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  • Un film de Paul W.S. Anderson.
  • Distributeur : metropolitan Film Export.

 

 

Il arrive forcément un moment où tout homme, toute femme sur Terre connaisse l'expérience de la déception. Généralement, on la ressent plus à propos d'une personne qu'on pouvait ardemment désirer et pour laquelle, rien n'arrive. Et bien moi, tenez-vous bien, j'en ai fait l'expérience pas plus tard qu'hier soir, alors que Cinetrafic m'avait envoyé le film pour que je puisse en faire une chronique sur mon blog. Il y a de la 3D, ça peut être chouette, m'étais je écrié bien naïvement (car je suis un grand naïf).

 

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La transformation zombie selon Paulo : d'abord tu tournes ta tête au ralenti lentement pour bien signifier que tu as abusé des psychotropes. Puis tu retrousses très vite les babines afin de mordre le premier quidam venu. Et voilà. (j'entends Romero en train de se retourner dans sa future tombe).

 

Alors j'insère la galette de l'ami Paul W.S. Anderson dans le lecteur DVD. Comprenez-moi, je ne suis pas maso, je ne suis pas ignorant, mais je me dis que, sans doute le bonhomme peut faire évoluer son plan de carrière qui navigue entre nanars réussis (la nouvelle version de la course à la mort entre potes, c'est rigolo) et navets même pas drôles (Alien vs predator, un grand moment de solitude en 2006). Eh oui, là je suis vraiment incroyablement naïf. A l'arrivée, un film formidablement médiocre (c'est fou le nombre de superlatifs que j'utilise en ce moment même). Déjà dans la version dvd reçue (pré-production), impossible de sélectionner une version non-3D. Ce sera 3D ou rien mon pote, tu l'as dans l'os. Vite, vite, prendre ces foutus lunettes en carton qui étaient dans l'enveloppe. Ah, les voilà. Bon, ça tient à peine sur ma grosse bouille, rapport à mes lunettes rectangulaires dont même Woody Allen serait fan.

 

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Bonjour, je suis une bonnasse déguisée en Lara Croft. Non en Angelina Jolie. Non en Milla Jovovich. Non en... Oh puis merde.

 

Une autre constatation horrible alors que le film commence. La 3D chez soi, c'est pas encore au top (pas revu Coraline cependant autrement qu'en salle). Je cligne des yeux, je réajuste les lunettes, rien à faire, j'aurais une vision virant parfois sur le rouge, parfois sur le bleu. Parfois la mire se fera d'elle-même. Sans compter que c'est une fausse 3D : bien souvent c'est le premier plan de l'écran qui est décadré de bleu et rouge quand le fond se retrouve net et clair. J'ai donc bien souvent enlevé les lunettes pour contempler les rares paysages du film (Alaska : sous exploitée. 2,3 glaciers de carte postale et hop, emballé) et puis parce que ça me faisait un peu mal au yeux. Dernière constatation enfin, avant qu'on aborde la chronique du film proprement dite, les bonus sont mieux que le film. Peu de bonus d'ailleurs. Mais j'ose espérer que ça vous donne une idée du désastre.

 

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Oh bon sang... mais... MAIS C'EST MAUVAIS.

 

 

Dans ce 4e volet de la saga Resident Evil (notez l'italique) en film, le virus s'est répandu et l'humanité, zombie, bla bla... Bon, passons sur l'histoire, Paulo affirme dans les bonus qu'ils ont voulu faire un 4e volet se rattachant pleinement aux autres tout en essayant de simplifier pour ceux qui n'avaient pas vu les précédents films (dont moi donc). L'effet est complètement raté mais grâce au prologue se situant au Japon, on comprend que même eux ont des problèmes, tout ça... Soudain dans les tréfonds de la Umbrella corporation située six pieds sous terre, l'alarme retentit. Des intrus ont pénétrés dans le bâtiment. Une Milla Jovovich harnachée de cuir et adepte de poses SM aux sabres déambule avec ses amies. D'autres Milla comme elle. Même que leur iris change quand il y a beaucoup d'ennemis. Jusqu'ici tout va bien. Tout va très bien.

 

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Et hop, changement de vision avec un petit "Bzzz". Il faut le voir pour le croire (je vous met les captures pour ça il faut dire). "Et donc là, Milla a les pupilles qui grossissent comme les chats mais c'est un hommage à ce film sur la drogue là, Requiem for a dream, les gens y connaissent pas, c'est dommage". Merci Paulo.

