Chroniques visuelles

Chroniques de dvd, films et autres...

lundi 30 juillet 2007

Votre BD du mois : Juillet 07.

pinupdvdta Eh bien voilà, je vous l'avais annoncé ici plus ou moins et boum ! Je tiens ma promesse. J'espère pouvoir donc chaque mois proposer un petit strip, comic, bd, manga ou truc en tout genre, le tout gentiment proposé par Lucy notre mignonne pin-up.
Bref, ce mois-ci, Lucy vous propose "le cas fianchetto", proposé en 1982 dans l'étrange magasine de SF et Fantastique "Ere cosmique." Bref une petite curiosité qui vaut quand même bien son pesant de cacahuète.

Vous n'avez plus qu'a cliquer sur les cases pour les mettre en plus grand...

Bonne lecture !

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dimanche 29 juillet 2007

Lemming

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Alain Getty, jeune et brillant ingénieur en domotique, et sa femme Bénédicte récemment installés dans une nouvelle ville, reçoivent à dîner le patron d'Alain, Richard Pollock, et son épouse Alice. Cette rencontre ne sera pas sans conséquences sur l'harmonie du jeune couple. La découverte du cadavre d'un mystérieux rongeur dans l'évacuation bouchée de leur évier n'arrange pas les choses et annonce l'irruption de l'irrationnel dans ce qui était jusqu'alors une vie bien rangée...


Pas facile de parler de ce film des plus étranges sans dévoiler forcément ce qui en fait son charme et lui confère une puissance d'éblouissement. Sur un rythme calme et hypnotique, épuré au possible (peu de musique, sauf des moments au piano, surréels), Dominik Moll filme la déchéance d'un couple dit "modèle" dans une petite mécanique huilée de précision qui se détraque impitoyablement.

Pourtant tout avait si bien commencé : cette brillante démonstration d'une mini caméra a hélice par Alain (très bon Laurent Lucas et son beau regard bleuté qui jouait déjà dans "Harry, un ami qui vous veut du bien" du même Moll) sous le regard bienveillant de son employeur (André Dussolier, pas mal dans ce rôle), et puis ce dîner, prétexte a faire plus ample connaissance. Mais la soirée dérape avec ce petit rongeur dans le conduit de l'évier mais aussi suite aux accusations énervées d'Alice (Charlotte Rampling dans une scène glaçante digne des meilleurs Bergman ou "festen"). A partir de là, les frontières entre réel et irréel se troublent imperceptiblement. Le lemming par exemple, semble revenir a la vie a rebours. Etait il vraiment mort ou pas ? Et pourquoi Bénedicte commence subrepticement a se comporter comme Alice ? Qui était vraiment cette dernière ?

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Le réalisateur ne donne aucune réponse, le film reste ouvert et libre à toutes les interprétations (ce qui en fait sa richesse) et ce, jusqu'a sa fin (un peu comme le "caché" de Haneke) en oubliant pas non plus de jouer sur un humour des plus sarcastiques (la fin justement !) malgré des situations franchement inquiétantes. Et pour immerger le spectateur dans ces dernières, Moll n'hésite pas a soigner ses plans et cadrages (on dirait du Antonioni), ses effets sonores (le côté Lynch), sa musique (peu de musique mais ça se rapproche étonnemment des "études" pianistiques de Gyorgy Ligeti) et se permet même de faire des clins d'oeil a l'Art (Getty et Pollock sont des peintres modernes) et surtout au cinéma, avec notamment 2 gros clins d'oeils au regretté maître Kubrick, d'une part avec le Pollock qui semble un étrange parallèle a Pollack (qui jouait dans eyes wide shut un personnage aux motivations cachées, aussi étrange que celui que joue Dussolier ici) mais aussi en nous bombardant allégrement de la fameuse valse du Danube bleu de Strauss issue de 2001. Enfin pour parachever le clou et rappeler Shining, gros plan sur une émission que regarde Alain, où l'on voit un homme avec une hache et l'espace sonore envahis brutalement par ce bruit du bois qui se fait déchiqueter et vole en éclats...

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Enfin !
Enfin, dans le cinéma français, on peut le dire sans faille, on a du vrai cinéma. Du cinéma qui ose, qui en veut, qui n'a pas peur de côtoyer David Lynch et où, inquiétante étrangeté rime avec peur et beauté.

Loin d'un cinéma franchouillard et d'une énième comédie peu drôle (le clou ayant été atteint dernièrement avec les bronzés 3, film à vomir définitivement --et si vous me trouvez dur, vous n'avez qu'a vous plaindre par un commentaire--), Moll comme ses rares congénères Haneke (Caché, petite bombe abstraite a retardement), Aja (son haute-tension, ovni dans le paysage cinématographique français) ou Olivier Marchal (pour ne citer qu'eux en exemple), ose et réussit.

Un cinéaste a suivre de très près et un film a applaudir définitivement pour l'un des meilleurs scénarios de ces dernières années. Bravo et je suis sincère, ça faisait longtemps que je n'avais pas été autant scotché par un film français.

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samedi 28 juillet 2007

Le soleil

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Eté 1945 : Le Japon est occupé. "Le Soleil" retrace les événements intervenus entre deux décisions historiques prises par l'empereur Hirohito : la reddition sans conditions de son pays face aux Alliés et la renonciation à son ascendance divine. Il reconstitue des scènes de la vie quotidienne de l'empereur, évoque la rencontre de deux personnages que tout oppose, Hirohito et le général MacArthur. Sans forcer l'empereur japonais à prendre des mesures spécifiques, sans le menacer, sans l'humilier, le général américain finit par obtenir ce qu’il veut.


C'est assez étonnant que ce soit TF1 vidéo qui édite le film de Sokourov chez nous. C'est même assez étonnant quand on s'aperçoit que le film même si il ne brille pas par un portage technique (on a juste la version originale sous-titrée en français et c'est tout ! Même pas de piste russe...) est par contre rempli de bonus (dont deux des plus intéressants sur lesquels je reviendrai en détail après) a foison des plus intéressants ! Tandis que sur Kill Bill chez le même TF1 vidéo, le son est porté par différents moyens sonores (5.1 et DTS par exemple) mais côté bonus c'est du pauvre de chez pauvre où on frôle presque l'autocongratulation (même ce pauvre Quentin Tarantino semble plus intéressant en interview papier !).

