Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

lundi 3 décembre 2007

2001, l'odyssée de l'espace

Thème du monolite à chopper et écouter avec la chronique.

(Requiem for Mezosopprano par Ligeti. Vous mettre le "also sprach Zarathusta" de Strauss, archi connu au demeurant aurait été trop simple, non ?)


2001woatitile

C'était une gageure insensée de réaliser une oeuvre évoquant l'Humanité de la préhistoire au XXe siècle, voire au délà et pourtant, Stanley Kubrick avec l'aide du romancier (ici scénariste) Arthur C.Clarke s'y était risqué en 1968, changeant du même coup toute l'approche de la Science Fiction pour les décennies à venir. Il y a bien un "avant 2001" dans la SF, comme un "après 2001" et même les oeuvres les plus intéressantes de l'avant (je pense notamment à "Planète interdite") n'atteignaient pas ce niveau de modernité, de précision, de pure beauté tout comme les oeuvres de SF sorties après s'en sont rarement approchées ou sur d'autres plans (comme Alien qui subjectivement, d'un certain point de vue esthétique écrase encore aujourd'hui de nombreux films doppés à l'image de synthèse), à part de rares films de certains réalisateurs (dont Mamoru Oshii).

"2001" comme on le surnomme plus simplement (vu que la date fatidique est passée) a fait rentrer la SF dans l'âge adulte depuis près de 30 ans qu'il est encore désolant par moments de constater que le genre en lui-même reste encore à part, coincé entre la frilosité des lecteurs/spectateurs comme des critiques/producteurs/éditeurs/auteurs. 2001 lui-même reste encore un part dont le degré de perfection ne l'a guère fait vieillir. Depuis 68, l'oeuvre reste énigmatique, fascinante, contemplative et belle et l'on aura de cesse de visionner le Kubrick's cube, rien n'y fait (tenez, moi ça doit bien être la 15 ème fois que je vois le film. De plus en plus beau au fur et à mesure que la technologie évolue, tiens. En VHS c'était déjà beau, en dvd c'est supra-beau.)...

2001singe

Y'a t'il une clé pour décoder 2001 ? Non.

Ou plutôt si.

Vous.

Le film se construit sur l'interprétation très personnelle que chacun à en lui (alors que le livre fournit une réponse claire ce qui n'est pas forcément la meilleure chose) : Je me rappelle en avoir discuté il y a quelques années avec mon père, il en avait compris qu'a la fin, l'astronaute Dave Bowman avait subi une distortion du temps et remonté jusqu'au XVIe siècle, quand à moi j'avais plutôt cru qu'en allant aussi loin, il avait atteint un espace infini dans un monde parallèle qui l'effaçait successivement face aux autres lui-même afin de renaître... Et je pense que bien d'autres ont pensé à un moment leur propre interprétation du film face à la fin terriblement ouverte que le maître donnait.

Déjà, à sa sortie, ça avait dû être un choc. Je me souviens avoir lu des avis (notamment celui, passionné de Serge Kaganski des inrocks) très partagés entre les différentes générations. En gros, les plus âgés n'y comprenaient rien quand les plus jeunes se sentaient transportés de bout en bout sans ressentir la nécessité de comprendre l'histoire. Il suffisait d'accepter de se lancer dans le grand voyage interstellaire proposé par le cinéaste pour l'apprécier pleinement. L'histoire semblait alors secondaire face à la toute puissance des images.

2001station

On dit qu'au début était le verbe. Et avant ?

Avant il y eut la sauvagerie de ce qui n'était pas humain. Le début, sorte de documentaire presque véridique nous montre la tribu de Guetteur de Lune, hommes encore singes, pas spécialement sapiens (et encore moins homo sans vouloir faire de mauvais jeu de mot) en proie à un quotidien peu agréable : comme si celà ne suffisait pas de n'avoir presque rien à manger et de se faire constamment dévorer par de gros félins, nos pauvres hommes-singes se font humilier par une tribu adverse, plus aggressive pour avoir un peu d'eau.

Et voilà qu'un matin, surgit de nul part ce grand bloc opaque et étrange qui ne réfléchit aucunement la lumière du soleil tandis que s'élèvent des choeurs inhumains qui font frissoner le pauvre spectateur. Panique chez les primates qui s'écartent craintivement du bloc noir avant d'y revenir lentement, la peur se muant en fascination puis attirance. Ils caresseront tous la pierre et l'un d'eux plus tard aura une sorte de déclic en voyant des os : il s'en servira comme outil.