 

 

J'ai envie de dire que l'on savait à quoi s'attendre dès les 10 premières minutes du film, entièrement pompée sur Matrix et ses suites (alors Paulo, juste pour te dire, le premier Matrix ça date de 1999. Quasiment 10 ans déjà. Non, non, ça ne sert à rien de reprendre le bullet-time, les tenues qui sentent bon le cuir et les ralentis, tu es hors-jeu dès le début). Dans le jeu des références, l'attaque de l'immeuble des agents du premier Matrix est quasiment recitée à la limite du plan par plan. Affolant. Puis on reprend à Matrix reloaded et Revolutions quand on voit plein de Milla. Léger baillement gêné. Plus tard, on reprendra un peu partout, même un décor de chalutier repeint en blanc pour faire intérieur de vaisseau spatial qu'on sent repris au Aliens de Cameron (il faut le voir pour le croire je sais). On reprend partout. Même aux jeux. Surtout aux jeux vidéos dont Resident Evil est censé être tiré ou inspiré.

 

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L'espace d'un instant, le spectateur voit trouble. Triple. Quadruple. Quintuple... 

 

Parlons en des jeux parce que j'aime bien Resident Evil à la base. Ici, sans surprise, on retrouvera Claire Redfield (Ali Larter que j'ai connu plus mignonne et séduisante dans les deux premiers Destination finale. Tout se perd...), Chris Redfiled (Wentworth Miller à peine convaincant avec son crâne rasé du style "Oui entre deux épisodes de Prison Break, j'ai pu me libérer quoi, tu vois...." Non, Chris il est plus musclé, plus chevelu, plus charismatique. Désolé c'est le fan qui parle là), Alice (elle a Free, elle a tout compris, pardon) et puis même Jill Valentine (Sienna Guillory pourtant magnifique qui semble avoir subi un ravalement de façade impressionnant de laideur) dans un caméo de 3 secondes montre en main au générique de fin (pour ceux qui ont eu le courage de rester à la fin, évidemment). Et puis on reprend les zombies-bouches-tentacules issu du 5e jeu de la saga Resident Evil (vous savez, celui, très rigolo qui se déroule en Afrique, sur X-box 360 et Ps3. A côté du film, le jeu vidéo se transforme en chef d'oeuvre, c'est fou). Et puis surprise, le grand méchant, c'est Albert Wesker. Président Wesker comme il se fait appeler (attention, c'est le big boss d'Umbrella, ça ne rigole plus). Et il excelle au lancer de lunettes de soleil au ralenti comme dans le jeu (on parlait de reprise de séquence plus haut, la fin du film reprend entièrement à celle du jeu, sans la finesse et l'excitation procurée, misère).

 

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Wesker (Shawn Roberts) qui peine à faire peur mais fait très bien les sourires en coin, cela dit.

 

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Et hop, lancer de lunettes sur Chris et Claire. Hop, rattrape les lunettes à papa, rattrape.

 

Le film se regarde, comme ça. Vu et très vite oublié. De la soupe cinéphilique. Les seconds rôles ne servent à rien et l'on sait qui meurt à chaque fois (et leur mort ne nous touche même pas), le scénario est inexistant, les paysages parfois beaux, vtes passés, c'est gris, verdâtre, un peu moche. On regarde sa montre (moi en tout cas), on se dit que ce serait bien de faire une partie de console après, avec un vrai jeu. Pas une copie de jeu déguisée en film sur l'écran. La musique fait beaucoup de bruit. Y'a du boum-boum, des basses qui pètent mais oublient constamment toute idée de mélodicité ou d'inventivité. Même pas un plan de Milla à observer un peu dénudée (car elle est jolie et elle y croit la petiote), c'est bien dommage. Rien à rattraper donc. Vaches maigres. Autant de budget pour un résultat comme ça. 

 

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Vaisseau spatial inclut dans le film. Pas les batteries qui vont avec.

 

Bref, un film vite vu et hélas vite oublié. Dommage.

 

Retrouvez la chronique du film sur...

 

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A la page du film ou sur mon profil.

On mentionne aussi le film dans une liste consacrée aux jeux vidéos au cinéma.

 

 

Les bonus ? Peu de bonus mais ils se révèlent donc plus intéressants que le film. Notons donc des scènes coupées, des scènes inédites, des bandes annonces (dont celle de Let me in, le remake de Morse) et deux interviews de Milla Jovovich (je l'ai déjà dit mais elle est très jolie au naturel) et Paul.W.S.Anderson. Puis c'est tout.