intereuh

 

Quatre musiciens d'une autre galaxie sont kidnappés par un manager démoniaque pour en faire le plus grand groupe du monde...

Je n'avais encore jamais pu parler vraiment des Daft Punk en ces lieux, chose à présent possible vu que dernièrement le Gaumont parnasse (le Gaumont situé à Paris Montparnasse) organisait une soirée spéciale dédiée au groupe à l'occasion de la sortie prochaine (dans 3,4 jours) de Tron : l'héritage (Tron Legacy), la "séquelle" du premier Tron originairement sorti en 1982, en salles. Pour l'occasion, les deux daft ont composés une bande originale plus proche des travaux de Hans Zimmer (qu'ils remercient dans les notes du livret) que de la musique électronique auxquels ils nous ont habitués (c'est même plus complexe que ça puisque certaines pistes virent dans l'ambiant quand d'autres tel "The son of Flynn" (piste 3) ressemblent assez à du Tangerine Dream). Une nouvelle façon de déclencher la controverse chez les fans comme les autres étant donné que chaque sortie de disque ou d'oeuvre (je parlerais d'Electroma prochainement) se retrouve sujet à débat : Human after all (2005) et bien avant, Discovery (2001) par exemple même si sans doute largement moins pour ce dernier.

 

daftstella2

 

Discovery, parlons-en puisqu'il constitue directement la trame sonore pré-existante sur lequel va se déployer ce Interstella 5555 (alias The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem), cas rare mais pas nouveau où c'est la musique qui impose une narration aux images. Le plus connu restant le The Wall des Pink Floyd adapté un an après sa sortie en film par le talentueux Alan Parker. Dans ces cas là, l'écueil restant à éviter est de proposer une suite de clips sans queue ni tête, ce qu'évitent heureusement aussi bien le film d'Alan Parker que celui de Kazuhisa Takenouchi (le monsieur qui réalise ici présent), pour la bonne raison que la musique propose en premier lieu une histoire (évident dans le cas de The Wall puisqu'il s'agit d'un album-concept entièrement porté à bout de bras par Roger Waters, moins visible chez Daft Punk puisque la musique ne contient pas forcément de paroles ou bien que celles-ci sont dévouées au dieu de la danse et du claquement de doigts au son d'une belle basse de groove).

 

daftstella1

 

Mais voilà, qu'on aime ou pas la musique de Pink Floyd ou celle de Daft Punk, force est de constater que dans les deux cas, l'alliance du visuel au son produit des résultats plus qu'étonnants. Dans le premier, quand Parker ne livre pas des séquences marquantes (un exemple parmi d'autres, le personnage de Pink (Bob Geldof) dans une piscine de sang), ce sont les animations de dessin de l'illustrateur satirique Gerald Scarfe qui livrent une baffe méchante au spectateur. Dans le second, le duo de musiciens electro est allé chercher une légende de leur enfance (et de la mienne aussi j'avoue), le mangaka et créateur Leiji Matsumoto, rien moins que l'homme derrière la série Albator. Ce dernier signe donc le design tandis que les Daft livrent leur scénario, le travail rendu est à la fois un formidable hommage aux séries d'animation japonaises que les générations des 70's et 80's ont connu sur les chaînes de télé française ainsi qu'une petite chronique de la société de consommation (notamment du star système dans le titre à double sens qui évoque à la fois le système solaire d'où proviennent les personnages à la peau bleue --non, non, ce n'est pas Avatar gneeuh-- comme la critique de l'industrie musicale et du star système de groupes musicaux comme artistes souvent éphémères, crées pour ne décrocher qu'un hit ou deux). Le tout enrobé de couleurs châtoyantes et d'effets de lumières assez beaux.

 

daftstella3

 

D'ailleurs, à l'instar de la musique qui l'inspire, ça m'a surpris mais Interstella vieillit très bien. Pour peu qu'on ne soit ni allergique à l'animation japonaise, ni à la musique des Daft Punk, le film garde sa douce beauté parfois très pop, se permettant même de nous émouvoir plus que la simple musique, l'alliance image/son magnifiant complètement certains passages. Un petit bijou évidemment lié donc à la musique des Daft Punk, mais un agréable moment aussi.

 

A noter pour les curieux(ses) que l'on peut trouver et voir le film en entier sous plusieurs parties sur You Tube... gneeuh