Chroniques visuelles

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lundi 9 février 2009

Morse (Let the right one in)

morseaffiche

Bon, j'avais laissé passer l'excellent Pour Elle sur ce blog, heuresement Dasola avait pu en faire une note.
Cette fois, je ne laisserais pas passer ce "Morse", énorme coup de coeur de début d'année qui me fit chavirer comme pas possible (Benjamin Button ? Qui c'est ? Connais pas. C'est un ami à vous ? agnaaa).


Une petite ville perdue de Suède dans les années 80. Sa neige, ses enfants, ses petites classes, ses jeunes qui s'ennuient, ses poivrots qui se réunissent en groupe pour boire un verre et tuer le temps. Oskar est un adolescent solitaire et quasiment délaissé par ses parents (divorcés justement mais les détails ne trompent pas : la mère n'apparaît que vers la moitié du film tout comme le père, lequel "oubliera" un peu son fils lors d'une soirée-beuverie avec un voisin de passage sous le regard déçu de l'enfant). Sans amis et d'une grande timidité dans sa solitude, il est régulièrement martyrisé par une bande qui en fait son souffre douleur.

Oskar aimerait bien se venger mais il manque de courage en lui. C'est Eli, une nouvelle arrivante dans le bâtiment, un peu étrange et plus ou moins du même âge que lui (en apparence du moins) qui va l'aider à l'acquérir progressivement en même temps qu'une étrange histoire d'amour se bâtit entre ces deux là.

Au même instant, la ville est secouée par des meurtres étranges et horribles
...

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Morse (pour reprendre son titre français qui va plus vite --même si le titre original en suédois/anglais --"let the right arm in" -- est tout aussi intéressant et s'appuie sur une remarque très interessante selon laquelle dans le vampirisme généralement, le vampire n'entre que si on l'invite. Comme si il devait obéir à une certaine règle qui lui interdirait de rentrer dans un appartement ou une maison sans le consentement de sa victime. Ce qui se vérifie amplement dans de nombreuses nouvelles et romans sur ces créatures. Stephen King lui-même n'y coupe pas dans son "Salem" si je me rappelle bien --Celà fait bien longtemps que j'ai lu Salem. Les fans de King me reprendront-- comme dans l'une des nouvelles de son Danse macabre. Anne Rice (*) et Richard Matheson (**) non plus. Bref, sans le savoir, c'est un des nombreux passages obligés du mythe, moins connu que les combustions spontanées par overdose d'hallogène de soleil dans la tronche, mais quand même...) est un film de vampires. Un de plus et en même temps, bien plus qu'un simple film.

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Le titre pour son exploitation française en lui-même fait référence au fameux code morse (et non l'animal sur la banquise. Encore que la bestiole à de longuuuues dents, donc ce n'est pas innocent non plus je pense) qu'utilisent les deux pré-ados pour communiquer à travers les parois de leurs chambres. Lui, Oskar, aux beaux cheveux blonds (on dirait le djeune du "Elephant" de Van Sant en plus jeune et plus mignon encore), elle, Eli, la vampire qui tue pour survivre, sans quoi les fonctions de son corps redeviennent lentement à l'état de décomposition (les vampires ne peuvent rien manger, juste boire du sang. On a donc "le" passage obligé --ou presque-- où la vampire tente de manger une matière organique, mais son estomac ne fonctionnant plus que pour le sang, elle vomit) et une odeur (cadavre ?) recommence a revenir, tandis que la vampire se sent redevenir une bête insatiable sentant sa fin venir.

Mais me croirez vous si je vous dis que ce film est le meilleur film de Vampires que j'ai pu voir au cinéma (mais aussi à la télé) de toute ma vie depuis le légendaire Near Dark (dont il faudra bien que je me fende d'une chronique ici un de ces jours) ? Bien sûr, il y a d'autres très bons films de vampires (Blade 2, le Dracula de Coppola que j'aime beaucoup personnellement, Chronos, Nosferatu de Murnau... <-- pour moi un classique qui garde encore tout son pouvoir intact), d'autres moins bons mais sympathiques (30 jours de nuit, Entretien avec un vampire...) et puis aussi de mauvais dont on évitera de parler sous peine de froisser les coeurs sensibles (c'est rigolo de parler de coeur en faisant une chronique de film de vampire, non ? agnaaa (***)) ou de se faire taper dessus par une armée de pouffes en délire qui seraient bien capable de crever les pneus de ma voiture (que je n'ai pas car j'ai encore raté mon permis au passage).

Et puis il y a ceux que je place très haut. Quasiment des films cultes. Comme Near Dark. Comme ce Morse dorénavant.

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J'ai tellement aimé le film que le soir même j'allais embêter Paul sur msn (****) ainsi que Dasola. Parce qu'en plus de proposer une histoire fantastique et allégrement gore, Morse a cette sensibilité que possédait Near Dark, cette poésie et surtout, cette tendresse pour son couple principal dont on suit, retenu, crispé au siège, le souffle parfois coupé, les premiers émois malgré des scènes parfois très frontales (ce qui me fait apprécier d'autant plus le film. Marre des oripeaux Hollywoodiens trop souvent constatés sur de nombreux films fantastiques). Mais le film n'en garde que d'autant plus de sincérité et de justesse (pas une fois la relation entre Oskar et Eli, de même qu'entre Oskar et ses parents divorcés n'est traitée avec de gros sabots. La sobriété, la simplicité, l'Humain vont droit au but, dans nos trippes). Voilà, Morse est traversé par la grâce. Il n'y a pas d'autres mots. C'est tout ce que je peux dire, c'est beaucoup et bien peu à la fois.

Le film vient d'être récompensé meilleur film fantastique à Gérardmer. Et de même que "le retour", c'est amplement justifié là aussi. Courrez le voir.


(*) Je ne sais plus où. Dans tous ses livres sûrement.
(**) Je suis une légende, livre magistral, film tout pourri où les vampires sont remplacés par de pseudos zombies en images de synthèse.
(***) Oui j'ai un humour limite je sais.
(****) Purement authentique. :)


Posté par Nio Lynes à 23:32 - Gore-tex - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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dimanche 28 janvier 2007

Silent hill (1)

Rendons à César ce qui est à César, si Edounet, jeune cinéphile, ne m'avait pas prévenu sur un forum de la sortie imminente du film, je ne l'aurais pas vu, tout autant pris que je pouvais l'être dans mes études, surtout mon examen à la fin de l'année.

Mais j'allais voir le film. C'était le 11 mai 2006 alors que j'avais peut-être d'autres choses plus importantes à faire.

Mais j'ai toujours étonnamment fait passer, à la grande incompréhension de mes proches, mes passions cinéphiliques, musicales et bédéphiliques avant la raison. D'ailleurs c'est toujours les sentiments qui priment chez moi, je ne suis guère scientifique, hélas...

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L'affiche avec la jeune Jodelle Ferland, brillante mignonne actrice je trouve.

Edounet donc, nous donnait continuellement des images en vrac et comme j'étais personnellement un grand fan des soundtracks des 4 jeux vidéos originaux (parce que Silent Hill est un jeu vidéo à la base), je commençais a être de plus en plus intrigué. Puis eurent lieu les premières interviews de mr Gans et Akira Yamoka (LE compositeur des ziks !), que je vous donne en citation (avec quelques surlignages qui ont leur importance, par la suite).




Première : Quelle influence le cinéma a-t-il exercée lors de la création du jeu ?

Akira Yamaoka : Nous avions pour but de créer un jeu vidéo d'horreur. A cette époque, nous nous sommes inspirés de L'Echelle de Jacob [Adrian Lyne, 90] ainsi que des romans de Stephen King ou des films de David Lynch.

D'autres jeux vous ont-ils servi de repères ?

"resident Evil", bien que conçu par une compagnie concurrente, nous a sans doute influencés. Nous avons reproduit son principe: le personnage principal est le joueur et il est soumis à des choses horribles.

Quels rapports entretiennent le cinéma et le jeu vidéo ?

On pourrait les comparer à des rapports de filiation. Au début, les efforts de l'industrie du jeu vidéo ressemblaient à ceux d'un fils, qui cherche à se hisser à la hauteur de son père. Aujourd'hui, le fait que le cinéma cherche à adapter les jeux montre que ceux-ci ont atteint leur maturité. C'est au tour du père de chercher à rattraper le fils.

Que pensez vous des films qui en sont issus ?

Il y a eu quelques cas d'adaptations très malheureuses. [Rire.]
Ces échecs s'expliquent en grande partie par un défaut de compréhension de la part des studios hollywoodiens qui ne cherchent qu'à exploiter un nom. Si les responsables des jeux et du cinéma s'accordaient sur la signification des jeux, ils aboutiraient à de bonnes adaptations. De ce point de vue, Silent Hill a été conçu en bonne intelligence de part et d'autre. J'espère qu'il servira d'exemple et contribuera à changer les habitudes.

Pourquoi avoir préféré Christophe Gans à d'autres candidats ?

Il ne s'agissait pas d'accepter l'offre la plus lucrative, mais le projet qui comprendrait le mieux notre concept pour le traduire en langage cinématographique et lui ouvrir un nouveau public. La demande de Christophe prouvait qu'il connaissait le jeu en profondeur. Après l'avoir rencontré, notre confiance en lui s'est renforcée.

Quelle est la nature de votre collaboration ?

Nous avons beaucoup discuté au préalable et sommes convenus d'un mode opératoire. Christophe nous tenait régulièrement au courant de l'évolution de son travail aussi bien sous forme de textes que d'images. Ensemble, nous avons modifié certains détails pour renforcer l'efficacité cinématographique.

Les décors correspondent-ils au jeu ?

Le jeu a été conçu en pensant à la campagne nord-américaine, sans idée très précise - nous vivons au Japon. Mais nous avions en tête la petite ville de Twin Peaks avec ses fôrets environnantes et sa brume. Christophe Gans a tourné Silent Hill dans les environs de Toronto, et le résultat ressemble beaucoup à ce que nous avions imaginé.

Que sont devenus les fameux mouvements de caméra qui ont fait la réputation du jeu ?

C'est un effet de style auquel je tiens beaucoup. Pour un jeu d'horreur, il est crucial de trouver la perspective optimale en jouant sur les angles et les mouvements de caméra. Christophe a parfaitement compris leur importance. Il les a reproduits dans le film en y ajoutant sa propre sensibilité. Les deux se complètent très bien. Et je crois que les fans ne s'y tromperont pas.

Un autre élément clé est la musique. Avez vous fait des changements ?

Christophe pensait que nous devrions rester très proches de la musique du jeu. J'ai mis à sa disposition la musique et les effets sonores que nous avions élaborés. J'ai été flatté que Christophe utilise quelques morceaux tels quels pour le film. Dans certains cas, il a fallu aménager, parfois rajouter. C'est ainsi que j'ai composé une nouvelle chanson.

Comment percevez vous l'attente des fans ?

L'une des préoccupations les plus fréquemment exprimées concerne l'atmosphère: les joueurs se demandent si l'horreur transportée par le brouillard sera correctement restituée. Je peux les rassurer: sans entrer dans les détails, Christophe Gans a su représenter fidèlement l'univers de "Silent Hill".

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Une autre image, une jaquette faite pour les fans par des fans. Beau.

Avec toutes les références (assez exemplaires) citées, de L'échelle de Jacob (pratiquement le seul bon film d'Adrian Lyne...Ben non, c'est pas une blague), à Twin Peaks en passant par Resident evil ou Stephen King, il y avait de quoi baver.

A quelques temps de la sortie du film, sur Allociné, Gans notre réalisateur-ovni du Pacte des loups (et du sympathique Crying Freeman), prenait tout le monde à bras le corps en expliquant sa vision à travers des questions de fans. On pourra juger celà promotionnel mais celà prouvait assez justement les choix qu'avait dû faire Gans sur le film.




