évoque presque d’une certaine manière la téléportation bien avant La mouche, sauf qu’ici ce n’est pas dans un lieu… ou bien les frères Mantle de Faux semblants qui trouvent dans la mort pourtant une certaine immortalité chez le spectateur : leur « pietà » formée est aussi émouvante que celles de notre passé historique et il n’y a finalement que dans la mort qu’il retrouvent ce lien coupé entre eux).

Pourtant malgré sa solitude, le personnage Cronenbergien ne veut qu’une chose : entrer dans le groupe, la famille, vivre auprès de ses congénères. Un bonheur qui lui est souvent refusé ou imposé, forcé, quand il n’est pas brutalement interrompu. La petite Christie de The Brood n’avait pas demandée a entrer dans « la ruche » de sa mère pour être assimilée aux côtés de congénères peu humains pas plus que le dernier personnage pas encore contaminé de Frissons à la fin du film (scène de la piscine), quand a Tom Stall, il n’avait pas prévu que sa chère « famille » de la côte ouest remonterait jusqu’à lui pour le faire réintégrer de force le giron familial et meurtrier. Scanners n’échappe pas à cette donnée pendant une des scènes les plus significatives du film : Ayant rejoint le groupe de Kim Obrist, il sera convié a une certaine réunion de fusion des esprits en une seule pensée unique, comme pour créer déjà une autre chair par la fusion de la pensée, ne restera plus qu’alors a lui trouver un corps autre, au delà du physique (ce sera Vidéodrome si l’on veut…). Hélas ce bonheur sera brutalement stoppé…

Une seconde tentative de fusion forcée aura lieu vers la fin dans l’affrontement de Cameron contre Revok son frère (l’affrontement avec le frère…On retrouve ça dans A history of violence, tiens…). Là aussi la même idée de réintégrer la famille à défaut d’un groupe donné et là aussi une sorte de refus, comme si la famille signifiait la mort en elle-même (comme pour A history…Faux-semblants…).

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Le refuge dans le groupe et la punition qui va s'ensuivre...

Finalement le film s’inscrit très bien dans la filmographie du maître et amorce remarquablement bien le virage de Vidéodrome, 2 ans plus tard. La toute puissance de la pensée préparera à la nouvelle chair, pas forcément visible, qui évolue en dehors de l’image. Avant ça, The Brood et Rage évoquaient des transformations, des chairs nouvelles provoquées par l’homme et sa médecine (les greffes expérimentales de peau dans Rage, la « nouvelle médecine » dans The Brood) et Scanners n’y échappe pas. C’est un médicament donné aux femmes enceintes, l’éphémérol qui est à la base la cause de la naissance des Scanners. Cronenberg s’inspire là directement des ravages de la Thalidomide, ce médicament donné aux femmes enceintes entre les années 50 et 60 qui provoqua de graves malformations sur les fœtus et nouveaux nés (pas la peine que je mette de photos, on peut en trouver sur le net, c’est assez éloquent et impressionnant pas moments)…

On retrouve aussi le thème de la conspiration chère a l’auteur, que ce soit la mainmise et la concurrence de ces groupes pharmaceutiques industriels cités dans le film que plus tard une certaine Spectacular Optical ou une secte de Réalistes.



Et puis si on ajoute que le film est doté d’une certaine énergie folle, qu’il regorge d’idées a pratiquement chaque plan (la scène de la tête qui…, quand le cinéaste filme au ras du métro, la scène de scannage de l’ordinateur –brillante idée d’introduire au système informatique une certaine analogie avec le système humain-- , la poursuite de voitures et la fusillade incroyable qui s’y déroule, le sens caché du nom de Revok qui déroulé à l'envers donne "cover" comme la couverture que prend le personnage pour vendre de l'éphémérol ou bien l'idée de couvrir une autre âme --référence a la fin là aussi--…) , qu’Howard Shore y délivre une formidable partition où l’organique se mélange au mécanique et vous obtenez une petite perle formidable et un Cronenberg très sous-estimé qui gagne largement à être revu.

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Cette scène étrange où Revok maîtrise des soldat semble sûrement une scène coupée ultra rare. Quid d'une édition dvd digne de ce nom un jour ?

Quid des suites (car il y a eu des suites) ? Pendant longtemps j’ai voulu les voir par curiosité mais après être tombé sur certaines reviews dont le lien que je donne, j’aurais tendance à penser qu’on peut franchement les oublier…


Annexe : Affiches du film.

scannerrrrz

scannnnnnerzs

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jeudi 30 août 2007

Vol 93

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Il fallait oser faire un film sur le 11 septembre alors que la plaie Américaine ne s'est guère cicatrisée. Et surtout, il fallait oser faire un film réussi, réaliste, dégagé de tout relent hollywoodien ou patriotique, abordant la vérité de front pour recevoir sa douloureuse gifle. Parce que la vérité fait mal mais elle est nécessaire. Ainsi, Vol 93 par le soin apporté à l'histoire, la reconstitution et le parti-pris de se coller au plus près de la réalité, évite de se planter à l'atterrisage (désolé pour le mauvais jeu de mot foireux, je reconnais qu'avec un tel film il n'y a pas là de quoi rire), ce qui n'est pas le cas du World trade center d'Oliver Stone, bourré de bêtise et inutile bravoure pour la gloire du drapeau aux 50 étoiles.