Là est la première trace de progrès semble dire Kubrick avant pourtant de nous montrer que ce progrès ne se départit pas d'un certain pessimisme : lors de la prise de conscience du singe que l'os peut lui servir d'arme pour avoir de la nourriture, le réalisateur inserre rapidement un plan du monolithe : cette évolution, notre évolution est guidée, aidée. Ce n'est pas le singe qui arrive tout seul à modifier ses neurones pour accepter tout seul le fait que l'os qu'il tient peut servir de matraque, c'est le monolite qui lui donne cette idée. Ensuite second point, toute évolution semble ne se faire qu'au dépens du plus faible et il y a toujours une perdition, un manque irremplaçable chez certains : Ayant récupéré de la nourriture, la tribu commetra alors un premier meurtre (tous les singes, galvanisés se mettent à achever la pauvre victime à tour de rôle). Là s'arrête l'état sauvage, là commence les sociétés humaines : sur le meurtre.

2001hotesses

Puis, à la suite de la plus célèbre ellipse du cinéma, plongée dans le futur, des millénaires après, dans notre bon vieux XXeme siècle. Suite à l'excavation d'un étrange monolite noir sur la face cachée de la lune (le spectateur pas dupe, comprend qu'à tous les coups c'est le même monolite qu'au début, bien sûr), enterré délibérément pour qu'il soit retrouvé par l'Homme et lance son étrange signal vers les étoiles, se met en place une expédition vers Jupiter, endroit où l'étrange signal fut stoppé net. A ce stade, nous avons pu remarquer le ballet des vaisseaux spatiaux dans le vide interstellaire sur une valse bien mélancolique de Strauss, cet aspect contemplatif offert par ces vaisseaux qui lentement glissent dans l'éther du vide spatial.

C'est dans l'espace donc que se jouera le deuxième acte, face à un ordinateur retors et paranoïaque étant le seul au courant de la vraie mission du vaisseau Discovery. Ironiquement, l'Homme de ce futur est poli, racé, courtois, ses instincts primaires de barbarie semblent avoir étés complètement disparu, ils ne sont presque plus que coquille vides et froides à l'instar des étranges momies des scientifiques en hibernation dans le vaisseau. En parallèle, HAL l'ordinateur qui guide la mission et contrôle tout le vaisseau nous est présenté comme une machine à l'intelligence artificielle qui reproduit et imite les sentiments humains mais l'attitude de HAL ne montre aucune sorte d'imitation : le pauvre (bon on va pas le plaindre non plus) se replit lui-même dans l'inquiétude, se trompe, questionne, et au final, en arrive au meurtre uniquement pour sa propre survie, ce qui est le propre de toute créature vivante ça, la survie. Alors comment ne pas ressentir de la pitié pour HAL quand Bowman viendra le "débrancher" puisque HAL à prouvé lui-même qu'il était un humain, seul son corps et sa manière de raisonner différaient.

2001dullea

C'est là encore sur cet acte de meurtre que Bowman, unique survivant aura accès (et nous de même) à toute la clé du mystère du monolite, abstraction personnifiée d'une étrange trace de forme de vie spatiale non-humaine qui pourrait presque s'apparenter à la présence sur pellicule de Dieu. D'ailleurs une hypothèse assez interessante avait été donnée par quelqu'un je ne sais plus où (Michel Ciment ?) qui disait que tant qu'on avait pas prouvé l'existence de Dieu, le monolite en resterait le seul avatar sans non plus l'être, gardant presque infiniment ses secrets. Quand à Kubrick, il a emporté ses secrets dans la tombe, suivi après par son ami Arthur C.Clarke. Mais comme je l'ai dit, la richesse du film permet à tous de se faire son interprétation quasi-plurielle (à ce stade, on accepte toutes les hypothèses) sur le film et sa fin.

Bref, par le meurtre, l'astronaute accède à la vérité et à une nouvelle évolution qui viendra après, vers Jupiter par délà la porte des étoiles, "l'effet trip" qui ravivait le plaisir des hippies qui y voyaient là en salle l'ultime hallucination causée par la drogue (alors que le réalisateur et son scénariste avaient avoués ne rien prendre sur le plateau), merveilleux effet spécial de Douglas Trumbull qui ira plus loin peut-être dans ses réalisations personnelles quand il ne travaillera pas chez d'autres (ahhh, Blade Runner...)....

