Attention risque de spoiler !

 

 

priso

 

 

Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entrainant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent

 

Le titre de ce post est un jeu de mot bien débile mais je le trouvais intéressant. D'une part car il évoque à coup sûr deux films de l'actualité cinéma qui ont pas mal fait parler d'eux (et entre nous, un titre comme ça, même les meilleurs groupes de rock me l'envie) et qui ont dans l'ensemble recueilli les faveurs de nombreux spectateurs souvent heureux et ravis. D'autre part parce qu'avec le recul, le titre même les faisant s'accoler côte à côte peut faire sortir les défauts ou problèmes à craindre de tel ou tel film. Pour le premier donc un film prisonnier d'une certaine gravité avec sa banlieue américaine tristounette où la neige commence à tomber, pour l'autre un gravity prisonnier de ses propres carcans et que le spectateur aurait sans doute voulu plus novateur que nécessaire. Alors qu'en est-il au final ? Passons en revue ce qui est pour moi deux excellentes surprises (*).

 

Prisoners est la nouvelle oeuvre de Denis Villeneuve, le réalisateur québecois déjà à l'origine du remarqué Polytechnique et du remarquable Incendies (on attend par contre son Enemy qui tarde à venir chez nous). Thriller noir en décor hivernal mené quasiment sans temps mort (2h30 qui passe donc très bien, et sans une once de gras) et fascinant tant dans la psychologie de ces personnages principaux (le flic un brin mystique --presque thor-du ? (**)-- et un père de famille torturé) que du jeu de piste qui va s'imbriquer tout le long comme des thèmes voilés qui sous-tendent le film. L'histoire est basique en elle-même : un kidnapping, une enquête. C'en serait presque ronflant pour le spectateur habitué des salles obscures. Sauf que.

 

Sauf que Prisoners est aussi un film d'ambiance, toujours tendu, toujours fragile et sur le fil du rasoir. Quand on pense avoir trouvé le coupable, on est emmené sur une autre piste (et ça ne manque pas). Villeneuve à l'intelligence de nous mettre aussi bien du côté du détective qui a fort à faire que Keller, père de famille complètement déboussolé, surmené, au bout du rouleau. Et quand on sent que lentement la cellule familiale rompt, que le père lui-même commence à prendre une voie condamnable, le miracle de l'écriture fait qu'on ne le juge pas, l'empathie nous ayant plus que fait comprendre sa douleur là où dans d'autres cas nous aurions été plusieurs à grogner ouvertement. C'est tellement subtil qu'on discernerait à peine la critique voilée des tortures de Guantanamo qui perce derrière tout ça (le réalisateur Québécois ne perd pas une miette de son acuité ironique déjà à l'oeuvre douloureusement sur Incendies), Keller réutilisant les mêmes méthodes de "question", persuadé que l'individu qu'il tient serait celui qui a kidnappé les gamines, sans chercher d'autres justifications alors que le spectateur sait. Il sait qu'une dimension plus importante se tisse dans le scénario (multiples points de vues, détails), que des symboles (labyrinthe), des manoeuvres, une force est en cours. D'où le malaise qui lentement, s'installe.

 

labyrinthe

 

Il y a des choses bigrement intéressantes dans Prisoners que peu de monde a soulevé. Parce que c'était trop évident ? Que cela semblait de la poudre jetée au spectateur et à la critique ? Je ne sais mais j'avais envie d'en parler pour le coup (depuis le temps que vous me connaissez, n'espérez pas une chronique comme tout le monde, voyons). Déjà la figure du labyrinthe, omniprésente. Jusque dans le titre de l'affiche française puisqu'il s'installe dans le "O" du mot. Outre le fait que c'est finalement lui qui indiquera une direction à Loki, il est la forme-même de l'enquête en cours. De forme circulaire à l'instar du cycle de temps, il représente un chemin mené où le pelerin, en termes de religion chrétienne, doit effectuer un chemin vers une possible rédemption en quête de la vérité. Il n'y a qu'un chemin comme on le voit mais il est tortueux, sinueux même, on s'y engage difficilement et il demande de la patience. Dans certaines grandes églises et cathédrales, le labyrinthe se situe au sol, sous une forme octogonale. Il est d'ailleurs à noter que dans la religion, "les fonts baptismaux ont souvent une forme octogonale, car cette forme dans la symbolique chrétienne, renvoie à la vie éternelle et à la résurrection" (***). On s'écarte un peu mais c'est intéressant tout ça, on reste dans l'idée d'une vérité ultime qu'on ne peut obtenir qu'en arpentant le labyrinthe.