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Faut il raconter l'histoire ? A vrai dire j'en doute, tout le monde doit la connaître a peu près mais peut-être peut on encore la repréciser. Sur les 4 avions "lancés" contre les Etats-Unis le 11 septembre 2001, trois atteignirent leur cible. Le 4e, le vol 93 de la United Airlines, qui devait normalement atteindre la maison blanche pour s'y écraser, n'y arrivera jamais, les passagers s'étant sacrifiés en tentant de déjouer les plans des terroristes, l'avion s'écrasant fatalement en pleine campagne.

Comme tous maintenant, vous connaissez l'histoire mais Vol 93, n'est pas que ça, ne se résume pas qu'a ça. Ce serait comme penser "oh ben c'est comme Titanic", on connait déjà la fin, ça vaut pas le coup. Grosse erreur (et Titanic de Cameron a quand même eu 11 oscars, pas mal pour un prétendu film dont on connait plus ou moins déjà la fin, non ?), ce serait sous-estimer largement le film.

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Comme évoqué plus haut, le film refuse les écueils narratif en vigueur dans le cinéma actuellement. Paul Greengrass adopte un style documentaire pour le coup, caméra a l'épaule et scinde son film en 2 grandes parties, retranscrivant à la fois la panique en vol à bord de l'avion détourné, mais aussi la panique au sol (on voit que la situation file entre les mains des contrôleurs aériens mais aussi des militaires) pour ne plus se concentrer dans sa 2e partie sur les derniers instants de peur mais aussi de courage des pauvres passagers du vol 93. Pour permettre au maximum l'identification mais aussi coller a la réalité, les acteurs jouant les passagers sont non seulement pas ou peu connus mais possèdent presque pratiquement le même visage que les passagers disparus (cf dans les bonus, les photos des véritables passagers de l'avion, c'est dingue comme ils se ressemblent !).

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Et bien sûr plus la vérité sur le moment monte, plus l'intensité décolle horriblement, accentuant le malaise que le film provoque. Les 20 dernières minutes se déroulant exclusivement dans le cockpit, Greengrass cerne tout au possible, la peur des passagers comme des terroristes, la violence extrême pour la survie lors de la tentative desespérée de récupérer l'appareil par les passagers, et la fin, noire, fatale, du crash filmé de l'intérieur même de l'avion, clouant le spectateur dans son vertige étouffant. Le tout sur une musique formidable de John Powell sachant rester discrète ou mouvementée (sans trop en faire) quand il faut au bon endroit.

Vol 93 est une gifle magistrale car terriblement bien plus humaine et réaliste que tous les films catastrophes qu'on a pu voir depuis près de 10 ans.

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dimanche 25 mars 2007

CCC

(tout simplement le titre du film en chiffres romains, "C" signifiant la centaine)


300etdemi

Quand on lit une phrase telle que "Le scandale qui parfume ce péplum est l'imagerie pour le moins mac-mahoniste qu'il déploie. Jugez plutôt : les guerriers spartiates, saisis de profils façon camées ou en contre-plongées riefenstahliennes, sont des bodybuilders huilés, à la fois Aryens grands crus, machos purs et icônes gay." (par ici) et à la vue du film, on peut quand même bien se marrer.
Parce que toute cette imagerie était déjà dans la bande dessinée de Miller et Varley (sa compagne d'alors qui travailla aussi avec lui sur l'hallucinant The Dark Knight, préfigurant à la fois le Batman de Burton et celui de Nolan sans hélas que ces deux grands réalisateurs ne choisissent néanmoins l'option dévastatrice et génialement décalée et noire de représenter un Batman qui a la soixantaine et issu d'une civilisation où la consommation a été poussée a fond, où les médias sont omniprésents et surtout, un monde qui a perdu sa foi envers Batmiche...Damn. Peut-être devrais je faire une section comics (et accessoirement BD et mangas) un jour comme Patchworkman mais alors je devrais changer le blog de fond en comble ? Déjà lors d'un précedent vote, on avait jugé utile que je ne parle pas que de dvds, soit, là on est en pleine actualité cinoche !) où les deux compères s'amusaient déjà avec un graphisme couillu et un scénario qui ne l'est pas moins, à démonter tout un fait d'arme entré dans la légende en glorification du surhomme.

