Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

mercredi 30 septembre 2009

Rêves

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Dreams
("Rêves", 1990) est l'un des derniers films d'Akira Kurosawa et occupe pratiquement une place à part dans l'oeuvre du maître que l'on sait partagée d'un côté par les grandes fresques lyriques et des films plus intimistes. En 1970, "L'empereur" sortait Dodes'Kaden, passage définitif à la couleur mais aussi, ouverture d'une nouvelle ère crépusculaire tant pour ses films que sa propre vie puisqu'auparavant, il eut le temps de rompre sa relation professionnelle avec Toshiro Mifune mais aussi, de rompre avec la Toho qui produisait ses films jusqu'ici. La décennie des années 60 est aussi synonyme des années de la nouvelle vague japonaise (avec Nagisa Oshima ou Kiju Yoshida) et des productions indépendantes moins coûteuses et plus rapides à mettre en place. Pour un vieux loup des studios comme Kurosawa, il devient dès lors plus difficile de tourner, d'où l'écart de 5 ans entre Barberousse (1965) et Dodes'Kaden. Et quand ce dernier sort au Japon, c'est dans une totale indifférence puisqu'on y considère le cinéaste (alors âgé de plus de 60 ans) comme complètement dépassé et hors-circuit.
Le coup est rude mais ce ne sera hélas que le premier d'une longue série à venir de cette période noire de sa vie et de ses films. Il est probable que cet échec l'ait poussé à une grave déprime puisque le 22 décembre 1971, il tente de se suicider.

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La fameuse image reprise pour l'affiche du film. Et c'est vrai que c'est un passage magnifique...

"Sans Toshiro Mifune, l'oeuvre va changer de visage. La perte de l'acteur, dont l'énergie à jouer ses personnages était fédératrice du mouvement et du rythme tant sa personnalité imprégnait les films, va amener Kurosawa vers autre chose. Soit vers la peinture d'un monde privé d'énergie, mais nuance, non privé de ressources --Dodes'Kaden ou les vertus de l'imaginaire et de l'imagination, Dersou Ouzala ou l'expérience de la nature, Madadayo ou les vertus de la sagesse et de l'autodérision-- soit vers la peinture d'un monde dont l'énergie globale le fait basculer dans une entropie destructrice : Kagemusha, Ran, Rêves. Sans Mifune, l'action, y compris celle de la guerre, se transforme en tableau. La peinture de l'action prime sur l'action elle-même. L'acte cesse d'être individuel (un exploit personnel) car aussitôt ressaisi dans une vision. Le regard du peintre a toujours existé, mais sans Mifune et avec l'usage de la couleur, il se voit davantage. Le tableau l'emporte sur l'action tout en révélant sa beauté, son sens profond, sa vraie nature aussi, portée, cela n'est pas nouveau, vers d'autres rives que celles du réalisme."

("Akira Kurosawa" par Charles Tesson, collection Grands cinéastes, éditions Le Monde/Cahiers du cinéma)


Rêves, composé de 8 histoires courtes, autant de rêves en soi, est bien une peinture.
Ou plutôt une collection de peintures où plane étrangement la mort, la rédemption, les regrets, l'abandon... Mais ce qui marque et qu'on retient, tout autant que la fureur quasi-apocalyptique qui baigne Ran, c'est bien l'odeur de la Mort.

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2e rêve : "Le verger aux pêchers."

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(Image 3, rêve 4...)

Toutes les histoires de "Rêves" n'évoquent presque que celà quand elle n'est pas citée indirectement. Du petit garçon qui, sommé de répondre d'avoir bravé un interdit qu'on oblige à se faire hara-kiri (ou bien vite courir demander pardon sous l'arc-en-ciel --cf, image 1) aux soldats morts pendant la guerre là où leur supérieur est l'unique survivant bourré de remords (3e image, 4e rêve : "le tunnel") en passant par la prémonition (liée à la folie et à la création) de la mort de Van Gogh ("Les corbeaux") --il se perd littéralement dans la peinture et le rêveur/promeneur est éjecté de la toile dès que de noirs corbeaux surgissent face à la disparition au délà de l'horizon du peintre-- ou la mortelle folie d'un nucléaire qui détruit la petite île du Japon ("Le mont Fuji en rouge"). Etrangement, tous les rêves fonctionnent à la fois comme des peintures (et l'on sait que Kurosawa dessinait et peignait beaucoup au passage) et du théâtre. Personnages disposés comme des touches de couleurs sur le fond vert des collines pour "Le verger aux pêchers", traitement du bleu et de sa couleur opposée le rouge ou bien alternance du bleu avec le vert pour "Le tunnel", cadre restreint de chacune des histoires et impossibilité pour les protagonistes de sortir véritablement de la scène, réduction même des personnages à l'écran, fantaisie bricolée des décors (les pissenlits géant de "Les démons gémissants", le Japon réduit au Mont Fuji et la mer dans "Le mont Fuji en rouge" !).

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(Images 4 et 5 : Hommage littéral à la peinture où le promeneur/spectateur rentre directement dans l'univers de Van Gogh --"Les corbeaux"--. Sans doute le meilleur moyen d'initier à la peinture, non ? smileycoeur)

Si le film est comme de la peinture, est-ce alors regarder de la peinture ? Oui et non. La différence entre de la peinture et un film tient essentiellement au cadre et au mouvement comme on le sait. Si l'on regarde une toile, son histoire est inscrite dans un cadrage qui englobe et totalise la vision du peintre, créateur omniscient qui choisit de donner un point de vue, qu'il soit d'ensemble ou très rapproché (on pourrait considérer la peinture abstraite comme des gros plans incisifs de détails extrême mais je laisse cette réflexion à d'autres). Le film est dans une optique similaire mais inclut le mouvement à l'écran là où l'esprit reconstituait ce qu'il captait (voir la très belle scène de "Solaris" de Tarkovski où les divers points de vue d'un tableau de Brueghel semblent prendre vie par l'apport du son. Mais c'est une scène mentale car ce qui a existé et qu'on entend n'existe non seulement plus à cette époque futuriste mais est aussi une recréation de celui qui voit, c'est à dire Kris et nous avec lui) sur la toile. Evidemment la comparaison avec la peinture sied à moitié au film de Kurosawa même si il la concerne. Les mauvaises langues auront tôt fait de me dire que "c'est certes beau comme de la peinture mais c'est justement aussi chiant que certaines peintures". Là, même si je serais tenté de répondre positivement au regard de certaines histoires plus faibles que d'autres subjectivement (je peux aimer un des rêves que vous détesterez profondément parce que votre sensibilité ne s'accorde pas à la mienne à ce moment là), je pourrais aussi dire que celà dépend de qui regarde, comment il regarde et qu'est-ce qu'il comprend de ce qu'il capte. Si dans un musée, vous flânez et n'accordez que peu de temps aux oeuvres, évidemment ça pose problème. Maintenant si vous êtes comme Kim Novak, des accros du portrait de Carlotta Valdès et que vous essayez de creuser vraiment loin une toile et ce qui s'y rattache, on peut aller très loin.
Attention toutefois à ne pas pousser l'identification à la toile trop loin. ironique

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(Images 6 et 7 : Incandescence de la couleur rouge poussée à bout --"le mont Fuji en rouge")

C'est aussi un peu le défaut de ma chronique, aller quelque part en partant du film et ne plus savoir où l'on arrive au final, un peu comme dans une peinture comme l'oeil est captivé et ne peut plus décrocher ou ces rêves inachevés qui se terminent souvent sur rien, parce que le cerveau patine dans la semoule ou qu'on se réveille brusquement, évidemment au moment où l'on avait LA clé, l'explication du rêve (à croire que c'est toujours comme ça). C'est ce qui rend certaines toiles comme certains rêves (et cette chronique je suppose) frustrants, mais à l'image des captures, que pouvait-on dire de plus sur un film peu linéaire (on pourrait inverser l'ordre des 8 histoires que ça ne changerait pas grand chose) et qui possède ses propres clés ? "Rêves" demande du spectateur un peu d'exigence et d'indulgence. C'est sans doute le prix à payer pour apprécier pleinement cet étonnant et beau film au délà de ses images qui marquent vraiment.

