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Image tirée de Laurence Anyways (2012), précédent grand prix du festival.

Thème musical du festival, L'amour parfait de Yelle (!).

(Enfin du moins le passage de 1 mn 17 à 1 mn 47)

 

 

C'est tout à fait par inadvertence et bien tardivement qu'un proche m'a avertit du festival du film de Cabourg et de la possibilité de m'obtenir un laisser-passer. Le festival commençait le mercredi 12 juin, je n'ai eu vent de cela que le vendredi 7. Et c'est donc dans l'urgence que j'essayais coûte que coûte de dénicher un hôtel, imprimai moults renseignements sur le fonctionnement du festival... Je ne vous cache pas que je ne me faisais aucune illusion, aussi tôt que ça, je pensais que c'était mort. Mais non, je réussis à dénicher une chambre à 10 minutes du centre-ville et à un bon prix, tout comme je pus obtenir des billets de train à un prix ridiculement petit. A quelques jours du festival en Normandie, hop un billet dans les 30 euros alors que quand je prend un billet pour la Suisse 3 mois à l'avance, ça restera supérieur à 100 euros. Je ne comprendrais jamais la SNCF mais passons.

 

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L'avenue de la mer, L'Avenue principale de Cabourg où l'on trouve un peu de tout.

 

Cabourg n'est pas très grand, du moins en ne comptant pas Dives sur mer qui lui est proche et souvent assimilée (on traverse un pont, hop, on y est). En parcourant l'avenue de la mer, vous rejoignez tout aussi bien la plage, le grand hôtel et le casino que les petits commerces adjacents. Le cinéma Normandie est à deux rues plus loin, quand au Sall'in, nouveau cinéma construit dans une caserne des pompiers réaménagée qui vient d'ouvrir depuis peu, c'est autre chose et il me faudra retraverser Cabourg en pestant pour les horaires trop rapprochés tout en me disant en moi-même que cela me fournir un bon entraînement pour le monstrueux festival de Neufchâtel prochainement où je retrouverais mon ami cinéphile suisse Johell. Bref Cabourg est en fait un petit village fleuri de taille modeste, ce qui signifie que 1°) je croiserais souvent les mêmes têtes d'une séance à une autre mais pas toujours. 2°) Qu'avec mon allergie au pollen et aux graminées qui me fait horriblement souffrir actuellement, j'allais passer un mauvais quart d'heure (ce qui s'est malheureusement vérifié les derniers jours mais j'arrête de teaser). Mais je préférais mourir au combat tel le cinéphile vaillant les yeux explosés à cause de la conjonctivite des nombreux visionnages que de rester chez moi où j'aurais eu nettement moins de problème de nez et d'yeux hein.

 

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Chaque jour que dieu fait (Paolo Virzi - 2012)

(Titre original : Tutti i santi giorni - sortie chez nous le 11 septembre 2013)

 

J'arrive donc le premier jour du festival en début d'après-midi. Le fait d'avoir un laisser-passer ne me garantissait nullement d'avoir la porte ouverte à toute les salles mais à 5 tickets pour les séances seulement du jour et du lendemain, il me fallait donc tout de suite me diriger vers la fameuse billetterie située près du casino, mes affaires déposées à l'hôtel. Système un brin contraignant vu qu'il ne fonctionnera comme on le verra par la suite, en cas de surnombre de spectateur que sur la règle du premier arrivé, premier servi. Pour l'instant on est mercredi, les gens semblent se réveiller, c'est essentiellement un public de retraité et petits vieux qui va en profiter en grande partie. Je peux obtenir au moins deux séances pour le jour-même dont une place "en cas de désistement" pour Chaque jour que dieu fait, du réalisateur de La prima cosa bella (2010). Ces fameuses places se comptent sur les doigts de la main pour chaque séances, c'est un peu des "places de dernier secours" si on peut encore être placé (essentiellement au premier rang dans ce cas là). Le film concourrant dans la compétition, on nous prévient juste avant que ça commence que Tchéky Karyo, Guillaume Gouix, Héléna Noguerra, Audrey Fleurot ou Jules Sitruk, membres du jury, sont dans la place. Note pour moi-même, à défaut d'autographe, essayer de prendre tout ce petit monde en photo à la sortie...

 

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Guido est timide, réservé et instruit. Antonia est agitée, susceptible et fière de son ignorance. Lui est portier de nuit, il aime les langues anciennes et les saints tandis qu'elle, chanteuse en herbe, travaille pour une entreprise de location de voitures. Ils ne se voient que tôt le matin quand Guido revient de son travail et la réveille avec le petit déjeuner, et ils font l'amour chaque jour que Dieu fait. Une histoire d'amour amusante et romantique qui se déroule à Rome, avec des voisins rustres, joyeux et désespérés, deux familles aux origines totalement différentes. Un amour qui semble indestructible avant que l'obsession d'un bébé ne vienne déclencher des conséquences imprévisibles...