Mais ce que certains critiques semblent oublier, c'est que la glorification de l'homme était déjà bien présente dans la société Athénienne (revoyez les magnifiques sculptures que l'Histoire nous a laissé) où il était de bon temps, effectivement de balancer les bébés déformés par dessus bord, une société qui se voulait simili parfaite et où l'on dit que le sacrifice de Léonidas et de ses 299 guerriers dans une guerre perdue d'avance remua tellement la Grèce entière qu'un an après, la démocratie s'érigeait dans tout le pays. Ce serait par son acte d'une beauté perdue dans sa barbarie guerrière que la démocratie se créa dans un pays où les différentes cités se tiraient le noeud. Snyder et auparavant Miller et Varley n'ont a vrai dire rien inventé et se basent sur une reconstitution assez précise des faits dans leur ensemble, mais que voulez vous, les critiques laissent parfois leur sens (critique !) au vestiaire en allant voir un film et l'on sait bien qu'en grattant toujours sous le vernis, on arrive toujours a démontrer qu'un film est bien plus profond qu'il en a l'air. Prenez Bambi, certains considèrent que c'est un vrai film d'horreur et en y réfléchissant bien et en se basant sur la psychanalyse, comment ne pas retrouver dans la mort de la mère de Bambi un certain trauma originel, de la perte de la mère ?

coucherdeslipsoleil
"Oh les mecs regardez derrière...Putain c'est trop beau la Grèce, c'est la première fois que j'y viens...
_ Quelque chose me dit que c'est la dernière...
_ Moi j'aime pas la grèce.
_ Ta gueule Schtroumpf grognon perse.
"

Alors ce parfum de scandale ? Des critiques n'ayant pas révisés leurs cours d'histoire tout simplement. Néanmoins d'après ce que j'ai pu lire, de nombreuses critiques aiment ce film barbare et assez jouissif, ça fait plaisir. Et celà fait d'autant plus plaisir que Snyder a parfaitement compris l'essence et la fluidité que devait arborer le film, de son passage au comics de Miller a sa transposition a l'écran. D'un point de vue esthétique, ça flatte la rétine a chaque instant et moi qui adore les teintes sépia (à la Oshii) et les tons bleus métalliques (à la Mann), j'étais véritablement bien servi. Le numérique qui couche avec la crasse et la sueur des corps en tablettes de chocolats d'hommes virils qui sentent bons sous les bras (hein ?...gouuutte), forcément, pour un pauvre ado tel que votre serviteur nourri dans sa prime jeunesse a une décennie de bonne série B et de Schwarzynneries --je pose un brevet sur le mot-- c'est fun, amplement fun. Et pis c'est beau.

erffaisgaffeatesfesses
"Oh Leonidas, viens te reposer a la maison, je t'offrirais des chocolats...
_ ...Pour qu'après ils portent mon nom ? ça va pas non, Xerxès ?
_ Steuplaît viens chez moi, mes parents ne sont pas là ce soir.
_ Non je peut pas...J'ai piscine
."


Il y a quelque chose de fascinant a travers 300, c'est sa dénonciation masquée et radicale d'une certaine contreculture par ses moyens (musiques, effets) et apparemment personne ne semble l'avoir remarqué (mais peut-être que je m'avance un peu trop mais bon pour qui a un cerveau --ce qui semble de plus en plus rare chez le spectateur lambda qui va au cinéma comme on consommerait un burger mc do le plus souvent, encore que là, ça puisse s'appliquer ou pas vu qu'on a affaire avant tout a un pur divertissement assez respectueux du comics-- y'a quand même des trucs assez troublants. Snyder se sert tout simplement par la musique (classique symphonique avec de minces passages tribaux et effets electroniques hargneux tels qu'on peut les retrouver dans le hard rock et le métal) et les effets visuels issus du clip (ralenti-accéléré qui ici trouve sa justification --contrairement a certains films que je fustige généralement, voir Nightwatch--, rendant certains plans encore plus beaux qu'on aurait pu l'espérer, à l'image du "sang ralenti" du Zatoichi de Kitano. Parfaite stylisation en un exemple, Léonidas qui, au ralenti, s'avance vers son adversaire tandis que l'oeil est attiré au second plan par un guerrier grec abattant un ennemi avant qu'on ne revienne au premier plan là où le ralenti de Leonidas s'achève et celui-ci fracasse royalement (hu hu normal au fond) un pauvre perse qui n'aurait pas dû partir en mission non) pour clairement parachever sa démonstration. Le bougre ne le dira jamais clairement (et je doute qu'il le pense même !) mais ici l'ennemi visé, c'est la culture noire envahissante dans la société actuelle et ça fait jouissivement mal.