Et là, je vais vous laisser, le dormeur doit se réveiller.... ironique


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jeudi 4 juin 2009

Terminator renaissance

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2018. La guerre contre les machines, menées par Skynet, fait rage. La résistance menée par John Connor (Christian Bale) ne desespère pas et survit par tous les moyens. La trouvaille d'une fréquence coupant toute action des machines pourrait s'avérer un tournant dans cette guerre fratricide...

Je ne suis pas un fan avéré de Terminator pour pointer régulièrement les erreurs de tel ou tel volet qui viendrait après le/les films de Cameron (on ne parle donc pas d'un fan de terminator mais d'un Carmeronator dans ce cas là, blague nulle à part.), la preuve étant que, contrairement à beaucoup, j'ai vraiment bien aimé le 3e volet réalisé par Jonathan Mostow. Si, si, il était bien ce 3e Terminator. Et puis il était bien chouette hein. La chronique livrée en lien pourrait peut-être vous en convaincre. Ou pas. agnaaa

Il s'avère par contre que je suis un grand fana de Science fiction, genre littéraire et filmique que je suis régulièrement depuis ma plus tendre enfance même si, mon champ d'action s'est considérablement élargi et je sais reconnaître un bon livre/film malgré ses défauts. Commençons donc par les défauts (subjectifs, encore que...) de ce 4e volet qui amorce en fait une nouvelle trilogie : d'abord la photographie grisâtre/émaciée/terne de l'image. Bon on sait que le futur c'est pas rose (humour), mais quand même... Où sont passés nos tons si bleutés néons-80's si chics pour échapper aux lasers de la mort (manquait plus que Cameron et Mostow mettent un peu de disco et ça y est, c'est reparti pour danser toute la nuit) ? Beh en fait, on est qu'au commencement de la guerre. Ah. Mouais. Mais bon, c'est compréhensible quand on pense que chacun des volets posait un jalon de plus dans l'histoire Skynet versus machines, le 3e volet montrant largement plus que les 2 précedents, l'évolution du bidule. Jouez-vous du futur, il vous reviendra dans la gueule au plus que parfait du subjonctif.

L'autre gros défaut, c'est les coupes éffectuées par le studio. Visiblement, tout film atteignant maintenant 2h peut, dans la logique commerciale, tenir du suicide. Mais oui, rendez-vous compte, 2h, ça fait moins de séances en salles. Et donc moins de pognons. Et tant pis si des personnages sont plus développés que d'autres, hélas, faut qu'on coupe, vite, vite ! Et tant pis pour le spectateur aussi. Il se rattrapera sur le dvd.
Si il habite en Amérique.
Vous n'êtes pas au courant par les nouvelles politiques des grands studios concernant les dvds et Blu-ray disc ?
Je viens de l'apprendre aujourd'hui en même temps que la triste disparition de David Carradine (Bill dans "kill bill" de mister Tarantino. R.I.P David) : apparemment, pour un film trop long, on projette de mettre la version longue en vidéo. Celà, c'est la théorie. Dans la pratique, ce n'est que faisable pour les U.S.A souvent, en témoigne Watchmen qui aura sa version longue uniquement aux U.S. De quoi être de plus en plus dégoûté par le cinoche...

Bref, des coupes, un montage qui s'en ressent. Et puis, nouvelle trilogie oblige cette fois dans le futur, la fin est changée. Sans vous raconter les détails et le plaisir du film, normalement ça se terminait très méchamment pour John Connor, du moins, conformément à la sinistre prévision donnée dans le 3e terminator (qui n'a pas dû plaire justement à cause de son aspect très sombre sous le vernis). Si vous vous rappelez du film de Mostow, je crois que vous comprendrez aisément...

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C'était les point négatifs.
Pour le reste, comme je ne m'attendais pas à ce nouveau volet et que j'en attendais quasiment rien, c'est un bon divertissement. Voire même très bon.

Bien sûr, celà n'atteint pas le niveau d'excellence des autres volets, mais celà reste très bon et même si certains personnages ne sont pas plus développés (Bryce Dallas Howard, enceinte, reprend le rôle de Claire Danes du 3e volet, à savoir, la compagne de John Connor. Le rôle n'est pourtant pas aussi développé qu'on l'aurait espéré, la faute aux coupes), le trio de base, à savoir Kyle Reese (LE Kyle Reese du premier film de Cameron --bon, c'est plus Michael Biehn mais quand même-- ! Eh oui, la boucle se rejoint puisqu'on est dans le futur, les références deviennent pour le moins inévitables et sont du reste, assez bien traitées), John Connor (Christian Bale qui nous a habitué à mieux est curieusement, un peu en sous-régime, comme si le rôle de leader de l'humanité semblait trop important pour qu'il ne le prenne qu'autrement qu'avec humilité. Néanmoins, on ne le dira jamais assez, Christian Bale est un des meilleurs acteurs de ces 20 dernières années. Christian, j'ai foi en toi) et Marcus Wright, LA grande surprise de ce volet, joué par un Samuel Worthington tout simplement épatant. Bien sûr, ce rôle de machine qui a les souvenirs d'un humain et s'interroge sur le sens à donner à sa vie n'a pas la valeur métaphysique d'un Ghost in the Shell (de Mamoru Oshii), on est dans un blockbuster après tout, mais l'acteur délivre une composition suffisamment fouillée pour qu'on y croit. Et la magie du cinéma fait le reste. Et c'est justement pour cet aspect intéressant dans le cadre du cinéma Hollywoodien (comment une machine conçoit t-elle son existence ?) que j'encouragerais à voir le film. Celà et aussi les quelques guest-stars invitées qui font office de relais avec les anciens volets, en témoigne un Michael Ironside qu'on croyait disparu depuis des décennies (son dernier rôle mémorable c'était dans Starship Troopers non ? Bon là, il a un petit rôle. Il semble fatigué Michael. Mais ça fait plaisir de le revoir, même over-maquillé). Et puis devinez quoi ? Séquence hautement jouissive, l'apparition furtive de notre ancien (body)building Autrichien désormais gouvernator de Californie.
Non, vous ne revez pas.
Rien que pour ça, croyez-moi, surtout si vous êtes d'anciens fans de Schwarzy, c'est un petit plaisir coupable dont on ne peut pas se passer. Pour le reste, un bon divertissement tout comme l'étaient les autres films de la saga. Bref, 4e volet et encore aucune fioriture. J'en redemande.

Ce n'est pas la fin, celà vient juste de commencer...

Edit : Une petite précision qui a son importance : chacune des scènes d'actions sont lisibles, ce n'est pas un de ces films next-gen avec la caméra qui bouge tout partout (quantum of solace ? :) ) rien que pour le spectateur vomisse tout son quatre heures et ait mal au crane. Bref, de l'action comme à l'ancienne, que demande le peuple ? agnaaa

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lundi 23 juin 2008

Jusqu'au bout du monde...

