Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

samedi 6 octobre 2007

Annie Hall

aniiiiiiiie


Annie Hall a un charme éblouissant mais manque de confiance en elle. Tantôt heureuse, tantôt déprimée elle pose les questions sans détour et rêve de devenir chanteuse... Alvy Singer est un humouriste au talent reconnu, qui cache ses sentiments et se rend malade pour rien. Entre eux deux, c'est le coup de foudre. Commence alors une histoire pimentés de rires et de doutes, de séparations et de retrouvailles...


Film d'amour au septième art mais aussi a sa compagne et muse d'alors, la jeune Diane Keaton, qui partageait réellement sa vie à ce moment (et cette complicité amoureuse crève l'écran d'ailleurs), Annie Hall se présente comme un immense flashback où Alvy (Woody) explique dès le départ, face caméra qu'il ne se sent pas bien car il vient de rompre avec Annie et le film ensuite d'embrayer sur l'enfance d'Alvy (avec un gamin à la tignasse rousse et grosse lunette qui lui ressemble étrangement et qu'on rapprochera du gamin sensiblement pareil physiquement de Radio Days symbolisant aussi une sorte de Woody jeune ! D'ailleurs je me demande si ce n'est pas la même personne...) mais avec un décalage constant dans l'humour qui nous fait presque revenir dans sa première période de films comiques (donc bien avant le virage pris justement avec Annie hall, Interiors et Manhattan), le sérieux et la profondeur en plus. Et même si Woody analyse finement avec une rare acuité les rapports amoureux qui créent un couple (l'humour, le rapprochement, les gestes, les regards...) ou le font chanceler (les envies, la paranoïa, la jalousie, le besoin d'évoluer, de changer, au détriment de l'autre qui n'est plus sur la même longueur d'onde) au même titre qu'un Bergman (qu'il admire), il peut néanmoins tout se permettre tant stylistiquement que humoristiquement.


D'ailleurs il n'est pas rare que la technique mette en relief soit le drame, soit l'humour. Ainsi Woody n'hésite pas a insérer une partie dessin animée (et ce bien avant Tarantino) où il se met en rapport avec la méchante reine de Blanche Neige, manière de mettre en parallèle ses relations avec les femmes comme un moyen de réponse pour trouver ce qui ne va pas. Et quand le réalisateur fait usage du split-screen a plusieurs reprises, c'est pour souligner des points de vues qui divergent mais avec du rire au fond (la désopilante séquence chez leurs psy mise en parallèle ou bien quand on compare les deux familles : américaine contre juive new-yorkaise !). A celà rajoutez une mise en scène sublime (photographie, lumière), des scènes d'anthologie qui se suivent à la queue-leu-leu (la scène de queue pour aller au cinéma et le fait de faire intervenir en personne Marshall mc Luhan pour clouer le bec d'un enseignant trop prétentieux, énorme), des acteurs qu'on voit défiler d'un coup pour le fun (on se croirait dans un film catastrophe, c'est dingue !) tels que Christopher Walken, Jeff Goldblum, Shelley Duvall... et vous obtenez un des meilleurs films du petit New-Yorkais a lunette. Son meilleur ?

Comme quoi, les 4 oscars obtenus sur ce film étaient amplement mérités et comme on dit chez nous : "c'est fin, c'est très fin, ça se mange sans fin."



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dimanche 25 février 2007

Manhattan ouverture...

Une envie de vous mettre l'ouverture de Manhattan de Woody Allen....Chais pas pourquoi...Ptêt parce que c'est l'un de mes Woody préférés ? Bon visionnage...

Chapter one...

Posté par Nio Lynes à 03:01 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 1 novembre 2006

Broadway Danny Rose

Broadway Danny Rose (1984)

J'aurais pu faire Manhattan et Match Point mais ce n'est pas facile. 2 grands films en leur genre qui prennent du temps (pour en parler, pour le recul) donc un peu de Allen mineur (quoique...)

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Un groupe d'artistes de cabaret se remémore les aventures de Danny Rose, l'imprésario le plus ringard du show-business ! Névrosé et hypocondriaque, Danny Rose se dévouait profondément pour ses "protégés" : un couple de plieurs de ballons, un artiste et ses pigeons joueurs de piano ou encore un xylophoniste aveugle. La gloire semblait pourtant pointer le bout de son nez en la personne de Lou Canova, un crooner auquel il croyait dur comme fer en ces temps de revival retro. Mais c'était compter sans Tina, sa maîtresse qui s'était acoquinée avec la pègre...