Je voulais savoir si un épisode en particulier des jeux vous a inspiré pour le film, ou bien s'il s'agit plutôt d'un savant mélange de plusieurs évènements des différents épisodes? (Zewood)

Christophe Gans : Je vais être franc, le film s’inspire en fait de l’histoire de fond de "Silent Hill 1" et de "Silent Hill 3". Il emprunte son esthétique à "Silent Hill 2" et les mouvements de caméra au numéro 4, pour être extrêmement précis. C’est un film qui tient compte de l’acquis des différents jeux mais qui s’inscrit par rapport à eux sur un plan mythologique. C’est à dire que nous considérons, Nicolas Boukhrief, Roger Avary, Akira Yamaoka et moi-même, que "Silent Hill" était un terrain mythologique et que nous devions poser le film là-dedans avant d’en faire l’illustration exacte et scrupuleuse d’un des jeux en particulier. D’ailleurs je tiens à dire une chose très importante : "Silent Hill 1" était à l’origine un one-shot. Pour les créateurs du jeu, il n’était non seulement pas question qu’il y ait un jour une suite directe -qui a été "Silent Hill 3" pour les connaisseurs- mais en plus de ça, ils ne se sont pas vraiment posés la question de l’histoire en arrière fond. Ils ont créé un survival-horror «dans une ambiance particulière», qu’ils ont construite à partir d’éléments crypto-esothérique, d’annotations, etc. Ils ont fait un peu le travail qu’aimait faire Lovecraft, c’est à dire de suggérer par des coupures de journaux, des graffitis sur les murs, une histoire atroce qui justifierait l’univers dans lequel nous nous déplaçons. Mais cela n’a jamais été pensé, et Akira me l’a confirmé, d’une manière rationnelle. C’était d’abord créer une ambiance… C’est le succès du jeu aux Etats-Unis qui a entraîné la créations de sequels. D’ailleurs la première suite, "Silent Hill 2", n’avait rien à voir avec le premier. Il se servait de la ville comme d’un décor. C’est au moment de faire un numéro 3, qu’ils ont dû envisager exactement qu’elle était la mythologie de "Silent Hill". Et ils ont dû donner un sens à ce qu’ils avaient fait dans le premier épisode. C’est pour ça qu’on trouve dans le strategy guide du numéro 3 un résumé explicatif du numéro 1, et qui est assez drôle à lire dans la mesure où parfois ça part totalement en vrille pour essayer de donner un sens à tous les éléments à la fois. Donc j’oserai dire que c’est au numéro 3 que la Silent Hill team s’est posée la question de la mythologie de "Silent Hill". Mais nous, avec le film, on est arrivé après tout ça. Donc on arrive sur un terrain qui est déjà balisé. Mais il faut savoir que "Silent Hill", à la base, n’est pas une création d’ordre mythologique, c’est d’abord une question d’ambiance et un jeu pictural. C’est un jeu, pour moi, qui est conçu comme une œuvre d’art moderne. Ce qui est important ce n’est pas le sens, c’est le sentiment qu’elle provoque en vous. Aujourd’hui, la mythologie de "Silent Hill" est, à mon sens, totalement cohérente. Et d’ailleurs ce qui intéressait Akira Yamaoka dans l’hypothèse d’une adaptation cinématographique c’est d’y voir plus clair aussi sur cette mythologie. Il savait qu’on serait trois scénaristes à se pencher là-dessus et à essayer de travailler dans ce sens là. Nous, on s’est amusé à ouvrir littéralement des portes qui étaient juste, pour l’instant, seulement entre-ouvertes dans le jeu. Vous verrez que dans le film, il y a des scènes qui ne sont pas celles qu’on voit dans le numéro 1 mais qui se passent en même temps quelque part ailleurs dans la ville… Pour nous, et ça intéressera les fans, il n’y a pas une seule secte dans "Silent Hill". Pourquoi ? Parce que ce qu’on voulait faire avec le film, et on a peut-être pêché par ambition, c’est d’ouvrir la mythologie de "Silent Hill", d’ouvrir le maximum de pistes. Akira Yamaoka nous a d'ailleurs déjà appelés pour avoir la permission d’emprunter certains des éléments qui ont été développés exclusivement dans le film, notamment un monstre en particulier qu’on a créé pour le film.

Pourquoi avoir changé le scénario en remplacant Harry par sa femme (défunte dans le jeu) ? (the canterville ghost)

Christophe Gans : Effectivement, le film prend pour point de départ le scénario de "Silent Hill 1", c’est à dire de quel contexte a été créé Silent Hill, cette espèce de dimension parallèle, de Triangle des Bermudes urbain…. Par là-même, on raconte l’histoire d’Alessa, petite fille qui aurait été torturée par une secte dans cette ville. Le point de départ, c’est donc l’histoire de "Silent Hill 1" en arrière-fond, que nous avons décidé d’explorer dans le film. Pour nous, Harry Mason était un peu accessoire. Quand nous avons commencé à travailler sur le scénario avec Roger Avary et Nicolas Boukhrief, c’était bien Harry Mason qui était là et qui allait chercher sa petite fille dans la ville. Nous avons été très scrupuleux, et nous avons commencé par retranscrire sur le papier tous les dialogues du personnage dans le jeu pour avoir une base de travail. Quand on a lu ça, avec tout ce qui faisait Harry Mason -les moments où il pleure, où il a des étourdissemnts, où il s’évanouit, où il panique, où il exprime son amour pour sa petite fille- on s’est aperçu que ça ne ressemblait pas du tout à un personnage masculin… Attention, je ne dis pas ici que j’essayais d’avoir un héros stéréotypé et que les hommes sont forcément forts et que les femmes expriment leur côté forcément vulnérable. Mais dans le cas présent, c’était sidérant de voir à quel point Harry Mason n’était pas écrit comme un personnage d’homme mais plutôt comme un personnage de femme. Pour ne pas changer la véritable nature du jeu, ça nous paraissait donc beaucoup plus sensé de transformer Harry en femme… A partir de là, ça nous a décomplexés en quelque sorte, dans le sens où nous avons pu nous dire que ce n’était pas tout à fait la même histoire que "Silent Hill 1". Si l’histoire de fond reste la même, les personnages projetés dans l’univers de Silent Hill sont maintenant différents. Mon avis personnel, c’est que le fantastique au Japon s’adresse essentillement aux femmes, avec des films comme "The Ring", "Dark water" ou "The Grudge", tandis que les garçons vont plus voir des films sur le sport… Ce qui s’est passé selon moi, c’est que les créateurs de "Silent Hill" ont très naturellement exprimé dans le jeu la part féminine du fantastique nippon, et que pour mieux le vendre à l’étranger, ils en ont fait un mec…. Mais quand nous nous sommes penchés sur le film, nous nous sommes très vite aperçus que le personnage Harry Mason n’était pas écrit comme un personnage masculin. Mais alors vraiment pas… (Rires)

Est-ce que "Silent Hill" est vraiment un film d'horreur ? Est-ce qu'il fait vraiment peur ? (Delphine)

Christophe Gans : Qu’est ce que c’est exactement que la peur dans le jeu "Silent Hill" ? Je pense que le jeu est effrayant parce qu’il est constamment inquiétant. La peur dans "Silent Hill" n’est pas d’ordre mécanique. Ce ne sont pas des sursauts… Vous n’êtes pas en train de vous balader dans un coin et brusquement un monstre vous saute dessus et vous mord la tête. Pour moi, c’est sûr que ce n’est pas ça. Pour moi, la première qualité de "Silent Hill" est de déranger, de mettre mal à l’aise, par des tas et des tas de ressors différents, à la fois d’ordres psychologique, esthétique... Il y a vraiment une patte très particulière au jeu. Ce que j’ai essayé de faire dans le film, c’est de ne pas poser la peur comme mécanique. Il n’y a pas de sursauts faciles, pas un seul. Ca ne m’intéresse pas, je trouve ça crétin. Quand je vois un chat qui saute dans le cadre, ça m’énerve, ça me fait sortir du film. Le problème c’est que vous sursautez, et qu'ensuite vous avez une descente d’adrénaline et vous êtes hors du film. Je préfère plutôt imaginer que le film va déranger et inquiéter sur toute la longueur et que de temps à autre il va y avoir quelque chose qui vous glace. On a travaillé très précisément dans cette perspective. Et sur le plateau, je ne me posais jamais la question de la peur mais la question de la restitution précise, au détail près, de l’ambiance que j’avais vue dans le jeu. Et à partir du moment où cette ambiance m’avait terrifié et que nous faisions tout pour la restituer, je pense que le film va avoir la qualité d’atmosphère que celle du jeu.

Faut-il s'attendre à une adaptation déformé comme « Resident evil » ou bien à une vraie adaptation du jeu en film avec les mêmes décors, ambiances, personnages... ? (NICOLITO)

Christophe Gans : Vous allez retrouver dans « Silent Hill » les décors, les textures, les ambiances, les crétaures, certains personnages mais pas tous… Enconre une fois, le film est un film, le jeu est un jeu… Les différences viennent essentiellement de la narration et de la façon de raconter une histoire au cinéma. Et évidemment de la durée : quand on connaît « Silent Hill » à fond, on peut le finir en 7 heures., alors que mon film ne fait « que » 2h06, ce qui est déjà bien. Mais ce n’est clairement pas la retranscrïption 100 % orthodoxe du jeu. Maintenant, est-ce que c’est l’adaptation la plus fidèle jamais faite d’un jeu, je peux le dire sans aucun problème, oui bien sûr. Tout a été fait pour que le maximum de détails soeint respectés. Ce n’est pas difficile, puisque toutes les adaptations de jeux vidéo ont été d’horribles trahisons, et des ambiances, et des décors et des personnages. Même « Final Fantasy », que j’aime énormément, n’a rien à voir avec le jeu. Donc quelque part, ce n’était pas difficile d’arriver avec l’adaptation la plus scrupuleuse : je n’ai aucune gloire à ça. Pour l’instant, je gagne par KO technique.


Bonjour Mrs Gans. Vous avez sans doute conscience que la plupart des adaptations de jeux vidéos ont été jusqu'à présent une réelle déception.  Avez vous pris cela en compte dans votre travail, en essayant de mieux comprendre l'origine de cette déception? (Thibaut)

Christophe Gans : Oui forcément parce que je suis un fan de jeux-vidéos, je suis un gamer et j’ai été horriblement déçu, comme tous les gamers, des précédentes adaptations de jeu-vidéo, pour une raison qui facile à comprendre : quand, par exemple, ils adaptent « Lara Croft » et « Resident Evil », ils adaptent ce qu’il y a déjà de cinématographique dans le jeu… Au lieu d’adapter ce qui fait vraiment l’originalité du jeu, ils adaptent ce qu’il a emprunté déjà au cinéma… C’est un serpent qui se mord la queue ! Du coup, le Lara Croft au cinéma c’est un sous Indiana Jones, ça n’a aucun intérêt… Mais où sont passés les moments de solitude dans les cavernes ? Ces moments lovecraftiens où elle se retrouve face à des espèces de constructions souterraines, titanesques ? Tout ça a disparu… Ce qui fait la force même du jeu n’est plus là. « Resident Evil » c’est un sous film de zombies où les zombies ne font même pas peur… Ce n’est pas ça l’intérêt de « Resident Evil » ! L’intérêt c’est la mythologie du jeu, toutes les conspirations avec Umbrella… Le problème des adaptations de jeux-vidéos, c’est qu’on a pris ces jeux comme des scénarios de séries B. On n’a pas essayé de restituer leur vraie originalité. Pour moi, ces adaptations sont stériles. Je n’allais, par exemple, adapter Silent Hill en essayant à tout prix de dégager ce qui aurait été une influence de « L’Echelle de Jacob ». Ca aurait été idiot… Je préfère créer quelque chose de cinéma qui soit original plutôt que d’essayer de me rattacher à quelque chose qui a déjà été porté à l’écran et qui par ailleurs est très bien. Je pense que les gens qui ont fait des adaptations de jeux-vidéos pour l’instant sont de parfaits imbéciles, je tiens à la dire… De total idiots…

En tant que vrai fan de jeux vidéos, lequel apporte, à votre avis, la meilleure des bases pour un film, exception évidemment de « Silent Hill » ? (Zal)

Christophe Gans : Si je devais choisir dans tous les jeux vidéo que je connaisse un jeu qui donnerait un film extraordinaire, à condition qu’il soit réalisé avec grande expertise même maestria, c’est « Metal Gear Solid » sur Playstation 1. C’est un chef d’œuvre, avec de magnifiques personnages. J’y joue régulièrement, je le connais par cœur, je sais quoi faire pour éliminer les gardes… Mais ce qui m’intéresse, ce sont les personanges du jeu, des personanges comme Sniper-Wolf, le Ninja Invisible, qui sont absolument inoubliables pour un joueur. Faire un film à partir de ça serait incroyable. Kojima, le créateur du jeu, est quelqu’un qui a une idée très cinématographique de son propre travail. Je pense qu’il va se passer beaucoup de temps avant qu’il ne se décide à laisser sa franchise dans les mains d’un autre ciénaste, parce que pour moi, Kojima est un réalisateur né. Mais personnellement, c’est LE jeu que je voudrais voir adapter sur un écran, et cette aventure en particulier de Metal Gear.


