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Ben Willis (Sean Biggerstaff), étudiant aux Beaux-Arts, ne se remet pas de sa rupture avec Suzy. Il en perd le sommeil et se met à travailler de nuit dans un supermarché. De plus en plus usé, il s'aperçoit qu'il possède l'étrange don de suspendre le temps. Il parvient à figer le monde et se met à dessiner les corps des jolies clientes du supermarché à leur insu...

 

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Tiens, voilà un petit film sympathique avec quelques bonnes idées, quelques défauts et qui, sur la base d'un remarqué court-métrage (inclus dans le dvd et fondu avec aisance dans le film, sans trop qu'on le remarque malgré quelques changements de plans, musique, voix-off) aurait pu devenir culte si Sean Ellis lui avait donné plus de peps et entrain et enlevé quelques longueurs (un match de foot, certes amusant mais qui n'apporte pas grand chose).

Et pourtant, j'ai marché dans le film et apprécié certains points qui m'ont assez touchés (sans que je ne soit transporté non plus sur des sommets). D'abord, pour son premier film, Ellis fait montre d'une assez belle maîtrise du cadre, de la composition, des fondus-enchaînés, des transitions temporelles (assez bien faites : elles se basent non pas sur le montage mais une modification du temps au sein même du plan en laissant la caméra continuer un travelling où l'on aperçoit alors que le décor est modifié d'un coup, que la lumière a changée, que le protagoniste est alors représenté par un enfant plus jeune. Et la voix-off lie le tout assez agréablement --même si je comprend qu'on puisse la trouver redondante), des couleurs et du flou. J'avoue que sans qu'on puisse décerner en lui un grand cinéaste (et son second film, the broken semble d'ailleurs assez catastrophique apparemment), il y a de belles qualités esthétiques chez le monsieur.

 

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Ensuite, dans sa description du milieu du supermarché et de ses personnages colorés, le réalisateur réussit à livrer des touches d'humour et à rendre tout ce petit monde sympathique. Des 2 collègues gaffeurs et aussi un peu salauds (sans qu'on puisse les blâmer vraiment) en passant par le boss prétendument virile et égocentrique (avec sa tasse "The boss", le détail qui tue), l'obsédé de kung-fu, le jeune rêveur qu'est notre héros, son pote pervers et enfin la chouette jeune fille qui souhaite voyager et changer de monde, chacun des personnages sont plus qu'humains, participant au mélange de comédie et de mélancolie que cultive le film. D'ailleurs, ça commence comme une petite comédie pour finir par une tendre romance.

 

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Enfin, et là, c'est plus que purement subjectif mais l'amateur de jolies courbes féminines qui sommeille en moi a été plus que comblé. Tout le film est une ode à la beauté féminine, à la beauté du corps féminin (que ce soit sur le film, par les souvenirs du personnage, ses rêveries, les moments un peu érotique où il stoppe le temps, mais aussi les nombreux dessins, superbes) sans jamais que cela ne tombe dans le vulgaire, bien au contraire. Pour moi qui dessine (malheureusement pas de nu, faute de modèle féminin sous la main) et qui me suis un peu reconnu dans le personnage de Ben (il vit dans une sorte d'internat ou maison de jeunes, il dessine, il souffre d'une rupture et cherche à en survivre --et comme lui, je me suis surpris dans la réalité à ressortir et explorer de nombreuses photos de moi et d'elle, n'arrivant pas a extraire cette douleur du coeur avant un bon moment), le film m'a touché. Alors, pas exempt de défaut mais la poésie marche bien et le film reste plus qu'agréable.