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Chroniques visuelles
10 novembre 2011

Sur mes lèvres

 

levresfilm

 

Carla est secrétaire dans une boîte de promotion immobilière et en a assez. Portant des prothèses auditives du fait de sa surdité, la jeune femme est constamment ramenée à une sorte de bonne à tout faire de l'endroit. La solution pourrait sans doute venir de ce nouvel assistant qu'elle a engagé, Paul Angeli, qui vient de sortir de prison...

 

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La première chose qui m'a surpris et en bien dans ce film, c'est Emmanuel Devos. Chez Desplechin dans Rois et Reine, je la détestais cordialement. Il faut dire qu'elle n'avait pas spécialement non plus le bon rôle, d'autant plus qu' Amalric la laissait complètement sur le carreau par sa prestation magistrale en roue-libre. Mais sans doute peut-on dire qu'elle n'était pas si bien dirigée que ça vu que soudainement chez Audiard, mes appréhensions ont étés totalement balayées. Ici, elle est complètement le personnage, jeune femme atteinte de surdité qui doit en plus de son handicap, se frayer un chemin dans son entreprise comme dans sa vie. L'occasion, elle va la saisir quand le jeune Paul Angeli (Vincent Cassel), reclu de prison (pour vol) est embauché dans l'entreprise. Paul ne sait rien faire. Strictement rien. Il ne sait pas non plus vivre, complètement à côté de la plaque. Les deux vont mutuellement s'utiliser pour s'en sortir mais surtout, la jeune femme va pouvoir complètement s'épanouir à travers sa relation avec Paul, voire prendre goût à un certain danger. De son côté, Paul qui était paumé va lentement apprendre à vivre et respecter la jeune femme.



Le film d'Audiard mêle subtilement drame, histoire d'amour un peu étrange avec le film policier. Le sujet de la surdité est amplement traité (gros plans sensuels des lèvres ou de l'oreille, jeu sur le son), de même que les relations qui en découlent quand on souffre d'une prothèse auditive qui limite la vie sociale comme toute avancée possible dans son travail. Paul ne voit qu'en Clara un moyen audacieux de pouvoir dérober une grosse somme, celà en utilisant son don de pouvoir lire sur les lèvres. Clara voit en Paul un mec qui ne la déconsidère pas dans l'entreprise et surtout, un moyen de s'affermir davantage, de s'épanouir. Celà passe par les gestes, les dialogues, les regards et les deux comédiens sont tous deux très bons dans leur registre.

 

Je regretterais juste au final l'histoire du contrôleur judiciaire qui ne m'a pas semblé apporter quelque chose (d'autant plus que c'est difficilement compréhensible : on ne comprend qu'il se serait débarassé de sa femme au premier visionnage ou sinon qu'en regardant les scènes coupées où 2,3 dialogues le laissent à penser. En enlevant ses scènes, Audiard s'est concentré plus sur la relation presque paternelle que nourrit Paul avec son contrôleur, créant des plages de pauses bienvenues néanmoins). Sinon, comme souvent chez Audiard fils, c'est succulent.

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Commentaires
N
Bonsoir à vous deux ! :3<br /> J'avoue aussi que c'est l'un des rares films avec Emmanuelle Devos où je la trouve formidable. J'ai l'impression surtout qu'elle est mal dirigée, je ne sais pas...<br /> <br /> Sinon c'est toujours un bonheur de revoir ce film. C'est une trop courte chronique pour le coup, et un peu trop simpliste je trouve, mais en même temps, que dire de plus face à un film où tout se dévoile d'un coup à nos yeux avec intelligence ? Dans ce cas là, il suffit d'admirer... :D<br /> Bonne soirée ! ^^
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D
Bonjour Nio, merci, merci, merci d'évoquer ce film qui se trouve très haut dans mon panthéon personnel. Le couple Cassel/Devos est sensationnel. Je rêve de les revoir ensemble dans un film. Bonne après-midi.
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A
Grand film d'Audiard (Pléonasme), c'est le seul film avec où j'aime bien Emmanuelle Devos. Et ça, en ce qui me concerne, c'est déjà une sacrée performance.
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