Comment le travail de Jeff Danna et Akira Yamaoka pour le scoring de « Silent Hill » s'est il réparti ? Les morceaux de Yamaoka seront-ils des "commandes" ou alors a-t-il composé d'après images du film ?

Christophe Gans : Quand nous avons commencé à tourner le film, et en parallèle à le monter, nous avons puisé dans la librairie d’Akira Yamaoka qui comprend non seulement 200 morceaux tirés des différents jeu, mais également des bandes qui avaient été composées pour les jeux mais qui n’avaient pas été intégrées à l’œuvre finale. Nous avions donc un choix monstrueux de plusieurs centaines de morceaux, et nous avons décidé de les utiliser de manière classique de score cinématographique, en les arrangeant pour qu’elles puissent coller au découpage du film, à sa thématique. Nous les avons également réenregistrées en 5.1. les musiques ayant été faites à l’époque pour les jeux sur Playstation 1 et au début de la Playstation 2, des machines dont les performances ne permettaient pas à Akira Yamaoka de donner à ses musiques toute l’ampleur qu’il souhaitait… On a également eu la mauvaise surprise de découvrir que certaines bandes avaient totalement disparu. Il a donc fallu les réenregistrer très scupuleusement avec un compositeur canadien, Jeff Danna, qui a fait deux très belles compositions avec « The Gospel of Saint-John » et « Tideland ». Jeff s’est totalement mis au service d’Akira pour retranscrire sa musique sur grand écran...


Y aura-t-il des sublimes chansons de Akira Yamaoka chantées par Mary Elizabeth McGlynn et Joe Romersa (je pense notamment a "Room of angel" ou "Your Rain" voir meme de nouvelles ? (Samaël)

Christophe Gans : Les chansons dans le film sont celles chantées par Mary Elizabeth McGlynn mais il n’y a pas celles chantées par Joe Romersa. Il y a 4 chansons chantées par Mary Elizabeth McGlynn qui ont été utilisées dans le film.

On aurait aimé voir des frenchies au casting ! (oim)

Christophe Gans : Je pense que cela aurait été possible d’inviter des frenchies dans le film, mais il s’est trouvé que les gens auxquels j’ai pensé un moment –et dont je tairais le nom- n’étaient pas disponibles. Le film s’est tourné de façon catégorique en avril 2005, et je ne pouvais pas le repousser pour une raison très précise : nous avions besoin d’arbres morts dans la ville, et je ne pouvais pas me permettre de laisser les bourgeons arriver sinon, nous aurions été obligés d’enlever numériquement les bourgeons des arbres… Ce que nous avons dû faire de toute façon, car nous avons été rattrapés par le printemps. Je ne pouvais donc pas attendre certains acteurs français que j’avais en tête…

Quelle est la signification du terme « Centralia », titre de travail du film ? (Julien)

Christophe Gans : On se servait de « Centralia » comme d’un pare-fumée pour éviter que les fans ne repèrent où nous tournions. Donc le film s’appelait « Centralia » durant le tournage, même sur les feuilles de service des techniciens. D’où vient ce titre, c’est là que le jeu de piste devient intéressant… Cetralia est le nom d’une vraie ville-fantôme des Etats-Unis qui nous a servi de base pour représenter le Silent hill de la réalité qui n’existe pas dans le jeu. Il nous semblait pertinent de nous servir d’une vraie ville fantôme américaine et de son histoire pour donner corps à Silent Hill. Centralia est une ville minière, comme Silent hill dans le jeu, qui a connu uen catastrophe industrielle : le film a pris dans les mines de charbon sous la ville et cet incendie est depuis plusieurs années impossible à arrêter. La ville a été contaminée par les émanations de carbone, tout le monde a été évacué et la ville est aujourd’hui zone interdite. L’histoire de Centralia a donc été versée au compte du film, et ça nous amusait d’appeler le film ainsi.

Je me demandais si vous envisagiez de faire une trilogie de "Silent Hill", et si le film allait être à son tour adapté en jeu par la Silent Hill Team... (Samy)

Christophe Gans : Faire plusieurs films était le point de départ du projet. Ce n'est en aucun cas opportuniste : lorsqu'on a entre les mains une franchise de la taille de "Silent Hill", il serait dommage d'imaginer que ce soit seulement un one shot, que ça fasse seulement un film et puis basta ! D'autant plus qu'il y a de bonnes raisons pour que cela devienne une trilogie. Il y a suffisamment d'histoires développées, plus ou moins en arrière-fond, dans les jeux vidéos "Silent Hill", pour que ça donne lieu à dix films, même à une série télé ! On pourait appeler ça "Les Contes de Silent Hill", avec un épisode sur ce qui s'est passé au moment de la mort de Jennifer Carol, donc trois siècles en arrière, un autre sur Gillespie, sur le Dr. Kaufman, sur Lisa Garland… Ce serait idiot de se dire : "On fait un film et puis, basta, terminé !" A la base, la première question a été de se dire : "Qu'est-ce que pourrait être un numéro 2 ?" Lorsqu'on écrit un personnage, on réflechit à son passé et par là-même à son avenir. Il y a une donnée très intéressante dans "Silent Hill" : on ne meurt pas. C'est une zone coincée entre la vie et la mort. On ne meurt pas, mais on est soumis à des métamorphoses. Si, un jour, je fais un "Silent Hill 2" , et qu'il est la suite de ce "Silent Hill", je traiterai de ces métamorphoses. Akira Yamaoka et la Silent Hill Team sont très interessés par le film : c'est une bouffée d'oxygène pour eux. Le film ne vient pas empiéter sur les jeux, il y a un respect de ma part de ne pas reformater les jeux à l'écran. Demain, je pense qu'ils pourront puiser dans le film, l'avenir sera fait d'un échange entre le ou les film et les jeux. Akira Yamaoka nous a déjà demandé d'utiliser certains des éléments du film pour les jeux, un monstre par exemple. Il y aura des échanges. Vous savez, moi, je ne suis que l'humble cousin germain de la famille Silent Hill, le dernier arrivé. Je travaille sous leur supervisation, je suis dans le département ciné de Silent Hill. Ca va évoluer, il ya une BD, il y aura un dessin animé. Silent Hill est un univers très vaste qui sera bientôt illustré de différentes manières dans différents médiums. C'est loin d'être condamné au seul jeu vidéo. Tous les univers forts devront devenir multimédias, c'est la règle aujourd'hui. Le monde est multimédia. Lorsque quelque chose d'intéressant est créé, il connaît plusieurs incarnations. "Silent Hill le film" est la première incarnation de la part cinématographique de Silent Hill. Il y en aura d'autres.


Comment avez-vous fait pour pouvoir "échapper" en quelque sorte aux productions françaises et réussi à débuter votre carrière aux Etats-Unis, qui plus est avec une production aux ambitions mondiales telle que "Silent Hill" ? (Léo)

Christophe Gans : Ce qu’il faut savoir, c’est que "Silent Hill" est un film franco-canadien. C’est un film qui a été initié en France par un producteur qui est Samuel Hadida, par un réalisateur, moi-même, et dont l’équipe de base en partie constituée de français. Mon monteur et mon sound-designer sont français. Maintenant c’est un film qui ne peut pas exister sans l’apport d’une major américaine, en l’occurrence Sony pictures-Tristar, à hauteur d’un tiers du budget. Donc ce n’est pas vraiment un film américain. D’ailleurs il n’y a aucun américain au casting du film. Ce sont tous des acteurs canadiens, australiens ou anglo-saxons… C’est un peu du Canada-dry, ça en a la couleur mais ce n’est pas ça. Maintenant quand je vais tourner au Canada, je sais que fais un film avec un certain standard technique et visuel qui permet précisément à Sony pictures-Tristar de le sortir comme un film américain. La plupart des gens qui vont aller voir le film, que ce soit aux Etats-Unis ou en France, vont croire que c’est un film américain. C’est un film bel et bien français, en partie, dans sa production. Simplement, pour moi, la grande différence est le langage. "Le Pacte des loups" était un film français parce que c’était tourné en français. "Silent Hill" n’est pas vraiment un film français parce qu’il est tourné en anglais. C’est là que réside la vraie différence à mon sens.


Christophe Gans : J’ai été très très chanceux sur ce film. J’avais entendu beaucoup d’histoires sur la façon dont les exécutifs traitaient les films, l’expression des auteurs et la violence à Hollywood. « Silent Hill » est produit à un tiers par Sony Pictures Tristar, et ils ont donc un droit de vie et de mort sur le film. Je n’avais pas le final-cut, et j’étais censé leur livre un film de 110 minutes à l’origine. Quand j’ai présenté le film pour la première fois aux dirigeants de Sony, ils m’ont dit qu’ils n’allaient pas changé une seule image et que par la même la durée de mon montage, à savoir 2h06, serait acceptée. C’est exactement ma directo’s cut : rien n’a été changé. Les seules notes que j’ai reçues de Sony concernaient l’accent australien de Radha Mitchell et l’accent écossais de Sean Bean qu’il a fallu revoir en post-synchronisation sur quatre scènes. Nous sommes ensuite passé devant la MPAA, le comité de censure américaine. Je m’attendais à des coupes… Le film contient des séquences pour le moins brutales, notamment des séquences de violences d’ordre sexuel. Rien n’a été demandé, la MPAA a accepté la classification « R-rated » aux Etats-Unis. Pourquoi ? Simplement parce qu’ils ont pris en compte un certain nombre de choses : ce n’est pas un film avec des guns (il y a 5 balles dans le film et elles sont usées très vite, comme dans le jeu), c’est un film sur une femme qui descend en enfer pour sauver sa petite fille (un point jugé décisif aux USA mais aussi en Angleterre et en France), et enfin ils ont jugé que la violence avait une résonnance émotionnelle et non pas d’exploitation. C’est pour ça que la MPAA a laissé passer le film. Avant-hier, nous avons eu la surprise d’apprendre que nous étions interdits aux moins de 14 ans en Angleterre, qui est pays réputé pour avoir une censure très puissante : là aussi, je suis tombé des nues… Ils ont mis en avant exactement les mêmes arguments qu’aux Etats-Unis. Hier soir, la plus grosse surprise est arrivée : je suis interdit aux moins de 12 en France. Je laisse le soin aux gens de voir le film et ce que j’ai pu mettre dedans, mais soit je suis une poule mouillée et je ne connais rien au gore, soit j’ai énormément de chance. La censure française a constamment mis en avant que le film n’est pas un film d’exploitation et que le côté pictural des images fait que le film a une certaine tenue. Je dois recevoir dans la journée le rapport complet expliquant les raisons de cette décision. En attendant, c’est pour moi une énorme surprise, pusique j'avais annoncé dans la presse que le film serait sans doute interdit aux moins de 16 ans, car je connais les points sur lesquels la censure française rippe. Et il y en a au moins deux que je me fais dans les grandes largeurs, et apparemment c'est passé comme une lettre à la Poste. Tant mieux pour le film et pour mon distributeur/producteur, qui hier soir n'en pouvait plus de bonheur. C'est aussi une chance pour moi, car ça change la perspective du film en Europe, car nous allons du coup rajouter 100 copies en Angleterre et 200 en France. Je suis impatient de voir les avis des autres comités de censure, notamment en Allemagne qui est réputée pour être parfaitement sévère... 


