A nouveau une chronique de livre juste après Y'a quelqu'un ? de Philippe Curval, ou plutôt 3 chroniques. Trois chroniques au sein d'un même post, n'est-ce pas fabuleux les aminches ? Il se trouve qu'à Noël et un peu avant, on m'a soit gâté, soit je suis tombé sur de belles choses. Dans tous les cas je souhaitais vous faire part de mes découvertes. En y repensant, il y a probablement de quoi donner de bonnes idées de cadeaux d'anniversaire, qui sait ?

 

 

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Grandeur et décadence comme les civilisations, les villes sont mortelles et peuvent disparaître de la carte du monde. La cité d'Epecuen en Argentine a fini engloutie par les eaux, Centralia en Pennsylvanie est consumée depuis des années par un feu souterrain, Colesbukta en Norvège ou Kadykchan en Russie, toutes deux villes minières ont été abandonnées dès les derniers gisements épuisés. Kantubeck en Ouzbekistan, centre de recherche d'armes biologiques durant la Guerre froide est aujourd'hui métamorphosé en dangereux no man's land. Prypiat en Ukraine est morte d'une explosion nucléaire tandis qu'au Japon, Hashima Island a été transformée en décor de films... 
Folie de la nature ou des hommes, déclin économique ou guerres, lentement ou brutalement, ces disparitions nous fascinent et nous interrogent. 
L'Atlas des cités perdues relate les destins merveilleux et pourtant bien réels de plus de 40 cités dont les vestiges antiques ou modernes hantent la planète.

 

De quoi ça parle ? Comme le dit le résumé de l'éditeur, Aude de Tocqueville, historienne, nous parle d'une quarantaine de cités "perdues". Par "perdue", le terme se révèle en fait vaste et généraliste. Il y a tout autant de cités mortes et détruites que de villes désertées, devenues fantômes suite à une catastrophe naturelle ou humaine. L'avantage de ce livre, c'est qu'il va loin, fouillant dès l'Antiquité (Pompéï, Babylone, Carthage...) pour ensuite aller jusqu'à la période récente (vous ne vous étonnerez donc pas de voir mentionnées là les tristement célèbres Prypiat et Hiroshima). A chaque fois nous avons un texte résumant l'histoire de la ville à gauche là où la page de droite se charge par une illustration de placer sur une carte la cité et d'en donner un aperçu. C'est à la fois la force et la limite d'un livre dont on aurait aimé en premier lieu évidemment quelques photos des ruines et vestiges encore parmi nous. Il faut donc compléter notre curiosité en traînant sur le net donc parfois. L'autre défaut étant qu'on pourrait rajouter encore pas mal de lieux (vu le prix un peu cher de ce petit livre, disons-le net) manquants au delà de la décision un peu arbitraire d'en rester à 40 (et pourquoi pas "42" pour la blague, voyons ?). On a Douaumont par exemple, OK mais quid d'Ouradour-sur-Glane ? Pompéï, check mais c'est dommage de laisser passer sous silence Herculaneum, autre ville romaine incroyablement conservée intacte dans la lave, plus petite que Pompéï mais toute aussi belle et surprenante... Vous m'aurez compris, c'est un bon petit livre mais il y avait moyen de pousser plus loin. Pour une prochaine édition réactualisée dans le futur ?

 

 

 

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1977 : le succès plutôt inattendu du première épisode de Star Wars signe le renouveau de la science-fiction et l'avènement du space-opéra. Dès lors, et jusqu'en 1985, extraterrestres de toutes sortes, planètes exotiques et spectaculaires vaisseaux spacieux vont alimentés les grands et les petits écrans du monde entier, fournis par les studios d'Hollywood comme par ceux de Bollywwod ou de la Cinecitta. Pour le meilleur et pour le pour le pire. De Cosmos 1999 à Dune, de Alien à Flash Gordon, en passant par des dizaines de nanars et séries B, c'est toute cette incroyable odyssée bien humaine que vous dévoile le meilleur spécialiste mondial du sujet.