"Blood of eden" de Peter Gabriel (en live siouplaît) à télécharger et écouter avec la chronique. (mp3/itunes/real player)


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Dans un futur proche (que Wenders situe en 1999 --il tourne le film en 1991), un satellite menace de s'écraser dangereusement sur Terre et les gouvernements optent pour la solution de le détruire par missile nucléaire même si la peur des retombées et conséquences imprévues rôdent. Claire Tourneur (Solveig Dommartin, la belle brunette du merveilleux "les ailes du désir"), elle, s'en fout, elle vit au jour le jour et espère l'aventure. Sur sa route, elle croise deux braqueurs de banque en cavale et décide de les aider à convoyer l'argent pour pimenter sa vie. Sur le chemin, elle tombe amoureuse d'un inventeur en fuite (William Hurt) recherché un peu partout pour avoir crée une machine qui permettrait aux aveugles d'avoir des images du monde à partir des souvenirs de celui qui prend les vidéos. Claire suit alors cet homme dans une quête aux 4 coins du monde...

Longtemps préparé par Wim Wenders (près de 3 ans de préparations), ce film se présente comme son ultime road-movie (et de l'avis de beaucoup comme son dernier bon film. Perso, je n'en sais rien, je n'ai vu ni "Land of Plenty" (2003) ni "Don't come knocking" (2005)) et pour bien nous le signaler, Wenders décide de mettre tout le paquet à tous les niveaux.

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D'une part dans la durée, Wenders se permet un peu tout, donnant à son film les allures d'une fresque de près de 3h... en version courte. La version Director's cut elle, dure près de 5h et n'est disponible qu'en Italie à ce qu'il semblerait. Du coup, comme le film est raccourci, on a droit à une voix-off qui pour une fois passe bien, le film ayant par moment des allures de films noirs, film policier en couleur avec cette piste d'un homme qui saute de pays en pays au risque presque d'y laisser sa peau, celà dans la seule finalité de ramener des images du monde pour sa mère aveugle (Jeanne Moreau) avec son invention (qui ressemble à un casque de réalité virtuelle). Le fait que ce soit un film de SF permet au réalisateur d'aborder une fois de plus sa thématique de l'image (déjà bien abordée dans Alice dans les villes et L'état des choses) avec la vidéo et toutes les visions que peuvent donner ordinateurs et écrans de contrôle vidéo. L'image de synthèse fait même une courte apparition (non dénuée d'humour) chez lui, pourtant pas spécialement du genre à en mettre.

D'autre part, fresque oblige où le monsieur décide de se donner à fond = casting royal, qui touche presqu'au n'importe quoi que c'en est des plus réjouissants. Ainsi on croisera Solveig Dommartin, William Hurt, Sam Neill, Max Von Sydow, Jeanne Moreau, Chick Ortega, Rüdiger Vogler (le Philip Winter d'Alice qui reprend presque le personnage avec le même nom, alter-ego une fois de plus de Wenders dans cette longue quête), Eddy Mitchell (pour un rôle d'à peine 5 minutes, c'est fou...), Samuel Fueller, Tom Waits (on le voit juste une seconde, il est pas crédité au générique donc faut pas le louper !) et j'en passe, j'en passe....

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Dans la musique, le père Wenders s'est aussi sacrément fait plaisir (et nous avec) : REM, U2, Peter Gabriel (dont je vous ai uploadé le morceau en haut), Graeme Revell, Elvis Costello, Patti Smith, K.D.Lang, Elvis Presley, Lou Reed, Nick Cave, Depeche mode, Julie Cruise (on se demandait ce qu'elle devenait depuis David Lynch elle), Talking Heads, Neneh Cherry, des chants de pygmées... Quasiment tout y passe dans la fresque de l'ami Allemand (enfin... Ami Américain maintenant pour reprendre le titre d'un de ses --meilleurs-- films).

Mais avec tout ça, n'aurait-il pas eu les yeux plus gros que le ventre ? On peut légitimement se poser la question, la réponse étant oui... et non. Oui, parce que dans sa dernière partie, le film s'enlise un peu, fait du surplace (en même temps, il a bien tenu les 2h précédentes donc ça va) or Wenders est un cinéaste principalement de l'errance, du déplacement des corps, du mouvement (n'oublions pas qu'il créa un temps une boîte nommée "road-movies" !). Si surplace il y a, celà doit être au profit d'une esthétique, d'une vision métaphorique digne des plus grands cinéastes (ce n'est pas pour rien que "Les ailes du désir" est dédié à un certain Andréï Tarkovski), voire d'une réflexion qui appuie cette immobilité (L'état des choses, immense film trop méconnu dont je parlerais un jour ici). Il y a pourtant dans cette dernière partie, de nouvelles pistes interessantes données (les lunettes virtuelles en plus de prendre des images pourraient capter les rêves des personnes pour les donner aux aveugles ou --idée dangereuse donnée par Hurt en argument de sa fuite-- être vendus aux chaînes télés, lesquelles ne respectent que le dieu Money, celui décrié par la bande de Roger Waters en 73...) mais hélas pas toujours poussées à bout (on sent que dans cette version raccourcie Wenders à dû faire de sévères coupes et que ça l'embêtait un peu de couper)...

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Et en même temps non parce que le film tient remarquablement la route et qu'il fallait une bande-son et une histoire comme ça, il fallait du temps pour raconter ce road-movie ultime qui ne peut être dépassé que par un versant purement contemplatif (comme "Gerry" de Van Sant ou le --sublime, si si-- "Electroma".... des Daft Punk. --on ne rit pas là bas). Et rien que pour ces idées, ses ambiances, on aime le film de Wenders. Pas un chef d'oeuvre non, juste un grand film barré qui ose clamer son existance. Et on est content au fond qu'il soit là, il est attachant, imparfait mais sympathique. Il nous en faudrait plus des films comme ça, des projets légèrement Ovnis...

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mercredi 18 juin 2008

Alice dans les villes - 1974.

"Things behind the sun" de Nick Drake à télécharger et écouter en lisant la chronique (format mp4 / itunes).


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Philip, un journaliste allemand censé écrire un papier sur les Etats Unis connaît hélas le syndrôme de la page blanche. Doutant de tout face à ce pays qui le déboussole, il ne peut que prendre des polaroïds, cherchant à y démêler la réalité de ce qu'il voit espérant y trouver l'inspiration. N'ayant plus un sou en poche, il doit alors rentrer et c'est ainsi qu'a l'aéroport, il fait la connaissance de la petite Alice et de sa mère eux-aussi attendant un avion pour rentrer. Philip sert alors d'interprète pour cette famille ne comprenant pas un mot d'anglais mais en vain puisque tous les départs pour l'Allemagne sont annulés. Ne reste plus qu'un grand détour par la Hollande et l'attente d'une nuit en hotel pour Philip, la mère et sa fille. Bientôt, Philip se retrouve seul avec la gamine sur les bras. Commence alors un road-movie étrange et tendre pour deux marginaux...

En 1974, Wim Wenders réalise, en réaction à "la lettre écarlate", cet "Alice dans les villes", véritable remise en question de son travail cinématographique qui arbore ses principales préoccupations : le mythe de l'Amérique et de ses illusions, la fiction au sein du cinéma, les intéractions des différents médias au coeurs des relations humaines et bien sûr le rapport au vécu à travers les errances/itinérances de ces personnages dont Paris-Texas sera la brillante apogée.