2001room

Au risque de me répéter, rien n'a vieilli sur le film, ni son propos comme son esthétique stupéfiante d'ultra-réalisme. Peut-être les scaphandres mais là, je fais dans le pur chipotage. Le film est chez nous en zone 2 warner mais on peut aussi le trouver depuis quelques temps en version 2 dvd (enfin !) en zone 1 (ou 2 aussi mais je ne pense pas)... De toutes façons, tout cinéphile a vu au moins une fois (voire plus) dans sa vie ce chef d'oeuvre froid et exigeant.


Annexes...

2001newcouv

L'edition 2 dvd qui poutre du tonnerre de Zeus.

2001letrip

L'affiche de la ressortie en salles en....2001.

+ La chro magistrale de Chris ! (bonne lecture)

Posté par Nio Lynes à 16:53 - Espaces lointains - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 19 novembre 2006

Profession reporter

professionreport

La vie du reporter David Locke bascule lorsqu'il découvre le cadavre d'un homme lui ressemblant étrangement. Fatigué de sa propre vie, il décide d'endosser son identité et, s'emparant de son agenda, de suivre son emploi du temps.


Nominé pour la palme d'or à Cannes en 1975, Profession Reporter de Michelangelo Antonioni reste surtout célèbre pour son plan séquence final virtuose de 7 minutes mais il ne faudrait pas réduire le film à seulement ça. Car Antonioni, refusant les conventions du genre (le rythme est très lent) établi de la fiction s'empare d'un sujet (un homme se fait passer pour un autre) pour le traiter sur le chemin du vérisme et David Locke étant reporter, le film adopte une esthétique documentaire réaliste proche du reportage sur le terrain (technique déjà employée en partie sur Zabriskie Point en 1970 pendant la scène des manifestations etudiantes) : Comme dans la réalité on n'entend guère de musique si ce n'est celle provenant du lieu (une vague flûte dans le désert et c'est tout pendant les 2 heures du film !) et la caméra semble "flotter" comme dans un reportage, comme tenu constamment à l'épaule du réalisateur, celui-ci s'autorisant de nombreuses déviations de l'image.

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La sublime envoûtante et mystérieuse Maria Schneider....

Des déviations où Antonioni semble laisser de côté ses personnages pour admirer et donner à voir au spectateur les lieux alentours, aussi vrais soient-ils (il n'y a aucune reconstitution en studio), ainsi la caméra s'attache à suivre un fil électrique, ou observer le désert où David Locke (génial Jack Nicholson) embourbe sa voiture, ne se souciant guère de ce qui lui arrive. Celà occasionne des fulgurances inouïes d'une rare beauté (la scène du flashback avec le magnétophone qui tourne, Nicholson dans le téléphérique planant au dessus de la mer, Maria Schneider dans la voiture, regardant la route qui défile en arrière) mais l'esthétique du reportage n'est pas oubliée et participe de ces fulgurances car Antonioni va jusqu'au bout de la technique utilisée, n'hésitant pas a effacer le décalage avec la réalité et la fiction en insérant de vraies images d' executions de prisonniers africains (eh oui, et c'est là que le film frappe une première fois le spectateur) aux images tournées pour le reportage de Locke.

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On adopte par là même le regard du réalisateur mais aussi de son reporter, un homme déjà mort. Car Locke est dès le départ un mort en sursis : ayant pris l'apparence d'un mort (Robertson, lui ressemblant étrangement) et s'être fait lui-même passer pour mort (ce qui le débarasse croit-il de sa femme...), que reste il au final ? Un mort + un autre mort ne peuvent que déboucher sur une troisième mort, l'itinéraire de Locke tournant à vide depuis le début qu'il prit cette identité. Au fil du temps, les rapports du journaliste avec la jeune étudiante se modifient pour n'être plus qu'artificiels. David Locke en plus de ne pas comprendre cette identité ne comprends pas plus la trajectoire qu'il a pris : les lieux de rendez-vous de Robertson semblent alors désertés momentanément mais le jeu est faussé dès le départ et croyant pouvoir changer de vie en endossant une autre identité, Locke s'enfoncera toujours plus à travers le néant. Ne comprenant déjà pas les autres peuples qu'il filme et interview (la scène où la caméra se retourne sur le reporter surpris d'être interrogé par celui qu'il devait filmer est révélatrice du personnage), il comprendra encore moins le monde qui entoure. Sa vision est faussée dès le départ mais cette nouvelle identité ne l'aidera guère à changer de point de vue.

