Bon ben voilà, chose promise, chose dûe.

Comme toujours, ai-je envie de dire. Fidèle au poste tel le gardien de phare même si mon phare (ce blog) commence un peu à se fissurer avec le temps et que je l'inspecte moins hélas. Mais bon, même un peu en retard ou pas (encore que... on est dans les temps, ce n'est pas comme si ce "bilan" arrivait en mars 2019), voilà voilou.

Comme la dernière fois (et les précédentes d'ailleurs, ahem), pas de classement ou d'ordre défini, juste les films. Lesquels sont parfois amplement marquants ou intéressants pour que je les revois encore et encore (et ce simple plaisir justifie amplement qu'ils soient dans un bilan de l'année car le cinéma c'est aussi des films qu'on aime à se revoir, à partager, à faire découvrir aux amis et proches), ce qui est un certain critère important.

Il peut y avoir de bons films que sur l'instant j'apprécierais par exemple mais que je sais au fond de moi que je ne reverrais pas forcément de sitôt (et du coup ils ne seront pas forcément mentionnés ici alors qu'au fond ils le mériteraient aussi. J'ai bien aimé lors de sa sortie par exemple Ready Player One pour certaines raisons cinéphile (l'hommage à Shining y est dément)/gamer (l'aspect grand ride) mais appréciant le cinéma de Spielberg d'un côté et le monde des jeux vidéos de l'autre, je trouve que c'est un Spielberg bien mineur personnellement. Le jeux vidéo et les années 80 pour les nuls quoi. Et comme le cinéma et les jeux ne se sont pas arrêtées aux 80's ou à une nostalgie typique de notre époque moderne que je trouve parfois un peu trop envahissante au détriment de L'Art et dela vie (comme si l'on ne devait parfois que se référer à une ou deux décennies au nom de la passion, qu'on y soit né, etc etc, mouais), ahem, voilà quoi. Oui, je vais m'attirer des foudres --foutres ?-- mais voilà un bon exemple de film apprécié sur l'instant qui ne se trouvera donc pas forcément en ces lignes).

Pour beaucoup d'autres, je privilégie le coup de foudre à la raison là où d'autres qui n'auraient pas eu leur place dans des bilans d'années chez bien d'autres cinéphiles se retrouvent ici chez moi au final. Comme quoi, chaque film a sa chance, donc.

Pis ça reste au final un bilan personnel qui pourra apporter de l'eau au moulin de films plus négligés que d'autres je pense d'une certaine manière. 

 

 

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2018, c'est la crise. No future. Macron fait peur. Les gillets jaunes font peur. Les CRS et la police font peur. Les terroristes font peur (bon, là c'est pas nouveau). Les enfants font peur (private joke mais certains comprendront). Bref, La Vie (avec un grand V) fait peur. Et quand tout devient inquiétant, on assiste à la recrudescence de plusieurs phénomènes. Le cinéma horrifique qui n'a jamais eu autant le vent en poupe pour mieux porter à l'écran les terreurs modernes sous formes de chimères et créatures supposément plus accessibles car pas spécialement basées dans notre chère réalité (enfin ça, ça reste à prouver hein. D'ailleurs depuis les années 50 il a été prouvé que les communistes mangeaient les enfants en plus) pour mieux se rassurer. Lui, on va en parler plus loin. Et puis la comédie ou le feel-good movie qui fait du bien là aussi pour se rassurer.

 

 

Et en 2018 on aura eu les feel-good movies et comédies les plus improbables qui soient et en un sens, c'est rassurant sur l'état de santé du cinéma qu'on dit assez catastrophique (ou c'est moi qui tente de me rassurer tout seul dans mon coin en me disant que la cuillère n'existe pas et que ah bon....). Une équipe de loosers qui va représenter la France en natation synchronisée ? Le Grand bain. Un conte mi-ironique, mi-tendre surfant sur un vague postulat de SF pour parler des inégalités entres classes sociales ? Downsizing. Du loup-garou, de la couleur, des chansons, de la tendresse, le Brésil ? Les bonnes manières. L'histoire d'une robe hantée qui va déclencher catastrophes sur catastrophes là où elle passe ? In Fabric (si, si, le dernier Peter Strickland est un des trucs les plus drôles que j'ai vu cette année, oui).

