Ombres et brouillard.
Ombres et Brouillard. (1991)

Je n'y croyais pas avant de l'avoir vu, mais Woody a vraiment fait péter son casting pour ce film :
- Woody Allen (Kleinman)
- Mia Farrow (Irmy)
- John Malkovitch (le clown)
- Madonna (Marie)
- Donald Pleasence (le docteur)
- Jodie Foster (prostituée)
- Kathy Bates (prostituée)
- John Cusack (Jack l'étudiant)
- Lily Tomlin (prostituée)
Et excellente surprise, non seulement tous les acteurs sont bons, mais le film l'est également se hissant presqu' au niveau de Manhattan. Un mélange de surréalisme, de poésie, de drôlerie (toujours les répliques chez Woody) et encore une histoire de couples, cette fois ancrée dans de nombreux hommages : A Kafka, Kurt Weill (et Brecht pour la musique), aux artistes du monde du cirque, à Jack l'évantreur (sauf qu'ici c'est un étrangleur), aux films des années 20 et l'expressionnisme allemand...
Disons le, le sublime noir et blanc brumeux (ayez une bonne télé) du
film est grâcieusement obtenu par Carlo Di Palma, excellent directeur
de la photographie, hélas récemment décédé et au vu de son travail, on
ne peut que le regretter amèrement.
La musique emprunte à l'univers du
cirque et de la musique de chambre et participe à l'univers onirique
partagé entre rêve et noirceur de la vie. Allen capture bien l'univers
Kafkaïen à travers des scènes absurdes souvent hilarantes (Kleinman
qu'on avertit d'un plan mais jamais on lui dira ce que c'est, les gens
qui prennent peur et se constituent en petites milices d'autodéfenses
souvent constituées d'eux seul, le don prodigieux de "renifleur" du
grand "spyro" un étrange charlatan dont le fait de dénoncer les gens soit devenu le meilleur gagne-pain...) et livre un hommage au monde de la magie mais aussi des freaks tels que les artistes et autres avaleurs de sabres... D'ailleurs dans notre société moderne, l'artiste n'est il pas une sorte de "Freaks" ?
Et le film de culminer sur une fin surprenante qui révèle que dans la vie, "tout n'est qu'illusion, mais elles nous sont souvent nécessaires pour vivre".
Un très grand film qui capte la vie avec poésie, rire, noirceaur et absurdité presque comme Kafka, mais c'est du Woody. J'avoue que je le range volontiers à côté de Manhattan.
Une ville tranquille d'Europe Centrale, dans l'entre-deux guerres...
Recruté de force par la milice d'autodéfense, Kleinman, un petit
employé craintif, doit capturer un étrangleur qui rode et terrorise la
ville. Dans le brouillard sombre et humide de la nuit, Kleinman croise
une avaleuse de sabre au chômage. Désireux d'aider cette "âme en
détresse" et d'échapper aux griffes de la milice, Kleinman abandonne
ses recherches. Mais pendant ce temps, les meurtres se succèdent...