Dans notre société actuelle, on sait que les noirs se sont battus pour revendiquer leurs droits et que progressivement ils ont gagnés cette liberté même si ils sont encore sous-exploités hélas par la société du spectacle actuelle (qu'on pense a la blaxpoitation des 70's avec Coffy ou Shaft ou dans les années 80 jusqu'a nos jours, aux quotas de minorités que le cinéma américain s'impose, histoire de ratisser large). Ici quand on parle de culture noire, il faut prendre le contrepied total de la société actuelle en l'opposant au passé. Soit donc des blancs oppressés (les grecs), porteurs de valeurs morales et de justice (pour ceux qui ne l'auraient pas suivi ni vu le film, Leonidas et ses hommes affrontent une armée immense de Perses, la violence n'est pas gratuite comme on pourrait le penser mais justifiée par l'envahissement et la domination imposée de leurs Terres) face a une armée de perses (donc des noirs en grande majorité). Le revers total je vous dit. Et pour bien enfoncer le clou, les ennemis sont arrogants, orgueilleux et n'hésitent pas afficher leurs richesses (Xerxès, son or, ses femmes, dignes de la culture du gangsta-rap. Ne manque plus que la limousine mais il a déjà suffisamment de porteurs en stock) comme dans certains clips d'une certaine culture plus ou moins imposée a une minorité a qui on fait miroiter depuis près de 4 décennies que c'est "la seule voie" pour eux presque...Hallucinant mais celà est déjà dans le bouquin de Miller.

leonidasrocks
"THIS IS SPAAAAAAARTA !"

Vous me direz, "attends tu inventes pour ton propre compte là".
Ben oui... c'est plus ou moins subjectif (*) (et largement intuitif) étant donné que Miller ne cache pas dans ses bédés, son propos radical de violence et de polémique. Se relire Sin City, le comics tiré de Robocop (on peut encore le trouver en cherchant bien) et surtout Elektra où Miller semble presque nous avouer gouailleur et ironique que le président américain n'est rien de moins qu'un démon. Et que la meilleure manière de s'en débarasser serait de lui couper la tête, forcément. ça fait peur hein ? N'ayez crainte, c'est que de la BD, tout comme le polémique "Invasion Los Angeles" n'est que du cinéma.
Mais c'est parce qu'ils dissimulent leurs propos engagés et jouissivement féroces sous le vernis du divertissement qu'on a la chance de pouvoir les lire et les voir.

300 c'est celà (du moins donc tel que je le perçois), un vrai film bourrin, généreux et fun qui dissimule un propos en opposition à une culture MTV qui nous serait imposée continuellement et encore plus largement dans les années a venir au rythme où tout s'accèlère. Et le générique final de reprendre, bonheur suprême, des images animées du comics.
Merci mr Snyder.
Merci mr Miller.
Merci miss Varley.








(*) Ceci est une précision pour quelqu'un qui lit ce blog de temps en temps avec sa copine et qui n'avait --a ses dires sur un forum-- pas vraiment compris que tout ce que je pouvais écrire soit forcément subjectif, ce qui semble assez étonnant vu que je ne suis pas parraîné par une quelconque marque de pub et que je parle seulement en mon nom sur les films. Puisse t-il aimer ce film néanmoins.

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samedi 24 mars 2007

Bring me the head of Alfredo Garcia

alfredomonami


Some people will do anything for a million dollars...

When a mexican land baron puts a million dollars on the head of the man who seduced his daughter, two money-hungry men (Young and Webber) recruit a small-town bartender (Oates) to help them do thier dirty work. But their tequila-fueled trek across the desolated Mexican frontier grows more intense, gruesome and bloody with every savage murder they leave in their wake !

Hi Guys ! To change my practices and of course, make a true original Nio chronicle, i purpose to write it...in english.
Yes i know, i'm bad but maybe it will be good for you to improve your level of spoken langage (in english) with me. So why not ? Another reason is that this dvd is only available in zone 1 and that i want to push a little my readers... (courage les mecs, mwarfhahaha...)

What can i say about this Peckinpah ? One thing in mind : this is maybe one of the saddest and pessimist movies of bloody Sam. In this film, we can see that apparently, nobody has sense of justice or morality. (Especially if a millon of dollars are at stake... Some would be almost ready to kill their poor mothers !) Warren Oates for exemple, is ready to kill Alfredo to win the million but problem, Alfredo seems to be a little dead (faut juste creuser la tombe et décapiter sa tête pour la ramener au boss, trois fois rien...). Contrary to others films of our Sam where violence was there from the very start, here, it appears only when things gets dark for our poor looser ( Admittedly, violence was palpable at the beginning, with the two rapists but it become really hard at a certain precise moment : when his "girlfriend" died. Sad and beautiful moment of humanity) and finished the movie on this incredible extreme close shot of the silencer of a gun (or a machine gun a think)...

Strange final sequence that we keep in mind for a long time, for sure.

With "Pat Garrett and Billy the kid", this is maybe one of the nostalgiest and moving movie from his director.

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samedi 11 novembre 2006

On achève bien les chevaux...

"On achève bien les chevaux" de Sydney Pollack s' avère être un classique culte ainsi qu' une parfaite dénonciation de la cruauté et de la bêtise humaine qui n'a rien perdu de son mordant acerbe en montrant une société du spectacle sous le prisme de jeux du cirque moderne.