 

 

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D'ailleurs sautons du coq à l'âne de la comédie au cinéma Français puisque dans un raccourci un peu (beaucoup) bâtard, notre pays s'enorgueuillit régulièrement d'en proposer de bonnes quand ce ne sont pas de bons drames bien de chez nous (option appart parisien et petites vies bourgeoises ou terroir inclus). On a tendance à oublier qu'en ces temps de disettes ce qui fait la force du cinéma français comme de l'unité de son peuple (cocorico), c'est de pouvoir cultiver la différence et l'apprécier. Certes on a de bonnes comédies mais on a aussi des trucs immondes, innommables que par une étonnante bonté (culturelle ? La fameuse exception culturelle ?) on ferme les yeux dessus.

 

Et ces trucs là continuent pourtant de sortir en masse, oulà. Incompréhensible hein? Et non je ne vous ferais pas l'affront et l'irrespect de les citer aussi ici mais juste pour dire, on peux avoir de bonnes comédies, voire de très bonnes mais aussi de bonnes choses dans différents genres dont on a pas franchement à rougir, et je ne parle pas des Ovnis francophones que j'applaudis régulièrement ici ou là-bas (Les garçons sauvages était dans mon bilan de l'an dernier déjà !). Du documentaire incroyable, glaçant, qu'il faut le voir pour le croire ? Regardez Caniba, des auteurs déjà d'un certain Leviathan. Du documentaire au contraire plein de tendresse, qui te donne envie de croire à l'humanité, de la serrer dans tes bras de bon coeur ? De chaque instant. De la comédie absurde au possible ? Heureusement on a Quentin Dupieux et son nouvel opus, Au Poste ! Du fantastique fait maison avec plus (Dans la brume) ou moins (La nuit a dévoré le monde, proposition certes bricolée faite maison mais qui pour moi lui donne un certain charme) de budget. Voilà, on en a pour tous les goûts. Sans oublier Le grand bain déjà cité précédemment, En Liberté et autres Ni juge ni soumise (ce n'est pas de la comédie mais.... voilà euh... lol quoi).

 

 

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D'ailleurs en parlant de tous les goûts... On aura eu à nouveau notre dose de films de Super-héros cette année. C'est inévitable, les grands hommes et femmes courageuses de l'univers Marvel et DC, collants intégrés ou cape ou pas font dorénavant partie de notre paysage cinématographique depuis plus d'une bonne décennie. Mais on aura eu des héros et des héroïnes d'un autre genre. Pas forcément de pouvoirs ou d'aptitudes supranormales. Non, juste des gens qui survivent contre le pouvoir en place ou les aléas de la vie. Rien que ça à notre époque actuelle, ça en fait des héros, moi je dis. Et pour reprendre David Bowie, "We could be heroes", oui.

C'est donc cette islandaise rebelle qui met à mal le gouvernement avec férocité, humour et beaucoup d'humanité dans l'excellent Woman at war, tous comme le destin d'un couple d'amoureux envers et contre tous, notamment le pouvoir soviétique qui les rattrapera et les broiera un peu dans Cold War. Sans oublier un Spider-man remis au goût du jour, kid et geek mais aussi décalant avec un bel hommage coloré et un sacré culot l'oeuvre culte du regretté Stan Lee et Steve Ditko ou une suite inespérée bien que tardive mais assez chouette à un classique de chez Pixar (sans toutefois égaler son grand-frère auquel il fait donc suite je trouve).

