En allant voir Cosmopolis suivi de Dark Shadows dans la même journée, j'espérais apercevoir ne serait-ce qu'un peu la bande annonce de Prometheus sur grand écran. Heureusement après pas mal de bricoles diverses (Carte noire, la voiture électrique auto-lib', l'eau gazeuse San Pellegrino (what ?) et d'une sympathique surprise pour le fan de Philip Glass que je suis (une compagnie de danse qu'on essaye de promouvoir avec un extrait du Floe de l'album Glassworks, joie), j'ai eu droit à ma dose de junkie-cinéphile.

Et cela m'a rappelé que j'avais commencé à me revoir les différents films de la saga afin de pouvoir me préparer à Prometheus. Revienzons-y gaiement braves gen(tes --mais en alliage chromé c'est plus classe)s.

 

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"Eh mec, je sais pas si t'as bien regardé le match à la télé mais on vient de se faire torcher le cul."


Au risque d'énoncer une évidence bête et crasse mais là encore le film n'a pratiquement pas vieilli et reste cette monstrueuse bombe sans quasi aucun temps mort (il y a bien des moments de calme mais Cameron fait en sorte de doser habilement le film au montage et tout s'équilibre génialement. D'ailleurs vous en connaissez beaucoup des gens qui s'ennuient sur ce film ? (*)). En dotant ce second volet d'un petit "s" après le mot Alien, James Cameron a tout dit et va multiplier et les créatures, et l'action tout en approfondissant subtilement la saga de deux manières. Premièrement, en creusant le personnage de Ripley (jusqu'à l'évocation d'une fille que Ripley ne put jamais revoir dans la version longue et ainsi accentuer le côté maternel déjà tracé simplement mais d'une belle manière dans la version courte). Deuxièmement, en essayant d'approfondir des questions soulevées par le précédent volet. Si l'on ne sait pas pour l'instant d'où venait le vaisseau ou quel était son but (Prometheus se charge sans doute d'apporter une petite réponse mais chut. A noter que l'épave du Derelict, le vaisseau extraterrestre abandonné ressurgit dans la version longue justement), Cameron se pose judicieusement la question : d'où viennent les oeufs ? Or chaque oeuf a forcément une origine. Et la Reine Alien de devenir la plus belle pierre à l'édifice qu'apporte Cameron à la saga. Et si tout le film est une pure bombe, toute la dernière demi-heure en devient carrément atomique (au propre comme au figuré d'ailleurs).

 

 

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Le lien avec Prometheus ? Plus ténu que le premier volet qui lui est directement rattaché, il faut toutefois noter que Cameron a donné une réponse à ce qui était juste nommé "La compagnie" dans ce second Alien et que Prometheus semble dévoiler par petites touches. Ici, aussi bien dans les scènes coupées et réintégrées (deux premières captures) à la version longue que furtivement visible dans sa version courte, Cameron nomme la compagnie la Weyland-Yutani. On pense sans faille à la fusion des intérêts de deux puissances Américaine et Japonaise et cela vient judicieusement approfondir l'idée de hiérarchie soufflée dans le film de Ridley Scott, cette hiérarchie entre les cols blancs et donc 4 officiers supérieurs vis à vis des deux ingénieurs et du scientifique. Même si aujourd'hui cette lecture façon "lutte des classes" n'a plus cours (il m'a fallu le livre de Ian Nathan dédié à Alien pour m'en rendre compte plus ou moins). On avait donc un nom sur cette menace prégnante par le biais d'Ash, l'officier scientifique, elle est confirmée ici, non plus par l'androïde mais la personne de Carter Burke, vile humain bien hypocrite qui n'aura que ce qu'il mérite. David l'androîde de la Yutani dans Prometheus est-il une marionette de la compagnie ou comme Bishop, un droïde plus qu'humain et soucieux de protéger les autres ? Cela, nous allons le savoir très bientôt.

 

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"Mettons fin aux rumeurs, voici les faits !" 