 

De logo (l'affiche) à médaillon (dans le film) il est donc la figure qui gouverne et régit tout. Il est même inscrit dans la mise en scène de Villeuneuve pour désorienter momentanément le spectateur et jouer de ses attentes. Je me rappelle une interview de David Fincher (****) qui avouait que si on arrivait pas à reconnaître la ville de Se7en, c'était normal puisque la pluie cachait volontairement tout mais que le cinéaste avait tourné dans plusieurs villes pour éviter tous les repères possibles. Villeneuve est pareil dans cette recherche presque perfectionniste et je vous en donne la preuve tout de suite. Si vous avez vu le film, vous aurez remarqué qu'on ne peut situer exactement où Keller a caché son "prisonnier". Au premier étage ? Au second ? On sait que c'est un réduit puisqu'on a assisté à sa construction. On ne peut le situer précisément. A t-on vu Keller monter un escalier ? Non. Les plans qui mènent à la prison sont-ils différents ? Oui. Regardez bien. Quand Keller avec son ami vont voir leur prisonnier, les endroits ne sont jamais filmés deux fois de la même manière : l'angle, la position de la caméra change. Un dédale se crée. Qui en arrive à la meilleure illustration quand le détective vient voir le père de famille. Celui-ci joue un peu la comédie puis bon gré, mal gré, l'emmène "visiter". Mais l'on en vient soudain à parcourir des couloirs et pièces encore pratiquement pas vus jusqu'ici : en essayant d'emmener Loki dans le labyrinthe qui s'est formé, Keller espère pouvoir échapper au fait d'être pris. Le spectateur lui-même se perd un instant (*****) et espère que Keller pourra échapper à la découverte de Loki tout en étant ambivalent dans ses sentiments et espérant que Loki puisse sauver le malheureux enfermé. Et c'est là qu'un coup de deus ex machina se produit avec l'appel téléphonique (presque cliché m'a dit un ami après coup). On pourra râler sur le procédé mais si Loki n'avait pas reçu ce coup de fil, on aurait pas pu avoir une histoire qui se serait poursuivie pour nous balader après pour notre plus grand bonheur (la caisse avec les serpents ! o_O ).

 

Car oui, la ballade dans le labyrinthe de Prisoners fut un vrai plaisir. Un plaisir de cinéma, celui de voir un thriller admirablement construit et mené sans faute jusqu'à sa fin, génialement ouverte. Très vivement recommendé donc (******).

 

Pour terminer je ne peux que vous renvoyer aux chroniques enjouées elles aussi de l'incredibeule Potzina, du malicieux Filou et de Dasola la sage.

 

 

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gravity

 

 

Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky qui effectue son dernier vol avant de prendre sa retraite. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre - et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d'autant plus qu'à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d'oxygène qu'il leur reste. Mais c'est peut-être en s'enfonçant plus loin encore dans l'immensité terrifiante de l'espace qu'ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre...

 