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Il faut dire que le réalisateur Allemand (maintenant Américain, Wim a succombé à sa passion pour l'Amérique on va dire...) détesta profondément sa lettre écarlate, adaptation littéraire qui curieusement chez lui semblait des plus figées. Wenders se disait perdu au coeur d'une fiction dont les gens se fichent un peu. Il fallait recentrer vers quelque chose de plus Wendersien d'où cet Alice, parfaite réussite qui peut se voir comme le grand frère de Paris-Texas. Sur ce film, exit la couleur, place au noir et blanc (Robby Müller son directeur photo depuis toujours accomplit là un travail digne de Sven Nykvist, le chef op' du regretté Bergman même si les photos n'en rendent que peu compte) et à une histoire qui sort des cadres habituels. Quête existencielle et métaphysique tout en étant un road-movie tendre et sentimental (mais pas niais attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit) autour d'un photographe/écrivain/journaliste en quête de réponse (Philip Winter dont le nom et le personnage reviendra souvent dans la carrière de Wenders, sorte d'alter-ego de celui-ci au même titre que le Friedrich Munroh de "L'état des choses") et d'une petite fille boudeuse et têtue.

Quête qui permet à Wenders de questionner la photographie par le biais des polaroïds que prend Philip, lesquels lui offrent "une image toujours aussi belle mais une image vide" comme dira la petite Alice auquel Wenders, par ses dialogues donne quelques pistes de réflexions. Effectivement, l'image d'un monde ne peut se substituer vraiment à celui-ci et l'expérience du réel ne peut que se faire par le biais du vécu. C'est ce qui attend Philip en acceptant d'abord contre son gré, puis par jeu, de s'occuper de cette fillette qu'on lui a laissé sur les bras : En s'occupant de cette fille comme un père, il ne se replie pas en lui-même comme au début du film ou ne se réfugie pas dans les images mais s'ouvre bel et bien aux autres.

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Le film est d'une telle richesse dans ce qu'il offre qu'il donne de nombreuses pistes de réflexions en plus d'une histoire passionnante. En cherchant la grand-mère de la gamine (prétexte, on le comprendra bien vite plus tard), c'est seulement lui qu'il cherche. Quête d'ouverture, de la paternité, réflexion sur l'image, la photographie, road-movie contemplatif, illusion Américaine apposée à une Allemagne bien vivante, tout donne le tournis en grattant sous le vernis filmique. Il faut noter aussi une musique à la guitare accoustique très proche du folk débroussaillé d'un Nick Drake période Pink Moon ou du Nick Cave de "L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford" , très belle, calme et mystérieuse, fascinante. On est une fois de plus pas loin du Ry Cooder de Paris-Texas, d'où le "Grand frère" de celui-ci.

Mais plus que tout, c'est un superbe film qui mérite d'être redécouvert.

Et par chance, le dvd sortira enfin chez nous avec 3 autres Wenders réedités (mais encore jamais sortis en dvd !) vers septembre-octobre 2008. La fin de l'année s'annonce grandiose je le sens.

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lundi 3 décembre 2007

2001, l'odyssée de l'espace

Thème du monolite à chopper et écouter avec la chronique.

(Requiem for Mezosopprano par Ligeti. Vous mettre le "also sprach Zarathusta" de Strauss, archi connu au demeurant aurait été trop simple, non ?)


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C'était une gageure insensée de réaliser une oeuvre évoquant l'Humanité de la préhistoire au XXe siècle, voire au délà et pourtant, Stanley Kubrick avec l'aide du romancier (ici scénariste) Arthur C.Clarke s'y était risqué en 1968, changeant du même coup toute l'approche de la Science Fiction pour les décennies à venir. Il y a bien un "avant 2001" dans la SF, comme un "après 2001" et même les oeuvres les plus intéressantes de l'avant (je pense notamment à "Planète interdite") n'atteignaient pas ce niveau de modernité, de précision, de pure beauté tout comme les oeuvres de SF sorties après s'en sont rarement approchées ou sur d'autres plans (comme Alien qui subjectivement, d'un certain point de vue esthétique écrase encore aujourd'hui de nombreux films doppés à l'image de synthèse), à part de rares films de certains réalisateurs (dont Mamoru Oshii).

"2001" comme on le surnomme plus simplement (vu que la date fatidique est passée) a fait rentrer la SF dans l'âge adulte depuis près de 30 ans qu'il est encore désolant par moments de constater que le genre en lui-même reste encore à part, coincé entre la frilosité des lecteurs/spectateurs comme des critiques/producteurs/éditeurs/auteurs. 2001 lui-même reste encore un part dont le degré de perfection ne l'a guère fait vieillir. Depuis 68, l'oeuvre reste énigmatique, fascinante, contemplative et belle et l'on aura de cesse de visionner le Kubrick's cube, rien n'y fait (tenez, moi ça doit bien être la 15 ème fois que je vois le film. De plus en plus beau au fur et à mesure que la technologie évolue, tiens. En VHS c'était déjà beau, en dvd c'est supra-beau.)...

2001singe

Y'a t'il une clé pour décoder 2001 ? Non.

Ou plutôt si.

Vous.

Le film se construit sur l'interprétation très personnelle que chacun à en lui (alors que le livre fournit une réponse claire ce qui n'est pas forcément la meilleure chose) : Je me rappelle en avoir discuté il y a quelques années avec mon père, il en avait compris qu'a la fin, l'astronaute Dave Bowman avait subi une distortion du temps et remonté jusqu'au XVIe siècle, quand à moi j'avais plutôt cru qu'en allant aussi loin, il avait atteint un espace infini dans un monde parallèle qui l'effaçait successivement face aux autres lui-même afin de renaître... Et je pense que bien d'autres ont pensé à un moment leur propre interprétation du film face à la fin terriblement ouverte que le maître donnait.

Déjà, à sa sortie, ça avait dû être un choc. Je me souviens avoir lu des avis (notamment celui, passionné de Serge Kaganski des inrocks) très partagés entre les différentes générations. En gros, les plus âgés n'y comprenaient rien quand les plus jeunes se sentaient transportés de bout en bout sans ressentir la nécessité de comprendre l'histoire. Il suffisait d'accepter de se lancer dans le grand voyage interstellaire proposé par le cinéaste pour l'apprécier pleinement. L'histoire semblait alors secondaire face à la toute puissance des images.

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On dit qu'au début était le verbe. Et avant ?

Avant il y eut la sauvagerie de ce qui n'était pas humain. Le début, sorte de documentaire presque véridique nous montre la tribu de Guetteur de Lune, hommes encore singes, pas spécialement sapiens (et encore moins homo sans vouloir faire de mauvais jeu de mot) en proie à un quotidien peu agréable : comme si celà ne suffisait pas de n'avoir presque rien à manger et de se faire constamment dévorer par de gros félins, nos pauvres hommes-singes se font humilier par une tribu adverse, plus aggressive pour avoir un peu d'eau.

Et voilà qu'un matin, surgit de nul part ce grand bloc opaque et étrange qui ne réfléchit aucunement la lumière du soleil tandis que s'élèvent des choeurs inhumains qui font frissoner le pauvre spectateur. Panique chez les primates qui s'écartent craintivement du bloc noir avant d'y revenir lentement, la peur se muant en fascination puis attirance. Ils caresseront tous la pierre et l'un d'eux plus tard aura une sorte de déclic en voyant des os : il s'en servira comme outil.

