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Une grande maison à la campagne. Solange, la soixantaine, ses 3 filles Agathe, Marie et Lucie, et sa petite fille de 14 ans, Zouzou, s'y retrouvent pour quelques jours. L'occasion pour Solange de leur annoncer une grande nouvelle : elle a un homme dans sa vie. Depuis le temps ! Alors la sexualité on en parle ? Ou c’est comme la politique, on dit rien ?...

 

Voilà le genre de projet casse-gueule et rafraîchissant qui fait du bien dans le cinéma français même si au final j'aurais préféré l'aimer encore plus ce petit film (édité depuis peu par Blaq Out). Sans surprise, le sujet même du film, c'est le sexe à travers la disparition de Zouzou qui va expérimenter sa première fois avec un garçon du crû. Zouzou, vecteur des propos et de toutes les scènes, occasionnant au passage de jolies trouées drôles et décalées (le coup des fenêtres qui fait très "la maison des fous" des 12 travaux d'Astérix --on a les références cinématographiques qu'on peut hein--) qui font penser que de Zouzou à Zazie il n'y a que quelques lettres et des années en plus. Et si ça se trouve au vu de la verve souvent réjouissante du film (ah le sous-titrage pendant brossage de dents, le genre d'idées farfelues que j'aime), oui, Zouzou est probablement une lointaine cousine de Zazie.

 

Donc le sexe et le rapport qu'en ont plusieurs générations de femmes à travers les portraits de la grand-mère, Solange et de ses filles Agathe, Marie et Lucie qui représentent à chaque fois une facette développée du rapport des femmes aussi bien à leur conjoint ou compagnon/compagne qu'à leur corps et comment vivre le sexe au vingtième, enfin vingt-et-unième siècle. Agathe étant une femme entrant dans la quarantaine et visiblement divorcée (Zouzou est sa fille, c'est donc elle qui stresse le plus), Marie, plus vers la fin de la trentaine et avec un compagnon, Lucie les a eu tout juste depuis quelques années (ses 30 ans).

 

 

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Les personnages féminins sont d'ailleurs très bien écrit et l'on pourra probablement s'attacher à toutes ou bien à l'une ou l'autre, soit par l'empathie procurée, soit dans son propre rapport actuel. Même Lucie (Laure Calamy), hyperactive et fatiguante avec son arrogance qui finalement cache bien une certaine frustration bien compréhensible par rapport à son engagement vis à vis de la gente masculine. La gente masculine qui.... Ben ici est bête ou proprement inutile ou en retrait. J'en avais presque des facepalms ou des envies de meurtres à ce stade tellement j'étais énervé. Un défaut d'écriture probablement qui fait qu'on a un sérieux déséquilibre sur l'ensemble du film. Même le jeune garçon avec qui Zouzou sort n'a finalement aucune personnalité. Vous me direz que ça nous venge probablement de plusieurs potiches décérébrées dans de nombreux films, sauf que ces films là, ça m'énervait également que la femme soit si mal traitée. Mon besoin d'égalité et mes grands sabots je suppose... Bon, les mecs donc et le personnage de Brenda dont je n'ai pas vraiment compris l'apport ici.


Un autre aspect qui m'a un peu fait sortir du film est plus dans sa mise en scène au plan narratif (pas technique). Si l'on comprend d'emblée où Blandine Lenoir veut aller, j'aurais plutôt évité l'aspect frontal d'évoquer le sexe dès le début avec par exemple Lucie qui mime comment faire pipi debout au cours du repas. Une scène qui m'a fait sortir du film dès le début, il fallait le faire. Placé en début de film j'ai du coup trouvé ça un peu vulgaire et je me demande s'il n'aurait pas fallu le mettre plus au milieu ou à la fin pour former une progression qui finalement éclate dans le final. Car le final ici est dans cette idée : les langues se délient, les coeurs aussi mais l'explosion (l'orgasme ?) n'arrivera pas.

 

Au final, Zouzou ne figurera probablement pas dans les meilleures comédies de l'année ou de 2014 mais pour ce qui est du potentiel dans le registre de la comédie, le film assure assez bien pour un premier long-métrage. Bref, Blandine Lenoir est une cinéaste à suivre.