On a beaucoup parlé de Gravity bien avant sa sortie, sans doute trop pour ne pas constater à nouveau les effets d'une trop grande attente prononcée par le marketing démentiel autour du film. Certes, ce n'était pas comme pour Prometheus où toute une station de Paris avait été remodelée aux couleurs du film, une rame désservie uniquement pour l'occasion comme si elle surgissait de l'inconnu rien que pour le futur spectateur (psst, ici et ) mais quand même, difficile d'échapper aux multiples bandes annonces qui filtrèrent un peu partout, d'autant plus que les critiques étaient toutes unanimes (une occasion de plus de se méfier à laquelle on ne fait jamais trop attention). Evidemment comme souvent j'y allais officiellement en ayant rien lu pour ne pas me faire un avis tout de suite, officieusement je savais que le film allait me plaire même s'il avait des points faibles (on y vient après). Comme je l'avouais à Filou dans un commentaire sur sa chronique de Prisoners (*******), je suis un ancien amateur de science-fiction tombé dedans tout petit à l'instar d'Obélix avec une marmite de potion magique (d'ailleurs mine de rien, je commence à prendre un peu de poids moi c'est inquiétant). Du coup je ne pouvais qu'apprécier le film. Je verrais un bout d'espace et je saurais que je lui aurais tout pardonné. Mais même en proposant une vision assez réaliste de l'espace visuellement, Gravity n'est pas à classer dans les films de science-fiction. Le film est plus à voir comme une incroyable série B dans le pur genre du survival, genre qui ne s'embarasse pas à aller d'un point A à un point B et où les incohérences peuvent affleurer. Mais une fois la chose acquise, plus de problème pour accepter pleinement le film et ce qu'il a à proposer, c'est à dire de l'action presque non-stop sans se poser de questions.

 

Certaines critiques ont comparé d'emblée le film à 2001 l'odyssée de l'espace, ce qui est pour moi un contresens absurde (et franchement débile). Déjà les deux films diffèrent radicalement aussi bien dans leur mise en scène que le discours qu'ils proposent. 2001 est un voyage métaphysique du début aux confins de l'humanité avec renaissance à la clé. Gravity est un gros ride entre action et passages plus calme où la renaissance finale est plus physique que méta. 2001 mise sur une réflexion aux enjeux qui dépasse les individus, Gravity mise sur une action dans un enjeu qui dépasse UN individu. On pourrait presque dire qu'avec son unique personnage, Gravity est une odyssée de l'intime s'il n'était agité de multiples soubresauts qui le font encore échapper du cadre de quelque chose d'intimiste. En revanche, du clin d'oeil à Kubrick, il y en a. Beaucoup ont pointé une scène où Bullock (qui s'en sort mieux que je le pensais au passage) se recroqueville tel un foetus et qu'un cable dépassant fait un cordon ombilical. Bon certes, on ne peux pas dire que ce soit pointé avec une certaine finesse par Cuaron sauf que la scène arrive alors que Bullock n'est pas encore tirée d'affaire (tandis que pour 2001, le "space baby" --à dire à l'améwicaine'-- c'est à la fin). J'y ai plus vu un parallèle dans la forme avec la scène de la porte-oeil qu'une des hôtesses de la panam franchit à l'horizontal dans le classique de 1968. Sans doute que je divague mais dans ce cas là, si Gravity nous montre "une scène foetale" alors que pour 2001 c'est une "porte-circulaire-iris", on peut dire qu'un des deux films est clairement "la tête" d'une représentation spatiale là où l'autre figurerait les jambes. La preuve, 2001 fait réfléchir là où Gravity fait vaciller : de nombreuses personnes avouaient plus ou moins avoir senti leurs jambes tenir difficilement à la sortie. Car si gravity est imparfait sur des points de scénario il réussit la gageure de donner un ressenti de perdition par la force de sa mise en scène et son esthétique visuelle irréprochable. L'explication en serait sans doute que le cerveau du spectateur à l'instar de Bullock serait déboussolé à force de ne se construire l'unique repère visuel qu'avec la terre. Plausible quand même, non ?

 

2001

Tu prend une fenêtre circulaire, tu mets Bullock dans l'autre sens et pourquoi pas ?

 

Un autre clin d'oeil à Kubrick, le stylo qui flotte dans la station. C'est une évidence telle que personne ne s'y attarde, et pourtant Cuaron a beau jeu de laisser la caméra sur ça pendant quelques secondes, surtout que le stylo noir est presque quasiment l'identique du film de Kubrick. Mais comme je l'écrivais plus haut, mis à part des clins d'oeils, on ne peut comparer véritablement 2001 et Gravity. Ces films n'ont rien à voir si ce n'est d'ouvrir de nouvelles perspectives de représentation spatiale tout comme de mise en scène et d'effets spéciaux. C'est un peu comme si l'on comparait 2001 à planète interdite. Il y a l'espace dans les deux films et puis euh... c'est tout. Ah si justement les effets spéciaux, parlons-en. Le film de Kubrick innovait génialement avec sa séquence de la porte des étoiles (les hippies adoraient ce grand trip visuel procurant selon les dires de certains, des sensations similaires à certaines drogues), Gravity innove dans le fait de nous montrer la terre et l'espace dans un écrin visuel incroyable. Le souci est tellement poussé que si l'on remarque bien, la lumière ne provient que du soleil. Même, Cuaron fait encore plus fort en nous montrant les visages des astronautes à travers leur vitre de scaphandre...