Un woody en noir et blanc, clin d'oeil à la période des cabarets, des chanteurs-crooners des années 50 et surtout, un clin d'oeil à Manhattan (dont Woody reprend presque quasiment à l'identique --en moins spectaculaire quand même-- la poursuite et la retrouvaille de l'être aimé), l'un de ses chef d'oeuvres.
D'ailleurs l'un comme dans l'autre film, nous avons le même directeur de la photo, le génial Gordon Willis mais ce n'est plus la musique de Gerschwin ici donc (un peu le symbole et le coeur qui palpitait de Manhattan) mais plus une pop baroque et chantée par Nick Apollo Forte qui interprète justement le personnage du chanteur (enfin, les instrumentaux rythmant le film sont de Dick Hyman).

Un Woody qui reprend son personnage gesticulant et cette fois plus agité que dans Manhattan (ce qui est normal aussi vu que le scénario est ici plus léger que dans son film hommage a SA ville). Creusé de tics le Woody ? Oui mais non. Bien sûr au début, j'ai commencé à me sentir agaçé, faut me comprendre, je n'étais plus habitué depuis un petit moment au Woody qui bouge dans tous les sens, mais on se rhabitue lentement vers la fin, incroyable sentiment d'humanité et de compassion à la fois du personnage (un de ses amis a été tabassé par sa faute...Limite tué presque) mais aussi pour le personnage : les scènes finales, juste avant que Woody retrouve Mia et quand il lui dit lugubrement que tout est fini, que leur relation est morte. Mais non. Et c'est là que l'on retrouve le Woody lyrique et génial, même si la scène m'a énormément rappelé la scène finale ("la course") de Manhattan.

Mais qu'est ce qu'un Woody sans les dialogues qui tuent et les gags ? Même si ce film est assez léger (et prétexte à quelques clins d'oeils dispersés ça et là envers les crooners, les mafieux et...les agents artistiques) et pourtant profond en lui-même, on a heuresement des gags assez sympathiques notamment celui, très cartoon du tir de revolver dans un container d'hélium rendant la scène assez surréaliste puisque les personnages arborent une voix de fausset.

Et au final, c'est encore un hommage (plus discret que Manhattan) que Woody livre a sa ville, en témoigne les plans de la parade de ballons New Yorkais de Macy's (célèbre magasin de la ville), mais aussi les ruelles, les bars et cette impression de naviguer entre le modernisme (les publicités lumineuses FUJI derrière le bureau d'un collègue et agent artistique du Woody) et le rétro (le noir et blanc, la musique, de nombreuses voitures années 50 au milieu de voitures années 80), renforçant le charme incroyable de ce film.

Et au final, on se dit que ce n'était pas un chef d'oeuvre mais que c'était bien sympathique, comme de nombreux Woody et le bougre a encore réussi à nous faire sourire.

Posté par Nio Lynes à 12:18 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 31 octobre 2006

Radio days

Radio Days (1987)

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/5/5520.jpg

Film assez nostalgique qui voit le Woody s' effacer derrière la caméra ("chouette" s' extasieront certains et ils auront raison, Woody pouvant parfois user à la longue avec son jeu de névropathe dépressif, et c'est un fan qui le dit !...Enfin ça dépend l'humeur du moment aussi) pour conter l' histoire d' une famille juive modeste vivant à Rockaway (un des quartiers de Manhattan) pendant les années 40, avant et pendant la guerre.
Une de ces nombreuses familles américaines comme les autres, ne possédant pas la télé, mais passant journées et soirées à l' écoute de la radio. La radio qui berce avec des feuilletons comme "le vengeur masqué" conté à l' antenne par Bill Baxter (excellent Jeff Daniels pourtant dans un rôle limité) ou les aventures de Sally (Mia Farrow, sublime) d' abord serveuse dans un restaurant puis chanteuse et speakerine à la radio pendant la guerre grâce à un mafioso ayant des relations (!). Les anecdotes des personnalités (fictives mais basées sur des vraies) qui parcourent le film sont légion ajoutant à la musique jazz et pop de l' époque, un charme imparable qui fait mouche. Sans compter la vie de la petite famille avec le gamin roux malicieux et blagueur, sorte de sosie de Woody en plus jeune, qui suit la radio jour après jour et ce plan final d' un chapeau qui dit au-revoir. Un bien beau film assurément.