Sachant que Silent Hill s'est fortement inspiré de « L'échelle de Jacob », j'aimerais savoir comment vous situez votre oeuvre par rapport à celle d'Adrian Lyne, ne craignez-vous pas une comparaison ? « Silent Hill » étant un jeu qui propose plusieurs fins qui sont la conséquence de certains choix du joueur, a-t-il été difficile de choisir celle qui fut finalement retenue pour le film ? Enfin, « Silent hill 2 » est considéré par beaucoup de joueurs comme le meilleur de la série, notamment a cause de son tour de force narratif : seriez vous prêt à retentez l'expérience pour un 2e opus en cas de succès ? (Marc)


Christophe Gans : Est-ce que « Silent Hill » s’inspire fortement de « L’Echelle de Jacob » ? je ne pense pas. Je pense que « Silent Hill » s’inspire de deux scènes du film, une scène dans un métro et une scène dans un hôpital, qui sont assez saisissantes quand on les regarde et qui annoncent effectivement l’atmosphère de « Silent Hill ». Pour avoir discuté longuement avec Akira Yamaoka, « L’Echelle de Jacob » n’est pas la seule source d’inspiration de « Silent Hill ». La vraie source d’inspiration de cet univers est beaucoup plus picturale que cinématographique, notamment dans l’art moderne et les artistes surréalistes. Est-ce que je crains la comparaison avec « L’Echelle de Jacob » ? Pas du tout, car le sdeux films n’ont rien à voir. Personnellement, j’ai bien ce film, surtout sa version complète qui passe de temps en temps à la télé américaine. Je trouve le film très intéressante t très singulier. Je ne suis pas un grand fan de la fin au Vietnam, mais en même temps elle est intéressante car elle respecte l’idée qu’il y aurait dans cet univers parallèle différentes interprétations. Ce qui m’amène à votre deuxième question. Y-a t-il plusieurs fins dans « Silent Hill » ? Evidemment non, mais il y a plusieurs interprétations possibles quant à ce qu’il advient des personanges, et la fin est éminemment ambiguë, et je laisse à chacun le soin de se faire sa propre opinion. Pour moi, c’est une façon de répondre à la multiplicité des fins du jeu qui répondent à une multilplicité d’interprétation de cet univers. Quant à votre dernière question, j’aimerais effectivement retenter l’expérience de « Silent Hill » : maintenant est-ce que j’adapterais précisément « Silent Hill 2 » ? Je ne crois pas, même si j’aimerais personnellement. Par contre, je souhaiterais raconter la suite de l’histoire que nous avons commencé à raconter avec ce premier film, et introduire des éléments narratifs et psychologiques présents dans le deuxième jeu parce que c’est mon préféré parmi les quatre jeux. D’ailleurs, c’était celui que nous voulions adapter au départ avec Roger et Nicolas…


J'aimerais savoir M. Gans pourquoi ne pas avoir conservé les noms de "Harry Mason", "Rose Mason" et "Cheryl Mason". Nous avons pourtant le policier Cybil alors je ne pense pas que ce soit un souci de licence quelconque... Pourquoi donc avoir changé avec des noms pareil ? Harry Mason devient Christopher Da Silva !! Je trouve ça dommage car, en voyant la première bande annonce, j'avais bien cru comprendre que les noms seraient aussi fidèles au jeu... Je suis en plein désarroi devant le résultat... pouvez-vous m'éclairer ?  (Francis)


Christophe Gans : Je lui conseille de ne pas aller voir le film parce que s’il est en désarroi devant le changement des noms il va se suicider quand il ira voir le film… Le problème c’est que, de toutes façons, pour pouvoir retranscrire correctement Silent Hill, l’ambiance, le côté délétère, étrange et impressionniste du jeu, je ne pense pas que c’est en faisant un travail de fanboy que c’est le meilleur moyen d’y arriver. Concernant le changement, je trouvais que le personnage de Harry n’était pas véritablement un personnage masculin mais après j’ai trouvé que c’était une vraie idée de dire « Voilà c’est le Silent Hill que vous connaissez, mais pas tout à fait ». Je voudrai souligner que Silent Hill existe sur plusieurs plans dimensionnels. C’est une ville où s’entrecroise différentes dimensions et chacune d’elle est une histoire en soi. Rien ne nous empêche de penser, et il y a même des preuves dans le jeu de ça que les personnages existent sous plusieurs incarnations différentes. Je tiens d’ailleurs à rappeler que Marie et Maria dans le jeu sont la même personne mais qui a éclaté. Allessa, on le sait tous, existe sous plusieurs versions selon les univers où on la rencontre. Donc je ne vois pas en quoi Cybil Bennet ne pourrait avoir plusieurs incarnations d’elle-même et exister dans plusieurs dimensions, puisque c’est un univers pirandellien. Pour moi « Silent Hill » n’est pas un univers plat. Ce n’est pas une seule dimension avec une histoire. C’est une construction avec des perspectives inattendues où les gens sautent d’une dimension à l’autre et changent d’une dimension à l’autre. Parfois même ils oublient ce qu’a été leur vie, comme Maria dans « Silent Hill 2 » qui ne se souvient pas de son mari quand elle le croise à nouveau. Donc les champs de perspectives à ce niveau là sont infinis, et avec Roger Avary on s’est aperçu que ce n’était une trahison de dire que dans notre dimension à nous Cybil allait avoir un autre destin que celui que nous connaissions dans le jeu, que Cheryl s’appellerait Sharon, et ainsi de suite… Pour moi le respect de « Silent Hill » c’est le respect de cette ambition, de cette complexité, et ce n’est pas le respect stérile de simples noms.


(je coupe là. Suite dans le prochain post.)

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mercredi 10 janvier 2007

L' Au-delà

audelabiefulcie


Film gore interdit aux moins de 16 ans.


1927, la Nouvelle-Orléans… Un peintre est puni pour avoir donné une vision picturale de l’enfer. Il est crucifié dans le sous-sol d’un hôtel et défiguré à la chaux vive. 54 ans plus tard, Liza Merril vient s’installer dans ce même hôtel, dont elle a hérité, décidée à le retaper en vue d’une réouverture. Mais peu à peu des phénomènes étranges se produisent. Ainsi commence le règne de la terreur...

Film surprenant que cet Au-delà de Lucio Fulci. Au risque de révéler le film, je commencerais en disant que cette chronique est le fruit d'une interprétation purement subjective comme d'autres chroniques que j'ai pu formuler sur ce blog.
Et pour commencer dans la plus totale subjectivité, ce n'est pas un film que nous avons sous les yeux mais une peinture.

De la peinture, tout découle de la peinture, ou plutôt d'une peinture, vision de ruines grisâtre et poussiéreuse de l'enfer retrouvée en 1981 par la jeune Lisa. Un monde dont le sol est jonché de corps et baigné d'un ciel de ténèbres. Un monde que les yeux humains ne peuvent pas même fouler car en délà de la réalité. Ainsi tout ceux qui voient l'enfer seront puni et ôtés de leur vision...Quand ce n'est pas la mort qui les attends simplement au tournant.

Bref tout ça pour dire que dans ce film gore, pratiquement tout le monde meurt. Fulci avec un étonnant sadisme multiplie les tortures sur les chairs : la peau est passée à la chaux vive, les yeux énuclées, les pieux enfoncés dans les crânes, de pauvres peintres sont crucifiés, de pauvres mères de famille sont défigurées...Le clou du gore revenant à la fameuse scène des mygales carnivores. C'est qu'elles avaient faim les petiotes !

lentilleuuuh
Ah, ah, je suis possédée par le démon....Pas mal mes lentilles sinon ? ça va épater les copines !

Et ce délire gore s'avère à la fois aussi dégueu que réjouissant mais peut-être celà est il dû à mes antécédents horrifiques : comme Obélix je suis tombé dans une marmite de potion, mais y'avais plus des morceaux d'ossements que la quelconque source du pouvoir du surhomme. Toujours est-il que Fulci nous emmène dans son délire de plein pied avec un bonheur non dissimulé et ça se voit à l'écran : le directeur de la photographie fait des merveilles sur certaines scènes, à tel point qu'on croirait voir des tableux isolés par moments (la scène où Lisa est sortie et que le ciel est d'un bleu très profond) et ne parlons pas du début du film en teintes dorées. La musique ? Ma foi, si vous êtes un amateur des Goblins chez le frippon Argento, alors vous êtes en terrain connu, c'est un rock horrifique mâtiné de compositions plus classiques (filmiques ? Si on veut) assez similaire.
Je jurerais même avoir entendu dans le générique de fin au début quelques notes qu'on jurerait issue d'une autre bande originale.

Et, à la réécoute, je m'aperçu que ces quelques notes de début de générique (juste le début parce qu'après on vire dans une ballade "pop horrifique" qui clôt le film....Assez sublime d'ailleurs. J'aime assez) étaient assez proches d'un certain moment de Tubular Bells part one de Mike Oldfield (vers la fin de la piste). Un clin d'oeil ? Peut-être ou peut-être pas, néanmoins ça fait plaisir.

Et puis il y a le travail sur le son, au mixage qui s'avère excellent aussi : tout est donné pour clouer au fauteuil/lit le pauvre spectateur. Ainsi la séquence avec les mygales où l'on entend de petits cris et des craquements étranges. De quoi faire penser au travail des ingénieurs du son sur Minority Report de Spielberg : pour les spyders mécaniques des hommes de la précrime, on enreistra en amont avec des appareils sophistiqués de véritables cris d'araignées, inaudibles pour l'oreille humaine. Alors ici comment ne pas laisser l'esprit vagabonder et penser la même chose (surtout après avoir vu Minority report et ses bonus, fin de la pub, désolé) ? Et surtout en avoir les boules ? Assurément du point de vue du film et de l'image mais aussi du gore, la meilleure scène du film, significative du travail formidable effectué par Fulci et son équipe.

Autre détail sonore important, les fameux chuchotements entendus sitôt qu'on est près de la porte des enfers du film (il existe 7 portes des enfers. L'une d'elles est ici dans cet hotel délabré dont Lisa hérite), on peut entendre de petits chuchotements issus des limbes des ténèbres. Bien sûr le procédé n'est pas nouveau (Argento l'utilisait déjà sur Suspiria et Inferno qui sortit d'ailleurs quelques temps avant ce film) mais c'est un plus non négligeable bien sûr et l'on est content qu'il soit utilisé ici.



joeletaxiparadis
Joe le taxi, c'est sa vie...Ah non là il est plombier. On doit l'appeler Mario alors ?



Il faut enfin que je signale que le film est imprégné d'une forte emprunte baroque qui fait immédiatement penser à Lovecraft. Bien sûr on est pas totalement dans le Lovecraft pur (au contraire de Brian Yuzna et surtout de "In the mouth of madness" de John Carpenter) mais l'ombre de l'écrivain génial maître de l'horreur plane allégrement. Enfin, j'ai dit plus haut que ce film n'en était pas un mais plus une peinture ?