 

Alien 3 en plus de connaître une génèse assez chaotique, eut une production mouvementée (David Fincher se fit littéralement virer avant la fin) et demeura pendant un temps l'épisode mal aimé... Avant qu'Alien Resurrection et bien plus sûrement les bidules Alien vs predator (my god !) ne le fasse réévaluer. Mais respectivement (il fut mon épisode préféré avec le premier pendant longtemps) on peut comprendre ce qui déplut à une grande partie du public lors de sa sortie. Non seulement la noirceur était plus que totale (les survivants d'Aliens ? Ejectés nets dès le départ, hasta la vista) mais l'absence de happy-end et un aspect quasi-mystique durent en achever certains. Et pourtant, même charcuté, l'oeuvre tient miraculeusement sur ses jambes et s'inscrit dans une suite assez logique : Là où Ripley se révélait mère pour combattre une autre sorte de mère (en partant de la version longue d'aliens évidemment), elle avait cette fois la reine-mère alien en elle. Cette fois le combat s'inscrira dans un renoncement en forme de sacrifice (les plans finaux de ce troisième volet que je trouve assez émouvant au fond). Alien resurrection réintroduira une reine alien, mais qui donnera forme cette fois à un nouveau type d'Alien, Ripley redevant la mère qu'elle aurait pu être sauf que ce n'est plus la même Ripley...

Comme souvent dans la saga, un épisode s'inscrit dans le prolongement d'un autre (et ce même si dans l'ensemble chacun des réalisateurs a pu développer un style et une esthétique qui lui est propre) et apporte de nouvelles questions, de nouvelles surprises et réponses. Ici, l'alien n'attaque pas Ripley, sentant (suggestion d'un lien d'ordre télépathique entre les créatures, ce qui sera approfondi dans le volet suivant) qu'elle est elle-même parasitée de l'intérieur par une volonté plus qu'étrangère. La créature dans son traitement redevient plus bestiale, développant une intelligence qu'elle ne semble n'assumer que dans son individualité (en groupe comme dans Aliens, ils attaquent en masse mais sans spécifiquement se déployer un peu n'importe où même si certains, isolés, piègeaient assez facilement les égarés). Même son crâne redécouvre ce globe étrange occultant son cerveau et ses nerfs que Cameron avait retiré sur les aliens de LV4-26 (sans doute pour des raisons d'adaptation). Enfin, l'Alien s'adaptant le mieux à son environnement (il court sur toutes les parois comme s'il était doté de ventouses hyper puissantes le bougre), Fincher (j'ose penser que c'est lui) à l'ingénieuse idée de nous faire bénéficier de sa "vision" subjective étalée comme en 16/9e pour mieux nous immerger. Enfin esthétiquement, ça reste du bel ouvrage, de la SF soignée même si Fincher, assez dégoûté commença à se méfier des gros studios comme la peste, jurant qu'on ne l'y reprendrait plus...

 

 

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Le lien avec Prometheus ? Là il n'y en a quasiment pas vu qu'on l'a énoncé déjà avec les deux autres. Par contre ce troisième volet reprend les logos Weyland-Yutani de la compagnie qu'on peut noter sur les tenues des "scientifiques" à la fin. Aaron doit aussi avoir la même chose sur sa veste ou sa casquette, je ne sais plus. Après, Prometheus doit sûrement reprendre la typo verte sur les écrans ou d'autres trucs (une photo a filtrée où l'on peut voir un "X" sur les écrans, "X" aussi visible quand Ripley dans le premier film, enclenche le système d'auto-destruction du Nostromo... mais je retrouve plus le truc. Essayez de vous souvenir de ce détail quand vous irez voir Prometheus hein)... Tiens sinon juste une remarque, la saga témoigne d'une belle prestance en nous montrant des androïdes tout sauf manichéens. Prometheus a aussi un androïde, et ça c'est bien.

 

*Mini chroniques des films qu'on peut aussi retrouver sensiblement aux fiches Aliens et Alien 3 sur Cinetrafic.

 

 

(*) Aliens est aussi l'un des plus grands films d'actions des 80's et c'est pas rien non plus.