Une scène du film parle d'une petite Polly sous la mine, ce qui n'a pas été sans me rappeler l' histoire du gamin enfoui dans la mine dans l' armée des 12 singes de msieur Gilliam, vous vous rappelez ? J' avais peur qu'il y ait un truc du même genre mais là c'est plus sombre.
Et puis un clin d' oeil à l' invasion martienne de Wells à la radio dès le début du film, assez sympathique et goguenarde vu que Wells avait profité de son petit canular à la radio pour faire peur à des millions d' américains, huhu sacré farceur....

Le film exploite bien les passages réalité fantasmée (les propos et anecdotes sur les stars), irréalité (le gamin sosie de Woody --mais sans les lunettes-- aperçoit un sous marin allemand un U boat avec ses jumelles, en face de New York !!!) et réalité (la femme que les gamins voient nue du toit d'une maison s' averera être leur remplaçante en français, miss Gordon !), tout en se gavant de passages nostalgiques (la musique, la première fois qu'on embrasse une fille quand on est gamin, la découverte du premier film en noir et blanc sur grand écran après un passage dans les lieux de Radio Manhattan, L' hiver et la St Sylvestre 44)...

Impossible de ne pas être touché par ce film, magnifique et d'une photographie très belle et chaleureuse.

Pour ce qui est du son, ça reste correct même si on aurait voulu du stéréo. C' est du dvd Mgm zone 2 ne l' oublions pas...

Donc, Français mono 2.0
Allemand mono 2.0
Anglais mono 2.0
Espagnol mono 2.0
Italien mono 2.0

Et plein de sous titres et en bonus, la bande annonce.

Enfin ça reste correct pendant le film et celui ci est un vrai régal que je conseille à tous...  http://ecritvain.jexiste.fr/miragev2/html/emoticons/dent.gif

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mercredi 30 août 2006

Hannah et ses soeurs

Hannah et ses soeurs (1986)

hannahe

Je poursuis mon cycle Woody Allen entamé précédemment et je tombe donc sur ce film.

Une fois de plus, Woody réalise un grand film et surprend agréablement en adoptant la narration de ses personnages, leurs ressentis par le biais de la voix-off tout en enchevêtrant les destins croisés de 3 soeurs (Hannah --Mia Farrow--, Lee --Barbara Hershey, sublime-- et Holly --Dianne Wiest) et de leurs proches, maris (Michael Caine, tout de finesse et de subtilité ainsi que Max Von Sydow) comme ex (et nous retrouvons d'ailleurs Woody dans ce rôle de névrosé hypocondriaque qui gesticule partout tout en trouvant paradoxalement l'un de ses meilleurs rôles, sombre et assagi avec le personnage de Mickey, ancien mari de Hannah).

Si le film est comme souvent chez Woody une déclaration d'amour à New York, sa ville (cette fois, on a droit aux "rues sombres et éclairées au néon" ainsi que des passages dans Central Park), c'est aussi pour lui, l'occasion de retrouver l'un de ses thèmes de prédilection à travers les relations de ces couples qui se font et se défont, par envie, par amour. Et notre New-Yorkais adoré de découper le film en autant de chapitres aux titres se résumant à une phrase, presque une synthèse de ce qui va suivre (je pense à cette phrase de Tolstoï reprise justement : "La seule vérité que l' Homme soit capable de saisir, c'est que la vie est dénuée de sens"), que celà puisse être comique ou désabusé. Woody déplace uniquement ses névroses sur son personnage mais bien avant Match Point, on ressent soudain une crainte viscérale à l'image de la scène de tentative de suicide de son personnage. Suicide raté heuresement qui permettra au personnage au détour d'une salle de cinéma de se réconcilier avec la vie sur fond de Marx Brothers.
Auparavant, il aura cherché un sens à sa vie du côté de la foi (les scènes où Allen désire changer de religion pour le salut de son âme sont tout bonnement hilarantes) avant de revenir au cinéma, éternel créateur d'illusions qui guérissent ou détruisent.