 

De quoi ça parle ? De SF space-opéra, en long, en large et en travers, que ce soit en film, mais aussi en dessin animé ou série. Jérôme Wybon survole un large spectre sur une décennie (75-85) en évoquant aussi bien les inévitable Star wars, Star Trek et Alien que Battlestar galactica, Albator 78, Capitaine Flam, Cobra... On pourra regretter qu'il n'y ait parfois qu'une page ou un long paragraphe sur certaines choses, moins importantes que d'autres. Celà dit, le choix est large : la preuve, même l'OVNIesque Starwars special holidays y figure. Vous n'aimez pas la prélogie ? Dites vous que vous n'avez encore rien vu, huhu... Le livre se révèle riche en anecdotes, divers propos officiels, et avec souvent des images des croquis ou tournages en questions, autant dire que c'est un réel bonheur à parcourir et "picorer" tranquillement au gré des pages.

 

Le choix des dates pourrait sembler arbitraire, il n'en est rien et correspond réellement à l'afflux de films de SF "spatiaux" qui déferlèrent suite au succès de Star wars avant certains échecs difficiles tant filmiques (Dune) que financiers (revente de la MGM alors que 2010 empoche pourtant le pactole sur le continent américain mais rien n'y fait) et le fait que le retour du jedi clôt à sa manière une période dorée et fabuleuse (la suite d'Alien n'arrive qu'en 1986 et non pas 2,3 ans après le 1er film) où d'un coup, les studios crurent à la science-fiction. D'ailleurs la fin des années 70 et le début des 80's signe la fin du pouvoir du Nouvel Hollywood et de tous les jeunes réalisateurs et scénaristes importants qui avaient pu proposer des projets audacieux, intéressants, funs, audacieux. Après, les années 80 vont balayer tout d'un coup...

 

 

 

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Anthologie bimensuelle de science-fiction, Weird Science a fait son apparition en mai 1950. Créé par Bill Gaines sous son label EC Comics et édité par Al Feldstein, le titre remplaça Saddle Romance et, en quatre années d'existence, 22 numéros furent publiés. On y retrouve les dessinateurs habituels de l'éditeur : Frank Frazetta, Al Williamson, Joe Orlando, Wallace Wood, George Evans, Harvey Kurtzman, George Roussos, Harrison, Will Elder, Jack Kamen, Sid Check ou Jack Olesen. Un classique de la BD.

 

De quoi ça parle ? Weird Science est un monument culte de la BD et SF américaine au même titre que la foule de publications liées à l'horreur (les fameux et mythiques Contes de la crypte) et au policier (les fameux SHOCK et Suspens story) qui fleurirent dans les 50's et début 60's avant de décliner suite à l'avènement en masse des super-héros. Il y eut là un vivier incroyable de talents (mes préférés étant Wood et Kamen) qui zigzagua avec bonheur d'un genre à un autre et illustrant parfois des grands auteurs (Ray Bradbury fut adapté savoureusement à plusieurs reprises). Ici Weird Science se focalise uniquement sur des récits de SF mais contrairement au livre précédant, ne se borne pas qu'au "Space-opéra", c'est à dire au genre des vaisseaux qui vrombissent dans l'espace. Non, ici on aura une histoire à la frankenstein, une arnaque bien trop moderne, un fou qui change de dimension en dimensions, des extra-terrestres qui n'en sont pas vraiment...

 

Comme souvent ces histoires réflètent une période troublée (la guerre froide) où la menace du nucléaire et de "l'autre" (et les aliens et autres mutants ne sont dès lors qu'une singulière métaphore de la peur du communiste...) perce en grattant bien sous le vernis. A l'instar des géniales Twilight zone (la quatrième dimension) et The outer space (Au delà du réel) , voire The invaders (Les envahisseurs) qui vont ensuite fleurir sur le petit écran avec à chaque fois des scénarios qui vont du n'importe quoi au brillant-qui-te-met-à-genoux. Ce n'est pourtant pas la première fois que ces comics sont publiés chez nous et je me souviens en avoir lues beaucoup chez mon tonton plus jeunes, déjà traduites en français et dans de gros tomes également. J'étais fasciné et terrifié par les scénarios tordus et ce tracé noir et blanc semi-réaliste.

 

L'une de ces histoires m'avait tellement marqué que je m'étais juré de la retrouver si elle était republiée dans un gros tome. C'est chose faite avec justement ces scans (à cliquer pour agrandir et avoir une meilleure lecture) faits maisons d'une histoire initialement traduite "moutons de panurge !" et renommée ici "Mauvaise direction" (gné ?). Croyez-moi, cette courte histoire a de quoi vous rendre végétarien (j'en vois une qui sourit probablement là bas au loin), voire, vous pomper le moral si vous l'êtes déjà. Allez, bonne lecture !

 

 

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