En 1932, les Etats-Unis sont en pleine dépression et poussés par le chômage et la misère, des hommes et femmes de tout le pays décident de participer aux marathons de danse dont les vainqueurs reçoivent des primes pouvant aller jusqu' a 1200 dollars.

Dès le début du film, on sent que tout ça va mal tourner. La caméra regarde lentement chacun des protagonistes importants et même les seconds rôles ne seront pas oubliés. Il suffit de voir leur évolution et les chemins qu'ils vont suivre tout au long du film pour comprendre que tout va aller de travers. C'est un jeu de massacre impitoyable et pourtant, pour gagner un peu d' argent, les gens sont prêts à aller jusqu' a la déchéance ultime, voire la mort.

Les conditions sont en elles même horrible : 10 minutes de pause toutes les 2 heures et c'est tout.
Un candidat tombe par terre et y reste plus de 10 secondes et le couple est éliminé.
On sort de la piste quelques secondes, on est éliminé.
On parle avec le public, on est éliminé.
Le marathon devient alors lentement inhumain.

Au bout de 20 heures, il y a encore 70 couples sur la piste de danse. Certains abandonnent par résignation plus que par fatigue.

10 minutes de pause, juste le temps pour pisser, prendre un peu de repos, dormir sur des matelas improvisés dans une petite salle au fond de la piste de danse, prendre une douche ou essayer.

Au bout de 40 heures, les premières cernes arrivent, mais les candidats tiennent encore. Alors pour en éliminer plus, on leur fait faire un derby de courses, comme les chevaux. On trace une ligne blanche au sol, la piste est ovale puis ils ont droit à 10 minutes de course le long de la piste sans s' arrêter. Et les couples ne doivent pas se lâcher (ils se tiennent par la ceinture, devant ou sur le côté) d'une semelle.

150 heures. 45 couples et demi. Certains se défont parce que l' autre à eu une crampe ou un nerf qui a lâché. Dans ces cas là, le ou la solitaire a 17 heures pour trouver quelqu'un d' autres avec qui continuer avant d' être éliminé. Et pour couronner le tout, face à des danseurs qui comment lentement à craquer et névroser, les maîtres de cérémonie n' hésitent pas a faire des coups bas.

1070 heures. Plus que 10 couples, la fin qui lentement approche, mais peut on encore parler d' êtres humains pour ceux qui sont restés ? Leur vie ne tient presque plus qu' a un fil.

Une critique sociale de la cruauté humaine terriblement encore d' actualité.

chevalllll

Le film si les couleurs sont à peine bonnes à un son mono horrible et parfois grésillant ce qui ne lui rend pas justice. Il n'y a qu'une seule piste d' ailleurs : la VF, pas de V.O sous titrée ce qui pour une fois me déçoit fortement : La doubleuse française de Jane Fonda a un accent horrible à la Jane Birkin (mais encore plus à couper au couteau) difficilement compréhensible.

Film génial mais édition dvd honteuse, pas de pot...

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dimanche 1 octobre 2006

Sorcerer

sorcerermages

Amérique du sud, en pleine jungle, une équipe desespérée de 4 hommes menée par Juan Dominguez (coucou Roy Scheider !) doit mener sur des camions à peine en état, des caisses pleines de nitroglycérine sur plus de 200 kilomètres d'une nature dangereuse et hostile pour stopper un potentiel désastre pétrolier...


Suite aux succès de L'exorciste et des French Connection, on finit par laisser carte blanche à Friedkin pour faire un film comme il le souhaite. Et Friedkin de faire péter le budget dans un film remake du classique "salaire de la peur" de Clouzot à travers ce film rapidement devenu culte auprès de nombreux cinéphiles puisqu'il fit un bide comme de nombreux classiques de cette époque injustement méprisés par des spectateurs stupides parce que ces films étaient en avance sur leur temps. Tous les The thing, Blade Runner, La porte du paradis, Vidéodrome... You know what i mean ?
Vidéodrome qui subira d'ailleurs un montage de Universal au grand dam d'un Cronenberg dégoûté, lequel aura paradoxalement sa vengeance suite au film heuresement livré intégralement dans son montage d'origine prévu par le réalisateur, film devenu culte comme d'autres grands films que l'on aime bien ici. Mais revenons à Friedkin...

sorcerermahee

Au regard de ce film, on comprends que Friedkin était en avance sur son temps et avait bien compris le cinéma, surtout le cinéma d'action et toutes les potentialités qu'il pouvait en tirer. D'abord le scénario, tendu, qui présente en 20 premières minutes, le passé des quatres hommes, venant de tous pays (d'ailleurs on remarque l'acteur français Bruno Cremer) et puis Friedkin qui, caméra au poing se fait fort d'illustrer les rares séquences d'action sur le terrain comme un reporter ou un Michael Mann. La caméra capte l'action, virevolte, suit les eclats de bois dans la trajectoire de leur explosion, n'hésite pas a suivre le vol d'un condor pour se désintéresser de l'action quelques secondes avant d'y revenir, survole la jungle comme le ferait un oiseau (une idée reprise par Kounen dans son Blueberry). La caméra de Friedkin se fond littéralement dans le paysage.