Bref deux poids, deux mesures, mais qu'y pouvons nous ? Tant que les éditeurs continueront de prendre les spectateurs comme de pauvres moules sous-affamées accrochées a leurs rochers, ça restera comme ça...


Mais même avec de faibles moyens techniques, rien ne pourrait altérer la portée de cet immense film qu'est Le soleil.
D'abord ce film est grand parce qu'il voit petit, au sens positif du terme. Sokourov choisit d'éviter le spectaculaire en montrant humainement, humblement, un dieu vénéré qui, après tout, au fond de lui, aurait plus aimé qu'on le traite en homme. Quand bien n'y fait, il essaye de faire comprendre son statut à ses serviteurs, ceux-ci ne le comprennent pas. Après tout, comment pourrait on changer plus de 1000 ans de culture japonaise où l'on conditionne un peuple a croire que l'empereur est théoriquement le descendant de la grande déesse Amaterasu (qui créa le soleil pour les japonais si j'ai bien compris...) ? Hiro-Hito (formidable acteur qu'est Issey Ogata : Il ressemble presque traits pour traits à l'empereur !) semble donc isolé, retranché, perdu tel un enfant dans un monde qui le dépasse, où tout le monde semble a ses pieds. Presque innocent dans quelque chose qui ne le concerne pratiquement plus (il le dit lui même dans le film, les décisions de guerre telle que Pearl Harbour ne sont pas de son fait...!).

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Sokourov filme sur un rythme contemplatif  la lente déchéance de l'empereur sur 2 parties (le retranchement dans le bunker puis l'abdication de tous les pouvoirs), ce qui risque de faire fuir une grande partie de la population, peu réceptive a cette manière de filmer en suspension, hypnotique. Ils auraient bien tort ! Car en dehors de son rythme lent (donc, je précise que le film n'est absolument pas a regarder si vous êtes très fatigué. Ah non.), le film en plus de son grand humanisme et de la compassion dont il fait preuve pour le dernier dieu vivant Japonais (son fils, l'empereur actuel japonais n'a pas tout à fait les pleins pouvoirs a ce point) dans la quadrilogie de Sokourov (les autres films sont Taurus et Moloch et parlent respectivement d'Hitler et Staline. Le 4e est en préparation et serait, selon le réalisateur russe, sur Faust) se dote en plus d'un tournage en haute définition au numérique en plus de retouches plastiques sur ordinateur à certains momens.

Le résultat est d'une beauté désincarnée à tomber à la renverse qui atteint son apogée dans les rares scènes extérieures de nuit, voire la scène du rêve de l'empereur, hallucinée où des avions en forme de poissons-chats balancent des bombes poissons. Une scène malheuresement trop courte mais hallucnante a tous points de vue.

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Ce qui surtout ici, intéresse le réalisateur russe, c'est la condition de l'homme, ou plutôt de ce dieu vivant qui doit abdiquer au final pour renoncer a son ascendance divine. Le prix en retour est dur à payer : le pays est ébranlé, c'est définitivement la fin pour les japonais mais à ce prix, un être redevient humain et peut désormais retrouver sa femme et tenter de mener une vie paisible a laquelle il aspirait plus que tout.

Merveilleux film. Complexe certes mais d'une rare fragilité et d'une grande beauté.
Et quand on l'a fini, il revient vous hanter, par fragments épars.
Par rayonnements.

Ce soleil, maintenant, c'est le nôtre. Intérieur.

Et bonux, le trailer (somptueux aussi) pour vous donner une idée :


Posté par Nio Lynes à 22:35 - Dé(s) corps... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 19 juillet 2007

Sonic the hedgehog

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Bon sang, vous vous rendez compte ?
Ce jeu date de 1991.
1991 !
Autant dire la préhistoire du jeu vidéo, carrément, quand ça faisait bip-bip-tut de partout (ah non ça c'est "pong". Mythique aussi). Non bon, pas exactement la préhistoire, mettons quelques temps après...Le néolithique du jeu vidéo.
Voilà, c'est mieux.

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Depuis longtemps, quand j'en ai le temps, je retombe en enfance, ce petit monde si coloré où le mercredi, mes parents m'abandonnaient à un repère-garderie de djeunzs amateur de kiri en culottes courtes. De cet endroit, outre quelques souvenirs que je pourrais m'évertuer à retranscrire en vain et perte de temps sur ce blog, je garde la nostalgie d'une pièce où étaient entassés quelques micros, de vieux jeux dont les graphismes déclenchèrent ma précoce vocation de gamer culturo-linguiste (Dune de Virgin, sublimes les décors et de quoi donner envie de se jeter sur le livre d'Herbert...Et cette pochette signée par le dessinateur/illustrateur Olivier Vatine...) et, ce qui me donna ensuite envie d'en avoir une, une mégadrive là dans un coin, avec quelques jeux dont Sonic.

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Bip, bip, tut...

Ahhhh Sonic.
Pour le djeunz d'aujourd'hui, ce n'est qu'un ramassis de pixels qui fait peur à voir, mais pour le hardcore gamer vétéran (celui qui était là bien avant une quelconque playstation mes amis, voir au temps de ce bon vieux Pong), c'était et ça reste un jeu fabuleux. Il n'y a qu'a voir en tapant une recherche gogole, le nombre de sites d'amoureux transi qui jouèrent (jouirent ?) sur la console de sega, n'épargnant pas la sueur du geste droitier (la main droite n'était alors pas taché par le dur péché du célibat entraînant une certaine surdité --houlà, qu'est ce que je peut dire comme conneries des fois, moi...) d'alors sur leur pauvre manette.

Car Sonic c'est, outre les qualités indéniables du jeu d'alors --la promesse de sensations inédites de jeu et la vitesse tout en conservant un gameplay facile--, un fourmillement d'idées et de détails qui laisse baba. Des ressorts et autres chemins retournés de grandes arches devenus dès lors la marque de fabrique des Sonic (aussi bien mégadrive qu'autres plateformes telles Dreamcast et game cube) en passant par les bottines (où comment une simple transposition d'idée en icone dans un ptit téléviseur se trouve devenir le symbole du pouvoir de la vitesse. Charles Perrault et son chat bottiné aurait aimé si il avait vécu a notre époque ma foi), il y a nombre de détails qui ravissent encore l'amateur de jeu d'hier et d'aujourd'hui.