C'est vrai. Le film commence d'ailleurs sur une peinture pour se terminer dessus et le montage du film (peu de dialogues, des ellipses énormes --c'est vrai ça, on retrouve plein de corps mais pendant ce temps, que fout la police ?--) laisse à penser que la descente aux enfers des personnages peut être vécue soit comme un rêve malsain (le peu de dialogue semble d'ailleurs faire office de raccords entre les scènes, d'où l'irréalité du film. Dans un des bonus du dvd on apprend d'ailleurs qu'on peut encore remonter le film comme on veut puisqu'il n'y a pas de point central à celui-ci !) soit comme une certaine vision picturale morbide. La fin du film nous l'apprend magistralement, nous venons de regarder une peinture.

Et le peintre n'est certainement pas issu de la Renaissance italienne mais du gore cinématographique.

Pourtant il peint très bien le sang.


Petit bonux, le trailer....en allemand. C'est à vrai dire, la seule version avec une bonne qualité visible sur you tube...

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dimanche 17 décembre 2006

Le jour des morts vivants (Day of the dead)

titlefilme

"Une vingtaine de balles de 12,7 farcirent le corps de Justin qui explosa presque, lui aussi. Le soldat dégueula dans son masque à gaz et faillit s'étouffer le temps qu'un autre lui en mette un propre sous le nez."

Stephen King - Les Tommyknockers. (*)


Zombie
(alias "Dawn of the dead pour les puristes) étant à peine sorti sur les écrans que Romero se remit au travail. Pas question de laisser écouler encore une decennie comme ce fut le cas entre les sorties de La nuit des morts-vivants (1968) et Zombie (1978), le réalisateur de Pittsburgh à pleins d'idées en tête et compte bien les utiliser. Après tout, il faut battre le fer pendant qu'il est chaud, la sortie de Zombie et les premiers chiffres de recettes confirmen bien que l'on attendait enfin une digne suite (du moins dans le même univers) à la nuit des morts vivants. Bref échaudé par ce début de reconnaissance enfin mérité (les droits de "la nuit des morts-vivants" étaient tombés dans le domaine public ce qui en faisait un film très rentable pour la télévision américaine mais Romero ne gagna alors pas un sou...) tant publiquement qu'artistiquement et professionnellement (surtout auprès des producteurs), l'ami George écrit un long script ambitieux décrivant dans un avenir pas si éloigné, un système de caste et un affrontement dantesque entre derniers humains et hordes de zombies.


"L'ébauche de scénario du Jour des morts vivants, George Romero la laisse de côté quelques temps. Il n'y reviendra qu'après avoir emballé Creepshow en 1982. (...) Ce Jour des morts vivants débute sur une île tropicale, plus précisément dans une cité balnéaire desertée. Les immeubles y sont dégradés, les rues entièrement vides. Seuls quelques alligators s'y promènent en toute quiétude. Une tranquilité toute relative puisque perturbée par l'irruption d'un mort vivant affamé, signe qu'il n'est pas le seul de son espèce à battre le pavé dans le secteur et même au délà...

Arrive alors un bâteau de pêche non pas rempli de marins mais de guérilleros spécialisés dans la recherche d'éventuels survivants et d'enclaves protégées. S'ensuit alors une séquence anthologique que Roméro voit déjà comme le clou de sa carrière : un combat monumental où s'affrontent humains et zombies, telles deux armées en mouvement. Seuls trois guérilleros survivent au raid carnassier. Réfugiés dans la jungle, ils découvrent un ascenseur menant tout droit dans les entrailles d'une base militaire souterraine. A l'intérieur, les survivants se retrouvent nez à nez avec un commando de soldats dirigé par un chef mégalomane. Eux aussi s'emploient à domestiquer les morts-vivants, les nourrissant même de chair humaine entreposée dans des caissons frigorifiques. A ce niveau de l'histoire, Romero s'arrête à une satire d'une civilisation constituée de différentes castes. D'un côté les "humains de base" regroupés à l'extérieur dans des stalags proches de la prison à ciel ouvert de New York 1997, lieux de miséricorde où la violence, la drogue et la dépravation sexuelle bercent le quotidien des résidents. C'est évidemment là que les militaires se servent en victuailles destinées à leurs cobayes. Des scientifiques composent l'essentiel de la seconde caste. Chargés d'étudier les morts-vivants sous toutes les coutures, Romero les décrit "comme des chercheurs venant d'inventer la bombe atomique tout en souhaitant que l'humanité n'ait jamais a s'en servir. La responsabilité de leurs actes, de même que le fruit de leurs recherches, ils les laissent à l'armée, la dernière caste..."

Mad Movies - Hors série George.A.Romero.


zarbleuh
Moi les étudiants qui me font chier, je les enchaîne. Regardez celui-là derrière, même pas foutu de me finir un exposé sur Dario Argento. Quelle misère !



Vous auriez remarqués outre le fait que "frigorifique" rime avec "horrifique" (y'a un concept à tenir les gars là...) que Romero reprendra de nombreuses idées de ce script tant dans ce film que Land of the dead. L'armée de zombie en guerre, ce sera land of the dead, quand aux militaires et scientifiques, c'est pour "day of the dead". Les civils tenus à l'écart à l'extérieur, "land of the dead" (encore que ce dernier ira plus loin qu'un simple constat de pauvreté. Pour moi "land of the dead" est carrément une critique du pouvoir en place ni plus ni moins), etc...

Au final, avec ce script dantesque, Romero est passé d'une quarantaine de pages à plus de 200 et le devis qui en résulte de 6,5 millions de dollars lui ferme les portes des studios notamment de UFD sa société de distribution devenant trop frileuse devant un tel chiffre. Alleché par les 15 millions de dollars de recettes ramassés par les dents de la mer 3 lors de sa première semaine d'exploitation, notre George pense un temps a un film de zombie bien crados en 3D. Problème : encore plus cher, trop technique. Les discussions commencent à devenir houleuses entre le distributeur et Romero d'où la réplique de ce dernier, amer : "Rambo peut massacrer tous les vivants alors qu'on m'empêche de tirer dans la tête des morts. Deux poids, deux mesures."  Finalement Romero, Rubinstein (le producteur, également producteur de Zombie) et UFD se mettent d'accord sur une enveloppe budgétaire de 3,5, pas plus. Revoyant alors son script pour un budget moindre, Romero est obligé de tout changer, quitte à tout réécrire...

"Littéralement essoré, ressassant à l'infini les mêmes scènes et personnages, il reprend à zéro. " Je n'avais plus que trois semaines pour l'achever. Je suis resté assis la première semaine à réfléchir intensément, à essayer de remettre en ordre un très vaste puzzle, tout en prenant des notes avec un magnétophone. Une période très éprouvante, difficile sur le plan psychologique. Une fois reconstituée la trame d'une histoire qui entrait dans le budget alloué, je suis passé au stade de l'écriture." "

Mad Movies hors série - George A.Romero.


bublegum
Woua, Led Zeppelin c'est trop bien ! (**)


Le film commence progressivement à prendre forme et s'inscrit dans la continuité des précédents volets. A l'invasion puis la débacle précemment vues, répondent le chaos et l'isolement. Un grand monde vide dont on peut imaginer quelques enclaves de survivants ça et là, disséminées, qui ne se parlent même pas, parce que tout probablement elles n'en ont pas les moyens (Mc Dermott le radio du film se plaint aux militaire que son équipement date de la seconde guerre mondiale et que tous les relais radiophoniques longue portée ont depuis longtemps cessés d'emettre) ou qu'elles ont baissées les bras. Le film montre clairement un refuge souterrain tenu par une poignée de militaires régnant en tyrannie (et glandeurisme quand on voit les autres militaires qui entourent l'inflexible colonel Rhodes) sur des scientifiques apeurés à leur solde et 2-3 civils qui peuvent leur être utile (John le pilote d'hélicoptère et Mc Dermott, le radio), face au monde extérieur peuplé aux 9/10 èmes de Zombies affamés et voraces.

D'emblée, des personnalités se dégagent entre premiers et seconds rôles, les seconds faisant généralement de la bonne chair à pâté. Au rang des personnages importants, on notera donc l'importance de Sarah (Lori Mc Cardille), véritable femme forte là où une Barbara s'évanouirait de peur (premier volet) et où une Francine (second volet), même femme d'action se retrouverait néanmoins submergée par l'adversité. Sarah impressionne face à ces militaires brutaux et stupides justes enclins à parler graveleux, à se réfugier dans les blagues/insultes de sexe ou faire parler leurs armes. En fait, tous ont peur, tous sont terrifiés mais Sarah est la seule qui ne le montre pas même si le spectateur ressent parfaitement la tension qui se fait jour en elle et menace vers la fin de se briser.

colllllique
Ah merde ma collique me reprend.


Ensuite Rhodes (Joseph Pilato (***)), implacable et inflexible dans le rôle d'un colonel sur le point de craquer. Constamment dans la pression, parfait salaud dont le but (tout à fait louable à la base) est de maintenir ses hommes en vie, il est une boule de nerfs prête à exploser. Pour lui, la situation n'avance pas, ce qui l'énerve de plus en plus. Presque paranoïaque on sent chez lui, le besoin de faire presque un coupable, surtout cette femme qui semble défier son autorité et ces scientifiques qui ne mènent rien...

Troisième personnage marquant de ce triangle improbable enfin, il nous faut parler de Bub alias aussi "boubou", zombie de son état incarné avec charisme par Howard Sherman. Celui-ci en observant attentivement la petite fille de Romero sur le tournage prend conscience de cette faculté de découverte progressif et naturel des choses qu'ont les enfants et bébés en bas âge face à un environnement inconnu et calque son jeu là dessus avec naturel. Il devient donc Bub, zombie ancien tireur dans l'armée sûrement qui accède à sa mémoire et progressivement redécouvre des choses issues de son passé humain.

C'est avec ce personnage que Romero commencent à prendre fait et cause avec les zombies : Devant Bub et la brutalité des militaires, on préfère effectivement un monstre ayant de vrais sentiments humains qu'une créature qui n'a d'humain que l'apparence (Rhodes). L'évolution progressive et passionante du zombie continuera lentement mais sûrement avec Land of the Dead où cette fois ils peuvent "communiquer", se mettre en groupe, et comprendre, voire ressentir la souffrance des autres.

twixle
Ah non, pas de ventre, pas de Twix © !

Dans les personnages secondaires, notons le Dr Logan, qui nous joue ici le savant fou (et ce n'est pas fait exprès qu'on l'appelle "dr Frankenstein" croyez moi, d'où le fait que ici Bub, sa créature, tentera de le venger et non le détruire. Merci du sympathique détournement mr Romero) ainsi que les deux civils, un peu en retrait. Notamment le personnage noir de John là où dans les autres Romero, c'étaient des meneurs, symbole d'une classe opprimée de l'Amérique qui prenait en main son destin, ici il se fait légèrement en retrait, comme si il annonçait le zombie noir meneur de "Land of the dead", c'est flagrant.

On remarquera aussi que pour ce volet, Romero se concentre plus sur la psychologie des personnages que l'action. Bien sûr on ne pourra pas passer sur les grossiéretés qui rendent les militaires caricaturaux et ennuyeux (comme si Romero avait fait exprès d'écrire leurs textes en ce sens. D'ailleurs je ne doute pas qu'il l'ait fait pour ça, pour les rendre franchement ineptes à nos yeux) et parfois plombent l'histoire mais il s'en dégage un malaise et une tension constante doublée d'une belle nostalgie d'un monde disparu, l'âge d'or d'avant les zombies que, remarque personnelle, j'aurais préféré encore plus développé et noir (dialogue entre John, Sarah et Mc Dermott dans le jardin artificiel). Mis à part quelques dialogues plombant, Romero ne gâche en rien son propos et se montre toujours aussi fort dans la description d'une société au bord du gouffre et signe qu'il n'a pas perdu la main, les rares scènes chocs fonctionnent parfaitement dans le film pour marquer durablement l'esprit (notamment la scène du début, dans la chambre et son fameux "mur de mains", scène formidable pour moi et toujours aussi forte même si je commence a la connaître par coeur...) et faire de ce film un grand film.