feusorcerer

Ensuite Friedkin comme Mann a parfaitement compris l'immersion que peut provoquer la musique et engage le groupe Tangerine Dream qui par souci de capter l'esprit du film, écrit la musique sans avoir vu d'images de celui-ci, juste quelques indications. Au regard de la musique hallucinée, glaçante et terrifiante, on comprend que Tangerine Dream reste un groupe injustement sous-estimé. C'est la deuxième composition d'eux que j'entends pour une B.O de film après celle de Near Dark, Aux frontières de l'aube et jen reste sur le cul. Une telle musique, on a l'impression d'être dans une cathédrale avec des zombis et des fantômes qui feraient les choeurs. Comme ambiance pessimiste de fin du monde, j'ai rarement vu mieux, c'est dire.


Enfin l'action. Suite à la tension générée de caisses bloquées par du sable car risquant à tout moment de sauter au moindre choc, le réalisateur signe un film impressionnant. La séquence desespérée du pont (couverture) illustre à elle seule le film parmi d'autres séquences où Friedkin va en roue libre (les corps calcinés montrés au public, les explosions, le "paysage lunaire" onirique où Scheider échoue presque et la fin, presque surhumaine avec cette montée de feu) et se permet un film terribelement pessimiste où en définitive aucun espoir n'est permis (voir la fin).


Tous ces élements font clairement comprendre que le public préféra bouder ce grand film génial sombre qui montrait et disait beaucoup de choses (la misère des peuples d'amérique du sud, les malversations politiques encore à l'oeuvre aujourd'hui) et Universal perdu alors beaucoup et commença a devenir méfiant par la suite. Et Friedkin a osé pourtant, et il fit bien.
Malheuresement Universal en plus de traiter souvent le public comme moins que rien (mon dvd de The Thing, mon dvd de Vidéodrome...hem...je pense être clair), un peu comme Warner et ses boîtiers dvds en carton (pfff...foutage de gueule encore), bref Universal semble encore de nos jours se venger : ce film n'est disponible qu'en import zone 1 (à vos lecteurs dvd dézonés) avec comme seule piste audio, la V.O. Les sous-titres français et espagnols sont gros et quand en plus se superposent les sous-titres anglais pour les phases se déroulant dans d'autres pays, c'est illisible, on voit plus l'écran. L'horreur.

Pour ne rien gâcher, la copie n'est pas de bonne qualité (des points blancs, des grésillements, des taches noires là où des films plus vieux de 10 ans comme 2001, l'odyssée de l'espace sont nickel), on comprend que le film n'est pas remastérisé. Le son est lui à peu près bon mais le volume sonore semble pourtant varier à certains moments, se retrouvant presque dans l'inaudible. Fouyaaaa.
Ah oui pour les bonus, vous l'avez aussi dans le cul, une filmographie, quelques notes de production, la bande annonce (non sous-titrable on s'en doutait) et un pauvre lien internet qui ne marche plus.

En conclusion, un film superbe et mythique qui reste injustement charclé par cette edition inqualifiable et hélas la seule existante dans le monde. Je ne remercie pas Universal.

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The island

theisle

D'ici quelques décennies... Lincoln Six-Echo et sa camarade Jordan Two-Delta font partie des centaines de Produits d'une immense colonie souterraine où la vie est étroitement surveillée et régie par des codes très stricts. Le seul espoir d'échapper à cet univers stérile est d'être sélectionné pour un transfert sur "l'Île". A en croire les dirigeants de la colonie, l'Île serait le dernier territoire à avoir échappé à la catastrophe écologique qui ravagea notre planète quelques années auparavant et en rendit l'atmosphère à jamais irrespirable... Lincoln, comme la totalité de ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents troublent ses nuits, et le jeune homme commence à s'interroger sur le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté. Poussé par une curiosité tenace, Lincoln découvre bientôt l'atroce vérité...


Il arrive parfois que tout homme se confronte à des plaisirs coupables.
Pour certains, ce sera de se goinfrer de Justin Bridoux sous la table. D'autres boufferont du Magnum derrière un frigo. D'autres encore se regarderont du Luc Besson.
Moi, je regarde ce qui peut me tomber sous la main et comme je suis assez ouvert (comprendre, je mange de tout), ce soir, j'avais décidé de me faire mal regarder le dernier né de mr Michael Bay.

Et, agréable surprise car disons le tout net, The Island est le meilleur Michael Bay.
On me répondra, oui c'est facile, il a eu un bon scénario intéressant mais je ferais remarquer que sur la question du clonage et des sociétés dictatoriales plus ou moins rapprochées de la génétique et des problèmes de la science, on a eu du très bon (Bienvenue à Gattaca) comme du...rigolo (A l'aube du 6e jour avec Gouvernator !) et que c'est le genre de scénario qui revient souvent dans la Science fiction, en film comme en livre (Dune --avec les Duncan Idaho golems-- ou bien Cyteen), l'important étant de se démarquer.