 

...Alors que normalement on ne verrait rien. Eh oui (regardez les photos d'astronautes sur le woueb). C'est là que Gravity franchit une frontière et qu'il demande plus ou moins consciemment au spectateur de la franchir avec lui, en lui demandant d'y croire alors que les choses ne sont pas si simple. Beaucoup de personnes ont pointé l'aspect musical du film. Après écoute de la B.O et visionnage à plusieurs reprises du film en salles (j'y retournerais bien prochainement), il n'est pas si assourdissant qu'il n'y paraît. D'ailleurs Cuaron voulait son film sans musique afin de respecter le carton initial d'ouverture proclamant qu'il n'y a pas de son dans l'espace. La production prit peur et refusa. Cuaron qui travaillait sur ce film depuis près de 4 ans dû accepter un compromis. Et le film dans tout ça ? Et bien pour plusieurs spectateurs il en pâtit un peu semble-t-il. Pour ma part, la musique de Gravity me pose moins de problèmes que les bidouilles d'Hans Zimmer sur Inception où là ça y va bien plus fort pour pointer un aspect tragique constant (attention Cobb, ton ex-femme Mel qui est cachée derrière la porte ! Attention elle est sur la piste de ski ! Attention elle est dans ton slip ! Et à chaque fois : ♪♫ FLOOOOOOOON !!!! ♪♫ gneee) lié à la dramaturgie là où dans Gravity elle n'intervient que pendant les 4 rides principaux du film (le crash de la navette, l'arrivée sur la station internationale, le fait d'essayer de débloquer le module russe, rattraper la station chinoise) pour souligner l'action et toujours d'une manière progressive qui monte (le moment où Bullock essaye d'enlever les cables et que la caméra ne la cadre pas elle mais le fond qui lentement se disloque en fond en est une belle illustration). On est pas dans le coup de poing sonore violent d'un coup à chaque fois donc. Je rassure les Zimmeriens, ça m'empêche pas d'aimer la B.O d'Inception.

 

Le problème de Gravity tient dans sa force qui est aussi sa faiblesse. Baser tout un scénario sur le syndrôme de Kessler c'est intéressant car jamais tenté encore au cinéma. Sur ce point s'il n'est pas révolutionnaire, Gravity ouvre néanmoins la voie à l'instar d'un film comme Sunshine (********) en traitant d'un problème purement SF mais terriblement actuel dans un traitement immersif visuellement et sonore (et tant pis du coup si on "entend" dans l'espace).

Malheureusement Gravity ne propose que le syndrome de Kessler et comment y échapper.

Heureusement Gravity ne propose que le syndrome de Kessler et comment tenter d'y échapper.

 

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Planches extraites du premier tome de Planètes de Makoto Yukimura.

 

Bien avant Gravity, un manga se proposait d'évoquer le syndrome de Kessler en toile de fond. Sauf qu'ici les débris n'atteignaient pas une vitesse de 5 km/s le plus souvent. En revanche la masse de débris augmentant en taille à chaque obstacle rencontré et détruit est considérable. Dans Gravity, les débris atteignent près de 30000km/h mais l'impact est le même, et sans doute encore plus dévastateur (il faut voir cet astronaute qui a un vide dans le visage mais même plus de sang tellement dans l'espace il fait froid : réduit à une espèce de petite porcelaine coupée). Cette fascinante idée avec des débris revenant constamment, faisant du dr Stone un sisyphe sur le pied de guerre qui doit échapper non pas au retour éternel d'une même pierre mais à celui des mêmes débris à son revers de la médaille. On peut en effet se poser la question de savoir pourquoi les diverses stations spatiales se trouvent sur la même orbite que celles des débris !