 

 

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Je parlais d'horreur plus tôt, voilà on y est. Et là aussi de l'horreur multiple, qui peut tout aussi bien inquiéter qu'émouvoir, c'est dire. C'est Hérédité, l'un de mes films préférés de cette année (j'en ai probablement parlé plus que de coutume, je m'en excuse auprès de ceux qui me suivent et craquent). C'est Sans un bruit (A quiet place), parfois doté de petites incohérences mais aussi de bons moments qui fonctionnent du tonnerre. C'est la romance timide et décalée des deux âmes en peine de The Dark ou le projet forcément casse-gueule et déstabilisant de Suspiria ver. 2018 qui en divisera beaucoup. J'aime beaucoup ce film pour ses audaces graphiques, visuelles et sonores et plusieurs scènes incroyables tout en reconnaissant ses défauts. En tous cas un film qui m'a marqué personnellement.

 

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Pis bon, 2018 c'est aussi les inévitables biopics, qu'ils soient officiels, ou pas, ou avancent déguisés. Voire qu'ils explosent carrément ce domaine. C'est Moi, Tonya sarcastique en diable, ironique, aggressif et méchant, filmé dans ses séquences de patinage comme un reportage de guerre (caméra à l'épaule, sur le terrain, allez) avec une mise en scène souvent au top et même de l'émotion qui pointe derrière au milieu de personnages issus d'un univers à la frères Coen, la vache (et c'est aussi très drôle). C'est The Darkest Hour qui exalte d'une certaine manière la vie de Churchill tout en évitant l'écueil un peu trop simpliste d'un homme filmé à hauteur d'épaule et pis c'est tout, ou d'une épaule filmée à hauteur d'homme (huhu), ce dans quoi tombe un peu trop souvent First man, magnifique formellement et souvent à couper le souffle dans son évocation de la conquête spatiale mais où le souffle retombe drastiquement quand on reste à terre aux côté d'un Ryan Gosling toujours aussi monolithique et imperturbable dans sa façon de jouer face à une tragédie certes compréhensible mais d'où la distance qu'injecte le réalisateur nous laissera bien trop sur le côtés. Enfin dans le haut du panier, mentionnons le superbe Phantom Thread au romantisme puissamment vénéneux comme l'halluciné et glaçant The Captain, l'usurpateur.

 

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Et puis ? Et puis encore tous plein de films. Oui je fatigue, oui je ne savais pas dans quoi les catégoriser, les ranger, tout ce qu'on veut mais faut-il vraiment le faire en fin de compte hein ? Il y a des oeuvres remarquables déjà vues l'an dernier en avance et d'ailleurs citées au précédent bilan comme Les garçons sauvages et Avant que nous disparaissions (Kiyoshi Kurosawa, toujours élégamment au top). On aura eu aussi des moments franchement sublimes (L'une des plus belles scènes de film de l'année se trouve dans Burning sur fond de Miles Davis. Imparable ! Magique !), des plans construits comme des tableaux de peinture (La tendre indifférence du monde), une réflexion sur le cinéma, la cinéphilie ou l'état (méta) du monde actuel avec Under the silver lake (un autre de mes nombreux chouchous de 2018), un Star wars en solo (lol) pas si mal,  un Girl surprenant, du charmant et de l'adorable de partout (Dilili à Paris, Mirai ma petite soeur) et même une suite inattendue qui se révèle plus qu'appréciable (j'attendais rien de ce second Millenium mais Claire Foy reprend haut la barre le rôle de Rooney Mara chez Fincher, ce qui était pas gagné, pas mal).

 

Bref, il y a eu de bien belles choses en 2018 au fond sans qu'il y ait forcément besoin de faire la fine bouche et pour cela j'ai envie de dire, merci 2018 !

 

Et maintenant, bonne année à tous et let's go 2019 !!!

 

Ah sinon j'ai participé à une vidéo du PCC : Le Poney Cosmic Club où je mentionne quelques uns de mes coups de coeurs 2018, voire les flops de cette année. Allez y si ma petite voix fluette ne vous fait pas peur. Magie du montage vidéo on ne me verra nullement tousser comme un chien, ce qui était pourtant le cas lors de la journée de tournage. Merci à notre géniale équipe de poney cosmiques donc !!!