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Et comme dans de nombreux films d'Antonioni, le personnage est déconnecté de la réalité ou s'y retrouve successivement coupé. Dans Blow-up (1966), le jeune photographe de mode croyait (de par son métier justement qui consiste a capturer l'image de ses sujets) avoir photographié un meurtre mais au final qu'avais t'il vu puisqu'il n'y avait plus rien ? Seul un instant gravé en lui et une perte totale de rapports avec le lieu (déjà bien shooté le lieu puisqu'on se rappelle des nombreux plans où Antonioni insiste sur les joints et la fumette) qui le fera alors voir des choses qui n'existent pas dans le plan final avec des mimes. Dans Zabriskie Point (1970), le réalisateur opposait la vision de l'opposition d'une certaine anarchie (les étudiants, le héros, la notion de liberté) face à l'ordre (la police, les riches et leurs habitations à construire en plein désert), le tout dans une certaine critique de la société de la consommation (l'explosion finale). Le jeune héros s'inscrivait alors (comme Locke ici) dans une trajectoire du vide : pris pour ce qu'il n'est pas, il sera quand même rattrapé après une brève liaison amoureuse pourtant vouée à l'échec dans le désert.

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Au final, le réalisateur italien livre un film sans artifices, sans concessions, une oeuvre austère et froide comme la mort. Un film qui frappe et laisse durablement un malaise au fond : la première vision laisse fatigué, déprimé car Antonioni à clairement montré l'absence de communication, d'amour, d'identité, bref de vie comme rarement auparavant, et c'est quelque chose que l'on retrouve à un autre stade dans nos petites existences de tous les instants. Puis lentement le film grandit en nous et l'on comprend que l'on vient d'assister clairement à un film incroyablement austère mais riche en lui-même qui exige autant du spectateur que de lui-même pour clairement montrer ce qu'il est, un chef d'oeuvre.

Et zoupla, 2 bonux ! Le premier, c'est le trailer de Profession reporter (The Passenger), le second, la fameuse séquence finale de Zabriskie Point sur fond de Pink Floyd. Bon visionnage...

Posté par Nio Lynes à 17:39 - Espaces lointains - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 11 novembre 2006

Paris, Texas

parishian

Un des plus beaux road movies intimistes qui soient et une palme d' or à Cannes en 1984 amplement méritée.

A la frontière du désert, un homme marche lentement pour arriver dans un bar où a bout de force il s' évanouit. Revenu à lui et ausculté par un des rares docteurs de la bourgade, l' inconnu semble refuser de parler, dans un semi état de choc. On appelle alors son frère Walt qui viendra le chercher pour le ramener chez lui.
Cet inconnu, c'est Travis. Pendant 4 ans il avait disparu ainsi que sa femme et son fils de 3 ans,confié puis élevé chez Walt.
Que s' est il passé pendant ces 4 ans ?
Qu 'est devenu sa femme ?
Son fils Hunter maintenant âge de bientôt 8 ans acceptera t' il ce père inconnu qui débarque dans sa vie ?
Y'a t'il vraiment une ville de Paris au Texas ?



Dès le début, on sait que Travis est un homme solitaire. Campé par l' excellent Harry Dean Stanton (Twin Peaks, Une histoire vraie, Alien), le personnage est taciturne, il n' éprouve pas le besoin de parler, refermé sur lui-même qu'il est. Il ressent les lieux, les errances et l' on sent que tout ça l' a rendu encore plus autre qu' il pouvait l' être 4 ans auparavant et le film adopte son rythme de marche à travers le désert : un rythme lent, contemplatif et généreux.

Paris-Texas tout comme Arizona Dream est une chronique portée sur le rêve Américain vu d'ailleurs et son réalisateur tout comme Kusturica pour Arizona dream est étranger. Oui, Wim Wenders est allemand et il ne faut donc pas s' étonner à ce que le film se dote d' un regard sans complaisance sur le rêve américain ici vécu sous forme de voyage personnel et intimiste, on the road again.
Au contraire de Kusturica qui prenait le rêve américain pour mieux le désenchanter, le film de Wenders en fait un éloge sublimement magnifié à presque chaque plan.
On ne connait vraiment un lieu que quand on y a vécu et partant de cet adage, le réalisateur nous emmène à la fois sur des lieux qu' il connaît (pour voyage mais aussi repérages) mais aussi des lieux rêvés ou lointains tel ce Paris, perdu dans le Texas, ici rien à voir avec la capitale française.