Annexes...


remake_a_la_noix

  • Aux dernières nouvelles, "Day of the dead" fait l'objet d'un remake inutile par notre tâcheron Steve Minner pourtant responsables de 2,3 breloques sympathiques, House et Vendredi 13 en tête. Les zombies courent (la grande mode quoi), sautent comme des crapauds et y'a un casting de djeunz. Vous pouvez déjà voir un aperçu du désastre annoncé pour 2007 par ici.
  • Pour l'anecdote, le début de la partition musicale du film par John Harrison fut reprise magistralement en sample par le groupe Gorillaz sur leur premier album. Il s'agît du morceau "M1A1", la piste 15. A vos ghetto blasters mes amis !
  • Vous pouvez lire une sympathique chronique de Day of the dead par ici aussi.
  • Une chronique de Day of the...Ah non, c'est Land of the dead sur l'artcancre. Bah tant pis je leur fais un peu de pub, pas grave...
  • Et voici le trailer, bande de petit veinard...



Vous pouvez aussi lire mes propres chroniques antérieures de La nuit des morts vivants et Zombie sur ce blog.

Ne me reste plus qu'a traiter prochainement de Land of the dead (2005) et la boucle sera bouclée...en attendant "Diary of the dead" (2007).



(*) Je voulais mettre à la base une citation de "Cellular", le King qui rend hommage à Romero (et Matheson) mais ayant un peu largué King depuis quelques années, je ne disposais pas du bouquin. D'autres part, les Tommyknockers sont tellement vampirisés par le pouvoir dont ils disposent qu'ils semblent presque devenir des zombies, d'où la citation en parallèle...

(**) Mine de rien, je crois que Bub écoute de la musique classique, mais je ne suis pas sûr donc si quelqu'un a l'information, je suis preneur...

(***) ...Que l'on retrouvera plus tard pour un très court rôle de faux Dean Martin dans Pulp Fiction. Sacré Tarantino va !

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lundi 7 août 2006

Les dents de la mer

dendents

JAWS (1975)

A quelques jours du début de la saison estivale, les habitants de la petite station balnéaire d'Amity sont mis en émoi par la découverte par le shérif Brody (Roy Scheider) sur le littoral du corps atrocement mutilé d'une jeune vacancière. Désireux de faire de juteux chiffres d'affaires et d'éviter la panique, le maire décide de fermer l'affaire : cadavre mutilé par une hélice au lieu de révéler la vérité : un grand requin blanc a élu domicile dans le port d'Amity. Très vite les cadavres s'amoncellent..

Brody : Roy Scheider
Hooper : Richard Dreyfuss
Quint : Robert Shaw

3e film après le monstrueux Duel (prix mérité a Avoriaz) et l'émouvant Sugarland express où Spielberg démontrait sa capacité pour l'un dans l'action et le suspence, pour l'autre dans l' émotion.
2 matrices que Steven mélange timidement ici en faisant plus ressortir le suspence et l'angoisse que l'émotion, mais émotion il y a. Ainsi, une scène sublime, improvisée en plus, entre le chef Brody (Roy Scheider) et son fils, mais aussi la lente terreur sourde qui monte du récit de Quint (Robert Shaw) dans le navire...

Avec ce film pourtant un peu détesté par le maître (Spielberg trouvait qu'il était stupide de faire une histoire de requin (pourtant l'animal terrifiant qu'est le Grand Requin Blanc était alors parfaitement méconnu du public américain à cette époque donc susceptible d'être une créature au fort potentiel) et les conditions de tournages furent catastrophiques --le requin mécanisé ne fonctionnait qu'une fois sur trois !-- pour le jeune réalisateur à la limite du découragement), il s'agissait de faire très fort : retrancher l'horreur gore très loin dans ses derniers retranchements.
Retranchements qui seront poussés d'ailleurs par Alien puis surtout le monstrueux Cannibal Holocaust mais passons...

Surtout, ce film donne l'occasion une fois de plus au cinéaste de lancer dans ses grandes marotes : la famille (recomposée ou non, éclatée ou pas) et la seconde guerre mondiale. Le requin est cette créature noire qui, dans le récit de Quint le chasseur de prime vétéran du Pacifique, est la métaphore parfaite de la mort et dévore les pilotes perdus en pleine mer : "Ses yeux noirs sont sans expression, sans vie...."

Il y a dans les Dents de la mer comme Duel, toute la matrice du cinéma Spielbergien à venir. Même la part de magie existe à travers Jaws comme le témoigne les paysages du films et couchers de soleil en pleine mer (sur le bateau) mais aussi le passage rapide dans le film d'une étoile filante (vers 1h32 environ), semblant presque concrétiser le voeu d'abattre le requin, quitte à y laisser la vie.

Et comme dans Duel auquel on a souvent comparé ce film, la créature semble presque invincible, elle est une part de réel (un camion, un requin) qui surgissent et sortent brusquement de leurs cadres respectifs. Dans Duel, le camion pouvait aussi bien surgir d'un inquiétant monde parallèle (rappelons que l'on ne verra d'ailleurs du chauffeur que ses bottes, à croire qu'il n'a jamais vraiment existé et que David Mann le pauvre représentant commence à perdre les pédales et imaginer un conducteur qui n'existe que dans son imagination vu que le conducteur du camion n'est jamais allé au resto-route !...) que le requin de la noirceur des abysses. Une noirceur qui renvoie à nos propres ténèbres, ce que Spielberg magnifie dans une séquence en pleine nuit : Brody et Hooper, un peu saoul partent sur le territoire du grand blanc quand soudain en pleine mer surgit ce qui reste d'un bateau, pauvre Hollandais Volant presque surgit d'ailleurs dans la froide nuit noire.

Pour corser le tout, Spielberg (grand bien lui en prit) choisit de ne pas montrer la bête (officiellement hein, parce qu'officieusement, c'était parce que le requin merdouillait vachement  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/W-rire.gif ) en vrai. On ne la voit pas, tout au plus voyons nous ce qu'elle voit (une technique reprise avec brio par John Carpenter sur Halloween : les passages dans la voiture du tueur, sa vision quand il met le masque au début...). Puis a cette vision interne s'ajoutent les victimes, puis les rumeurs diverses (le livre de Brody sur les attaques de requin permettent au pauvre spectateur de se faire son idée hors cadre et de commencer à avoir la chair de poule). Enfin on voit le requin, mais partiellement : un aileron au loin dans la baie et...Des flots de sang, preuve indéniable de son passage. Autant les corps étaient la conséquence, autant le sang montre l'instant présent.
Enfin dans la dernière partie qui voit les 3 personnages principaux s'isoler du monde pour chasser la "bête" dans une sorte de huis-clos aquatique, plus besoin de cacher le requin.
Sa puissance n'en est que plus amplifiée. 3 mètres ? Non, bien plus grand...8 mètres.
Et quand même le vétéran de la chasse au requin commence a douter, on craque aussi, la peur est a son paroxysme. Avec ses fondations qui vacillent, Quint, le dernier rempart de notre peur la laisse s'échapper et galoper en nous.

Et la fin du film de tenir toutes ses promesses : apocalyptique.

Et là encore le parallèle à Duel se fait sentir presque plan par plan : Le camion qui tombe en poussant un "cri de dinosaure" (peut-être difficilement entendu sur la zone 2) et ici, le requin qui coule en un long râle, le même cri (Steven avoue dans les bonus avoir effectivement fait réentendre le même effet sonore qu'a la fin de Duel !), plus facile a entendre sur le zone 1 que le zone 2 (mais il suffit de monter le son)...

Enfin je terminerais sur un plan que je trouve sublime, annonciateur du final, c'est quand la seconde partie du film commence et que les 3 personnages principaux prennent la mer pour pourfendre du squale. Spielberg annonce alors un pessimisme sous-jacent en un plan très esthétique où le bateau passe par les mâchoires d'un requin accrochées dans la bâtisse de Quint.

Et voilà l'image (choppée sur dvdclassik j'avoue mais bon j'adore ce site...) :

http://www.dvdclassik.com/V2/Critiques/jaws3.jpg


Aspects techniques ?

Les filmographies, notes de prod, le making of (1h seulement alors que la version laser disc fait 1h30...Où sont passées les 30 minutes ? O_o) assez intéressant, les bandes annonces d'époque (kitsch mais fun)...

Venons en aux scènes coupées. Elles ne sont pas si significatives de l'oeuvre finale mais Steven aurait pu les rajouter. Si certaines ne sont pas des mieux, d'autres auraient pu renforcer la force du film. Alors oui, on passera sur Quint faisant exprès de chanter pour troubler un pauvre clarinettiste dans un magasin de musique mais on ne ferme pas les yeux sur la bataille des pêcheurs en mer utilisant toutes sortes de techniques (même de la dynamite !) pour chasser le requin.

Autre bonus de taille pour une fois, les story boards qui révèlent de nombreuses choses (par exemple Hooper devant être tué mais Spielberg lui laissera la vie sauve) et se révèlent assez beaux, dans un style assez proche par moment des comics américains underground.

V.O en 5.1
V.F en 1.0 (gné ?)
Autres pistes en stéréo 1.0 : Italien, Allemand, Espagnol.

Un indispensable des Spielberg (avec Duel par la même occasion tant leurs structures narratives sont proches).

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dimanche 30 juillet 2006

Zombie

Zombies - Dawn of the dead (1978)

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/21/21057.jpg

"George A. Romero avait réussit un premier coup d'éclat avec Night of the living dead. Où l'on pouvait assister à l'arrivée des premiers zombies. Film intelligent et novateur, il avait marqué son temps (réalisé en 1968, année riche en révoltes de toutes sortes) le film ne manquait pas de porter un réel impact et une critique acerbe de la société.

Second coup d'éclat (peut-être même encore un cran au-dessus), Dawn of the dead, sobrement titré dans nos contrés Zombie. Film très subversif à l'époque, il présentait un monde proche de l'apocalypse où les zombies devenaient peu à peu plus nombreux que les hommes. Un petit groupe (trois hommes et une femme) décident de s'enfuire pour trouver un havre de paix. Finalement plus tenté par un centre commercial qu'une île déserte ces derniers passeront leur temps à piller la magasin et s'adonner à une véritable boulimie consomatrice qui prend de telles proportions qu'ils préfereront se battre et risque la mort plutôt que d'abandonner leur bien. Critique virulente de la société de consommation, Down of the dead est resté dans les mémoires et est surement le plus populaire film de la série."
--Extrait de dvdcritiques.com--

10 ans.
10 putains d' années.
Il aura fallu attendre 10 ans avant que Romero accouche d'une suite dans la plus stricte cohérence temporelle avec un soin qui fait plaisir aux fans de zombies. Là où d' autres attendent juste un an ou deux et nous font des reloaded et revolutions tout pourris (oui je sais, j'aime bien taper sur matrix), Romero prend le temps d' abord de réunir un budget suffisant, de pondre une histoire qui couches après couches sera maintes fois corrigée et réecrite en fonction des bouleversements sociaux (or l' époque des 70's est en train de tourner pour la grande consommation avec des centres aussi grands que les Halles à Paris par exemple ou bien tous ces nouveaux centres en France un peu plus tard... Pour Romero, c'est aussi l' occasion d'inscrire l' histoire dans une continuité temporelle proche de la nôtre. Les 4 films de Romero présentant un monde aussi semblable au notre qu'il en devient parallèle et s'inscrit dans une Histoire très cohérente.
Ainsi ici, la marée de zombies se fait plus importante que dans le premier volet et l' on sent que les hommes, les militaires s' amusent sans se douter de la vague menace inexorable qui avance.