Le film commence sur un repas de Noël (enfin Thanksgiving...) avec la famille au complet pour se terminer deux ans plus tard, sur un autre repas de fin d'année en famille, l'occasion pour tous de prendre les bilans et d'aller de l'avant pour de nouvelles vies avec les décisions et les conséquences prises. Mickey reprend goût à la vie et sort avec Holly qui reprend confiance en elle-même en écrivant des livres inspirés de sa vie ou de celle de ses proches (un parallèle avec Woody et ses films ?), tandis que Elliot (Michael Caine) après s'être brièvement adonné à l'adultère avec Lee prend conscience lentement qu'il aime quand même Hannah et reviendra vers elle, néanmoins marqué pour toujours par sa brève liaison avec la soeur d'Hannah.

Woody ne donne aucune morale, il met juste en scène avec tendresse, humour et mélancolie, des moments personnels qui peuvent arriver à n'importe qui et signe au final l'un de ses meilleurs films.

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lundi 21 août 2006

Ombres et brouillard.

Ombres et Brouillard. (1991)

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/5/5519.jpg

Je n'y croyais pas avant de l'avoir vu, mais Woody a vraiment fait péter son casting pour ce film :

  • Woody Allen (Kleinman)
  • Mia Farrow (Irmy)
  • John Malkovitch (le clown)
  • Madonna (Marie)
  • Donald Pleasence (le docteur)
  • Jodie Foster (prostituée)
  • Kathy Bates (prostituée)
  • John Cusack (Jack l'étudiant)
  • Lily Tomlin (prostituée)

Et excellente surprise, non seulement tous les acteurs sont bons, mais le film l'est également se hissant presqu' au niveau de Manhattan. Un mélange de surréalisme, de poésie, de drôlerie (toujours les répliques chez Woody) et encore une histoire de couples, cette fois ancrée dans de nombreux hommages : A Kafka, Kurt Weill (et Brecht pour la musique), aux artistes du monde du cirque, à Jack l'évantreur (sauf qu'ici c'est un étrangleur), aux films des années 20 et l'expressionnisme allemand...

Disons le, le sublime noir et blanc brumeux (ayez une bonne télé) du film est grâcieusement obtenu par Carlo Di Palma, excellent directeur de la photographie, hélas récemment décédé et au vu de son travail, on ne peut que le regretter amèrement.
La musique emprunte à l'univers du cirque et de la musique de chambre et participe à l'univers onirique partagé entre rêve et noirceur de la vie. Allen capture bien l'univers Kafkaïen à travers des scènes absurdes souvent hilarantes (Kleinman qu'on avertit d'un plan mais jamais on lui dira ce que c'est, les gens qui prennent peur et se constituent en petites milices d'autodéfenses souvent constituées d'eux seul, le don prodigieux de "renifleur" du grand "spyro" un étrange charlatan dont le fait de dénoncer les gens soit devenu le meilleur gagne-pain...) et livre un hommage au monde de la magie mais aussi des freaks tels que les artistes et autres avaleurs de sabres... D'ailleurs dans notre société moderne, l'artiste n'est il pas une sorte de "Freaks" ?

Et le film de culminer sur une fin surprenante qui révèle que dans la vie, "tout n'est qu'illusion, mais elles nous sont souvent nécessaires pour vivre".

Un très grand film qui capte la vie avec poésie, rire, noirceaur et absurdité presque comme Kafka, mais c'est du Woody. J'avoue que je le range volontiers à côté de Manhattan.

Une ville tranquille d'Europe Centrale, dans l'entre-deux guerres... Recruté de force par la milice d'autodéfense, Kleinman, un petit employé craintif, doit capturer un étrangleur qui rode et terrorise la ville. Dans le brouillard sombre et humide de la nuit, Kleinman croise une avaleuse de sabre au chômage. Désireux d'aider cette "âme en détresse" et d'échapper aux griffes de la milice, Kleinman abandonne ses recherches. Mais pendant ce temps, les meurtres se succèdent...

Posté par Nio Lynes à 19:53 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 12 août 2006

Vos woody allen préférés ?