Palme d' or non volée au passage car le film était (presque) parfait : scénario bien écrit (le face à face final entre Travis et sa femme puis son fils avec cette mère qu'il n'a pas connus bouleversent réellement), images magnifiques et dignes des plus grands tableaux américains (c'est bien simple on se croirait devant du Hopper par moments !) et musique à la guitare par mr Ry Cooder auquel Wenders rendra la pareille par le sublime documentaire Buena vista social club... Qui connaîtra aussi la palme ! Décidément, les deux se portent chance.

Un superbe film en 5.1 pour la V.O et 2.0 pour la VF auquel s' ajoute un sympathique livret de 16 pages dans le boîtier en bonus ainsi que sur le dvd, la bande annonce originale et des photos du tournages commentées auparavant par Wenders... Qui parle très bien français en plus.

Superbe film.

Et zoupla, la séquence d'ouverture du film !

Posté par Nio Lynes à 21:22 - Espaces lointains - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 28 juin 2006

Dune la mini série

dunedividi

DvD 1 : partie 1 : 2h40
DvD 2 : partie 2 : 1h50 + bonus...

Attention, morceau de choix. Adapter l' oeuvre d' Herbert tenait du pari risqué, voire franchement casse gueule, étant donné la complexité volontaire de celle-ci. Un de mes amis disait un jour : "Dune, c'est de la philosophie Science-fictionnesque".
En effet.
Quand on plus, on sait que l' histoire de Dune s' étend sur plusieurs génération (l' oeuvre hélas à demi réussie de Lynch ne s' étendait qu' au 1er livre, le plus connu), on comprend bien toute la démesure d' un projet plus facilement retranscrïptible en série voire jeu vidéo...
Car DUNE est à la SF ce que Le seigneur des anneaux est à l' héroïc-fantasy : Un pilier magistral, culte et presque fondateur, et l' on ignore pas le nombre d' écrivains qui furent impressionnés par ces deux oeuvres (l' écrivain francophone Ayerdhal étant d' ailleurs un fan d' Herbert) bien que ni Herbert ni Tolkien n' aient lus chacuns des oeuvres de l' autres, ni se soient influencés...Et pourtant les deux univers ont d' étonnantes ressemblances et points communs...

La mini série de Dune par George Harrison retranscrit bien plus le livre que le film de Lynch même si elle n' est pas exempte de quelques défauts et je parle en connaisseur de cause étant donné que je suis tombé fan depuis très récemment de l' univers de Dune (merci Psyché). Par exemple, le fait que l' utilisation de "la voix" soit moins retranscrite et utilisée que dans le livre et dans le film. Autre petit défaut mais là je chipotte, c'est qu' on aurait aimé que certaines scènes d' action ou d' intrigues soient parfois plus poussées ou plus longues, en témoigne, "l' épisode de la boîte de la peur" (le Gom jabbar) où Paul met sa main. Elle est un peu plus longue et appréciable dans le film de Lynch qu' ici...



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Ce qui frappe dans cette première mini série de Dune (je parlerais bientôt aussi de la suite, "les enfants de DUNE"...), outre l' aspect théatral, voire Shakespearien (nombreux acteurs viennent du théâtre, notamment Alec Newman qui joue Paul Atréïde); c' est les images de synthèses assez soignées qui, même si elles donnent une impression de jeu vidéo rendent bien l' impression que l' on se fait de Dune; mais aussi les costumes, magnifiquement réalisés.



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Costume d' Alia en croquis...

Pourtant DUNE n' est pas facile. Rien dans cette mini série n' a été simplifiée autant que le film (dont Lynch se plaignait : Si on lui avait laissé 2h de plus au 2h de base, il aurait pu prendre les 3/4 du livre voire son essence complète) et il est grandement recommandé de lire un minimum le livre à la base (ou toute autre source de renseignements à même de compléter l'univers d'Herbert) pour suivre et apprécier. Volonté dûe au fait de n' avoir pas envie de gêner les fans ou de les trahir plus aisément compréhensible.
Donc mes amis, pour vous jeter sur DUNE, lisez au moins le premier livre de la saga, et jetez vous sur ce site, immensément utile :
http://www.dunivers.com/ (re-merci Psyché)


http://nouilles.canalblog.com/Spec6.jpg

Sur ce, je vous laisse, je dois aller cultiver de l' épice pour mon seigneur et duc....Bon visionnage...

