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interface alien bis

bishop humain bis

 

 

Salut Ridley.

Tu me reconnais ? C'est moi Lance Henriksen, ton ami. Non, je ne suis pas Bishop, je suis Lance, l'humain qui incarne un androïde dans le second et troisième film de la saga que tu as initié. Oui, je ne jouais pas dans ton film mais tu avais besoin de voir un visage rassurant. Ici à la Weyland Yu... A la twentieth Century Fox, on a décidé de venir te voir. On veut que tu ait confiance en nous Ridley et pas t'extirper tes idées avant que tu ne sois plus qu'un fruit trop mûr. C'est vrai que ton petit dernier là, Alien Covenant ne nous a pas très rassurés à la Wey... Twentieth.

Tu as voulu tenir en compte les avis des spectateurs tout en étant pas très content qu'ils n'aient pas apprécié ton Prometheus. C'est vrai que ce film avait de la gueule visuellement. Mais était-ce une raison pour nous livrer un nouveau volet de ce cycle globalement assez moche ? Pardon, crade, comme on dit. Mais tu m'excuseras mais venant de quelqu'un qui a su très bien filmer un monde de boue, de poussière et de granit d'où pouvait surgir le prince des ténèbres, alias Tim Curry, on s'inquiète un peu pour toi aujourd'hui.

Alors Alien Covenant est la suite de Prometheus, oui, ça se voit.

M'enfin ce n'était pas une manière pour délivrer des explications lourdingues sur le but de David que de nombreux spectateurs avaient déjà comprises ou théorisées en voyant Prometheus. Oui, ok, pas tous les spectateurs je te l'accorde, mais quand même. Et puis étoffer les personnages... pour les rendre encore plus inexistants, ça c'est fort de café. Je les trouve même parfois un peu plus con que dans Prometheus : Ok peur panique d'une saloperie devant toi, tu trébuches dans une flaque de sang, oui ça se comprend. Puis ensuite faire trébucher le personnage juste à côté là aussi dans la flaque de sang, c'est pas de la maladresse mon bon Ridley, c'est du gag. Surtout quand ça vient à la suite.

 

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Pourtant tu n'as pas perdu la main, des passages en attestent. Cette ouverture toute de blanc avec Weyland et David, c'est beau, c'est classe. L'attaque de David sur les ingénieurs, ça a de la gueule oui. Au passage tu ne le surlignes pas mais on s'en doute au vu des décors : l'âge d'or des explorations spatiales et de la génétique des ingénieurs est définitivement fini. C'est un peuple devenu pacifique avec des maisons inspirées de la Rome Antique, des Babyloniens (leur écriture visible dans Prometheus y faisait déjà penser). L'attaque de David avec ce vaisseau qui forme un instant une curiosité pour eux n'en devient que plus incroyable. Mais c'est court. Oui la référence à l'île des Morts, la toile, pourquoi pas ? C'est beau. Et ce thème des relations filiales père-fils ou frère-frère avec même une très belle scène de flûte. Ah oui là pour le coup c'est pas du pipeau hein.

Mais quand même, redéfinir l'alien. Et en CGI. Ah bordel. Même Fincher ne nous l'avait pas fait. Ou du moins il ne le faisait que par intermittence et encore aujourd'hui, la créature chez lui, alternée à nouveau avec un comédien en costume garde une sacré prestance. Et même dans Prometheus (cf mes scans et visuels), tu n'hésitais pas à rester le plus possible dans les maquettes et marionettes pour les créatures et c'était bien vu. Il y avait là une constance organique qui ici...  fait plouf. Un gros plouf.

C'est qu'il est moche cet alien. Et con. Moche parce que tu le montres tout le temps, ce que ne faisaient pas trop les anciens films. Et même quand Jeunet filmait un alien nageant sous l'eau, il y avait de la grâce, un respect pour le xénomorphe. Rien ici. Ici il faut que la bête soit une machine à tuer, sans fin, zigzaguant d'un coup, ne s'arrêtant pas. Exit le processus de la mue qui laisse cette petite peau bizarre et plastifiée entre un alien petit et son passage à l'âge adulte visible dans Alien et Alien 3. Dès que l'alien est né, paf il faut qu'il tue.

 

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Exit l'intelligence rudimentaire mais diabolique de la créature. Cette intelligence qui lui permettait de jouer habilement des conduits dès le premier film. Voire de se placer dans une navette de sauvetage quand le vent tourne. Qui lui permettait de couper l'électricité afin de plannifier son attaque sur la colonie de LV4-26 face à des marines désemparés. Qui lui faisait se méfier de ces humains qui voulaient la pousser dans un pillon d'étain et de fer en fusion tout en accrochant habilement une proie à même le sol pour la tirer vélocement et échapper aux fermetures de portes. Qui n'hésitait pas elle-même à sacrifier l'un de ses frères pour profiter de son sang acide pour trouver une issue et assurer la survie de la colonie alien à n'importe quel prix.

M'enfin je ne t'apprends rien Ripley, tu as vu les films. Tu avais décrêté même toi-même que la créature ne faisait plus peur, qu'on l'avait trop montré (cf chronique Prometheus à nouveau). Et que fais-tu ? Tu la montres. Trop. Et l'on ne voit jamais la biomécanique Gigerienne exsuder de tout celà. Que des 0 et des 1 accoudés pour former une texture sur un écran. Oh bien sûr il y a quelques gros plans où l'on retrouve une créature articulée. Mais on ne la voit même pas suffisamment cette fois-ci. Le comble : montrer l'immontrable et cacher ce qu'il faut pour y croire.

Et quand je dis que ton alien est con, à une autre époque, il aurait attendu patiemment que le vaisseau se soit stabilisé pour attaquer. C'est ce qu'à fait la reine Alien. Ici paf attaque alien stoppée avec une grue (coucou la reprise de plans de James Cameron) par une pseudo-Ripley en baskets (coucou la reprise de ton film de 1979). Hum. Et tu ne nous mets pas qu'un seul alien. Il te faut essayer d'avoir deux climax finaux sans que ça ait la puissance ultime de chez Cameron ou celle de ton final du premier film (où là aussi en essayant de griller l'alien, tu reproduis momentanément une scène à nouveau de 1979). En fait le climax numéro 2 est tellement mal amené là où la fin du xénomorphe juste avant est assez pitoyable à la grue.

Et on passera sur plein d'autres choses. Ce générique informe du titre qui s'affiche dans l'espace sans consistance en reprenant vaguement la typo de 1979 avec musique de Jerry Goldsmith (ah oui, fallait oser. Même Prometheus le faisait pas. Prometheus qui avait un beau générique d'ouverture qui plus est), ce final qu'on voit venir à trois kilomètres après nous avoir fait espérer vaguement quelque chose avec Walter...

Bon, on aurait encore des choses à dire mais nous risquons d'être coupés par une vague de distortion stellaire suite à l'éclatement d'une super-nova.

Passe nous voir dès que possible à la Wey...à la Fox. On t'aime, on prendra soin de toi. Nous sommes tes amis, tu sais.

 

> Fin de transmission.