 

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N'y allons pas par quatre chemins, voilà une sympathique comédie romantique italienne qui réserve aussi bien de courts mais touchants moments de tendresse avec des scènes de comédie parfois assez jouissives (la course dans l'hôpital des donneurs de sperme qui veulent être papa pour l'insémination artificielle alors qu'il n'y a qu'une seule cabine et qu'elle est au septième étage par exemple !) et dont les rares défauts seraient un certain manque d'essouflement vers la fin du film. L'axiome principal de l'oeuvre, c'est la relation entre ce couple étrange que constitue l'introverti Guido et l'extravertie Antonia. Les deux tournent autant à la justesse dans leurs rapports qu'à la caricature pouvant irriter quand rien n'évolue, ce qui est le cas dans la dernière demi-heure. De gentil garçon un brin intello, gauche et drôle du début, Guido en devient pénible et pédant tandis qu'Antonia finit par nous échapper un peu. On renoue un peu avec les grosses facilités stupides même (oh un ex, oh ben j'irais chez lui en fait, non non ne me retrouve pas, je l'ai pas vu depuis 6 ans, il me traitait comme une conne et me battait mais il est là, trop cool, je vais aller chez lui hein...WTF ?). Dommage mais à part ça, le reste du film constitue en soi une bonne petite surprise qu'il serait dommage de bouder, d'autant plus que la douce musique est signée par l'actrice jouant Antonia, à la base chanteuse, Thony (alias Federica Victoria Johanna Caiozzo). C'est très proche de Russian Red dans l'idée, de douces chansons folk qui font mon bonheur et j'espère, feront le vôtre (musique maestro ! Ici et puis et

 

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(cliquez pour agrandir)

 

Vite, vite, à la sortie, l'occasion inespérée de prendre le jury en photo avant de vaquer à d'autres occupations (manger un morceau avant de rejoindre une autre salle). Alors de gauche à droite nous avons Agnès de Sacy (réalisatrice et scénariste), Jules Sitruk, la rousse derrière c'est Audrey Fleurot et devant Mélanie Bernier mais pas sûr là. A côté d'elles, Guillaume Gouix (Hors les murs, Poupoupidou...). En k-way bleu et espérant se fondre dans les vacanciers et petits vieux, Tcheky Karyo; puis Andrée Corbiau, le réalisateur Stéphane Brizé, le producteur Raphaël Berdugo, Héléna Noguerra qui frime avec ses lunettes roses et enfin Gilles Taurand, président du jury.

 

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Scarlet Road (Catherine Scott - 2011).

(Aucune date de sortie chez nous à ce jour pour l'instant !)

 

Scarlet Road suit la vie et l'oeuvre extraordinaires d'une travailleuse du sexe, Rachel Wotton. Passionnée de liberté, elle défend avec acharnement le droit de tous à la sexualité et soutient activement les droits des travailleurs du sexe.  Elle s'est spécialisée dans les besoins particuliers d'une clientèle généralement délaissée, les personnes handicapées.

 

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En soirée, je dois rejoindre le Sall'in donc, de l'autre côté de Cabourg, près de l'hippodrome mais finalement, je ne le regretterais pas trop car Scarlet Road est une des meilleures choses que j'ai vu de cette semaine avec La fille de Ryan le lendemain. Le Sall'In impressionne d'autant plus que les petits cinémas de l'intérieur de Cabourg qu'il est immense. Un bon écrin donc pour le documentaire de Scott.

 

Disons-le nettement, l'unique défaut qu'on pourrait trouver à ce documentaire engagé, intelligent et sincère (il y a de quoi être admiratif devant le travail de Rachel Wotton), c'est qu'il soit de parti-pris d'une certaine manière vu qu'il ne montrera jamais le visage ou les arguments des opposants aux travailleurs/ses du sexe qui témoignent ici. Et dans le même temps, j'aurais presque tendance à penser que ce n'est pas rédhibitoire dans le sens où en plus de donner la parole à Wotton et son équipe de Touching Base, on a aussi celles des handicapés et de leurs parents, donc un avis direct et à chaud, bien loin de toutes considérations le plus souvent plus théoriques que pratiques. Et c'est très fort, terriblement touchant et émouvant d'autant plus qu'il y a de quoi être assez admiratif du parcours de Rachel Wotton, de ses choix et de sa vie. Tout au plus regretterais-je du personnage un besoin de tout ramener à l'argent mais c'est là une considération plus capitaliste et fortement ancré dans une mentalité essentiellement américaine de self-made man (woman ici puisque c'est elle qui a crée l'entreprise) qu'autre chose ai-je l'impression. Pour le reste, c'est passionnant de bout en bout et j'ai plusieurs fois versé ma petite larme. Dans la fiction on avait l'excellent Hasta la vista, dans le documentaire il y a Scarlet Road. Vivement recommendé.