Quel sont vos Woody préféré ?
Débuts et comédie...
Quoi de neuf, Pussycat ? (pas woody mais bon...)
La première folie de Woody Allen
Lily la tigresse
Prend l'oseille et tire toi
Bananas
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander
Woody et les robots
Guerre et amour
Intériorisation...
Annie Hall
Intérieurs
Manhattan
Stardust Memories
Comédie érotique d'une nuit d'été
Zelig
Broadway Danny Rose
La rose pourpre du Caire
Hannah et ses soeurs
Radio Days
87 à 96
September
Une autre femme
Crimes et délits
Alice
Ombres et brouillard
Maris et femmes
Meutre mystérieux à Manhattan
Coups de feu sur Broadway
Maudite Aphrodite
Tout le monde dit I love you
Déchéance, routine et lumière.
Harry dans tous états
Celebrity
Accords et désaccords
Escrocs mais pas trop
Le sortilège du scorpion de jade
Hollywood ending
Anything else
Melinda et mélinda
Match Point
Scoop (sortie 2006 ou 2007)

Résultats

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Accords et désaccords

Accords et Desaccords (1999)

http://www.dvdfr.com/images/dvd/cover_200x280/2/2715.jpg

Accords et desaccords est un excellent Woody, qu'on se le dise !

Servi par une excellente musique de jazz des années 30 et par des excellents acteurs, Accords et Desaccords est le dernier grand Woody avant Match Point (2005). Enfin, je dis ça, je n'ai pas vu Hollywood Ending (2002)...

Emmet Ray est un guitariste de jazz extrêmement doué, insouciant, coureur de jupon, doublé d'un flambeur invétéré. Mais la musique ne paie pas et Emmet aime les femmes, les belles voitures et les costumes de luxe... La solution ? Conquérir Hollywood pour y trouver la gloire et surtout pour sortir de l'ombre de son idole : le grand Django Reinhardt...

Le problème avec les génies, c'est que non seulement ils ont du talent, mais aussi un gros égo, les rendant quasi indispensables à l'humanité, du moins le pensent-ils. Emmet n'échappe pas à la règle, se prôclamant "le plus grands guitariste du monde...Enfin, après le gitan", lequel correspond en fait à l'idôle suprême d'Emmet, Django Reinhardt. Une idôle qu'Emmet cite constamment et dont il ne peut se défaire : C'est bien simple, dès qu'on prévient Emmet que Django va se produire dans la même ville que lui ou a quelques mètres même, celui-ci s'évanouit invariablement ou paralysé de peur, s'enfuit par n'importe quel moyen (ce qui donnera lieu dans le film à une scène assez amusante) !

Le personnage d'Emmet (interprêté génialement par Sean Penn) mis à part qu'il joue de la guitare comme un Dieu est aussi terriblement humain et complexe grâce à ses défauts à la fois énervants mais aussi attachants. Emmet adore tirer avec un révolver sur les rats et regarder les trains...Sans autres but qu'un dépaysement simple sans se poser de questions. Autres défauts, moins sympathiques ceux là,Emmet est kleptomane (en plus ça lui sert pratiquement à rien puisqu'il jette les objets l'instant d'après !), c'est un invariable macho, toujours sûr de lui-même, qui n'hésite pas a quitter une femme pour une autre, un peu coureur de jupons qui prévient pourtant chacune de ses conquêtes de ne pas trop l'aimer dès le départ.

Un jour pourtant, il éprouvera véritablement de l'amour pour une femme et ne se voudra jamais de l'avoir quittée, ce qui provoquera une remise en question douloureuse à la fin du film. Aime t'on pour l'être en question ou le talent ?..

Avec cette fausse biographie d'un vrai-faux guitariste (on continue de se demander si le personnage a réellement existé) entrcoupée d'interviews de passionnés du guitariste (dont Woody), le réalisateur en profite pour poursuivre ses obsessions : les relations humaines amoureuses et le ballet des corps de l'un à l'autre, les "accords et désaccords" entre nos relations amoureuses, interprétation autre que musicale du titre, à travers un regard sur l'ensemble de l'oeuvre du Woody.