Caméra documentaire aussi puissante qu'un Mickael Moore sur des militaires qui engagent des civils pour une petite partie de chasse aux zombies, lesquels bien sûr commencent à faire pitié, entropie oblige...
A défaut de vraiment les trouver sympathique (vaut mieux rester loin de ces trucs là, ça a toujours la dalle), on sent que Romero soupèse les humains et les zombies dans un même panier, mais à ce petit jeu c'est l' homme qui s'avère perdant comme on en s' apercevra dans les deux films suivants qui penchent nettement en faveur des zombies.

Ici Romero ne juge pas, il observe et tire un constat inquiétant : Dans les grandes villes, les policiers et escouades spéciales ont beau faire du nettoyage, il reste toujours des zombies que les gens n' hésitent pas a garder chez soi, en effet comment tuer celui qui quelques jours plus tôt était encore votre mari, votre pote, votre meilleur ami ?
Les militaires s' amusent, le pays part à la dérive. Les gens restent cupides envers leurs biens, ce dont les zombies se fouttent éperduement. Les opinions sont tranchées et celà se voit dès le début du film où la panique règne sur un plateau de télé sur la marche à suivre : deux scientifiques aux méthodes opposées parlent des zombies, l'un croit en des méthodes radicales difficilement appréciables du public, l' autre pour des moyens en douceur qui paraissent déplacées. Aucun ne semble être particulièrement optimiste.

http://www.dvdmaxx.com/photos/zombie2.jpg

Ce qui est incroyable dans le film, c'est que le côté humain n'est en aucun moment oublié même si bien sûr on a un film foncièrement gore. Ainsi avec 4 survivants (3 hommes et une femme) qui se réfugient dans un centre commercial (qui sera leur salut, puis progressivement leur perte), Romero se fait un huis clos avec zombies en toile de fond. Les rapports se dégradent, le désenchantement, la fatigue, la folie presque gagnent nos 4 "héros". Stephen, Roger, Peter et Francine semblent constamment sur les nerfs et la situation ne s' arrange pas : avec le temps, de plus en plus de zombies s' agglutinent aux abord de la région (preuve que le pays part à la dérive avec le temps) comme des abeilles autour d'un nid. Et pour couronner le tout, Francine est enceinte. Bientôt surviennent les premières nausées. Puis Roger se fera mordre par un zombie et commencera lentement comme un malade en phase terminale (en accélérée ici) par perdre humanité, espoir et foi dans une régression de l' humain au zombie qui n'est pas sans rappeler le stade infantile.

D' ailleurs les zombies sont ça : au stade de l' évolution humaine et comparé à nous, ils ne sont encore que de petits enfants, mais des enfants désireux d' apprendre. Déjà dans la nuit des morts vivants, un des zombies dès le début du film s'empare d'une pierre pour briser la vitre de la voiture où Barbara s'est réfugiée (ah une ptite fringalle on y résiste pas) et ici, les morts vivants ouvrent les portes, s'infiltrent partout ou presque, peuvent même se servir d'un fusil, enfin du moins le prendre par la crosse (il faudra attendre "le jour des morts vivants" et "land of the dead" pour voir un mort vivant se servir véritablement d'une arme à feu).
L' évolution est en marche.

http://www.dvdmaxx.com/photos/zombie3.jpg
Même les couples ne sont plus soudés devant le danger...


Un tournage serré...

Le tournage de Zombie commence le 30 septembre 1977 à Monroeville. Il se déroule essentiellement de nuit, aux horaires où le centre commercial est fermé au public, jamais avant 22h00, écourtant considérablement le temps de travail. Déjà collaborateurs sur "martin", le réalisateur et Tom Savini s' entendent comme larrons en foire, tant et si bien que le second s' investit dans le projet bien au délà de ce qu'on attendait de lui.
Avec son équipe, il passe des nuits entières à transformer les figurants en zombies. Des figurants qui, cette fois, recevront 20 dollars chacun, une "lunch box" et un t-shirt à l' effigie du film. Les prises de vues débutent généralement vers minuit et durent jusqu'a 7 heures, soit deux heures avant que le centre n'ouvre ses portes. A 7 heures, automatiquement se déclenche la cassette d'une musique d' ambiance dont personne ne parvient à arrêter l' enregistrement. Cet "easy listening", George Romero saura l'utiliser à bon escient dans le film.
A 8 heures, alors qu' arrivent les premiers employés, toute l' équipe doit débarasser le plancher. Une chronologie serrée qui n'est pas sans poser quelques soucis. Quand par exemple, un groupe de cardiaques ayant pour habitude de se livrer à des exercices de relaxation dans le centre tombe nez à nez avec un deterré.
Croisant malencontreusement la route du figurant retardataire toujours maquillé, un fatigué du palpitant rend son dernier souffle, terrassé par une attaque.
--Extrait du Mad Movies spécial Romero--

C'est vrai que le Tom Savini s'est particulièrement bien amusé sur les maquillages. Plus soignés que sur le premier en noir et blanc ils donnent néanmoins l' impression que tout le monde à trépassé en une seule journée ! Ah ce bleu livide des cadavres...

Et puis il me faut parler de la musique et des différentes versions du film. En fait on ne compte plus les nombreuses versions du film (certains fans auraient même remontés le film à leur vision créant une version de plus !) mais il y en a 3 principales.

* La version européenne (Zombie) :

Remontée par Dario Argento (LE réalisateur du génial Suspiria dont je ferais une chronique ici un jour prochain...) , la version européenne s' avère plus courte que la version américaine de Romero mais bénéficie d'un montage privilégiant l' action, la satire et l'intensite. La psychologie des personnage en prend parfois un sacré coup dans l'aile mais dans l' ensemble, le film est terriblement efficace.
Et puis il y a la musique des Goblins, groupe de rock baroque et barré qui ferait passer la musique du Shining de Kubrick pour une complainte pour gamin attardé. A la fois en décalage et en parfaite adéquation tout en restant 70's et intemporelle, elle donne un plus appréciable et fun au film.

* la version américaine

9 minutes de plus que la version Argento, où les Goblins ne sont qu'un banal thème passant à la radio. Romero privilégie un montage plus posé crédibilisant les personnages et des musiques parfois nostalgie un peu comme un Tarantino avant l' heure. De nombreuses scènes plus ou moins importantes et métaphoriques ponctuent le récit et laisse entrevoir la direction que va prendre Romero par la suite : Ainsi une nonne zombie que Francine épargnera et dégagera la robe de sa porte. Compassion uniquement parce que c'est une ancienne religieuse ? Pas sûr...

* Le director's cut

La même version que la version européenne mais qui là où cette dernière ne faisait que environ 1 h 50 donne ici un montage de 2 h 50 ! ça laisse rêveur. D' après Mad Movies, c'est la meilleure version des trois mais pour l' avoir, va falloir débourser dans l' edition ultimate (voir plus bas). Cette version n'a été projetée publiquement paraît il qu'une seule fois, à Cannes en 1978.

Les versions dvd de Zombie/Dawn of the dead

Nous y voilà, comment s'y retrouver dans tout ce fratras ? Suivez le guide.

Version zone 2 officielle :

C'est la jaquette que j' ai mis en ouverture de cette seconde partie. C'est donc le montage européen par Argento, terriblement efficace et jouissif. Ici c'est la version simple, mais la version collector en 2 dvds est tout aussi jouissive d' autant plus qu'on a droit au célèbre "document of the dead" sublime documentaire sur le tournage du film et la carrière de Romero sur une durée qui s' échelonne sur plus de 10 ans !
Le son en 5.1 ou DTS (VF only je crois) est sublime malgré quelques voix nasillardes. L'image reste assez soignée malgré à de rares moments des griffures ou fêlures mais bon, ça rajoute au charme et tout le reste est parfait alors bon...

Ultimate edition zone 1

http://images.amazon.com/images/P/B0002IQNAG.01._SCLZZZZZZZ_.jpg

La version a avoir impérativement si vous avez un lecteur dvd dézoné et que vous avez plein de sous pour les dvds comme Patchworkman (ahhh pas taper, "patchi", non arrrg). On trouve ici les 3 versions officielles, 3 commentaires audio, "document of the dead", des images très rares en noir et blanc et super 8, un documentaire spécial pour cette édition et pleins de photos par centaines...

Le must, à avoir si vous ne trouvez pas l' édition européenne ou que vous avez les moyens, ce que mon statut d'étudiant ne me permet pas malheuresement.

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jeudi 27 juillet 2006

A History of violence

crocrob


Parce qu'au cours d’un braquage, Tom Stall a abattu les deux malfrats qui menaçaient la vie des employés de son restaurant et celle de ses clients, il est désormais acclamé en héros et son aventure s'étale à la une de tous les médias. Alors qu'il essaie de retrouver une vie normale loin des feux de l'actualité, un certain Carl Fogarty débarque, convaincu d'avoir reconnu en Tom celui avec qui il a eu autrefois de violents démêlés, un certain Joey Cusack. Tom aura beau nier, les ennuis ne font que véritablement commencer...

Une seule constatation négative dans l'océan de bonheur procuré par ce film, le boîtier. Vous aimez les poupées russes ?

Ok vous allez être servis : Le boîtier se compose d'un étui en carton....Cachant un second étui en carton...Cachant la boîte. Un fourreau beau mais pas pratique du tout, finalement assez énervant. On se demande ce qui est passé par la tête de métropolitain...  :/

Sinon à part ça, que du bonheur.

Comme il l'avait récemment confirmé dans une interview, Cronenberg a effectué un virage à l'orée des 90's en inflechissant son monde dérangé sur une pente plus subtile, une horreur plus psychologique, le gore étant néanmoins toujours en train de rôder dans les parages (on se refait pas hein...), ce qui nous a donné des films incroyables : Ainsi "Faux semblants" qui augurait le premier du virage psychologique de David peu de temps après "la Mouche" (et avant ça, l'excellent, "dead zone") lui donnait d'emblée un autre prix d'Avoriaz (amplement mérité). "Mr Butterfly" et "Crash" s'imposèrent (et même si je n'aime pas trop "crash") comme des films presque normaux (avec le petit plus qui fait le Cronenberg) tandis que CroCro concilia gore et psychologie avec plus ou moins de bonheur dans "eXistenZ" et "le festin nu" avant de virer totalement dans les abîmes noirs de "Spider".

Avec "A History of Violence", Cronenberg prouve une fois de plus sa capacité à fondre son passé de faiseur gore dans un film plus noir qu'il n'y paraît mais se renouvelle une fois de plus dans ses thèmes de prédilections : la maladie, la solitude, la mort.

  • La maladie est cette fois métaphorique, loin du visible incurable du scientifique de "La mouche" ou des contaminations de "Rage" ou des effets dûs à la drogue dans "le festin nu". Cette fois, la maladie est la contamination virale de la famille par la violence ce qui permet à Cronenberg d'observer la lente décomposition d'une famille et la violence à l'oeuvre chez le père qui sera alors visible chez le fils, ce qui permettra à Cronenberg de poser au spectateur une question en filigrane toute d'ambiguïté : La violence est elle héréditaire ou le devient on par nécessité ? Cronenberg ne dit rien, il montre, au spectateur de faire son,ses choix.