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Wouaiii, aquaboulevard !
(remarquez le décorum néo-gothique presque sorti d'un bon vieux slasher 70's transalpin transposé en trois-quatre bout de ficelle, euh pixels. Economie de moyens)


Car les développeurs et concepteurs le savent, chaque niveau doit comporter une bonne dizaines d'idées quittes à en former une véritable ambiance, intégrer ses idées au décor, comme si elles y avaient toujours existé.
Ainsi dans le premier niveau, Green hill (les collines vertes), on peut creuser la roche en utilisant sa propre vitesse et en se roulant en boule, puis plus loin on traverse un pont hérissé d'épines géantes et encore plus loin, on passe sous une chute d'eau. Tout est utilisé et l'on semble naviguer dans un conte vidéoludique écologique où un petit hérisson bleu se devrait de protéger les animaux de la nature de l'Homme. Enfin d'UN homme, le seul de tous les Sonic, renforçant bien l'idée que l'Homme ne fait que saccager la nature, le machiavélique Dr Robotnik.
Ainsi chaque zone traversée porte son emprunte et l'on se plaît inconsciemment à penser qu'un niveau tel Spring Yard, semblant de ville serait construit par des humains pour des humains, mais à mieux y voir ce n'est qu'un niveau de plus érigé pour Sonic par Robotnik, telle une nouvelle arène dans un éternel combat de David contre un Goliath ultra modernisé mécanik Destructiv Kommando (© Magma, légendaire groupe de rock français).

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Dernier niveau... Vous n'espériez pas que ce serait de la ptite bière non plus, hein ?

Plus tard, la série des Sonic s' "humanisera" et l'on pourra même perdre son temps à discuter avec les autochtones de Sonic Adventure sur dreamcast et game cube mais celà est une autre histoire, plus récente, moins pixellisée (on est loin de 1991 a ce stade). Même si elle change largement la donnée de base, supprimant le manichéïsme de la personnification de l'humanité à travers Robotnik en bien, elle enlève hélas les connotations écologiques primaires et la philosophie du jeu de base. Qu'importe, le jeu ne souffre aucunement lui, doué de vitesse et de bonheur.

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur Sonic et sa suite légendaire sur mégadrive mais je vais en rester là, histoire de privilégier le mystère et le charme de cet épisode que l'on peut trouver en occasion pour sa mégadrive dans toutes les bonnes boutiques de jeu vidéos ou en émulation sur le net pour votre gentil micronordinateur.

Restez jouer....

Quelques images des versions 3D récentes pour finir...

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Maintenant qu'il est en 3D, monsieur se la pète en draguant des nanas sous prétexte de les sauver de robots issus de Phantasy star Online et nous refait un remake d'Orca...

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Posté par Nio Lynes à 11:22 - Jeux vidéos - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 15 juillet 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(2)


Vous en reprendrez bien une tite louche ? Oh allez, siouplaît...



rayeuh Ray... Incroyable Jamie Foxx. Depuis son passage à "l'université" Mann (comme il le dit lui-même dans les bonus de "Miami Vice"), l'acteur a gagné du galon et est devenu progressivement un des meilleurs jeunes acteurs actuels pour s'imposer en douceur au fil de films toujours différents mais importants. Sous Michael Mann, pas moins de 3 rôles aux antipodes (prêcheur-entraîneur à la dérive dans "Ali" --face a un Will Smith magistral--, flic sérieux et concentré dans l'adaptation ciné de "Miami Vice", chauffeur de taxi timide dans "Collateral") en passant aussi par la case "Jarhead" où il martyrise le pauvre Jake Gyllenhaal en jouant un militaire sadique et droit ! Dans Ray, il faut voir son incroyable aisance a se fondre dans la peau d'un des musiciens les plus cultes et géniaux du XXe siècle, symbole à la fois de l'engagement envers la communauté noire (le fait que Ray Charles refusa de jouer en Georgie étant donné que le pays était encore profondément raciste) mais aussi son art principal, la musique. Et pour celà, ne vous trompez pas là-dessus, le film tient ses engagements, égrenant les tubes plus ou moins connus du plus génial musicien handicapé par ses sens (a quand d'ailleurs un biopic sur le génial sourd qu'était Beethoven, huhu ?) pour notre plus grand plaisir. C'est simple, ce film vous évite de vous acheter un best-of de Ray Charles (enfin, vous pouvez aussi mais je vous conseille la B.O, pur béton a croquer) même si commercialement parlant, on a droit quand même a du scénario lourd de lourd, fait pour les masses. Donc on suit le programme sans trop d'originalité (il y a bien les flashs rouges qui métaphoriquement remplacent le rouge d'une paupière se refermant, pour faire écho au drame de Ray mais ses raccords s'avèrent pénibles et aggressifs pour la rétine au bout d'un moment. Par contre j'apprécie bien le fait de jouer sur des teintes colorées (quand ray voit encore, enfant) et plus sombres (adulte), une chouette idée en soi) même si on passe un très bon moment grâce a la musique. Et puis y'a Jamie Foxx, carrement génial, of course. Bref un bon film que je vous recommende.


8milebis Oh tiens voilà Eminem, cool. Il faut dire que j'ai de la sympathie pour le bonhomme, il suffit de voir les clips à mourir de rire (Eminem en Robin, Dr Dre --son producteur et ami-- en Batman, qui luttent contre les méchants nenfants qui écoutent des disques pas bien. Hallucinant de second degré et pur régal. Ou bien ce clip où Eminem se fout de la gueule de Moby. Jouissif) et d'écouter certaines chansons (comme "stan" mais c'est une des plus connues alors je triche un peu...) pour comprendre tout le talent et la provoc' dont fait preuve le bonhomme. Alors avec un film sur lui où, en plus, figure Kim Basinger, vous comprenez bien que, crédieu, ça va être énorme.

Et ce fut énorme.