Les acteurs sont au diapasons et la musique (jazz) est à se damner : Sean Penn joue avec grande finesse un personnage mi-fascinant, mi-ridicule; Samantha Morton (Minority Report...) est incroyable de justesse dans le rôle d'une jeune muette amoureuse du guitariste, elle émeut à chaque instant dans son dévouement, sa gentillesse, sa coquetterie; Uma Thurman joue une jeune journaliste vamp qui n'hésitera pas a se marier avec Emmet pour écrire un bouquin puis le tromper (c'est même à partir de là qu'il doutera de lui-même et que le film partira dans 3 versions supposées de ce qui a pu arriver a Emmet sur le tard), enfin Gretchen Mol (oui j'aime bien cette actrice je sais) fait un court passage un peu injuste car elle mérite mieux, mais pourquoi pas ?

Bref un bon film à consommer sans modération !

Posté par Nio Lynes à 13:57 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 6 août 2006

Bananas

bananas

Modeste employé de bureau, Fielding Mellish (Woody) n'a qu'une idée : séduire Nancy, jeune étudiante militante avide de sensations fortes et d' idées nouvelles politiques. La séduisant en prônant une excuse bidon (genre, je suis pour la révolution cubaine ou un truc pareil, vous savez le genre de truc qui marche bien avec les étudiants et étudiantes nyark), il se fera rapidement larguer parce qu'il lui manque "un truc".
Dépité, il part prendre des vacances dans le San Marcos, petit pays indigène méconnu d' amérique du Sud et se fait enlever par des rebelles en guerre contre le régime de dictature qui y règne. Et le voilà propulsé au coeur d'une guerre civile où il va, bien involontairement, accéder au titre envié de "héros de la Révolution", devenir le nouveau président, être jugé par les américains (au cours d'un faux procès anthologique à mourir de rire), retrouver Nancy et redevenir Fielding Mellish !


Avec ce film à l' humour très proche des Monthy Pythons, (il faut voir le prêtre faire la publicité des cigarettes "Nouveau Testament" !), Woody Allen est au somment de sa première période (Guerre et amour, Prends l' oseille et tire toi, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, Woody et les robots....), celle de comique iconoclaste à l' humour ravageur qui n' hésite pas à se moquer de tout même (surtout) de lui même. Fielding est maigre, timide, inconstant, il aime feuilleter des revues avec des jolies filles dénudées (notamment la revue "Orgasm"... On voit que les créateurs du Petit Spirou ont dû en bouffer du Woody Allen) et aspire à une vie meilleure. C'est l' employé de base qui se cache presque derrière son bureau.
L' anti héros idéal quoi.
Un mec comme vous et moi.

On se demande même comment il arrive à draguer une jeune étudiante super mignonne...

La jaquette l' indique clairement avec le Woody en kaki vert et barbe, l' ombre de Fidel Castro n' est pas loin, mais le film ne juge pas, tout au plus se fout il royalement de la dictature, des petits pays, des dictateurs à 2 sous, de Woody, des relations souvent compliquées entre hommes et femmes...

D'un point de vue technique...

Comme presque tous les dvds de Woody Allen chez MGM (aaah MGM et son catalogue de dvd bâclés, c'est comme les boîtes cartonnées de la Warner, jamais pu supporter), les menus sont fixes, ça bouge pas, y'a aucun bonus...

Bref on a droit à du Mono 1.0 comme dans presque tous les Woody (ah non, incroyable mais vrai, j'ai entendu dire qu'il existait une piste stéréo pour "tout le monde dit i love you". De toutes façons il faut que je vois ce film, y'a Nathalie Portman dedans...) et baste. Montez le son, ça vaut mieux...
Français 1.0
Allemand 1.0
Anglais 1.0
Espagnol 1.0
Italien 1.0

Et plus de 9 langues pour les sous-titres. Et puis la bande annonce (non sous-titrée...) et c'est tout.

Pour l' anecdote, dans ce film joue un jeune débutant nommé Sylvester Stallone qui fait le rôle d'un voyou avec blouson de cuir et harangue les vieilles dames devant un Woody qui terrifié de peur, plaque sa revue "Orgasm" devant son visage. Une scène assez hilarante...

Posté par Nio Lynes à 15:03 - Le New-Yorkais à lunettes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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