Posté par Nio Lynes à 18:45 - Espaces lointains - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 22 juin 2006

Passé virtuel

pastvirtual


Acheté à 3 euros dans un magasin de jeux vidéos qui bradait certains dvds plus ou moins nanars, plus ou moins sympathiques (Halloween de Carpenter et Easy Rider de Hopper voisinaient avec Maniac trasher et autres monstres des égouts...) et ayant eu de bons échos de part et d' autres, je m' attendait à un petit film de série B, ce qu'est effectivement le film mais avec un petit plus, ce supplément d' âme qui fascine. Si le rythme avait été plus tenu (rien à dire le scénario est fascinant, sauf dans la fin où l'on manque de s' embrouiller presque), on aurait tenu là, le film culte, celui qui rafle les prix dans les festivals Gérardmer. Même si ce n' est pas un chef d' oeuvre, le film surprend agréablement par son originalité, ce qui est assez surprenant pour une production Emmerich, le Besson américain (vous savez, le gars qui a réalisé Independance Day et Godzilla récemment...) de la série B à budget qui explose de partout.

Richissime génie de l'informatique, Fuller est parvenu à recréer virtuellement l'univers des années 30, dans lequel il peut se projeter. Au cours d'un de ses voyages, il fait une découverte qui lui vaut d'être assassiné avant d'avoir pu en parler à son associé Douglas. Suspect idéal, ce dernier va devoir enquêter dans le passé virtuel...

Sorti en 1999, en pleine période de Matrix, tout comme eXistenZ, ce film n' avait sérieusement aucune chance face au bulldozer des frangins Wachowski qui abordait le questionnement Dickien de la réalité à grand coup d' élu et de mitraillage tandis que Passé Virtuel le traite avec plus de subtilité dans un retournement de situation vers les 3/4 du film, qui prend alors à contre-pied le récit de ce qui ne s' avérait alors au départ que comme une banale enquête policière sur fond de réalité virtuelle. Mais non, et c'est là que le scénariste et les réalisateurs ont misés et réussi, de nous mener en barque dans quelque chose qui va voler en éclat. Comme Alice de l' autre côté du miroir, nous sommes de l' autre côté de la barrière.

Passé Virtuel fait partie de cette vague de renouveau de la science fiction ("marre des vaisseaux spatiaux, la SF c'est pas que ça !" en gros) apparue avec plus ou moins de Brio vers la fin des années 90 qui a donné des films vraiment sublimes comme Bienvenue à Gattaca, The Truman Show (oui c'est plus un drame et un questionnement sur la télé réalité mais a ce stade, c' était encore un peu de la science fiction...Maintenant, la réalité a dépassé la fiction), le remake de "la jetée" par Gilliam L' armée des 12 singes, Cube, Dark City, Ghost in the shell.... Avant de lentement commencer à s' éteindre toujours en nous proposant des films intéressants dans les années 2000 mais moins importants comme L' effet Papillon, Cypher, Simone (encore du Andrew Niccol comme Truman et Gattaca...Fait fort le mossieur)....

Ce qui est intéressant dans le film (et rien que pour ça, il mérite d' être vu), c'est le questionnement sur la réalité par le biais du virtuel, mais aussi l' idée des mondes en vases clos, si proches et pourtant si lointains, un peu le genre d' idée qu'on aurait pu développer pour Matrix Revolutions, la suite mollassonne du deuxième volet déjà pas terrible du premier film de matrix...Vous savez, quand Neo sombre dans le coma (déconnez pas merde, vous avez quand même dû en voir un extrait)... Et se retrouve dans un autre monde. A ce moment là j' ai pensé "qu'est ce que ce serait génial si on apprenait qu'il y a des millions de matrices différentes et que le coma de Neo lui permet d' en changer". Bien sûr, celà aurait été un risque, un piège tant pour le scénario que pour le film mais cela aurait donné quelque chose de moins fadasse que le résultat obtenu. Bref là le spectateur pouvait aller plus loin que le film et un film qui permet de pousser son spectateur plus loin, ça s'appelle un chef d'oeuvre...

Aie aie, je m' excuse, c'est ma grande marotte ça, de taper sur les ambulances Matrix, je suis désolé, je reviens à Passé virtuel. Une autre chose m'a troublé après le film, et j' ai pensé que les personnages virtuels ont leurs vraies vies parce qu'elles leurs ont été programmés, ils n' ont pas conscience qu'il existe un monde au délà du leur où ils ne sont, eux, que simulations, mais nous, ne le sommes nous pas ? Qu'est ce qui nous permet de penser que nous ne sommes pas des simulations pour  des joueurs qui se transféreraient dans nos corps, à notre époque comme les personnages du film se transfèrent aux années 30 ?