Surtout que j'ai eu le culot de le voir en québecois (en fait j'ai pas eu de chance sur ce coup. Méfiez vous des films qu'on vous prête...) et que certaines répliques prêtent largement à sourire ("Hé, t'as oublié ton chandail !" gouuutte ou les "Yo" a chaque phrases...). Alors ça a son avantage, mais aussi son défaut : le québecois parlant naturellement français et anglais, on éprouve pas le besoin de sous-titrer le truc. Donc les duels d'improvisation en fin du film, bourrés d'intensité, ben on capte pas tout, ce qui est regrettable parce que ça balance bien hein.

Du côté des acteurs, Eminem se débrouille pas mal. Le reste joue bien, sans plus. Non ce qui est bien dans ce film, c'est les situations (par exemple, se taper Britany Murphy en plein lieu de travail (une des usines de Detroit qui fournissent des pièces automobiles)) ou les paroles. Faire dire justement à Kim Basinger, pleurant : "Greg, il veut pas me bouffer la chatte !" Mais bordel, mais c'est E-NOR-ME. gouuutte

Alors comprenez bien qu'un film qui se la joue aussi bien que le personnage central, ça ne peut qu'inspirer la sympathie, voyez vous.


maisssssson Passons a cette bonne vieille cruche de Wes Craven qui depuis quelques temps, ne se contente que de faire du recyclage tant filmiquement (Scream ne fait que reprendre le slasher-movie de base d'un point de vue décalé et cynique) que productivement ("la colline a des yeux 2 -- le remake", bof bof) et rappelons nous sans être méchant que le bonhomme savait quand même il y a longtemps nous étonner un tant soit peu. Après son premier film (un ptit porno fauché a ce qu'il paraît), le Wes enchaîne avec "la dernière maison sur la gauche" et veut clairement montrer que "ouais moi aussi je peut faire dans l'extrême" (*) mais même avec de bonnes idées et de l'entrain, le film ne démarre réellement que dans sa seconde partie. Auparavant on doit se farcir un duo de flic pas drôle (l'un et gros, l'autre est grand, on se crorait presque chez Laurel et Hardy, moustache en moins), des méchants qui font pas vraiment peur, une esthétique 70's assez kitsch qui a très mal vieillie (la musique country-rock notamment est insupportable et casse toute la tension que le Wes aurait pu tailler. En plus c'est a mille lieues de ce qu'un Gobelin ou un Fabio Frizzi peut nous faire) et plein de bons sentiments qui rendent perplexes. Heuresement il y a de très belles scènes (la mort d'une des jeunes filles dans le lac, sublime) et puis la seconde partie, enfin jouissive où les chasseurs deviennent proies face a des parents enragés et remplis de colère. pourtant, Craven ne va pas au bout de ses choix artistiques et frustre le spectateur. Par exemple, cette execution a coup de tronçonneuse se déroule hors cadre et brise d'un coup toute tension précedemment installée là où Tobe Hopper jouant aussi dans la suggestion s'en tire bien mieux et conserve tension et intérêt jusqu'au bout. Néanmoins grâce a cette seconde partie survoltée, on passe un chouette moment.





(*) Les années 70 étaient assez extrêmes et permissives. Là où l'on abat une gamine a coup de fusil sniper dans le "Assault" de Carpenter, on ne se permettraient plus trop ça dans les films de plus en plus aseptisés qu'on nous sort, ce que je regrette un peu...

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lundi 9 juillet 2007

Blow-up

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" Mes films sont toujours des travaux de recherche. Je ne me considère pas comme un metteur en scène qui maîtrise déjà sa profession, mais comme quelqu'un qui poursuit sa recherche et étudie ses contemporains. Je cherche (peut-être dans chacun de mes films) des traces de sentiments chez les hommes, et chez les femmes également, bien sûr, dans un monde où ces traces ont été enterrées pour faire place a des sentiments de convenance et d'apparence : un monde où les sentiments sont affaires de "relations publiques". Mon travail consiste à creuser, ce sont des fouilles archéologiques dans le matériau aride de notre époque. C'est ainsi que j'ai commencé mon premier film et c'est ce que je continue à faire..."

Michelangelo Antonioni
(extrait d'un livre sur le réalisateur aux editions Taschen)


Blow-up (1966) comme donc tous les autres films du réalisateur italien (passé maître dans l'art de "filmer l'ennui moderne" au cinéma, vaste programme qui pour ma part est égalé par certains Godards mais passons...) n'échappe pas a cette étude des sentiments, des êtres et d'une époque bien précise, le London swinging des 60's, musiques, drogues et une perte totale des réalités chez les deux sexes, sous couvert d'une savoureuse intrigue policière qui lui vaudra de nombreux prix (palme d'or en 66 à Cannes d'ailleurs je crois) et qui participe pleinement à la question métaphysique de la vue, la vision dans la réalité.


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Vanessa Redgrave, LA femme mystère de l'histoire...


Dans ce film, Antonioni questionne pleinement la réalité donc, sous l'angle de notre champ de vision par le biais de Thomas, jeune photographe blasé, égoïste et misogyne (tous les hommes chez Antonioni ne ressentent que peu d'émotions et quand ça leur arrive, qu'ils veulent changer, ça les mène à leur perte car ils sont incapables de s'adapter a un monde qui est allé trop vite, un monde qui ne les comprend plus et qu'ils ne comprennent plus. cf "Profession Reporter") qui est un photographe de mode en vogue, amplement désiré. Thomas, un jour en flanant, photographie un couple dans un parc, une femme mystérieuse qui attire un homme loin des regards. Scène apparement banale dans un lieu des plus banals : le vent souffle, un silence pesant se fait, Thomas mitraille à demi caché, pour son bon plaisir. En partant il se fait répérer par la femme qui, chose curieuse fait tout pour avoir les négatifs et viendra même le retrouver chez lui pour les avoir, a sa grande surprise, quitte a coucher avec lui.

Devant cette demande des plus pressantes, notre homme sent monter la curiosité en lui et il lui remet une pellicule, pas la bonne évidemment, désireux de développer ces photos pour son propre compte et en les agrandissant, il sent que quelque chose ne va pas. Ce n'est pas le lieu en lui-même mais le couple, leur regard, leur attitude. La femme sait quelque chose que l'autre, enlacé dans ses bras ne sait pas, ne remarque pas. Elle semble guetter un point dans le feuillage...