 

Et dans le même temps comme je l'ai dit, il faut accepter l'idée d'un survival sans temps mort qui va en ligne droite sans s'embarrasser des détails. Il est d'ailleurs à noter que la station spatiale chinoise n'existe pas encore (2020 normalement), qu'ISS ne devrait pas être dans un tel état d'abandon et donc que les orbites puissent être différentes. Sans oublier ce que j'ai écrit sur les visages à travers les casques. Et puis ce fascinant plan d'une aurore boréale d'une couleur émeraude qui rejoint la pictorialité d'une peinture à un moment, vous l'avez remarquée ? Sauf que... tout comme la grande muraille de Chine, on ne peut pas voir d'Aurore Boréales à l'oeil nu de l'espace, c'est impossible. Mais alors me direz-vous, Cuaron triche.

 

Et oui, le réalisateur triche et c'est bien là qu'il tape fort, en nous faisant croire que c'est extrêmement réaliste alors que tout tient de la recréation magique liée au cinéma depuis le départ (le carton sur le son et son contrechamp sonore qui monte le volume aurait dû vous mettre la puce à l'oreille d'un simple film de série B sans prétention dépassé par une promo et des critiques plus qu'envahissantes). Seulement il y a juste une marge de manoeuvre pour nous y faire croire un peu et y adhérer ou pas, car le cinéma c'est aussi un bel instrument de création d'images à partir de rien, non ? ;)

 

Vu les chiffres récoltés, Gravity se placerait d'emblée parmi les meilleurs films de 2013. On pourra être content ou en douter franchement ce n'est pas moi qui vous en empêcherait. J'ai beaucoup aimé le film mais je sais qu'il a donc sa part de défauts comme écrit plus haut, sans oublier toutefois qu'il y aurait encore plein de choses à en dire (mais il se fait tard et j'ai piscine encore que : (*********)). Je vous invite donc à lire en contrepoint la critique de Potzina, plus négative que la mienne mais avec la même conclusion : allez voir le film pour vous faire une idée !

 

 

 

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(*) J'aurais pu même rattacher le nouveau volet de Thor au cinéma à Prisoners pour me marrer tiens. Ben oui, il y a un certain Loki dans les deux. Le hic c'est que j'ai trouvé Thor, le monde des ténèbres très faiblard et moyen et qu'au final je l'ai déjà un peu oublié. Il vaut même mieux que je me taise sinon je risque de tirer sur l'ambulance. gneee

(**) Ok j'arrête les jeux de mots marvel, promis.

(***) La voie du Tarot - Jodorowsky & Costa, éditions J'ai lu, p.100.

(****) C'est d'ailleurs marrant puisque j'embête un peu Filou sur son blog avec ce cinéaste. Voir mes commentaires sur sa chronique de Prisoners dans le lien plus haut.

(*****) Je me souviens avoir pensé un instant "mais où nous emmène t-il ? C'est la direction de la "douche" du prisonnier ? Va-t-il réussir à embrouiller le détective ?" Bref, je marchais en plein dedans.

(******) Il est chiant ce Nio non ? Il ne nous parle que de films qu'il aime bien.

(*******) N'hésitez pas à aller la lire, ça lui fera plein de vues en plus et en retour, il m'offrira peut-être un truc. Comment ça je lui force la main ? :)

(********) L'amalgame avec Sunshine tient à la question des ressources et de l'hypothèse horriblement possible que notre soleil puisse mourir un jour. Gravity lui, part du constat qu'on peut hélas très bien être en perdition dans l'espace et la proie d'un danger trop peu connu encore et qui est véritablement mortel. Deux situations qui dépassent le cadre de la SF pour se baser dans un présent réaliste.

(*********) Par exemple ce plan où une goutte d'eau s'écrase sur la caméra fait écho à un des plans séquences des fils de l'homme où une goutte de sang s'écrasait sur la caméra (je vous aide, c'est vers la fin quand Owen parcourt un ensemble de bâtiments en ruine sous divers tirs de balles). Dans les deux cas la goutte est effacée numériquement à l'image, une manière de signifier "oui je suis là je filme mais ne vous gênez pas je continue mon histoire" et souligner dans le même temps une mise en scène méticuleuse qui vise la pure forme filmique.