Se poser ce questionnement après coup, comme après eXistenZ, montre qu' effectivement avec un simple film, il y a matière a réfléchir là dessus.

Hmmm juste revenir à une comparaison avec Matrix, il y en a une, mais elle est minime : Dans Matrix, le monde de la matrice est représenté de teintes verdâtres et de monde uniformisé (référence aux circuits intégrés, à la technologie etc, on s' en seraient doutés) tandis que dans Passé Virtuel, le monde des années 30 se dote d'un léger voile de Sépia (clin d' oeil aux vieilles photographies) qui n' en tache pourtant pas la vision.

A part ça, ma sympathie va plus à ce film qu'a Matrix même si le premier reste un divertissement sympathique lorgnant un peu trop sur les jeux vidéos et l' animation japonaise (oubliez les suites).

Voilà, regardez Passé Virtuel, prenez du bon temps, soirée pop corn si vous voulez, mais vous passerez un moment bien agréable avec un (très) bon film de série B qui gagne à être plus connu.

J' espère ne pas avoir trop dévoilé le film...

Posté par Nio Lynes à 13:31 - Espaces lointains - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 5 juin 2006

Alien - Quadrilogie

DvD 1 : Alien le 8e passager

  • Version cinéma 1979 (1h52)

  • Version Director's cut 2003 introduite par Ridley Scott (1h51)

DvD 2 : Alien , les bonus.

  • 3 documentaires

  • 6 courts métrages

  • ébauche du scénario (en fait l' intégralité du story-board !)

  • 35 galeries d' illustrations

  • Essais caméra de Sigourney Weaver

  • Séquence multi angles

  • 7 scènes inédites et coupées.

DvD 3 : Aliens.

  • Version cinéma 1986  (2h11)

  • Version longue 2003 (2h28)

DvD 4 : Aliens, les bonus.

  • 11 courts métrages

  • 26 galeries d' illustrations

  • scénario original

  • Animatiques multi angles vidéos

DvD 5 : Alien 3.

  • Version cinéma 1993 (1h50)

  • Version longue remodelée (2h28)

DvD 6 : Alien 3, les bonus.

  • 12 courts métrages

  • 7 galeries d' illustrations (notamment les nouveaux travaux de Giger !)

  • 9 galeries photos

  • 10 galeries storyboards

  • Séquences multi angles : eev bioscan

DvD 7 : Alien, la resurrection.

  • Version cinéma 1997 (1h44)

  • Version longue introduite par Jean Pierre Jeunet de 2003 (1h51)

DvD 8 : Alien, la resurrection : les bonus.

  • 9 courts métrages

  • 1 documentaire

  • 1ere ébauche du scénario

  • 3 essais caméra

  • extraits storyboard

  • 20 galleries d' illustrations

  • séquences multi angles

DvD 9 : DvD Bonus.

  • les 27 bandes annonces ( !!!) des 4 films

  • Les spots TV des 4 films.

  • 5 documentaires

  • Gallerie d' illustrations

  • Archives des lasers discs d' Alien et Aliens.

Wouah. Beh, ça c'est du coffret qui "déchire sa race trop dla balle".

Que dire, que dire....?

A la base, j' ai été fan de la saga Alien bien avant de connaître l' oeuvre du grand artiste suisse H.R.Giger , ce qui n' a en rien heuresement entaché mon opinion à propos de la saga. Ayant les versions vidéos des 4 films ainsi que le documentaire de près de 2 heures "the Alien Saga" (passé il y a quelques années sur le cable, sur Canal Jimmy je crois) et tout ce qui pouvait de près ou de loin se rapporter à la saga (à propos, saviez vous que Blade Runner de notre cher Ridley Scott reprenait des images d' Alien et de Legend ? Scott disait avoir pour but au début de sa carrière de créer une sorte de continuité cinématographique dans son oeuvre. Je ne sais pas si il a poursuivi par la suite mais l' idée en soi était intéressante); j' attendais quelque chose de consistant de la part de la Fox.

Il y avait eu un premier coffret dvd. Alien Saga (4 dvd) ou Alien Legacy (le même qu' Alien Saga mais avec un dvd en plus entièrement consacré aux bonus) mais alors là....