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Une des étranges photos parmi la dizaine prise par Thomas. Quelle est l'énigme ?


Puis en agrandissant encore et encore, il remarque un troisième personnage dans le feuillage, revolver au poing ! Qui est il ? Que cherche t'il ? Est il là pour les amants ? Plus Thomas semble se rapprocher de la vérité, plus il commence à se perdre car plus il agrandit ("a blow-up" = un agrandissement) l'image, plus la définition et la netteté baisse pour montrer des grains de plus en plus gros, comparable à la pointure pointilliste et abstraite de son ami et voisin peintre, lequel déclarait d'ailleurs que ce n'est qu'en s'éloignant de la toile qu'on comprenait personnellement l'oeuvre, aussi abstraite soit-elle. Une sorte de vérité personnelle que quiconque peut obtenir dans l'Art. Mais Thomas ne comprends pas, au lieu de s'éloigner, il agrandit, se rapproche de la vérité et paradoxalement s'en éloigne, de plus en plus troublé et décontenancé par ce qu'il voit : Il vient de photographier un meutre en direct : l'avant et l'après, mais non le pendant, empêché par la femme courant vers lui.

De plus en plus troublé, il essaiera de parler de ce qu'il a vu mais tout le monde s'en fout, trop absorbé par la drogue (les joints incessants que fument les mannequins et son ami editeur), le sexe et les relations personnelles (Thomas surprend ses voisins en train de faire l'amour mais la femme lui demande de rester, excité par ce "voyeur" pourtant ami. Plus tard, quand ils se parleront, ce sera pratiquement pour donner une discussion sans queue ni tête : Thomas parle de ce qu'il a vu --sans pouvoir le montrer : a ce moment là, ses photos lui sont volées-- dans le vide et son amie lui parle de sa relation avec son mari, le peintre, les deux n'arrivant à rien) et les distractions d'ordre divers (Thomas achète une hélice...alors que ça ne lui sert a rien...Plus tard à un concert des Yardbirds, il arrivera a se saisir d'un manche de guitare electrique en se bataillant avec des gens pour pouvoir le jeter par terre plus tard !). Et quand Thomas cherchera a prouver tant pour les autres que lui-même, ce qu'il a vu, ce sera en vain : les photos sont volées et le corps disparaîtra au petit matin.


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Perturbé, il errera dans le parc jusqu'a l'arrivée de mimes venant jouer une partie de tennis imaginaire, et tellement choqué, devenu l'ombre de lui-même, finira par entrer dans le jeu en renvoyant une balle imaginaire mais aussi progressivement en entendant son son sur les raquettes....Alors que la balle n'existe pas !

Voilà là tout le questionnement essentiel auquel renvoie Antonioni : "Qu'est ce que la réalité ? et Comment la percevons nous ?" Car Thomas a bien vu quelque chose mais paradoxalement, et c'est là le comble du photographe --un homme chargé de coucher la réalité de ce qu'il voit sur pellicule--, il a vu et au final, il n'a rien vu du tout. Victime de l'illusion artistique mais aussi de son propre égo, Thomas est cloué par une vérité inhérente a sa profession et ne peut se relever d'avoir été aussi facilement berné, tout comme le spectateur, médusé à la fin.

Blow-up même si il a, hélas, un peu vieilli (je rêve d'un remake intelligent, respectueux et soigné mais j'en doute fort, sauf si quelqu'un de la trempe de Christopher Nolan s'en charge), reste encore fascinant et comme tous les Antonioni (rythme lent, travail souvent expérimental), un film à voir au moins une fois.





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jeudi 5 juillet 2007

Baiten Kaitos

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Pour cette première chronique de jeu vidéo ici, je vais aborder l'angle de la déception ou plutôt demi-déception surtout pour un jeu qui fut largement attendu et espéré comme le messie (et c'est peut-être pour ça que je peut ressentir une certaine frustration...Après tout, on n'apprécie bien plus une oeuvre quand elle surgit par surprise et non en faisant des tremollo déjà vus bien ailleurs), je veut parler de Baiten Kaitos 1er du nom sur game cube.

Baiten Kaitos, donc....comment dire...?

Aux origines, il y a bien sûr toute l'information donnée par les magasines de jeux vidéos, les sites internet, les émissions de télé. J'entendais aussi une amie en BTS louer le jeu sans arrêt. Alors avec le temps et pour attendre un bon gros Zelda monumental, chef d'oeuvre qui mettrait tout le monde à genoux (même si finalement je fais l'incurable sur le zelda parce que je suis loin d'être à genoux et que j'y reviendrais), je décidais de m'acheter le jeu lors d'un séjour chez mon ex.

On commence la partie de bon coeur et déjà, signe d'originalité bienvenue et intéressant on nous demande notre nom et sexe. Tiens rigolo, un peu comme Animal Crossing et Zelda. Donc on s'y met de bon coeur en pensant "chouette, une manière de nous plonger dans l'immersion du jeu", pourquoi pas ? S'ensuit une scène censée nous montrer comment Kalas se lit avec l'âme errante que nous sommes (tiens on pense à Nomad Soul sur dreamcast) et la mort du grand père et du frère à Kalas. Scène sous sépia hélas peu lisible et impossible à voir sur une petite télé avec le joueur à deux mètres. Aie, première erreur mais on passe c'est minime, on veut jouer, on veut en dérouiller du méchant, crédieu.

Et les graphismes sont beaux c'est indéniable.

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Ah bah woui (ou wii) c'est beau...

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....Même que ça me donne la dalle ce ptit village sucré.


Revers de la médaille pourtant en y réfléchissant bien, le jeu ne fait que constamment citer ses modèles tant dans le graphisme que les personnages ou le système de combat qui se révèle injouable au possible (sauf pour les mordus de jeux à cartes, pas bien importants dans l'héxagone).
En fait le jeu est tiraillé entre la citation et l'innovation.
Fromage ou dessert, Boire ou conduire,il faut choisir.

