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Comme la planète Terre, notre corps est composé de paysages fascinants, comme elle, il est le théâtre d’une vie sauvage surprenante. Planète Corps nous propose un safari microscopique inédit, à la rencontre des créatures qui vivent, prospèrent, s'affrontent, se nourrissent, se reproduisent, naissent ou meurent à la surface ou dans les profondeurs de notre corps. Certaines peuvent paraître nuisibles, d’autres sont utiles, voire indispensables à notre survie, mais toutes participent à un équilibre biologique subtil, qui s’est construit au cours de l’évolution.

En compagnie de Franck Courchamp, écologue et directeur de recherche au CNRS, nous voyagerons des savanes de notre peau aux jungles de nos chevelures, des lacs acides de notre estomac aux cavernes humides de nos intestins. Chemin faisant, nous prenons conscience que la biodiversité sur notre corps est essentielle à notre équilibre. Nous abritons plus de bactéries que nous n’avons de cellules, des virus ont élu domicile dans nos gènes, nous sommes en interaction permanente avec des milliers d’organismes vivants, et c’est bien cela qui nous rend humain !

 

 

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Euh salut, on se connait ?

 

Passionnant petit documentaire, aussi impressionnant que fascinant dans sa volonté de nous parler du corps humain en traitant à la fois de celui-ci comme un paysage gigantesque (ce qu'il doit être à une échelle macro, effectivement) avec analogie/rapport/comparaison face aux paysages terrestres d'un point de vue à la fois extérieur et intérieur; mais aussi par le biais de toute la faune barriolée qui le peuple. A l'instar des dernières technologies utilisées pour le meilleur du cinéma, on ne lésine pas non plus ici sur les moyens, notamment l'utilisation de microscopes 3D qui permettent de filmer les bestioles microscopiques encore vivantes et en mouvement. Dans un autre contexte (horrifique donc), il y a des plans qui passeraient très bien d'ailleurs.

Du reste, plans en plongée ou d'une vue large où les paysages mais aussi le corps humains, filmés sous toutes les coutûres font ressortir certaines fulgurances bienvenues : dans un même ordre d'idée de rapprochement d'ailleurs, le film Electroma contenait une séquence fabuleuse contemplative et rêveuse où le désert était filmé à travers plusieurs plans comme un corps de femme fragmenté et difficilement parcourable entièrement comme autant de marques d'un besoin émotionnel et affectif impossible à rassasier (cf, captures visibles en partie dans la chronique en lien). On inverse ici et on a des plans similaires et de toute beauté.

 

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Mont du boobs en approche monseigneur !

 

On navigue à la surface de la peau tout comme dans une plongée étonnante en dessous. Pierre-François Gaudry nous promène dans un monde où l'on croisera puces et tiques (yikes !), de petits acariens qui vivent dans les forêts de nos cheveux (mais n'ont pas d'anus. Et non, ils ne gonflent ni n'explosent comme Schwarzy à la surface de Mars dans Total Recall. Ils meurent juste après avoir atteint une grosse taille, suffisamment pour entraîner les fameuses réactions allergiques à la surface de la peau. Je vous sens déçus avouez) tout en nous évoquant les moustiques porteurs de maladie. Moustiques qu'on peut conditionner d'ailleurs pour qu'ils ne portent plus les germes de maladie (procédé trop compliqué pour moi à retranscrire là à l'écrit mais probablement l'une des choses les plus intéressantes du doc).

 

Même doté d'un fil rouge, le documentaire a l'excellente idée de rebondir d'idées en idées pour mieux revenir à son sujet principal, la planète corps. Et pour le spectateur qui aurait suivi passionnément d'autres documentaires d'Arte (qui au passage édite celui-ci en DVD depuis le 2 juin 2015), il permet même de tracer des traits d'unions forts plaisants et inattendus.Notamment si je repense à l'excellente saga documentairo-ludique Sur nos traces, tiens. Dans ce dernier et comme je l'évoquais dans la chronique, je faisais le constat que Néanderthal s'était fondu parmi nous à travers plusieurs échanges. Et bien dans Planète corps on apprendra qu'une espèce très ancienne de puce fossilisée qui aime à se loger dans les poils du pubis (hum hum) s'est retrouvée d'une espèce à une autre, corroborant encore plus précisément ce que le travail de fouilles archéologiques de Sur nos traces permettait de déduire ! Yabon, j'aime quand des oeuvres peuvent être rapprochées d'autres.

 

Bref un documentaire assurément à voir !

Chronique réalisée dans le cadre d'un partenariat avec Cinetrafic. Retrouvez-y sur le site bande-annonce de films ainsi que diverses critiques.

 

Et histoire de faire un apparté "planète" et "corps", je vous laisse avec les sublimes peintures sur la peau (et phosphorescentes : on ne les voit que dans le noir) de l'artiste californien John Poppleton (oui oui je me fais plaisir, c'est mon blog après tout). Enjoy !

 

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