Ce qui est bien avec ce Bay, c'est que pour une fois, le réalisateur a conscience que derrière un film, il y a une histoire. Alors il se concentre sur l'histoire, de ce fait, The island est des plus passionants dans sa première partie, entre société clonée naïve et enfantine et mensonge énorme d'un prétendu paradis. Un second point intéressant, ce sont les acteurs. Si l'on déplorera que certains ne font que de la figuration (Michael Clarke Duncan notre grand bonhomme de La ligne Verte passe juste faire "coucou", c'est triste), les autres sont là pour notre grand plaisir. Bien sûr, le charme glamour du couple principal Ewan Mc Gregor/Scarlett Johansson y est pour beaucoup mais pour ce qui est des personnages secondaires, on se frottera les mains de plaisir devant Sean Bean enfin bien exploité (non parce que dans Silent Hill récemment, il sert à rien pas grand chose hein) et un Steve Buscemi décidement de plus en plus rare. Et puis Djimon Hounsou dans un rôle musclé, ça assure. Faut dire qu'on le voit rarement, il nous fait donc plaisir ici.
Enfin autre bon point à rajouter, puisque c'est un film sur le clonage, autant faire un face à face clone/original (à moins que ce ne soit l'inverse), comme c'est un peu ce que nous voulons tous et cette rencontre s'avère d'autant plus réussie que l'on se prend d'autant plus d'amitié pour le Ewan Mc Gregor cloné tant l'original est infect et vulgaire.
Pour terminer les aspects positifs, ce monde "proto-paradisiaque" se révèle aussi malsain et froid que dans THX-1138, bien ça.

Maintenant les défauts....Oh bon je n'ai pas envie de plomber le film, soyons clairs, j'ai passé un bon moment et j'ai un peu pris mon pied certes donc...

  • L'aspect vitrine publicitaire. Le défaut propre à de nombreux films récemment, c'est qu'on essaye de nous vendre de la pub à l'intérieur du film. Après Jurassik Park, Minority Report et Nightwatch, voici donc The Island avec nos amis Msn, X-Box (deux produits microsoft, ouaaaah), Nokia (ils sont partout eux), Calvin Klein....
  • La caméra de Bay qui tremblotte de partout et zoum, ralentis, action, ralenti, zoom... Ok les bagnoles qui se crashent, c'est bien filmé (très bien même) mais quand même, les tics de Parkinson, ça va bien à petite dose hein...
  • L'autocitation. Tiens une poursuite comme dans Bad Boys 2 du même Bay. Bizarre. Tiens, de l'amérique profonde comme dans Armageddon...de Bay. Strange. Tiens une pseudo boîte de nuit comme dans....Bad Boys 2. Décidement... Bon on l'aura compris, Bay se cite dans ses films mais ça passe moins bien que Mann, plus subtil quand il faut faire un lien entre Heat, Collateral et le sous-estimé Miami Vice (pas grave, le temps lui donnera raison j'espère).

Un autre point qui me démange un peu et celui-là, je m'y attarde plus. On nous présente les personnages naïfs avec une conscience proche de celle des enfants, mais les enfants en eux-mêmes sont un mélange d'innocence souvent mêlée de cruauté (car ils n'ont pas conscience du mal mais le font sans que celà ne leur pose de remords), or un enfant grandit et se développe en acquiérant l'expérience du temps. C'est un point que Bay survole rapidement ce qui est bien dommage. Certes, il y a de beaux moments de cette innocence en quête d'apprentissage, de découverte, de curiosité (la séquence du papillon que Lincoln trouve) rapidement court-circuités ou plombés (quand Lincoln embrasse pour la première fois Delta et lui sort : "Wow ce truc avec la langue mais c'est génial !" . Super, la réplique qui tue bien l'instant poétique. Et peu de temps après ils font l'amour sans aucun problème. Pour des gens sans expérience aucune de la chose, ils sont très forts. Après, ce n'est pas parce qu'ils sont issus "d'une culture biologique" isolées qu'ils sont à l'abri du sida. Bon ok, c'est hollywoodien dans le traitement mais bon... Comment ça, je suis rabat-joie ? gouuutte).

Après on prend quand même bien son pied, c'est un film fun et c'est là l'essentiel non ?
Et puis qu'on en reste dans les compliments, j'avoue franchement avoir bien trippé sur le score de Steve Jablonski. L'homme est autant à l'aise dans le lyrique symphonique sombre de Steamboy que dans l' ambiant-électro rythmé de The Island. Ce petit gars à de l'avenir, croyez-moi.

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vendredi 15 septembre 2006

Soleil vert

greensoyleeeent

"Grand prix" du Festival du film fantastique d'Avoriaz'' 1974.