Par exemple dans cet image vous voyez, l'île flottante avec ses doubles arc-en-ciel (et c'est dommage que la photo ne soit pas de si bonne qualité hélas) et ma pensée fut d'abord :

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"Wow, un double arc-en-ciel...Circulaire. Génial."

La seconde pensée, arrivant après 15 heures de jeu pourtant :

"Ok les graphismes sont beaux, c'est magnifique, mais les îles flottantes c'est hélas du déjà vu...Surtout repiqué chez Gulliver (de mr Swift), Skies of Arcadia et...évidemment...Miyazaki."

Et ça fait mal puisqu'en plus de repiquer à un peu tous les râteliers, les références à Miyazaki, Skies of arcadia et Zelda  (deux grands jeux majeurs, qui plus est) s'imposent douloureusement et constamment, petit relevé à l'appui :

* L'arbre sacré ? >> Arbre Mojo de Zelda ocarina of time.
* Les pierres brillantes qui font le décor étoilé du temple de l'air ? >> La séquence au fond des mines avec les pierres étincelantes et le papy du "château dans le ciel".
* Des monstres en forme de double main ? >> On pense aux "grossbaffes" que Link adulte combat dans Zelda : Ocarina of time.
* Les îles flottantes ? >> Skies of arcadia, le château dans le ciel de Miyazaki.
* Le héros, Kalas ? >> Un mix du héros de Grandia 2 et Vyse de Skies of arcadia, sans le charisme de ce dernier...Mais les cheveux bien bleutés du premier hein !
* Xelha ? >> Une héroïne blonde comme dans...Tales of symphonia, Grandia 2, Fina de Skies of arcadia... Mais elle tire très bien son épingle du jeu en ayant une certaine personnalité. D'ailleurs elle semble la seule à en avoir.
* Lyude, le jeune noble dont l'idéalisme est trahi par sa patrie ? >> Enrique de Skies of Arcadia en moins charismatique et plus mou du genou...
* L'attaque de Gibari où il fonce sur l'ennemi ? >> Qui a dit "ruée mortelle" de Drachma de Skies of arcadia ?


Bon j'arrête là mais ça fait déjà beaucoup c'est pour vous dire... Du déjà vu, du déjà vu...

guuuuue

"Woooh j'ai retrouvé mes tickets promo chez Carrefour !"

Bon le système de combat est d'une lourdeur, ennuyeuse à la longue. Et les combats durent de plus en plus suivant qu'on continue le jeu...

C'est un système de combat par cartes au tour par tour et votre nombre de cartes est limité à votre pioche. Sachant que vous combattez par tour, vous avez donc vos 3 personnages en plus de l'ennemi en face de vous et vous faites en fonction de vos cartes d'attaques et de défenses, seulement voilà, à chaque fois qu'une carte est utilisée, elle est retirée de la pioche et si c'est un énorme coup spécial que vous n'avez qu'en un seul exemplaire de carte, ben pas de pot, il faudra attendre que la pioche se remélange d'elle-même suivant que toutes vos cartes sont épuisées.

Alors je vous décris une situation des plus frustrantes du jeu revenant constamment, vous avez un gros boss en face de vous qui roule ses mécaniques et c'est à votre tour d'attaquer avec l'un de vos personnages, tiens Kalas et son brushing 80's bleuté de rebellitude assumée par exemple. Manque de pot, toutes les cartes sont grises donc vous ne pouvez pas les utiliser, ou plutôt si mais votre coup sera raté au final. Bref un coup dans l'eau et celà revient de nombreuses fois au cours du combat.
Bref le joueur est muselé, ne peut pas pleinement déchaîner la puissance des magnus (les cartes)....D'où énorme frustration.

Du système de combat jouissif anticipateur de Grandia 2 (barre permettant de contrer l'ennemi sur son propre tour voire anticiper les réactions avant lui. Excellent) aux combats magiques d'attaques ou de pouvoirs (sans oublier les combats navals !) de Skies of Arcadia sans oublier les superbes invocations des Final Fantasy, là on régresse dans une certaine frustration proche de la lassitude et de l'ennui....Un peu comme pour un jeu de cartes nommé....Phantasy star episode III....

Mais alors me direz vous, ce jeu n'a que ses graphismes superbes pour le sauver ? Je serais hélas tenté de dire oui. Parce que la musique....

Oui parlons de la musique, ce ne sont pas les quelques morceaux doux à la guitare qui sauveront le titre. Insipides, sans personnalités, ça bouge plus lors des combats. Pas de chance, c'est répétitif et irritant là où Skies of Arcadia dans le même genre (j'ai les B.O de Skies, Grandia 2 et Baten Kaitos, on m'avait prêté la B.O je sais donc de quoi je parle) s'en tire largement mieux et avec plus de finesse.

Les personnages ? Vaguement mous du gland. Entre le rebel au cheveux bleu gominés aussi cliché que la jeune fille blonde souriante, l'idéaliste stéréotypé (Lyude), le gros bras fort (Gibari), la mystérieuse (Savina), ça ne va pas très loin tout ça. Déjà vu, que du déjà vu....Punaise.... Et mis à part Savina, Mizuti et Gibari (très cool), ça manque d'un peu de personnalité si bien qu'on arrive à grand regret à se délaisser de la quête de vengeance du pauvre Kalas... Et qu'on éprouve aucune sympathie bien hélas...

baten_kaitos_test_sc5

Bon alors que sauver du jeu mis à part les graphismes ? Ben les idées qui parsèment ça et là le titre à savoir l'originalité d'avoir des magnus qui collectent un peu tout ce qui passe à notre portée pour notre collection (les magnus vierge qui peuvent emmagasiner/enregistrer un peu tout ou presque) ou bien, à un moment par exemple, on a une vue en 2D d'un donjon...On se croirait revenu dans les années 90 du temps de la mégadrive voire de la nes, l'amiga, l'amstrad et toutes les joyeuses vieilleries ! Des idées sympathiques pour un jeu en demi teinte qui choppe sa personnalité en la calquant sur d'autres, c'est dommage, très dommage.