Cette fois, la Fox a fait les choses en grand. Plus de 75 heures de programmation.

Alors que dire...? (Je sais je me répète...Je vieillis... -_-)

Déjà pour les 4 films, on a le son stéréo 5.1, que ce soit la piste anglaise ou française, ensuite on a le THX pour Aliens et le 5.1 DTS pour Alien et Alien Resurrection, ce qui n' est pas négligeable, surtout pour le premier Alien qui a déjà plus de 20 ans. Et si il n' y a pas le DTS pour Aliens et Alien 3 c' est plus à cause d' un manque de place technique (ils ont préférés utiliser à fond plus l' aspect visuel que sonore (qui n' est néanmoins pas en reste heuresement) sur les quatres films et ça se voit : l' encodage est parfait. Pas un problème ou un pixel fou qui surnage dans un coin) que d' un souci volontaire de causer des problèmes aux utilisateurs.

Les menus sont agréables à naviguer et reprennent le logo et les symboles utilisés dans les 4 films par la compagnie, la Weyland-Yutani avec, clin d' oeil sympathiques aux films, la même palette dominante de couleurs... Jaune fluo comme le terrifiant oeuf de la mythique bande annonce pour Alien, Bleu froid et inquiétant d' Aliens pour celui- ci, Orange et sépia pour le drame horrifique et sombre du 3e opus et enfin, vert fluo cybernétique pour la résurrection. Et encore ! Là ce n' est qu' un détail de fan comblé qui chipote !

On passe aux films ? Chic, chic, chic !

Tous sont remastérisés intégralement et ça fait frissoner (ronronner dans mon cas...) de bonheur. Dans la version director's cut d' Alien, l'ami Ridley introduit le film (pour ceux qui ont déjà vu alien version de 1979 et voudraient redécouvrir le premier opus de la saga sous un autre oeil) et l' on peut voir --comme pour toutes les autres versions remodelées des films-- des images coupées au montage et disponibles uniquement que sous la formes de rumeurs et autres séquences disponibles (si vous aviez un peu de chance) en cherchant bien sur le net.

"Mettons fin aux rumeurs, voici les faits !"

Les versions les plus intéressantes modelées sont bien évidemment Aliens et Alien 3 où l' on peut enfin apprécier une version d' Aliens jusqu' alors uniquement disponible sur laser disc où l' on apprenait que Ripley avait une fille mais aussi voir la base des colons avant l' attaque des aliens, ou même les parents et le frère de Newt découvrant le vaisseau spatial d' Alien le 8e passager...

Pour Alien 3 film épreuve de force traumatisante pour David Fincher qui par la suite le renia, on pourra apprécier largement de nombreuses scènes inédites que peut- être il aurait apprécié de mettre dans le film. Ainsi donc, saviez vous que ce n' est plus un dobberman que l' Alien explose mais un énorme boeuf sombre ?

Pour Alien Résurrection, on à droit à une introduction de Jean Pierre Jeunet (qui nous conforte dans le fait qu' on a un foutu accent quand on essaye de parler anglais...) et à de nombreuses scènes et dialogues rajoutées (ce qui occasionne une baisse légère du son si on écoute bien). Le générique est changé par une autre séquence pas si bien foutue que ça hélas. Marrante certe mais je préfère celle de la version originale de notre 4e opus. Chut, je n' en dis pas plus...

"Je suis la mère du monstre."

Pour les bonus, on est plus que latgement gâtés et encore, je n' ai pas tout vu, c' est vous dire... Le 9e dvd bonus est un pur moment de régal : on a droit à toutes les couvertures des comics Alien sortis après Aliens et qui sortent encore de temps en temps en Amérique et en France (cherchez bien chez Dark Horse Comics). Certaines sont vraisemblablement sublimes, en témoigne celle de Mike Mignola (Hellboy) par exemple. Les B.A permettent de voir l' évolution d' une série, d' un style, décennies après décennies, la collection de l' historien est sublime (j'en dis pas plus non plus...) et les archives laser discs feront comprendre aux plus jeunes ce que pouvait être l' ancêtre du dvd avec là encore, pour peu que vous compreniez la langue de "Shake Spear" (de la famille à Britney...) de bons morceaux intéressants....

 

Un morceau de choix assurément.

Voire même un indispensable....

 

Les Japonais (toujours privilégiés eux, c'est pas juste !) ont eu droit au coffret comme ça :

Posté par Nio Lynes à 01:50 - Espaces lointains - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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