Là est la première trace de progrès semble dire Kubrick avant pourtant de nous montrer que ce progrès ne se départit pas d'un certain pessimisme : lors de la prise de conscience du singe que l'os peut lui servir d'arme pour avoir de la nourriture, le réalisateur inserre rapidement un plan du monolithe : cette évolution, notre évolution est guidée, aidée. Ce n'est pas le singe qui arrive tout seul à modifier ses neurones pour accepter tout seul le fait que l'os qu'il tient peut servir de matraque, c'est le monolite qui lui donne cette idée. Ensuite second point, toute évolution semble ne se faire qu'au dépens du plus faible et il y a toujours une perdition, un manque irremplaçable chez certains : Ayant récupéré de la nourriture, la tribu commetra alors un premier meurtre (tous les singes, galvanisés se mettent à achever la pauvre victime à tour de rôle). Là s'arrête l'état sauvage, là commence les sociétés humaines : sur le meurtre.

2001hotesses

Puis, à la suite de la plus célèbre ellipse du cinéma, plongée dans le futur, des millénaires après, dans notre bon vieux XXeme siècle. Suite à l'excavation d'un étrange monolite noir sur la face cachée de la lune (le spectateur pas dupe, comprend qu'à tous les coups c'est le même monolite qu'au début, bien sûr), enterré délibérément pour qu'il soit retrouvé par l'Homme et lance son étrange signal vers les étoiles, se met en place une expédition vers Jupiter, endroit où l'étrange signal fut stoppé net. A ce stade, nous avons pu remarquer le ballet des vaisseaux spatiaux dans le vide interstellaire sur une valse bien mélancolique de Strauss, cet aspect contemplatif offert par ces vaisseaux qui lentement glissent dans l'éther du vide spatial.

C'est dans l'espace donc que se jouera le deuxième acte, face à un ordinateur retors et paranoïaque étant le seul au courant de la vraie mission du vaisseau Discovery. Ironiquement, l'Homme de ce futur est poli, racé, courtois, ses instincts primaires de barbarie semblent avoir étés complètement disparu, ils ne sont presque plus que coquille vides et froides à l'instar des étranges momies des scientifiques en hibernation dans le vaisseau. En parallèle, HAL l'ordinateur qui guide la mission et contrôle tout le vaisseau nous est présenté comme une machine à l'intelligence artificielle qui reproduit et imite les sentiments humains mais l'attitude de HAL ne montre aucune sorte d'imitation : le pauvre (bon on va pas le plaindre non plus) se replit lui-même dans l'inquiétude, se trompe, questionne, et au final, en arrive au meurtre uniquement pour sa propre survie, ce qui est le propre de toute créature vivante ça, la survie. Alors comment ne pas ressentir de la pitié pour HAL quand Bowman viendra le "débrancher" puisque HAL à prouvé lui-même qu'il était un humain, seul son corps et sa manière de raisonner différaient.

2001dullea

C'est là encore sur cet acte de meurtre que Bowman, unique survivant aura accès (et nous de même) à toute la clé du mystère du monolite, abstraction personnifiée d'une étrange trace de forme de vie spatiale non-humaine qui pourrait presque s'apparenter à la présence sur pellicule de Dieu. D'ailleurs une hypothèse assez interessante avait été donnée par quelqu'un je ne sais plus où (Michel Ciment ?) qui disait que tant qu'on avait pas prouvé l'existence de Dieu, le monolite en resterait le seul avatar sans non plus l'être, gardant presque infiniment ses secrets. Quand à Kubrick, il a emporté ses secrets dans la tombe, suivi après par son ami Arthur C.Clarke. Mais comme je l'ai dit, la richesse du film permet à tous de se faire son interprétation quasi-plurielle (à ce stade, on accepte toutes les hypothèses) sur le film et sa fin.

Bref, par le meurtre, l'astronaute accède à la vérité et à une nouvelle évolution qui viendra après, vers Jupiter par délà la porte des étoiles, "l'effet trip" qui ravivait le plaisir des hippies qui y voyaient là en salle l'ultime hallucination causée par la drogue (alors que le réalisateur et son scénariste avaient avoués ne rien prendre sur le plateau), merveilleux effet spécial de Douglas Trumbull qui ira plus loin peut-être dans ses réalisations personnelles quand il ne travaillera pas chez d'autres (ahhh, Blade Runner...)....

2001room

Au risque de me répéter, rien n'a vieilli sur le film, ni son propos comme son esthétique stupéfiante d'ultra-réalisme. Peut-être les scaphandres mais là, je fais dans le pur chipotage. Le film est chez nous en zone 2 warner mais on peut aussi le trouver depuis quelques temps en version 2 dvd (enfin !) en zone 1 (ou 2 aussi mais je ne pense pas)... De toutes façons, tout cinéphile a vu au moins une fois (voire plus) dans sa vie ce chef d'oeuvre froid et exigeant.


Annexes...

2001newcouv

L'edition 2 dvd qui poutre du tonnerre de Zeus.

2001letrip

L'affiche de la ressortie en salles en....2001.

+ La chro magistrale de Chris ! (bonne lecture)

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dimanche 19 novembre 2006

Profession reporter

professionreport

La vie du reporter David Locke bascule lorsqu'il découvre le cadavre d'un homme lui ressemblant étrangement. Fatigué de sa propre vie, il décide d'endosser son identité et, s'emparant de son agenda, de suivre son emploi du temps.


Nominé pour la palme d'or à Cannes en 1975, Profession Reporter de Michelangelo Antonioni reste surtout célèbre pour son plan séquence final virtuose de 7 minutes mais il ne faudrait pas réduire le film à seulement ça. Car Antonioni, refusant les conventions du genre (le rythme est très lent) établi de la fiction s'empare d'un sujet (un homme se fait passer pour un autre) pour le traiter sur le chemin du vérisme et David Locke étant reporter, le film adopte une esthétique documentaire réaliste proche du reportage sur le terrain (technique déjà employée en partie sur Zabriskie Point en 1970 pendant la scène des manifestations etudiantes) : Comme dans la réalité on n'entend guère de musique si ce n'est celle provenant du lieu (une vague flûte dans le désert et c'est tout pendant les 2 heures du film !) et la caméra semble "flotter" comme dans un reportage, comme tenu constamment à l'épaule du réalisateur, celui-ci s'autorisant de nombreuses déviations de l'image.

mariaaaaaa
La sublime envoûtante et mystérieuse Maria Schneider....

Des déviations où Antonioni semble laisser de côté ses personnages pour admirer et donner à voir au spectateur les lieux alentours, aussi vrais soient-ils (il n'y a aucune reconstitution en studio), ainsi la caméra s'attache à suivre un fil électrique, ou observer le désert où David Locke (génial Jack Nicholson) embourbe sa voiture, ne se souciant guère de ce qui lui arrive. Celà occasionne des fulgurances inouïes d'une rare beauté (la scène du flashback avec le magnétophone qui tourne, Nicholson dans le téléphérique planant au dessus de la mer, Maria Schneider dans la voiture, regardant la route qui défile en arrière) mais l'esthétique du reportage n'est pas oubliée et participe de ces fulgurances car Antonioni va jusqu'au bout de la technique utilisée, n'hésitant pas a effacer le décalage avec la réalité et la fiction en insérant de vraies images d' executions de prisonniers africains (eh oui, et c'est là que le film frappe une première fois le spectateur) aux images tournées pour le reportage de Locke.