Cerise sur le gâteau, comme de nombreux jeux de rôles console, on nous refait le coup des Anciens, d'une grande civilisation technologique supra avancée qui aurait tout manigancé. Nom d'un Chtulhu ! On me la fait pas à moi, le coup de la "technologie pas belle qui pollue et détruit tout".

Du revu, du revu, du revu. Dommage, très dommage.

EDIT (05/2008) :

Poussant le masochisme jusqu'au bout, j'ai décidé d'aller le plus loin possible dans le jeu. Et finalement mon verdict envers ce jeu n'a guère varié : combats poussifs souvent au ptit bonheur la chance (on est jamais vraiment maître de sa pioche) et ennemis toujours aussi énervants à vaincre avec des combats qui durent, qui durent... Pourtant, arrivé à un certain moment, un retournement de situation bienvenu s'amorce (Geldoblâme n'est en fait qu'un pion) et les rebondissements deviennent des plus interessants, jusqu'a une éviction presque totale du joueur qui va ensuite non plus sur la tête-à-claque qu'est Kalas mais la cruche gentille, Xelha. Passée cette situation, rien de bien nouveau sous le soleil, on est à nouveau presqu'a son point de départ et on doit presque tout se refarcir avec la lassitude que ça engrange. Alors on essaye de finir le jeu en traînant la patte et finalement, on arrête de jouer et on met Zelda ou Soulcalibur dans la console et baste...

Pas grand chose à sauver une fois de plus.




Dans le même genre mais en largement mieux, Nio vous conseille :


12


Skies of arcadia fait largement mieux et avec plus d'humour, d'originalité et de sympathie que Baiten Kaitos. Recréant un univers et une mythologie dans le ciel avec ses règles de combat naval, de combats magiques et surtout une ambiance fascinante relayée par une musique et des graphismes qui depuis bientôt 7 ans n'ont pas vieillis d'un poil.


flotte


Malgré des "graphismes carrés", on ne décroche pas du jeu. Même ! Ses graphismes carrés font inconsciemment le passage de relais entre les bons vieux jeux pixellisés en 2D et notre 3D actuelle et c'est avec grand plaisir qu'on se plaît a apprécier ce défaut apparent. Et surtout, on aime le jeu pour la liberté qu'il procure, digne des plus grands romans....Mais j'y reviendrais prochainement...Car soyez sûrs que Skies of Arcadia passera ici sur ce blog. Je peut pas le louper, obligé !



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mardi 3 juillet 2007

Les chroniques de fond de tiroir...(1)

Un peu comme notre Patchworkman et ses chers "mollards", je rédige pour ma part de petites chro' rapides, soit parce que le film était d'un intérêt plus que discutable (mais pas assez méga-bouse ou méga-détestable pour entrer dans la partie si bien nommée du "beurk"), soit parce que passablement bien, soit vachement bien mais manque de temps ou d'envie de gâcher la magie ou l'intérêt personnel du film, bref...






sueurseuh Sueurs est le type même du film (français qui plus est) qui se cherche, à cheval entre film d'auteur (donc un certain réalisme) et film d'aventure pour grand public. Mais hélas, le film n'arrive pas a prendre parti pour l'un ou l'autre côté et provoque agacement ou ennui. Pour le côté auteurisant, y'a des prétentions c'est sûr mais le réalisateur est loin d'atteindre Duel, Le salaire de la peur ou un Sorcerer pour de nombreuses raisons qu'on pourrait aussi bien imputer au scénario. D'abord un manque de lisibilité du scénario (c'est quoi cette caisse ? Pourquoi ? Quel pays ?) qui tendrait a tout rendre dans l'abstraction mais n'est pas Carpenter qui veut. Les personnages ensuite sont loin d'être attachants et répondent a des figures du cliché : le coureur sympa mais coriace, le jeune premier recueuilli par le premier, le salopard qui tente de corrompre l'autre, l'abruti de service... Et puis Jean Hugues Anglade avec la coiffure de Florent Pagny, whaow, c'est clair qu'il y a de la rebellitude assumée. Pour le côté "auteur" du film, une superbe photographie de décors majestueux et d'effets de filtres impressionnants sans oublier dans certains moments, une musique issue de ces étendues désertiques. Malheuresement le côté "aventure pour tous" reprend de plus belle à la moindre action, achevant de désoler le pauvre cinéphile : on se coltine donc souvent du gros hard-rock pas même jouissif dans des scènes d'actions filmées n'importe comment (ce qui les décrédibilise encore plus, n'est pas michael Mann qui veut) en plus d'effets clipesques (les flashs qui permettent de changer de lieu...Formidable et aussi inutile qu'un clip à la mode. Les élipses tu connais ? Non ? Dommage...)... Au résultat, un film surtout à voir pour ses décors superbes et ses camions et c'est tout. C'est vraiment très moyen et à la limite du pitoyable.



murdefeuuuurg Firewall... Bon je n'en dirais pas trop de mal, je vais plus me la jouer "seigneur indulgent" avec ce film, d'autant plus qu'il aurait pu être un très bon film si on avait encore poussé plus loin le scénario. Au lieu de ça, un sympathique film du samedi soir, si on veut bien fermer les yeux sur quelques incohérences du scénario, des situations clichées déjà vues et revues
(on sait déjà que comme les gamins sont devant la télé, ils n'ouvriront pas et que la mère ne va pas se retrouver avec le livreur de pizza quand elle va ouvrir mais des méchants pas beaux. Du déjà vu, du déjà vu, je vous dis...) et une mise en scène très basique et académique (une seule bonne idée sûrement, le générique d'ouverture façon "caméra d'espionnage" en noir et blanc sur fond instrumental du "Angel" de Massive Attack) mais Harrisson ford et paul Bettany y croient fortement alors on est indulgent parce qu'ils jouent bien.
Sinon ? Ben...La misère.



syrianaerf Syriana maintenant. D'ailleurs je ferais remarquer que je n'ai pas de lecteur HD-DVD mais que j'ai pris la première image venant à moi. Même pas honte tralalèreuh. Et pour tout vous avouer, Syriana est un bon film (très complexe) sur les actions et malversations américaine (sur fond d'administration Bush !) pour le marché du pétrole.  Il est même assez étonnant de voir un tel film pris en charge par une major telle que la Warner surtout quand celui-ci critique aussi ouvertement des actes pour avoir le pétrôle des émirats Arabes Unis ainsi qu'un contrôle sur ces pays là. Et le film évite grandement tout manichéïsme quelconque car évite les écueuils ou facilités du scénario en abordant une narration complexe où chacun des personnages (et y'en a une tripotée. On passe d'Américains à un suisse, à un prince iranien, à un jeune immigré du pays voisin...) par ses actes déclenche toujours quelque chose à un autre niveau (de lieu, de lecture) sur d'autres personnages. Acteurs très bons, parfois méconnaissables (George Clooney est sobre et impeccable, transfiguré. Ian Mc Kellen fait de la figuration mais il la fait bien, Matt Damon, bon en jeune premier etc...) pour un film intéressant et intelligent. Bien. Très bien même.