New York 2022, la population dépasse les 40 millions d'habitants. Un brouillard né de la pollution a envahi la surface du globe, tuant la végétation et la plupart des espèces animales, terminant ce que l'homme avait commencé sans le vouloir depuis le début de l'ère industrielle. De part la surpopulation et l'extrême pollution, le pays (le monde ?) part lentement à la dérive. D'un côté, de rares nantis qui peuvent avoir accès à la nourriture rare et très chère. De l'autre, les affamés nourris d'un produit synthétique, le Soylent (la marque Soleil dans la version française), rationné par le gouvernement... Lors d'une émeute, un membre haut placé du conseil d'administration de Soylent trouve la mort et Thorn, un flic opiniâtre, est chargé de l'enquête...


Un grand film pessimiste de science fiction engagée des années 70 comme on en trouve plus. L'extrême noirceur du scénario et le fait de déguiser le film comme une simple enquête trouvent là une richesse inattendue pour développer un message politique, humaniste et écologique fataliste mais qui aujourd'hui demeure toujours d'actualité.
Dans ce futur proche, la surpopulation fait que les rares réserves de nourriture s'épuisent et le film sans être moraliste se contente juste d'appuyer en forçant un peu le trait là où ça fait mal. Les conséquences de cette situation n'en sont que mieux montrées à l'écran : population qui dort et s'entasse dans les escaliers, qui fait la queue pour espérer avoir un peu de nourriture à certaines dates ou qui se fait carrément refouler par pelleteuse dans des camions bennes lors d'émeutes tellement la police est obligée d'employer des moyens radicaux face à une nombre qui les dépasse.

Mais les conséquences de la surpopulation vont plus loin et les 3/4 de ces personnes ne savent bien souvent pas écrire ou n'ont aucune éducation (Thorn est d'ailleurs opiniâtre à un point qu'on voit sans problème qu'il a dû avoir un passé d'orphelin élevé sur le tas) et les répliques du scénario, le montrent avec évidence :
"Vous savez écrire ?
_ Oui.
(Thorn au garde du corps)

Une formalité pour nous mais une importance essentielle dans ce monde. Un monde qui plus est, sans aucune culture où les gens survivent comme ils peuvent, avec ruse ou moyens : chaque policier ou détective parce qu'il n'a plus le temps d'apprendre ou de se renseigner (voire d'avoir un tant soit peu d'informations) est associé à un "biblio", sorte d'employé personnel se chargeant de la documentation propre à l'enquête bien souvent à l'aide de son intelligence et de sa culture personnelle. Les livres et le papier se font alors de plus en plus rares, redoublant l'étonnement et la joie de Sol, le vieux biblio personnel de Thorn (Heston), personne affectueuse, attachante et essentielle dans cette société qui condamme irrémédiablement les vieillards et s'en débarasse aussi bien que le rôle des femmes, souvent réduite à l'étât de mobilier, une femme-objet, simple possession d'un locataire aisé juste utile à le divertir quand ce n'est pas coucher avec lui.

Enfin, on ajoute à celà que les gens sont en grande partie blasés, n'ont plus goût à rien, l'envie s'est perdue.
"Mais tu ne t'énerves jamais toi ?
_ Non jamais, à quoi bon ?"
(Thorn à Hatcher)

Du fait que la culture s'est perdue, les gens ne savent plus ce qu'est un vrai légume, de vrais fruits, le goût d'un vrai steak. Les rares fermes agricoles appartiennent à de puissants trusts et sont gardés comme autant de forteresses militaires et seuls les riches peuvent encore pour quelques temps avoir des produits de ce genre.
Pour les autres, il reste des barquettes énergétiques sans goût ou presque à croquer, de trois sortes fabriquées par Soylent, les fameux soleil.

  • Soleil Rouge aux vitamines.
  • Soleil Jaune aux extrait de soja.
  • Soleil vert au plancton.

Problème, pour cette population inculte qui n'a presqu'aucune image de la Terre d'avant, personne ne cherche à savoir ce qu'est le plancton. En gros, les gens acceptent de manger curieusement quelque chose qui n'existe pas car depuis une décennie et suite au réchauffement, les océans se sont suffisamments retirés pour qu'il n'en reste plus que de rares lacs très loin des pays. Second problème, le plancton n'existe plus non plus mais personne ne le sait.
Alors avec quoi est fabriqué Soleil Vert ?

Dans cette société, les personnes âgées sont les dépositaires de la mémoire, de l'émotion, de la vie (la scène sublime de la mort de Sol face aux écrans de télé montrant la Terre du passé sur fond de 9e symphonie de Beethoven, à lâcher des larmes), elles sont même les seules a encore avoir de la chaleur humaine et un sens de l'honneur et de l'éthique face à un monde devenu trop inhumain qui les rejette, elles comme tous les mourants, les assassinés, les malades...

Un grand film douloureux aux éclats de beauté et d'intelligence.

Posté par Nio Lynes à 18:25 - Enragé - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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