reportttt

On adopte par là même le regard du réalisateur mais aussi de son reporter, un homme déjà mort. Car Locke est dès le départ un mort en sursis : ayant pris l'apparence d'un mort (Robertson, lui ressemblant étrangement) et s'être fait lui-même passer pour mort (ce qui le débarasse croit-il de sa femme...), que reste il au final ? Un mort + un autre mort ne peuvent que déboucher sur une troisième mort, l'itinéraire de Locke tournant à vide depuis le début qu'il prit cette identité. Au fil du temps, les rapports du journaliste avec la jeune étudiante se modifient pour n'être plus qu'artificiels. David Locke en plus de ne pas comprendre cette identité ne comprends pas plus la trajectoire qu'il a pris : les lieux de rendez-vous de Robertson semblent alors désertés momentanément mais le jeu est faussé dès le départ et croyant pouvoir changer de vie en endossant une autre identité, Locke s'enfoncera toujours plus à travers le néant. Ne comprenant déjà pas les autres peuples qu'il filme et interview (la scène où la caméra se retourne sur le reporter surpris d'être interrogé par celui qu'il devait filmer est révélatrice du personnage), il comprendra encore moins le monde qui entoure. Sa vision est faussée dès le départ mais cette nouvelle identité ne l'aidera guère à changer de point de vue.

jackandmariaaa

Et comme dans de nombreux films d'Antonioni, le personnage est déconnecté de la réalité ou s'y retrouve successivement coupé. Dans Blow-up (1966), le jeune photographe de mode croyait (de par son métier justement qui consiste a capturer l'image de ses sujets) avoir photographié un meurtre mais au final qu'avais t'il vu puisqu'il n'y avait plus rien ? Seul un instant gravé en lui et une perte totale de rapports avec le lieu (déjà bien shooté le lieu puisqu'on se rappelle des nombreux plans où Antonioni insiste sur les joints et la fumette) qui le fera alors voir des choses qui n'existent pas dans le plan final avec des mimes. Dans Zabriskie Point (1970), le réalisateur opposait la vision de l'opposition d'une certaine anarchie (les étudiants, le héros, la notion de liberté) face à l'ordre (la police, les riches et leurs habitations à construire en plein désert), le tout dans une certaine critique de la société de la consommation (l'explosion finale). Le jeune héros s'inscrivait alors (comme Locke ici) dans une trajectoire du vide : pris pour ce qu'il n'est pas, il sera quand même rattrapé après une brève liaison amoureuse pourtant vouée à l'échec dans le désert.

professionreporteee

Au final, le réalisateur italien livre un film sans artifices, sans concessions, une oeuvre austère et froide comme la mort. Un film qui frappe et laisse durablement un malaise au fond : la première vision laisse fatigué, déprimé car Antonioni à clairement montré l'absence de communication, d'amour, d'identité, bref de vie comme rarement auparavant, et c'est quelque chose que l'on retrouve à un autre stade dans nos petites existences de tous les instants. Puis lentement le film grandit en nous et l'on comprend que l'on vient d'assister clairement à un film incroyablement austère mais riche en lui-même qui exige autant du spectateur que de lui-même pour clairement montrer ce qu'il est, un chef d'oeuvre.

Et zoupla, 2 bonux ! Le premier, c'est le trailer de Profession reporter (The Passenger), le second, la fameuse séquence finale de Zabriskie Point sur fond de Pink Floyd. Bon visionnage...

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samedi 11 novembre 2006

Paris, Texas

parishian

Un des plus beaux road movies intimistes qui soient et une palme d' or à Cannes en 1984 amplement méritée.

A la frontière du désert, un homme marche lentement pour arriver dans un bar où a bout de force il s' évanouit. Revenu à lui et ausculté par un des rares docteurs de la bourgade, l' inconnu semble refuser de parler, dans un semi état de choc. On appelle alors son frère Walt qui viendra le chercher pour le ramener chez lui.
Cet inconnu, c'est Travis. Pendant 4 ans il avait disparu ainsi que sa femme et son fils de 3 ans,confié puis élevé chez Walt.
Que s' est il passé pendant ces 4 ans ?
Qu 'est devenu sa femme ?
Son fils Hunter maintenant âge de bientôt 8 ans acceptera t' il ce père inconnu qui débarque dans sa vie ?
Y'a t'il vraiment une ville de Paris au Texas ?



Dès le début, on sait que Travis est un homme solitaire. Campé par l' excellent Harry Dean Stanton (Twin Peaks, Une histoire vraie, Alien), le personnage est taciturne, il n' éprouve pas le besoin de parler, refermé sur lui-même qu'il est. Il ressent les lieux, les errances et l' on sent que tout ça l' a rendu encore plus autre qu' il pouvait l' être 4 ans auparavant et le film adopte son rythme de marche à travers le désert : un rythme lent, contemplatif et généreux.

Paris-Texas tout comme Arizona Dream est une chronique portée sur le rêve Américain vu d'ailleurs et son réalisateur tout comme Kusturica pour Arizona dream est étranger. Oui, Wim Wenders est allemand et il ne faut donc pas s' étonner à ce que le film se dote d' un regard sans complaisance sur le rêve américain ici vécu sous forme de voyage personnel et intimiste, on the road again.
Au contraire de Kusturica qui prenait le rêve américain pour mieux le désenchanter, le film de Wenders en fait un éloge sublimement magnifié à presque chaque plan.
On ne connait vraiment un lieu que quand on y a vécu et partant de cet adage, le réalisateur nous emmène à la fois sur des lieux qu' il connaît (pour voyage mais aussi repérages) mais aussi des lieux rêvés ou lointains tel ce Paris, perdu dans le Texas, ici rien à voir avec la capitale française.

Palme d' or non volée au passage car le film était (presque) parfait : scénario bien écrit (le face à face final entre Travis et sa femme puis son fils avec cette mère qu'il n'a pas connus bouleversent réellement), images magnifiques et dignes des plus grands tableaux américains (c'est bien simple on se croirait devant du Hopper par moments !) et musique à la guitare par mr Ry Cooder auquel Wenders rendra la pareille par le sublime documentaire Buena vista social club... Qui connaîtra aussi la palme ! Décidément, les deux se portent chance.

Un superbe film en 5.1 pour la V.O et 2.0 pour la VF auquel s' ajoute un sympathique livret de 16 pages dans le boîtier en bonus ainsi que sur le dvd, la bande annonce originale et des photos du tournages commentées auparavant par Wenders... Qui parle très bien français en plus.

Superbe film.

Et zoupla, la séquence d'ouverture du film !

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mercredi 28 juin 2006

Dune la mini série

dunedividi

DvD 1 : partie 1 : 2h40
DvD 2 : partie 2 : 1h50 + bonus...

Attention, morceau de choix. Adapter l' oeuvre d' Herbert tenait du pari risqué, voire franchement casse gueule, étant donné la complexité volontaire de celle-ci. Un de mes amis disait un jour : "Dune, c'est de la philosophie Science-fictionnesque".
En effet.
Quand on plus, on sait que l' histoire de Dune s' étend sur plusieurs génération (l' oeuvre hélas à demi réussie de Lynch ne s' étendait qu' au 1er livre, le plus connu), on comprend bien toute la démesure d' un projet plus facilement retranscrïptible en série voire jeu vidéo...
Car DUNE est à la SF ce que Le seigneur des anneaux est à l' héroïc-fantasy : Un pilier magistral, culte et presque fondateur, et l' on ignore pas le nombre d' écrivains qui furent impressionnés par ces deux oeuvres (l' écrivain francophone Ayerdhal étant d' ailleurs un fan d' Herbert) bien que ni Herbert ni Tolkien n' aient lus chacuns des oeuvres de l' autres, ni se soient influencés...Et pourtant les deux univers ont d' étonnantes ressemblances et points communs...