Posté par Nio Lynes à 15:23 - Chros rapidos - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

...

"Alien c'est bien parce qu'on voit la petite culotte de Sigourney Weaver..."

Eh beh, on voit les connaisseurs... ^^'


Posté par Nio Lynes à 13:27 - Paroles lues ou entendues... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 2 juillet 2007

Le monde, la chair et le diable

mondochairos

Ce qu'il y a de bien au cinéma, ce sont les ressorties de film qui ont généralement plus de 20 à 30 ans.

Avec le recul et notre regard actuel on peut les jauger plus qu'alors auparavant et s'apercevoir pour certains de leur incroyable modernité, tel le cas de ce "Le monde, la chair et le diable". Quel titre ! Tout un programme qui résume bien pourtant ce film d'anticipation en filigrane : la chair, la tentation, la haine et enfin le monde. Un monde déserté placé ici en 1959 (date de sortie du film) où presque toute l'humanité disparaît pratiquement.

Bloqué au fond d'une mine en Pennsylvanie, Ralph Burton (notre "héros" Harry Belafonte) attend des secours et après cinq jours, finit par se libérer mais c'est pour s'apercevoir à la surface que pratiquement toute forme de vie animale et terrestre à disparue. Arrivé à New York, il traverse des avenues désertes et organise sa survie, tirant derrière lui un chariot au pied de gratte-ciel abandonnés et se demandant s'il est le seul survivant sur la Terre...

Ce qu'il y a de bien avec ce film, c'est que non seulement il nous permet d'avoir les sentiments d'un homme seul et désemparé, mais aussi de comprendre ses actions dans des décors hallucinants d'un New-York vide de tout habitants. Les décors marquent : à la vision de voitures abandonnées en masse dans un gigantesque embouteillage monstre sur l'un des ponts de New York, se superposent des plans de buildings et rues désertes dans un noir et blanc somptueux.

Evidemment Ralph n'est pas seul dans cette ville crépusculaire....Il y a aussi une femme, seule, doutant elle aussi, scrutant et épiant cet homme depuis un moment. Est-il dangereux ? Pourra t'il devenir son ami ? Et avec cette jeune femme blonde s'apposent d'autres questionnements propices a ce film d'anticipation : Comment a t'elle survécue (Harry était dans une mine donc à l'abri de radiations ou gazs nocifs, mais elle ?) ? Le comprendra t'elle ? Surtout... pourra t'elle l'apprécier, voire l'aimer dans une époque où, en plus du spectre de la guerre froide rôdant, il y a aussi la ségrégation raciale.
Puis, s'adjoindra un troisième personnage. Un autre survivant. Un homme aussi. Blanc, audacieux, jaloux et avec des préjugés, surtout concernant Ralph. La tension monte lentement et chacun s'arme alors....

cjairosdiablos

Ce qui marque bien après le film, c'est sa subtilité et ses décors.
Les décors, je l'ai mentionné brièvement mais j'y reviens : Comment tourner dans une ville de 8 millions d'habitants et donner l'illusion d'une cité vide ? C'est ce tour de force véridique qui impressionne quand on comprend que Ranald Mac Dougall, le réalisateur, refuse tout trucage ou effet optique saugrenu par souci d'authenticité. L'équipe décide alors de tourner les plans extérieurs (près de 50% du film) entre 4h et 6h30 du matin pendant de nombreuses semaines grâce a une pellicule noir et blanc permettant de travailler en lumière naturelle sans éclairage ni matériel à installer au préalable. Evidemment le tout est minuté avec une précision d'orfèvre ce qui permet à la production d'interdire la circulation, d'éteindre tout éclairage municipal et de demander aux habitants de ne pas se montrer aux fenêtres.

L'impact est saisissant et proprement ahurissant. La fin du monde bien avant l'heure pour un film tout aussi atypique dans la production de l'époque qui privilégiait grosse bêbêtes radioactives (hein quoi Tarantula ? Hein, "les monstres attaquent la ville" ?) là où le film de Mc Dougall ne filme pas le pendant de la catastrophe inévitable, mais l'après, demeurant subtil quand au pourquoi du comment on en est arrivés là. Bien sûr des indices planent. Notamment des journeaux et dernières émissions radio que récupérera Ralph mais je ne vous gâcherais pas plus votre plaisir si vous la chance de voir ce film cinéphilique près de chez vous.

Une vraie perle.





Dans le même état d'esprit (quoique...), Nio vous conseille :

La_survivante

Bon c'est largement plus hard, érotique et sombre que "le monde, la chair et le diable". Paul Gillon crée une BD choc où la seule survivante est une jeune française dans un monde où ne reste plus que les "cybers", les robots servant aux besoins quotidiens de l'homme. Désemparée et cherchant a combler sa solitude, la jeune femme se demande si elle est vraiment seule. 4 tomes disponible en une intégrale mais si vous êtes dépressifs naturellement ou que vous êtes fréquemment sujet au bourdon, vous pouvez très bien ne lire que le premier tome (j'ai longtemps considéré la série comme un "one-shot"), véritable gifle tant scénaristique que visuelle. Attention toutefois, ce n'est pas pour les nenfants (beaucoup de scènes de fesse, hem)...

survivante

Et cliquez sur la planche ci-dessous pour la voir en plus grand.

la_survivante_1_planche

Bon film, bonne bande dessinée !


Posté par Nio Lynes à 16:26 - Films anciens - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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