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♪♫ "Parce qu'un chien s'laisse jamais abattre...
....Il r'tombe toujours sur ses pattes !"
 ♪♫

 

Ah quel bonheur de revoir du Don Bluth (et Gary Goldman aussi à la co-réalisation) après toutes ces années et voir que sa magie (noire) n'a jamais cessé. Pour quelqu'un comme moi qui n'en a qu'un en DVD (Brisby et le secret de Nimh, chef d'oeuvre) et le reste en VHS poussiéreuses, la redécouverte est de taille.

 

Don Bluth à l'époque de son âge d'or (Titan A.E en 2000 l'y fera déchoir hélas, ce n'est pourtant pas un ratage total comme on veut bien nous le faire croire un peu partout) des années 80-90, c'est le contraire de Disney. Une alternative, diront-nous. Comme Tim Burton, le bonhomme est parti assez vite des studios du créateur de Mickey Mouse. La raison n'est pas claire, il s'agirait d'une section d'animation qui fermait ses portes, mettant tout le monde à la porte. Probablement le bon moment pour montrer au monde son talent et son animation qui s'adressait aussi bien aux enfants qu'aux adultes, surtout eux-même dans la majeure partie des cas.

 

Et je ne pense pas que le bonhomme ait attendu de réaliser "Brisby et le secret de Nimh" en 1982 pour terroriser d'emblée des millions de marmots avec ses visions souvent dantesques. En 1977 on le retrouvait sur Bernard et Bianca (animateur en chef) et au vu de sa carrière, je ne serais pas étonné que les géniales séquences liées au crâne et au diamant soient de son fait. Mais Oops, peut-être que je spoile un peu ce classique de l'animation ?

 

C'est un fait et le bonhomme y semble coutumier, ses personnages doivent lutter contre un monde féroce, souvent bigger than laïfe et où les scènes iconiques (et parfois traumatiques) abondent. De cette pupille entrouverte monstrueuse du T-Rex dans Le petit dinosaure et la vallée des merveilles (1988 -- Cher Steven Spielberg, n'aurais tu pas reproduit cette scène brièvement en clin d'oeil 5 ans plus tard avec ton Jurassic Parc ?) en passant par l'incendie de Fievel et le nouveau monde (1986), la scène de la cage dans Brisby ou celle du tracteur, l'histoire des rats de Nimh, la première rencontre avec le chat (prénommé "Dragon" dans la V.F, si ça, ça veut pas tout dire !)... Bon en fait tout Brisby quasiment.

 

Et Charlie n'y échappe pas.

 

Bigger than laïfe. Over the top, même.

 

La fourrière où s'échappe Charlie (doublé par Burt Reynolds dans la V.O !) qui semble traitée comme Alcatraz (c'est bien simple on a l'impression dès l'ouverture que c'est plus que de pauvres toutous qui y sont !). La disparition de Charlie (cette scène avec l'auto, fichtre !) et sa réapparition (et cette idée toute simple mais fabuleuse de la montre à remonter qui symbolise la vie d'une personne). Le cauchemar de la descente aux enfers vus par les yeux d'un chien (l'enfer humain, c'est mignon à côté). Ce final en forme de course contre la montre.... Tout d'emblée dans le film se pare d'une dimension proprement tragique, c'est dire. D'autant plus que la réalisation est en béton armé pour de l'animation. De la Qualitaï, oui mdame.

 

Oui, les personnages gesticulent d'hyper-activité mais entre le mouvement d'une vie plus qu'énergique et l'hystérisme affiché de certaines production, Bluth ça passe encore pour de la finesse à côté, je suis désolé. Oui, on a un méchant bien méchant et cruel, qui jure (les "Ta gueule !" pleuvent en français) et même fume le cigare (on me signale que Familles de France à commencé à clavioter sur son numéro de téléphone pour interdire toute remastérisation non conforme à leur vision, ah non.... pas encore....) et à notre époque consensuelle, ben ça fait du bien. Dédicace à la mamie et sa petite fille qui étaient 5 rangées derrière moi : "Mamie, y'a des gros mots ! Y'a des gros mots !". Ha ha ! So Shocked !

 

Et puis il y a les chansons, aussi bonnes en V.O qu'en V.F, composées par Charles Strouse qui n'ont rien à envier à celles d'un Alan Menken en face au club de la souris (tiens, prends toi ça le "rêve bleu" !).

 

Non mais avec tout ça et ce propos sur le bien et le mal en toile de fond morale qui en oublie d'être bête, comment voulez-vous que ça ait vieilli ?

 

Charlie, ça reste du bonheur. Du bonheur en barre.


Pour petits et très grands.