La mini série de Dune par George Harrison retranscrit bien plus le livre que le film de Lynch même si elle n' est pas exempte de quelques défauts et je parle en connaisseur de cause étant donné que je suis tombé fan depuis très récemment de l' univers de Dune (merci Psyché). Par exemple, le fait que l' utilisation de "la voix" soit moins retranscrite et utilisée que dans le livre et dans le film. Autre petit défaut mais là je chipotte, c'est qu' on aurait aimé que certaines scènes d' action ou d' intrigues soient parfois plus poussées ou plus longues, en témoigne, "l' épisode de la boîte de la peur" (le Gom jabbar) où Paul met sa main. Elle est un peu plus longue et appréciable dans le film de Lynch qu' ici...



http://nouilles.canalblog.com/Cox2.jpg



Ce qui frappe dans cette première mini série de Dune (je parlerais bientôt aussi de la suite, "les enfants de DUNE"...), outre l' aspect théatral, voire Shakespearien (nombreux acteurs viennent du théâtre, notamment Alec Newman qui joue Paul Atréïde); c' est les images de synthèses assez soignées qui, même si elles donnent une impression de jeu vidéo rendent bien l' impression que l' on se fait de Dune; mais aussi les costumes, magnifiquement réalisés.



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Costume d' Alia en croquis...

Pourtant DUNE n' est pas facile. Rien dans cette mini série n' a été simplifiée autant que le film (dont Lynch se plaignait : Si on lui avait laissé 2h de plus au 2h de base, il aurait pu prendre les 3/4 du livre voire son essence complète) et il est grandement recommandé de lire un minimum le livre à la base (ou toute autre source de renseignements à même de compléter l'univers d'Herbert) pour suivre et apprécier. Volonté dûe au fait de n' avoir pas envie de gêner les fans ou de les trahir plus aisément compréhensible.
Donc mes amis, pour vous jeter sur DUNE, lisez au moins le premier livre de la saga, et jetez vous sur ce site, immensément utile :
http://www.dunivers.com/ (re-merci Psyché)


http://nouilles.canalblog.com/Spec6.jpg

Sur ce, je vous laisse, je dois aller cultiver de l' épice pour mon seigneur et duc....Bon visionnage...

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jeudi 22 juin 2006

Passé virtuel

pastvirtual


Acheté à 3 euros dans un magasin de jeux vidéos qui bradait certains dvds plus ou moins nanars, plus ou moins sympathiques (Halloween de Carpenter et Easy Rider de Hopper voisinaient avec Maniac trasher et autres monstres des égouts...) et ayant eu de bons échos de part et d' autres, je m' attendait à un petit film de série B, ce qu'est effectivement le film mais avec un petit plus, ce supplément d' âme qui fascine. Si le rythme avait été plus tenu (rien à dire le scénario est fascinant, sauf dans la fin où l'on manque de s' embrouiller presque), on aurait tenu là, le film culte, celui qui rafle les prix dans les festivals Gérardmer. Même si ce n' est pas un chef d' oeuvre, le film surprend agréablement par son originalité, ce qui est assez surprenant pour une production Emmerich, le Besson américain (vous savez, le gars qui a réalisé Independance Day et Godzilla récemment...) de la série B à budget qui explose de partout.

Richissime génie de l'informatique, Fuller est parvenu à recréer virtuellement l'univers des années 30, dans lequel il peut se projeter. Au cours d'un de ses voyages, il fait une découverte qui lui vaut d'être assassiné avant d'avoir pu en parler à son associé Douglas. Suspect idéal, ce dernier va devoir enquêter dans le passé virtuel...

Sorti en 1999, en pleine période de Matrix, tout comme eXistenZ, ce film n' avait sérieusement aucune chance face au bulldozer des frangins Wachowski qui abordait le questionnement Dickien de la réalité à grand coup d' élu et de mitraillage tandis que Passé Virtuel le traite avec plus de subtilité dans un retournement de situation vers les 3/4 du film, qui prend alors à contre-pied le récit de ce qui ne s' avérait alors au départ que comme une banale enquête policière sur fond de réalité virtuelle. Mais non, et c'est là que le scénariste et les réalisateurs ont misés et réussi, de nous mener en barque dans quelque chose qui va voler en éclat. Comme Alice de l' autre côté du miroir, nous sommes de l' autre côté de la barrière.

Passé Virtuel fait partie de cette vague de renouveau de la science fiction ("marre des vaisseaux spatiaux, la SF c'est pas que ça !" en gros) apparue avec plus ou moins de Brio vers la fin des années 90 qui a donné des films vraiment sublimes comme Bienvenue à Gattaca, The Truman Show (oui c'est plus un drame et un questionnement sur la télé réalité mais a ce stade, c' était encore un peu de la science fiction...Maintenant, la réalité a dépassé la fiction), le remake de "la jetée" par Gilliam L' armée des 12 singes, Cube, Dark City, Ghost in the shell.... Avant de lentement commencer à s' éteindre toujours en nous proposant des films intéressants dans les années 2000 mais moins importants comme L' effet Papillon, Cypher, Simone (encore du Andrew Niccol comme Truman et Gattaca...Fait fort le mossieur)....

Ce qui est intéressant dans le film (et rien que pour ça, il mérite d' être vu), c'est le questionnement sur la réalité par le biais du virtuel, mais aussi l' idée des mondes en vases clos, si proches et pourtant si lointains, un peu le genre d' idée qu'on aurait pu développer pour Matrix Revolutions, la suite mollassonne du deuxième volet déjà pas terrible du premier film de matrix...Vous savez, quand Neo sombre dans le coma (déconnez pas merde, vous avez quand même dû en voir un extrait)... Et se retrouve dans un autre monde. A ce moment là j' ai pensé "qu'est ce que ce serait génial si on apprenait qu'il y a des millions de matrices différentes et que le coma de Neo lui permet d' en changer". Bien sûr, celà aurait été un risque, un piège tant pour le scénario que pour le film mais cela aurait donné quelque chose de moins fadasse que le résultat obtenu. Bref là le spectateur pouvait aller plus loin que le film et un film qui permet de pousser son spectateur plus loin, ça s'appelle un chef d'oeuvre...

Aie aie, je m' excuse, c'est ma grande marotte ça, de taper sur les ambulances Matrix, je suis désolé, je reviens à Passé virtuel. Une autre chose m'a troublé après le film, et j' ai pensé que les personnages virtuels ont leurs vraies vies parce qu'elles leurs ont été programmés, ils n' ont pas conscience qu'il existe un monde au délà du leur où ils ne sont, eux, que simulations, mais nous, ne le sommes nous pas ? Qu'est ce qui nous permet de penser que nous ne sommes pas des simulations pour  des joueurs qui se transféreraient dans nos corps, à notre époque comme les personnages du film se transfèrent aux années 30 ?

Se poser ce questionnement après coup, comme après eXistenZ, montre qu' effectivement avec un simple film, il y a matière a réfléchir là dessus.

Hmmm juste revenir à une comparaison avec Matrix, il y en a une, mais elle est minime : Dans Matrix, le monde de la matrice est représenté de teintes verdâtres et de monde uniformisé (référence aux circuits intégrés, à la technologie etc, on s' en seraient doutés) tandis que dans Passé Virtuel, le monde des années 30 se dote d'un léger voile de Sépia (clin d' oeil aux vieilles photographies) qui n' en tache pourtant pas la vision.

A part ça, ma sympathie va plus à ce film qu'a Matrix même si le premier reste un divertissement sympathique lorgnant un peu trop sur les jeux vidéos et l' animation japonaise (oubliez les suites).

Voilà, regardez Passé Virtuel, prenez du bon temps, soirée pop corn si vous voulez, mais vous passerez un moment bien agréable avec un (très) bon film de série B qui gagne à être plus connu.