  • La solitude... C'est un thème omniprésent chez Crocro...Des patients étranges de ses premiers courts et moyens métrages (dont Stereo, un moyen métrage de 30 minutes incroyable en noir et blanc et muet) à la solitude d'un personnage abandonné de tous car malade, différent, incompris (voir "dead zone", "la mouche", "eXistenZ", "Vidéodrome"...). Ici la solitude humaine se ressent non seulement chez Tom/Joey (Viggo Mortensen) mais aussi et surtout, par conséquence, elle rejaillit sur sa famille : sa femme, qui doit-elle croire et qu'est ce que son mari est-il véritablement ? Peut-elle et doit elle encore lui faire confiance ?

  • Enfin, la mort, omniprésente chez l'artiste canadien, la mort des autres comme celle du personnage principal. Curieusement chez Cronenberg, "le héros" contaminé est toujours voué à la solitude, donc par conséquent à la mort, seule rédemption possible, même si elle est très pessimiste. Pourtant "A history of violence" échappera à ce constat (trop de morts à l'écran ? Un quota rempli ?  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/W-rire.gif ) pour --fait rare à souligner-- offrir une superbe rédemption à la fin...


D'ailleurs il faut en parler de cette fin même si désolé, je vais un peu passer en Mode spoilers...
A la première vision du film j'avais été emballé mais un peu déçu par la fin du film, pourtant celle-ci s'inscrit dans une incroyable logique et permet au fan que je suis de ne plus voir un quelconque personnage se trancher la gorge (Jeremy Irons dans "mr butterfly") ou demander qu'on le suicide plus ou moins consciemment ("la mouche" bien sûr mais aussi "vidéodrome" et "dead zone". Pour "vidéodrome" on en arrive toujours a se demander si Max Renn opère par nécessité ou parce qu'il est forcé et qu'il n'y a plus d'échappatoire possible ? Tandis que dans "the dead zone", vu que son pouvoir de voyance l'affaiblissait, il était logique que Christopher Walken se sacrifie --je crois que le personnage en a intimement conscience même si il agit pour une cause le dépassant : le bienfait de l'humanité-- sous peine de devenir un légume...) mais offre donc pour la première fois chez Cronenberg une fin heureuse, du moins en apparence.
Parce que même si Viggo Mortensen demande le pardon, sa famille est détruite. Cette rédemption et la chance d'être pardonnée (incroyable final à trembler) est la chance de tout reconstruire ou du moins d'espérer. Et cette fin est plus douloureuse encore que toutes les morts parce que l'espoir se crée sur à peine rien, des ruines, du vide.

Ceci est en partie mon interprétation et comme Cronenberg propose toujours des films plus riches que la moyenne des faiseurs hollywoodiens oeuvrant dans l'horrifique ou l'angoissant, bien sûr, il peut y avoir plusieurs interprétations. Ainsi mon père a trouvé que ce n'était pas un pardon qui lui était offert et que le personnage de Tom s'imposait. Intéressant mais je reste pour ma part sur la dimension du rachat du personnage...

Le son est en 5.1, que ce soit en Anglais ou français et il y a des bonus, messieurs dames !

Les bonux !

*Commentaire audio de David Cronenberg
*Actes de violence : les coulisses du tournage
*Scène coupée : la scène 44
*Le démontage de la scène 44
*Histoire de violences : version américaine contre version internationale
*En compétition au Festival de Cannes
*Bandes-annonces
*3 Bonus cachés

Pas encore repéré les bonus cachés, je m'y met dès que possible bien sûr ^^
Sinon, la scène 44 a était tournée puis finalisée entièrement pour le dvd, merci mr Cronenberg. Et c'est une scène gore à l'ancienne (un cadeau pour les fans je pense bien  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/dent.gif ), chouette !


Bilan : Un grand film qui aurait dû être primé, bref festival de Connes quand tu nous tiens....
Grand film ? On approche du chef d'oeuvre même. A noter qu'il s'agit du Cronenberg le plus violent et sanglant de tous.

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lundi 12 juin 2006

Scanners

scaneuuurs

Dans un futur probable, les "scanners" ont émergés, des hommes et femmes ayant mutés et s'avérant télépathes, capables de sonder les humains, voire de les contrôler par leur pensée...


J'avais noté Scanners 3/5 sur un forum en arguant le fait qu'il y ait quelques longueurs, lesquelles en fait proviennent d'une musique qui parfois à mal vieillie (première et dernière incursion de Howard Shore sur le synthétiseur, hem...) ainsi que de personnages parfois sans personnalité propre (tous les acteurs de Cronenberg cabotinent en général mais certains cabotinent plus que d'autres...).

En fait l'impression d'être constamment sur le fil du rasoir (avant d'être largué) tient surtout du tournage chaotique du film (2 morts dès les premières scènes de poursuite en voiture, le film pas encore terminé d'écrire par David qu'il faut encore le réécrire sans cesse, les plans de location et de tournage sans cesse changeant...) qui pourtant n'entache rien du tout au visionnage même si Cronenberg avoue que le montage fut pour lui un calvaire (aisément compréhensible au visionnage).

Soit.

Il n'empêche que le film dispose d'une idée à presque chaque plan, que ce soit dans la façon de tourner (je pense à ce plan du métro qui arrive alors que la caméra semble presque collée sur les bords de la rive et que le métro va presque la percuter...Jamais chez aucun autre cinéaste je n'ai vu ce genre de plan), ou bien les perles scénaristiques trouvées par l'ami David  : Le combat contre l' ordinateur (notre canadien adoré indique que si un télépathe comme un scanner peut sonder tout ce qui a à priori un système nerveux, il peut sonder un ordinateur. Idée géniale), la tête qui explose (scène cultissime), la scène de communion très 70's entre télépathe (ma foi, porquoi pas ?), les scènes d'interrogatoire éffectuées par Cameron Vale (le gentil scanner, le héros quoi...), l' éphèmérole et le bébé télépathe, sans oublier le combat final, très oedipien et impressionant où David nous refait le coup du Dark Vador façon "l'empire contre attaque".

Et puis il faut parler des acteurs !
Ah les acteurs !

C'est un fait établi, dans tous les Cronenberg ou presque, on ne trouve que des acteurs réputés. Ils se bousculent tous pour venir chez Cronenberg comme on peut accepter avec grand plaisir de tourner chez un Malick ou le regretté Kubrick.
Là, on a droit aux inégalables Patrick Mc Goohan (Bonjour chez vous numéro 6) et Michael Ironside (une fameuse gueule qui interprète souvent des rôles de méchants qu'on oublie pas de sitôt. Rappelez vous dans Total Recall, voire le prof dans Starship Troopers...), pour notre plus grand plaisir. Le premier interprète le docteur Russ (je ne sais si il s'agit d'un clin d'oeil de David à Russ Meyer mais bon, passons...) un homme fatigué et à l'origine des scanners, ces humains télépathes; le second interprète Daryl Revok (note : Revok est l'anagramme de cover, ce qui explique bien des choses dans le film mais chut), un scanner dans le camp du mal... Encore que l'on est chez Cronenberg, pas chez Hollywood, du coup, foin de manichéïsme, les choses ne sont pas aussi simple.

Scanners avec son son mono quel que soit la version et son image à peine retouchée accuse les travers du temps néanmoins, c'est le genre de dvd que l'on trouve pas cher dans toutes les brocantes et occas' alors si vous pouvez vous faire plaisir, allez-y, vous ne le regretterez pas.

De toutes façons, un Cronenberg c'est toujours bien.

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lundi 5 juin 2006

Chromosome 3

brrooooode
La belle jaquette zone 1, qui m'évite de mettre la zone 2, immonde.

Histoire de résumer sans trop spoiler et garder le mystère sur ce film :

Cindy, petite fille terrifiée, traumatisée et seule (elle parle peu, a peu d' amis), s' enfonce sur le chemin de la solitude face au divorce et à la guerre d'usure de ses parents qui se disputent pour l'avoir. Ce qui l' entoure, ne pourrait être qu' un rêve, un atroce rêve, pourtant c'est bien réel. Mais la petite Cindy perdue dans les ténèbres ne peut s' y retrouver. Elle laissera son innocence perdue dans les griffes de sa mère et l'inquiétante progéniture qu'elle garde...

Dire que c'est un de mes Cronenberg préférés relève de l' euphémisme, puisqu' en tant que fan de Cronenberg, j' aime tout (excepté Crash que je trouve juste "moyen" et qui continue à m'ennuyer profondément. Encore que le film grandit en moi et je commence de plus en plus à le trouver intéressant au fil de mes nombreux visionnages. Qui sait, la dixième fois que je le verrais dans quelques années, je commencerais ptêt à penser que c'est un chef d'oeuvre mais boarf non...).
Et si je devais choisir, je prendrais "Faux semblants", "Vidéodrôme" (film de fou génial !), Rage et.... "Chromosome 3" (the brood).

Chromosome 3 comme tous les Cronenberg fait peur, cette peur chère au réalisateur vue nulle part auparavant (sauf dans quelques films gores ou dérangés) car distillant un malaise qui prend aux tripes (apogée atteinte avec la froideur sépulcrâle de Faux semblants). Mais Chromosome 3 sous son vernis de film de genre est un film à la naissance difficile, tout comme Scanners.

Sur le tournage de Scanners, il y eut 2 morts, ici point du tout, mais les attaques eurent lieu sur le pauvre Cronenberg à un autre niveau : Au moment où il rédige le scénario du film, il est en plein divorce et se bat pour la garde de la gamine, et doit se battre seul car jamais le beau père ne fera rien pour l' aider, ni ses proches, ni même ses amis, ce que Cronenberg ne supporte pas et traduit dans l' écriture du scénario puis le tournage de son film.

Il en résulte au final que Chromosome 3 est un formidable règlement de compte où Cronenberg décharge les coups avec un magnum 44 fusionné à la caméra, pardon à sa main, pour reprendre l'image du pistolet de Vidéodrome.

Même si vous n' avez pas vu le film, le massacre du grand père, de l' amie (maîtresse d' école) du père en plein travail (devant les gamins de maternelle !), ne peuvent vous laisser indifférents. Il y a une telle énergie dans les premiers films de Cronenberg (une idée géniale à chaque plan) qu'on ne s'ennuit pas une seconde et j'ajoute à ça que le film est suffisamment cathartique pour ne pas être "sur le cul" à chaque visionnage.

Et il y a bien sûr cette solitude énorme qui transparait chez la gamine du film. Relayée au rang d' objet que se disputent les parents par massacres interposés (surtout la mère qui, contrôle une progéniture de nains difformes par la pensée, reine d' une ruche à ses moindres désirs de violence), elle deviendra un simple pion dans la ruche, traumatisée et en état de choc, pour au final, même sauvée, rester vide comme une coquille qu' on aurait trop préssée, d'où ce dégage donc le climat de desespoir incroyable et sans réchappatoire, tout comme dans Rage ou Scanners. Chez Cronenberg, ça ressemble à un happy end mais ça fout bougrement mal parce que c'est comme dans la réalité et l'on sait bien que dans la réalité, il n'y a pas de happy-ends.
Ainsi ici sauver la gamine n'arrange rien, tout comme le fait pour Max Renn dans Vidéodrome d'a la fin se trouver une nouvelle chair n'est pas une partie de plaisir (c'est un sacrifice pur et simple pour une notion trop abstraite pour être hélas bénéfique qu'est le monde parallèle Vidéodrome). Tout comme dans Scanners...
Mais chut, je parle trop.
Regardez donc tous les Cronenberg, non regardez déjà celui-ci.

Cronenberg disait récemment, maintenant qu' il a des enfants, il ne peut plus se permettre de faire un film aussi extrême dans le gore, la paranoïa, la peur et le malaise impliquant des gosses. De plus l' époque ne le permettrait pas.

Un grand film exutoire qui fout vraiment bien la pétoche...

Allez je le dis : Chromosome 3 est un chef d'oeuvre.


Edit : allez lire ce qu'en dit le bon Edwood au fait sur sa page Cronenberg.

Posté par Nio Lynes à 15:54 - Gore-tex - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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