J' espère ne pas avoir trop dévoilé le film...

Posté par Nio Lynes à 13:31 - Espaces lointains - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 5 juin 2006

Alien - Quadrilogie

DvD 1 : Alien le 8e passager

  • Version cinéma 1979 (1h52)

  • Version Director's cut 2003 introduite par Ridley Scott (1h51)

DvD 2 : Alien , les bonus.

  • 3 documentaires

  • 6 courts métrages

  • ébauche du scénario (en fait l' intégralité du story-board !)

  • 35 galeries d' illustrations

  • Essais caméra de Sigourney Weaver

  • Séquence multi angles

  • 7 scènes inédites et coupées.

DvD 3 : Aliens.

  • Version cinéma 1986  (2h11)

  • Version longue 2003 (2h28)

DvD 4 : Aliens, les bonus.

  • 11 courts métrages

  • 26 galeries d' illustrations

  • scénario original

  • Animatiques multi angles vidéos

DvD 5 : Alien 3.

  • Version cinéma 1993 (1h50)

  • Version longue remodelée (2h28)

DvD 6 : Alien 3, les bonus.

  • 12 courts métrages

  • 7 galeries d' illustrations (notamment les nouveaux travaux de Giger !)

  • 9 galeries photos

  • 10 galeries storyboards

  • Séquences multi angles : eev bioscan

DvD 7 : Alien, la resurrection.

  • Version cinéma 1997 (1h44)

  • Version longue introduite par Jean Pierre Jeunet de 2003 (1h51)

DvD 8 : Alien, la resurrection : les bonus.

  • 9 courts métrages

  • 1 documentaire

  • 1ere ébauche du scénario

  • 3 essais caméra

  • extraits storyboard

  • 20 galleries d' illustrations

  • séquences multi angles

DvD 9 : DvD Bonus.

  • les 27 bandes annonces ( !!!) des 4 films

  • Les spots TV des 4 films.

  • 5 documentaires

  • Gallerie d' illustrations

  • Archives des lasers discs d' Alien et Aliens.

Wouah. Beh, ça c'est du coffret qui "déchire sa race trop dla balle".

Que dire, que dire....?

A la base, j' ai été fan de la saga Alien bien avant de connaître l' oeuvre du grand artiste suisse H.R.Giger , ce qui n' a en rien heuresement entaché mon opinion à propos de la saga. Ayant les versions vidéos des 4 films ainsi que le documentaire de près de 2 heures "the Alien Saga" (passé il y a quelques années sur le cable, sur Canal Jimmy je crois) et tout ce qui pouvait de près ou de loin se rapporter à la saga (à propos, saviez vous que Blade Runner de notre cher Ridley Scott reprenait des images d' Alien et de Legend ? Scott disait avoir pour but au début de sa carrière de créer une sorte de continuité cinématographique dans son oeuvre. Je ne sais pas si il a poursuivi par la suite mais l' idée en soi était intéressante); j' attendais quelque chose de consistant de la part de la Fox.

Il y avait eu un premier coffret dvd. Alien Saga (4 dvd) ou Alien Legacy (le même qu' Alien Saga mais avec un dvd en plus entièrement consacré aux bonus) mais alors là....

Cette fois, la Fox a fait les choses en grand. Plus de 75 heures de programmation.

Alors que dire...? (Je sais je me répète...Je vieillis... -_-)

Déjà pour les 4 films, on a le son stéréo 5.1, que ce soit la piste anglaise ou française, ensuite on a le THX pour Aliens et le 5.1 DTS pour Alien et Alien Resurrection, ce qui n' est pas négligeable, surtout pour le premier Alien qui a déjà plus de 20 ans. Et si il n' y a pas le DTS pour Aliens et Alien 3 c' est plus à cause d' un manque de place technique (ils ont préférés utiliser à fond plus l' aspect visuel que sonore (qui n' est néanmoins pas en reste heuresement) sur les quatres films et ça se voit : l' encodage est parfait. Pas un problème ou un pixel fou qui surnage dans un coin) que d' un souci volontaire de causer des problèmes aux utilisateurs.

Les menus sont agréables à naviguer et reprennent le logo et les symboles utilisés dans les 4 films par la compagnie, la Weyland-Yutani avec, clin d' oeil sympathiques aux films, la même palette dominante de couleurs... Jaune fluo comme le terrifiant oeuf de la mythique bande annonce pour Alien, Bleu froid et inquiétant d' Aliens pour celui- ci, Orange et sépia pour le drame horrifique et sombre du 3e opus et enfin, vert fluo cybernétique pour la résurrection. Et encore ! Là ce n' est qu' un détail de fan comblé qui chipote !

On passe aux films ? Chic, chic, chic !

Tous sont remastérisés intégralement et ça fait frissoner (ronronner dans mon cas...) de bonheur. Dans la version director's cut d' Alien, l'ami Ridley introduit le film (pour ceux qui ont déjà vu alien version de 1979 et voudraient redécouvrir le premier opus de la saga sous un autre oeil) et l' on peut voir --comme pour toutes les autres versions remodelées des films-- des images coupées au montage et disponibles uniquement que sous la formes de rumeurs et autres séquences disponibles (si vous aviez un peu de chance) en cherchant bien sur le net.

"Mettons fin aux rumeurs, voici les faits !"

Les versions les plus intéressantes modelées sont bien évidemment Aliens et Alien 3 où l' on peut enfin apprécier une version d' Aliens jusqu' alors uniquement disponible sur laser disc où l' on apprenait que Ripley avait une fille mais aussi voir la base des colons avant l' attaque des aliens, ou même les parents et le frère de Newt découvrant le vaisseau spatial d' Alien le 8e passager...

Pour Alien 3 film épreuve de force traumatisante pour David Fincher qui par la suite le renia, on pourra apprécier largement de nombreuses scènes inédites que peut- être il aurait apprécié de mettre dans le film. Ainsi donc, saviez vous que ce n' est plus un dobberman que l' Alien explose mais un énorme boeuf sombre ?

Pour Alien Résurrection, on à droit à une introduction de Jean Pierre Jeunet (qui nous conforte dans le fait qu' on a un foutu accent quand on essaye de parler anglais...) et à de nombreuses scènes et dialogues rajoutées (ce qui occasionne une baisse légère du son si on écoute bien). Le générique est changé par une autre séquence pas si bien foutue que ça hélas. Marrante certe mais je préfère celle de la version originale de notre 4e opus. Chut, je n' en dis pas plus...

"Je suis la mère du monstre."

Pour les bonus, on est plus que latgement gâtés et encore, je n' ai pas tout vu, c' est vous dire... Le 9e dvd bonus est un pur moment de régal : on a droit à toutes les couvertures des comics Alien sortis après Aliens et qui sortent encore de temps en temps en Amérique et en France (cherchez bien chez Dark Horse Comics). Certaines sont vraisemblablement sublimes, en témoigne celle de Mike Mignola (Hellboy) par exemple. Les B.A permettent de voir l' évolution d' une série, d' un style, décennies après décennies, la collection de l' historien est sublime (j'en dis pas plus non plus...) et les archives laser discs feront comprendre aux plus jeunes ce que pouvait être l' ancêtre du dvd avec là encore, pour peu que vous compreniez la langue de "Shake Spear" (de la famille à Britney...) de bons morceaux intéressants....

 

Un morceau de choix assurément.

Voire même un indispensable....

 

Les Japonais (toujours privilégiés eux, c'est pas juste !) ont eu droit au coffret comme ça :

Posté par Nio Lynes à 01:50 - Espaces lointains - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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